Mishnah · Moed · Beitzah

Mishnah Beitzah — chapitre 2

Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.

S0 · édition évolutive10 mishnayotHébreu · français

Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.

Beitzah 2,1
יוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת עֶרֶב שַׁבָּת, לֹא יְבַשֵּׁל אָדָם בַּתְּחִלָּה מִיּוֹם טוֹב לַשַּׁבָּת, אֲבָל מְבַשֵּׁל הוּא לְיוֹם טוֹב, וְאִם הוֹתִיר, הוֹתִיר לַשַּׁבָּת, וְעוֹשֶׂה תַבְשִׁיל מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב וְסוֹמֵךְ עָלָיו לַשַּׁבָּת. בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים, שְׁנֵי תַבְשִׁילִין. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים, תַּבְשִׁיל אֶחָד. וְשָׁוִין בְּדָג וּבֵיצָה שֶׁעָלָיו שֶׁהֵן שְׁנֵי תַבְשִׁילִין. אֲכָלוֹ אוֹ שֶׁאָבַד, לֹא יְבַשֵּׁל עָלָיו בַּתְּחִלָּה. וְאִם שִׁיֵּר מִמֶּנּוּ כָל שֶׁהוּא, סוֹמֵךְ עָלָיו לַשַּׁבָּת:

Lorsqu’un jour de fête tombe un vendredi, on ne commence pas normalement à cuisiner pendant la fête spécialement pour le sabbat. On cuisine pour la fête elle-même et ce qui reste peut servir au sabbat. On prépare toutefois dès la veille du jour de fête un plat qui sert d’erouv tavshilin et autorise la poursuite de la préparation du sabbat. La maison de Shammaï exige deux plats ; la maison de Hillel un seul. Tous reconnaissent qu’un poisson avec un œuf posé dessus peut compter comme deux plats. Si l’erouv est entièrement mangé ou perdu, on ne commence plus de nouvelles préparations pour le sabbat ; s’il en reste n’importe quelle quantité, on peut encore s’appuyer sur lui.

Note philologique. L’erouv tavshilin relie juridiquement une préparation commencée avant la fête à la cuisine destinée au sabbat qui suit.
Beitzah 2,2
חָל לִהְיוֹת אַחַר הַשַּׁבָּת, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים, מַטְבִּילִין אֶת הַכֹּל מִלִּפְנֵי הַשַּׁבָּת, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים, כֵּלִים מִלִּפְנֵי הַשַּׁבָּת, וְאָדָם בַּשַּׁבָּת:

Si un jour de fête tombe immédiatement après le sabbat, la maison de Shammaï exige que toutes les immersions rituelles nécessaires soient faites avant le sabbat. La maison de Hillel distingue : les ustensiles doivent être immergés avant le sabbat, mais une personne peut s’immerger pendant le sabbat lui-même.

Beitzah 2,3
וְשָׁוִין שֶׁמַּשִּׁיקִין אֶת הַמַּיִם בִּכְלִי אֶבֶן לְטַהֲרָן, אֲבָל לֹא מַטְבִּילִין. וּמַטְבִּילִין מִגַּב לְגַב וּמֵחֲבוּרָה לַחֲבוּרָה:

Les deux écoles reconnaissent qu’on peut mettre en contact de l’eau impure contenue dans un récipient de pierre avec l’eau d’un miqvé afin de la purifier, sans immerger pour autant le récipient. On peut également procéder à certaines immersions de changement de niveau de pureté ou de groupe de consommation selon les règles prévues.

Beitzah 2,4
בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים, מְבִיאִין שְׁלָמִים וְאֵין סוֹמְכִין עֲלֵיהֶן, אֲבָל לֹא עוֹלוֹת. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים, מְבִיאִין שְׁלָמִים וְעוֹלוֹת וְסוֹמְכִין עֲלֵיהֶם:

La maison de Shammaï dit qu’on peut apporter des sacrifices de paix le jour de fête mais sans poser les mains sur eux, et qu’on n’apporte pas d’holocaustes. La maison de Hillel permet sacrifices de paix et holocaustes liés à la fête, et permet également l’imposition des mains.

Beitzah 2,5
בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים, לֹא יָחֵם אָדָם חַמִּין לְרַגְלָיו, אֶלָּא אִם כֵּן רְאוּיִין לִשְׁתִיָּה. וּבֵית הִלֵּל מַתִּירִין. עוֹשֶׂה אָדָם מְדוּרָה וּמִתְחַמֵּם כְּנֶגְדָּהּ:

La maison de Shammaï dit qu’on ne chauffe pas de l’eau le jour de fête pour se laver les pieds, sauf si cette eau serait également bonne à boire. La maison de Hillel le permet. Tous permettent d’allumer un feu pour se chauffer devant lui.

