Même si la ketouba minimale d’une vierge est de deux cents zouz et celle d’une veuve d’une maneh, le mari peut ajouter autant qu’il veut. Si elle devient veuve ou divorcée après le mariage, elle perçoit l’ensemble de l’ajout. Rabbi Elazar ben Azaria distingue le cas où elle n’était encore que fiancée : elle ne reçoit alors que la somme minimale, car l’ajout avait été écrit en vue du mariage effectif. Rabbi Yehouda permet une construction où le mari écrit la somme complète et la femme reconnaît avoir déjà reçu une partie. Rabbi Meïr considère qu’une réduction réelle en dessous du minimum institutionnel transforme l’union en relation dépourvue de la protection matrimoniale requise.
Mishnah · Nashim · Ketubot
Mishnah Ketubot — chapitre 5
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
On accorde à une vierge douze mois à partir du moment où le mari lui demande de préparer le mariage ; le même délai est donné au fiancé pour ses propres préparatifs. Une veuve reçoit trente jours. Si ce délai est arrivé à terme sans que le mariage ait été célébré par la faute du fiancé, elle est entretenue à ses frais et, lorsqu’il est prêtre, peut selon l’ancienne règle manger la terouma. Rabbi Tarfon voulait que toute sa nourriture soit alors de terouma ; Rabbi Aqiva prescrit moitié profane, moitié terouma.
Un yavam n’accorde pas, avant yibbum, le droit de manger la terouma sur la seule base du lien léviratique. Même si la femme avait passé six mois sous l’engagement du premier mari et six mois sous celui du yavam, ou presque toute l’année sous l’un d’eux, cela ne suffit pas. Cette règle ancienne fut ensuite renforcée : un tribunal ultérieur institua qu’une femme ne mange pas de terouma au titre de son mari prêtre avant l’entrée effective sous la houppa.
Un mari consacre à l’avance le produit du travail de sa femme. Elle continue néanmoins à travailler et à consommer ce qui lui est nécessaire, car son entretien prime. Quant au surplus de son travail au-delà de ce qu’elle doit, Rabbi Meïr dit qu’il devient consacré ; Rabbi Yohanan le Sandalier dit qu’il reste profane.
La Mishnah énumère les travaux domestiques attendus d’une épouse dans l’économie familiale antique : moudre, cuire le pain, laver, cuisiner, allaiter son enfant, préparer le lit et travailler la laine. Si elle apporte une servante, elle est dispensée de moudre, cuire et laver ; avec deux, de cuisiner et d’allaiter ; avec trois, de préparer le lit et travailler la laine ; avec quatre, elle peut vivre sans ces tâches. Rabbi Eliezer exige néanmoins un travail de laine même avec cent servantes, estimant que l’oisiveté conduit à une conduite déréglée. Rabban Shimon ben Gamliel dit qu’un mari qui interdit à son épouse tout travail doit la divorcer et lui verser sa ketouba, car l’inactivité conduit selon lui à l’abattement.
Un mari fait vœu de se priver de relations conjugales avec son épouse. La maison de Shammaï lui accorde au plus deux semaines ; la maison de Hillel une semaine, après quoi il doit résoudre la situation. Les étudiants peuvent partir étudier la Torah sans permission de leur épouse pendant trente jours ; les ouvriers une semaine. Les fréquences conjugales évoquées par la Mishnah varient selon l’activité : pour les hommes sans métier itinérant, chaque jour ; ouvriers, deux fois par semaine ; âniers, une fois par semaine ; chameliers, une fois par trente jours ; marins, une fois par six mois, selon Rabbi Eliezer.
Une épouse qui se révolte durablement contre les obligations conjugales voit, selon la règle mishnaïque, sa ketouba diminuer de sept dinars par semaine ; Rabbi Yehouda dit sept tarpaïq. La réduction peut aller jusqu’au montant de la ketouba ; Rabbi Yossi la fait continuer en théorie au-delà, au cas où elle recevrait plus tard un héritage qui permettrait de recouvrer la dette. Inversement, lorsqu’un mari refuse ses obligations conjugales envers sa femme, on ajoute trois dinars par semaine à sa ketouba ; Rabbi Yehouda dit trois tarpaïq.
Lorsqu’un mari fait entretenir son épouse par l’intermédiaire d’un tiers plutôt que dans son foyer, il ne lui donne pas moins de deux qav de blé par semaine, ou quatre qav d’orge selon les régions où celle-ci constitue la nourriture ordinaire. S’ajoutent légumineuses, huile, figues sèches ou leur équivalent, un lit, une natte, vêtements et chaussures selon les saisons, conformément aux minima du monde antique décrits ici. Les vêtements d’hiver sont ensuite utilisés comme vêtements usagés pendant l’été et demeurent à elle.
Il lui donne également une petite somme d’argent pour ses besoins personnels et partage avec elle le repas du sabbat selon l’usage décrit. S’il ne lui donne pas cette somme, une part correspondante de son travail lui appartient. La Mishnah fixe aussi un minimum de filage de laine attendu, différent entre Judée et Galilée. Si elle allaite, on réduit sa charge de travail et on augmente sa nourriture. Tous ces minimums concernent le ménage pauvre ; dans une famille aisée, le niveau d’entretien suit le rang social.
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