Comment désigne-t-on les prémices ? Une personne descend dans son champ et voit une figue qui commence à mûrir, une grappe qui commence à mûrir ou une grenade qui commence à mûrir. Elle l’attache avec un lien de jonc et dit : « Voici des prémices. » Rabbi Shimon dit qu’après la cueillette elle doit encore les désigner de nouveau explicitement comme prémices.
Mishnah · Zeraïm · Bikkurim
Mishnah Bikkurim — chapitre 3
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
Comment faisait-on monter les prémices à Jérusalem ? Toutes les villes appartenant à une même division de maamad se rassemblaient dans la ville principale de la division et passaient la nuit sur sa place publique, sans entrer dans les maisons. À l’aube, le responsable disait : « Levez-vous, montons à Sion, vers la maison du Seigneur notre Dieu. »
Ceux qui habitaient près apportaient figues et raisins frais ; ceux qui venaient de loin, figues sèches et raisins secs. Un bœuf marchait devant eux, les cornes recouvertes d’or et une couronne d’olivier sur la tête. La flûte jouait devant eux jusqu’aux abords de Jérusalem. Arrivés près de la ville, ils envoyaient des messagers en avant et ornaient leurs prémices. Les gouverneurs, responsables et trésoriers sortaient à leur rencontre selon l’importance du groupe. Tous les artisans de Jérusalem se levaient devant eux et les saluaient : « Frères, gens de tel lieu, soyez les bienvenus en paix. »
La flûte jouait devant eux jusqu’au mont du Temple. Lorsqu’ils y arrivaient, même le roi Agrippa prenait son panier sur l’épaule et entrait ainsi jusqu’à l’enceinte. Lorsqu’ils atteignaient la cour, les lévites chantaient : « Je t’exalte, Seigneur, car tu m’as relevé et tu n’as pas réjoui mes ennemis à mon sujet. »
Les jeunes oiseaux placés sur les paniers étaient offerts en holocauste ; ceux que les pèlerins tenaient à la main étaient donnés aux prêtres.
Tant que le panier est encore sur son épaule, l’apporteur commence la récitation par « Je déclare aujourd’hui au Seigneur ton Dieu » et poursuit selon la section prescrite. Rabbi Yehouda dit : jusqu’à « Mon père était un Araméen errant ». Arrivé à ces mots, il descend le panier de son épaule et le tient par les bords ; le prêtre place sa main dessous et effectue le geste de balancement. L’apporteur poursuit de « Mon père était un Araméen errant » jusqu’à la fin du passage, dépose le panier près de l’autel, se prosterne et sort.
À l’origine, celui qui savait lire récitait lui-même et celui qui ne savait pas se faisait souffler le texte. Comme certains cessèrent d’apporter les prémices par honte, on institua que le texte soit dicté à tous, qu’ils sachent lire ou non.
Les riches apportaient leurs prémices dans des corbeilles d’argent ou d’or. Les pauvres les apportaient dans des paniers tressés de saule écorcé ; dans leur cas, le panier lui-même ainsi que les prémices étaient donnés aux prêtres.
Rabbi Shimon ben Nanas dit qu’on peut orner les prémices avec des fruits autres que les sept espèces. Rabbi Aqiva dit qu’on ne les orne qu’avec des fruits appartenant aux sept espèces.
Rabbi Shimon distingue trois éléments : les prémices elles-mêmes, l’ajout fait aux prémices et leur décoration. L’ajout doit être de la même espèce que les prémices ; la décoration peut être d’une autre espèce. L’ajout aux prémices doit être consommé en état de pureté et est exempt des règles du demai ; la décoration, elle, reste soumise au demai.
Quand a-t-on dit que l’ajout aux prémices est traité comme les prémices elles-mêmes ? Lorsqu’il provient de la terre d’Israël. S’il ne provient pas du pays, il ne reçoit pas ce même statut.
Pourquoi dit-on que les prémices sont comme les biens du prêtre ? Parce que le prêtre peut, selon les règles applicables, acquérir avec leur valeur des esclaves, des terrains ou un animal impur ; un créancier peut les saisir pour une dette et une femme pour sa ketouba, comme certains autres biens de grande valeur. Rabbi Yehouda dit qu’on ne les donne qu’à un haver et comme faveur. Les sages disent qu’on les donne aux prêtres du groupe de service, qui les partagent entre eux comme les autres choses saintes du Temple.
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