Celui qui prend à ferme ou en métayage le champ de son prochain suit l’usage local : là où l’on moissonne, il moissonne ; là où l’on arrache, il arrache ; là où l’on laboure après la récolte, il laboure. Tout dépend de la coutume du pays. De même qu’ils partagent le grain, ils partagent la paille et le chaume ; de même qu’ils partagent le vin, ils partagent les sarments et les roseaux. Les deux parties fournissent les tuteurs ou roseaux nécessaires selon l’usage.
Mishnah · Nezikin · Bava Metzia
Mishnah Bava Metzia — chapitre 9
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Provenance : texte hébreu de la Mishnah via Wikisource hébraïque, copie figée le 18 septembre 2026. La page source et ses conditions de réutilisation restent la référence de provenance. Aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
Quelqu’un prend un champ irrigué ou un verger selon une désignation générale, puis la source se tarit ou l’arbre principal est coupé : il ne réduit pas automatiquement le fermage. Mais s’il avait expressément dit : « Loue-moi ce champ irrigué-ci » ou « ce verger-ci », et que la caractéristique déterminante disparaît, il réduit le fermage.
Celui qui reçoit un champ à exploiter et le laisse en friche doit payer ce que le champ aurait normalement produit, conformément à la clause habituelle : « Si je laisse en friche et ne travaille pas, je paierai d’après le meilleur rendement. »
Celui qui prend un champ à ferme et refuse de le désherber, en disant au propriétaire : « Qu’est-ce que cela peut te faire, puisque je te donnerai ton fermage ? », n’est pas écouté. Le propriétaire peut lui répondre : « Demain tu quittes le champ et tu me laisses une terre envahie de mauvaises herbes. »
Celui qui prend un champ à exploiter et que le champ produit très peu doit néanmoins poursuivre le travail s’il y a assez de récolte pour constituer une meule. Rabbi Yehouda dit : pourquoi fixer la mesure à une meule ? Il suffit qu’il y ait assez de récolte pour justifier la quantité de semence nécessaire à la saison suivante.
Celui qui exploite un champ et que des sauterelles le ravagent ou que la récolte soit frappée par la sécheresse : si c’est une calamité générale de la région, il réduit le fermage ; si ce n’est pas une calamité générale, il ne le réduit pas. Rabbi Yehouda dit : s’il avait loué le champ contre une somme d’argent fixe, il ne réduit le fermage dans aucun des deux cas.
Celui qui prend un champ pour dix kor de blé par an et que la récolte soit mauvaise doit payer au propriétaire avec le blé provenant de ce champ. Si le blé du champ était au contraire de très bonne qualité, il ne peut pas dire : « J’achèterai ailleurs du blé moins bon » ; il doit payer avec la récolte du champ.
Celui qui prend un champ pour y semer de l’orge ne doit pas y semer du blé si ce changement risque de détériorer le sol selon la convention ; celui qui le prend pour du blé peut y semer de l’orge selon le premier avis. Rabban Shimon ben Gamliel interdit tout changement. De même, s’il a été convenu d’y semer des céréales, il ne doit pas y semer des légumineuses ; si des légumineuses étaient prévues, il peut y semer des céréales selon le premier avis. Rabban Shimon ben Gamliel interdit.
Celui qui reçoit un champ pour quelques années ne doit pas y semer du lin, qui épuise fortement le sol, et n’a pas droit au bois des sycomores arrivés à maturité pendant la courte location. S’il reçoit le champ pour sept ans, il peut semer du lin la première année et a droit au bois des sycomores arrivé à maturité pendant la période.
Celui qui reçoit un champ « pour un cycle sabbatique » en échange de sept cents zouz compte l’année sabbatique dans la période. Celui qui le reçoit « pour sept ans » contre sept cents zouz ne compte pas l’année sabbatique parmi les sept années de culture.
Un ouvrier engagé à la journée peut réclamer son salaire pendant toute la nuit suivante ; un ouvrier de nuit pendant toute la journée suivante ; un ouvrier engagé à l’heure dispose du délai correspondant à la période où son travail s’achève. Un ouvrier engagé pour une semaine, un mois, une année ou un cycle : si son engagement se termine de jour, il peut réclamer pendant toute cette journée ; s’il se termine de nuit, pendant toute cette nuit et la journée qui suit selon le cadre du texte.
Le salaire d’une personne, d’un animal ou d’un outil relève du commandement « tu lui donneras son salaire le jour même » et de l’interdiction « le salaire de l’ouvrier ne passera pas la nuit chez toi jusqu’au matin ». Cela vaut lorsque l’ouvrier réclame son salaire ; s’il ne le réclame pas, l’employeur ne transgresse pas cette interdiction spécifique. S’il l’a renvoyé vers un marchand ou un changeur qui paiera à sa place, il ne transgresse plus cette interdiction. Dans le délai, l’ouvrier peut jurer et percevoir ; après le délai, il ne jure plus pour percevoir, sauf s’il y a des témoins qu’il a réclamé dans les temps. Un résident étranger bénéficie de « tu lui donneras son salaire le jour même », mais le texte ne lui applique pas l’interdiction « il ne passera pas la nuit ».
Celui qui prête à son prochain ne prend pas de gage par lui-même : il passe par le tribunal et n’entre pas dans la maison du débiteur pour saisir le gage, car il est écrit : « Tu resteras dehors. » Si le débiteur a deux outils nécessaires, le créancier en prend un et en laisse un ; il rend l’oreiller la nuit et l’outil de travail le jour. Si le débiteur meurt, il ne restitue pas ces objets aux héritiers selon ce régime. Rabban Shimon ben Gamliel dit : même au débiteur vivant, on ne rend le gage de cette manière que pendant trente jours ; ensuite, on le vend par le tribunal. On ne prend pas en gage le vêtement d’une veuve, qu’elle soit pauvre ou riche. Celui qui prend en gage les deux pierres d’une meule transgresse une interdiction pour chaque pièce, car il est écrit : « Tu ne prendras pas en gage la meule ni la meule supérieure. » La règle ne vise pas seulement la meule : elle s’étend à tout instrument nécessaire à la préparation de la nourriture, car il est écrit : « car c’est une vie qu’il prend en gage. »
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.