Un homme avait deux épouses et meurt. La première ketouba a priorité sur la seconde selon la date de l’engagement ; les héritiers de la première épouse ont également priorité sur ceux de la seconde pour les droits issus de sa ketouba. Mais si la première épouse est morte avant que l’homme n’épouse la seconde, puis lui-même meurt, la seconde épouse vivante ou ses héritiers recouvrent d’abord ce qui leur est dû avant la clause successorale des fils de la première.
Mishnah · Nashim · Ketubot
Mishnah Ketubot — chapitre 10
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
Un homme avait deux épouses, toutes deux meurent avant lui, puis il meurt. Les fils de chacune veulent recevoir la ketouba de leur mère en plus de leur part d’héritage. Si les biens ne suffisent qu’à payer les deux ketoubot, ils partagent comme héritiers ordinaires. S’il reste au moins un dinar de plus, chaque groupe peut recevoir la ketouba de sa mère puis partager le surplus. Les fils ne peuvent pas gonfler artificiellement l’évaluation des biens pour créer ce dinar ; le tribunal procède à l’évaluation réelle.
Des biens seulement attendus mais non encore acquis par le défunt ne comptent pas comme biens actuellement possédés pour créer le surplus nécessaire. Rabbi Shimon ajoute que des biens meubles sans garantie foncière ne suffisent pas non plus : il faut, selon lui, un dinar supplémentaire de biens fonciers effectivement possédés au-delà des deux ketoubot.
Un homme laisse trois veuves avec des ketoubot de cent, deux cents et trois cents. S’il n’existe que cent à partager, elles partagent à égalité. S’il existe deux cents, celle de cent reçoit cinquante et les deux autres partagent le reste selon le calcul mishnaïque. S’il existe trois cents, la première reçoit cinquante, la deuxième cent et la troisième cent cinquante selon la structure de concurrence des créances. La Mishnah rapproche ce calcul de trois associés ayant placé des capitaux différents dans une caisse commune : gains et pertes peuvent être répartis suivant les parts effectivement exposées au risque.
Un homme avait quatre épouses et meurt : la première créancière a priorité sur la seconde, la seconde sur la troisième, la troisième sur la quatrième. Chacune prête serment envers celle qui vient après elle avant de recouvrer ; la dernière, selon l’opinion anonyme, recouvre sans serment puisqu’aucune créancière postérieure n’est lésée. Ben Nanas exige pourtant un serment même de la dernière. Si plusieurs actes sont datés le même jour, celle dont l’heure est antérieure a priorité ; à Jérusalem on inscrivait précisément les heures. S’ils portent exactement la même heure et qu’il ne reste que cent, elles partagent à égalité.
Un homme avait deux épouses et vend un champ. La première renonce envers l’acheteur à faire valoir son droit sur ce bien. La seconde peut alors saisir le champ chez l’acheteur ; la première peut saisir chez la seconde en vertu de sa priorité ; l’acheteur peut reprendre à la première grâce à sa renonciation. Le cycle peut se poursuivre jusqu’à un compromis. La Mishnah dit qu’un mécanisme analogue peut se produire entre créanciers.
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