Beitzah 2,6
שְׁלשָׁה דְבָרִים רַבָּן גַּמְלִיאֵל מַחֲמִיר כְּדִבְרֵי בֵית שַׁמַּאי, אֵין טוֹמְנִין אֶת הַחַמִּין מִיּוֹם טוֹב לַשַּׁבָּת, וְאֵין זוֹקְפִין אֶת הַמְּנוֹרָה בְיוֹם טוֹב, וְאֵין אוֹפִין פִּתִּין גְּרִיצִין אֶלָּא רְקִיקִין. אָמַר רַבָּן גַּמְלִיאֵל, מִימֵיהֶן שֶׁל בֵּית אַבָּא לֹא הָיוּ אוֹפִין פִּתִּין גְּרִיצִין, אֶלָּא רְקִיקִין. אָמְרוּ לוֹ, מַה נַּעֲשֶׂה לְבֵית אָבִיךָ, שֶׁהָיוּ מַחֲמִירִין עַל עַצְמָן וּמְקִלִּין לְכָל יִשְׂרָאֵל, לִהְיוֹת אוֹפִין פִּתִּין גְּרִיצִין וְחֹרִי:

Rabban Gamliel suivait la rigueur de la maison de Shammaï en trois choses : on ne gardait pas de l’eau chaude isolée depuis le jour de fête pour le sabbat, on ne redressait pas un candélabre démontable le jour de fête, et on ne cuisait que de petits pains minces, non de gros pains. Il disait : « Dans la maison de mon père, on ne cuisait jamais de gros pains. » On lui répondit que sa famille avait choisi pour elle-même une rigueur que l’ensemble d’Israël ne suivait pas.

Beitzah 2,7
אַף הוּא אָמַר שְׁלֹשָׁה דְבָרִים לְהָקֵל, מְכַבְּדִין בֵּין הַמִּטּוֹת, וּמַנִּיחִין אֶת הַמֻּגְמָר בְּיוֹם טוֹב, וְעוֹשִׂין גְּדִי מְקֻלָּס בְּלֵילֵי פְסָחִים. וַחֲכָמִים אוֹסְרִין:

Rabban Gamliel rapportait aussi trois pratiques indulgentes : on pouvait balayer entre les lits, brûler des parfums aromatiques le jour de fête et préparer un chevreau rôti entier la nuit de Pessah. Les sages interdisaient ces pratiques.

Beitzah 2,8
שְׁלשָׁה דְבָרִים רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה מַתִּיר, וַחֲכָמִים אוֹסְרִין. פָּרָתוֹ יוֹצְאָה בִרְצוּעָה שֶׁבֵּין קַרְנֶיהָ, וּמְקָרְדִין אֶת הַבְּהֵמָה בְיוֹם טוֹב, וְשׁוֹחֲקִין אֶת הַפִּלְפְּלִין בָּרֵחַיִם שֶׁלָּהֶם. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, אֵין מְקָרְדִין אֶת הַבְּהֵמָה בְיוֹם טוֹב, מִפְּנֵי שֶׁעוֹשֶׂה חַבּוּרָה, אֲבָל מְקַרְצְפִין. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים, אֵין מְקָרְדִין, אַף לֹא מְקַרְצְפִין:

Rabbi Elazar ben Azaria permettait trois choses que les sages interdisaient : laisser sortir sa vache avec une lanière entre les cornes, étriller un animal le jour de fête et moudre le poivre dans son moulin spécifique. Rabbi Yehouda distingue entre étrillage susceptible de faire une blessure, qu’il interdit, et raclage plus léger, qu’il permet. Les sages interdisent l’un et l’autre.

Beitzah 2,9
הָרֵחַיִם שֶׁל פִּלְפְּלִין טְמֵאָה, מִשּׁוּם שְׁלשָׁה כֵלִים, מִשּׁוּם כְּלִי קִבּוּל, וּמִשּׁוּם כְּלִי מַתָּכוֹת, וּמִשּׁוּם כְּלִי כְבָרָה:

Un moulin à poivre peut recevoir l’impureté sous trois aspects : comme récipient, comme objet métallique et comme tamis, puisque ses différentes parties remplissent ces trois fonctions.

Beitzah 2,10
עֲגָלָה שֶׁל קָטָן טְמֵאָה מִדְרָס וְנִטֶּלֶת בְּשַׁבָּת, וְאֵינָהּ נִגְרֶרֶת אֶלָּא עַל גַּבֵּי כֵלִים. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, כָּל הַכֵּלִים אֵין נִגְרָרִין חוּץ מִן הָעֲגָלָה, מִפְּנֵי שֶׁהִיא כוֹבֶשֶׁת:

Le petit chariot d’un enfant peut recevoir l’impureté de pression, peut être déplacé le sabbat et ne doit pas être traîné sur un sol où il creuserait. Rabbi Yehouda dit que les autres objets ne doivent pas être traînés, mais que ce chariot est permis parce que ses roues compriment le sol sans le labourer.

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