L’or acquiert l’argent, mais l’argent n’acquiert pas l’or. Le cuivre acquiert l’argent, mais l’argent n’acquiert pas le cuivre. Les mauvaises monnaies acquièrent les bonnes, mais les bonnes n’acquièrent pas les mauvaises. Un jeton non monnayé acquiert la monnaie frappée, mais la monnaie frappée n’acquiert pas le jeton. Les biens mobiliers acquièrent la monnaie, mais la monnaie n’acquiert pas les biens mobiliers. Règle générale : tous les biens mobiliers peuvent s’acquérir les uns les autres.
Mishnah · Nezikin · Bava Metzia
Mishnah Bava Metzia — chapitre 4
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Provenance : texte hébreu de la Mishnah via Wikisource hébraïque, copie figée le 18 septembre 2026. La page source et ses conditions de réutilisation restent la référence de provenance. Aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
Comment cela fonctionne-t-il ? Si l’acheteur a tiré à lui les fruits sans encore remettre l’argent, il ne peut plus se rétracter. S’il a remis l’argent sans encore tirer les fruits, il peut encore se rétracter. Mais les sages ont dit : Celui qui a châtié la génération du Déluge et celle de la Tour de Babel châtiera celui qui ne tient pas sa parole. Rabbi Shimon dit : celui qui tient l’argent a la position la plus forte.
L’onaah est de quatre pièces d’argent sur vingt-quatre, soit un sixième de la transaction. Jusqu’à quand peut-on annuler ou corriger la transaction ? Le temps nécessaire pour montrer l’objet à un marchand ou à un proche. Rabbi Tarfon enseigna à Lod que l’onaah était de huit pièces sur un sela, soit un tiers de la transaction, et les marchands de Lod s’en réjouirent. Lorsqu’il leur dit qu’on pouvait revenir sur la transaction pendant toute la journée, ils lui répondirent : « Que Rabbi Tarfon nous laisse notre ancienne règle », et ils revinrent à l’avis des sages.
Acheteur et vendeur sont tous deux protégés contre l’onaah. De même que la règle vaut pour un particulier, elle vaut pour un marchand. Rabbi Yehouda dit qu’un marchand professionnel n’a pas droit à cette protection. Celui qui a subi l’onaah a le choix : il peut demander l’annulation de la transaction et récupérer son argent, ou réclamer la différence dont il a été lésé.
De combien une pièce de sela peut-elle être diminuée sans être considérée comme trompeuse ? Rabbi Meïr dit : quatre issar, soit un issar par dinar. Rabbi Yehouda dit : quatre pundion, soit un pundion par dinar. Rabbi Shimon dit : huit pundion, soit deux pundion par dinar.
Jusqu’à quand peut-on rendre une monnaie défectueuse ? Dans les villes, le temps nécessaire pour la montrer à un changeur ; dans les villages, jusqu’à la veille du shabbat. Si celui qui l’a reçue reconnaît celui qui la lui a donnée, il peut la lui rendre même après douze mois ; l’autre n’est toutefois passible que de reproche moral. On peut utiliser cette monnaie pour la seconde dîme sans inquiétude, car seul quelqu’un d’excessivement pointilleux la refuserait.
L’onaah commence à quatre pièces d’argent ; une revendication judiciaire soumise au serment commence à deux pièces ; l’aveu partiel, à la valeur d’une perouta. Il existe cinq domaines où la perouta sert de seuil : l’aveu d’une dette ; les kiddushin d’une femme ; l’usage d’une valeur d’une perouta d’un bien consacré, qui constitue un sacrilège ; la trouvaille d’une valeur d’une perouta, qui doit être annoncée ; et celui qui vole à son prochain une perouta puis lui prête un faux serment doit le suivre même jusqu’en Médie pour la restituer.
Il existe cinq catégories où l’on ajoute un cinquième : celui qui mange de la terouma, de la teroumat maasser, de la teroumat maasser prélevée sur du demai, de la halla ou des prémices ajoute un cinquième ; celui qui rachète sa propre plantation de quatrième année ou sa seconde dîme ajoute un cinquième ; celui qui rachète un bien qu’il a consacré ajoute un cinquième ; celui qui profite d’une valeur d’une perouta d’un bien consacré ajoute un cinquième ; et celui qui vole à son prochain une perouta puis lui prête un faux serment ajoute un cinquième.
Voici les biens auxquels la règle d’onaah ne s’applique pas : les esclaves, les actes écrits, les terrains et les biens consacrés. Ils ne sont pas soumis non plus au paiement du double ni du quadruple ou quintuple. Un gardien bénévole n’a pas à prêter serment à leur sujet, et un gardien rémunéré n’a pas à les rembourser en cas de perte relevant de ce régime. Rabbi Shimon dit : les biens consacrés dont une personne demeure financièrement responsable sont soumis à l’onaah ; ceux dont elle ne répond pas ne le sont pas. Rabbi Yehouda dit que même un rouleau de Torah, un animal et une pierre précieuse ne sont pas soumis à l’onaah. Les sages lui répondirent : seuls les biens déjà énumérés ont été exclus.
De même qu’il existe une tromperie dans l’achat et la vente, il existe une tromperie par les paroles. On ne demandera pas à quelqu’un : « Combien vaut cet objet ? » si l’on n’a aucune intention de l’acheter. On ne dira pas à une personne revenue de ses fautes : « Souviens-toi de tes anciennes actions. » On ne dira pas à l’enfant de convertis : « Souviens-toi de ce que faisaient tes ancêtres », car il est écrit : « Tu ne léseras pas l’étranger et tu ne l’opprimeras pas. »
On ne mélange pas des fruits avec d’autres fruits dans l’intention de vendre le mélange comme homogène, même des nouveaux avec des nouveaux, et à plus forte raison des nouveaux avec des anciens. Pour le vin, on permet toutefois de mélanger un vin fort avec un vin plus doux lorsque cela améliore la qualité. On ne mélange pas les lies au vin, mais on peut remettre à l’acheteur les lies provenant de son propre vin. Si de l’eau s’est mélangée au vin, on ne le vend pas en boutique sans en avertir l’acheteur ; on ne le vend pas non plus à un marchand, même en l’avertissant, car il pourrait tromper ensuite d’autres personnes. Dans les lieux où l’usage est d’ajouter de l’eau au vin, on peut suivre l’usage.
Un marchand peut rassembler le grain de cinq greniers dans un seul magasin, ou le vin de cinq pressoirs dans une seule grande jarre, à condition de ne pas le faire pour tromper sur l’origine ou la qualité. Rabbi Yehouda dit qu’un boutiquier ne distribuera pas des noix ou des épis grillés aux enfants afin de les habituer à venir chez lui ; les sages le permettent. Rabbi Yehouda dit aussi qu’il ne doit pas vendre à un prix inférieur au marché ; les sages disent qu’il mérite au contraire d’être félicité. Abba Shaoul dit qu’il ne faut pas trier les fèves pour les rendre plus attrayantes ; les sages le permettent. Tous reconnaissent toutefois qu’on ne doit pas trier seulement la couche supérieure d’un récipient afin de tromper l’œil. On ne maquille ni les personnes, ni les animaux, ni les objets pour leur donner une apparence trompeuse.
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