Mishnah · Nezikin · Bava Metzia

Mishnah Bava Metzia — chapitre 3

Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.

S0 · édition évolutive12 mishnayotHébreu · français

Provenance : texte hébreu de la Mishnah via Wikisource hébraïque, copie figée le 18 septembre 2026. La page source et ses conditions de réutilisation restent la référence de provenance. Aucune traduction moderne n’a servi de pivot.

Bava Metzia 3,1
המפקיד אצל חבירו בהמה או כלים , ונגנבו או שאבדו , שילם ולא רצה לישבע, שהרי אמרו שומר חנם נשבע ויוצא -- נמצא הגנב, משלם תשלומי כפל. טבח ומכר, משלם תשלומי ארבעה וחמשה. למי משלם? למי שהפיקדון אצלו . נשבע ולא רצה לשלם -- נמצא הגנב, משלם תשלומי כפל. טבח ומכר, משלם תשלומי ארבעה וחמשה. למי משלם? לבעל הפקדון.

Quelqu’un dépose chez son prochain un animal ou des objets, qui sont volés ou perdus. Le gardien choisit de payer plutôt que de prêter le serment qui l’aurait libéré. Si le voleur est ensuite découvert, c’est le gardien qui reçoit le double ; si le voleur a abattu ou vendu l’animal, il reçoit le quadruple ou le quintuple. Si le gardien a prêté serment et refusé de payer, puis que le voleur est découvert, le double, ou le quadruple et quintuple, reviennent au propriétaire du dépôt.

Bava Metzia 3,2
השוכר פרה מחברו והשאילה לאחר ומתה כדרכה, ישבע השוכר שמתה כדרכה, והשואל ישלם לשוכר . אמר רבי יוסי כיצד הלה עושה סחורה בפרתו של חבירו, אלא תחזור פרה לבעלים.

Un homme loue une vache à son prochain puis la prête à un tiers, et elle meurt de mort naturelle. Le locataire jure qu’elle est morte naturellement ; l’emprunteur paie le locataire. Rabbi Yossi dit : comment celui-ci pourrait-il faire commerce avec la vache de son prochain ? Le paiement doit revenir au propriétaire de la vache.

Bava Metzia 3,3
אמר לשנים, גזלתי לאחד מכם מנה, ואיני יודע איזה מכם, או אביו של אחד מכם הפקיד לי מנה, ואיני יודע איזה הוא, נותן לזה מנה ולזה מנה, שהודה מפי עצמו.

Quelqu’un dit à deux personnes : « J’ai volé cent à l’un de vous, mais je ne sais plus lequel », ou : « Le père de l’un de vous m’a confié cent, mais je ne sais plus lequel. » Il donne cent à chacun, puisqu’il a reconnu la dette de sa propre bouche.

Bava Metzia 3,4
שנים שהפקידו אצל אחד, זה מנה וזה מאתים, זה אומר שלי מאתים וזה אומר שלי מאתים, נותן לזה מנה ולזה מנה, והשאר יהא מונח עד שיבוא אליהו. אמר רבי יוסי, אם כן מה הפסיד הרמאי, אלא הכל יהא מונח עד שיבוא אליהו.

Deux personnes déposent chez un même gardien, l’une cent et l’autre deux cents. Chacune affirme que les deux cents lui appartiennent. Le gardien donne cent à chacune et laisse le reste jusqu’à la venue d’Élie. Rabbi Yossi dit : dans ce cas, que perd le fraudeur ? Il faut donc laisser l’ensemble jusqu’à la venue d’Élie.

Bava Metzia 3,5
וכן שני כלים, אחד יפה מנה ואחד יפה אלף זוז, זה אומר יפה שלי וזה אומר יפה שלי, נותן את הקטן לאחד מהן, ומתוך הגדול נותן דמי הקטן לשני, והשאר יהא מונח עד שיבוא אליהו. אמר רבי יוסי, אם כן מה הפסיד הרמאי. אלא הכל יהא מונח עד שיבוא אליהו.

Il en va de même de deux objets, l’un valant cent et l’autre mille zouz. Chacun affirme que le plus précieux est à lui. Selon le premier avis, on donne le petit objet à l’un, et à l’autre la valeur du petit prélevée sur le grand ; le reste demeure jusqu’à la venue d’Élie. Rabbi Yossi dit : sinon, que perd le fraudeur ? Il faut donc tout laisser jusqu’à la venue d’Élie.

Bava Metzia 3,6
המפקיד פירות אצל חבירו, אפילו הן אבודין לא יגע בהן. רבן שמעון בן גמליאל אומר, מוכרן בפני בית דין, מפני שהוא כמשיב אבידה לבעלים.

Celui à qui l’on confie des fruits ne doit pas y toucher, même s’ils se détériorent. Rabban Shimon ben Gamliel dit : il les vend devant le tribunal, car cela revient à restituer un objet perdu à son propriétaire.

Bava Metzia 3,7
המפקיד פירות אצל חברו, הרי זה יוציא לו חסרונות. לחטין ולאורז, תשעה חצאי קבין לכור. לשעורין ולדוחן, תשעה קבין לכור. לכוסמין ולזרע פשתן, שלש סאין לכור. הכל לפי המידה, הכל לפי הזמן. אמר רבי יוחנן בן נורי, וכי מה איכפת להן לעכברין, והלוא אוכלין בין מהרבה ובין מקמעא, אלא אינו מוציא לו חסרונות אלא לכור אחד בלבד. רבי יהודה אומר, אם היתה מידה מרובה, אינו מוציא לו חסרונות, מפני שמותירות.

Celui qui garde des fruits pour autrui peut déduire les pertes normales de conservation. Pour le blé et le riz : neuf demi-qab par kor ; pour l’orge et le millet : neuf qab par kor ; pour l’épeautre et la graine de lin : trois seah par kor. Tout dépend de la quantité et de la durée. Rabbi Yohanan ben Nouri dit : qu’importe aux souris qu’il y ait beaucoup ou peu ? Elles mangent une quantité comparable ; il ne faut donc déduire les pertes que pour un seul kor. Rabbi Yehouda dit : lorsque la quantité est importante, on ne déduit pas les pertes, car le volume augmente par tassement ou gonflement.

Bava Metzia 3,8
יוציא לו שתות ליין. רבי יהודה אומר, חומש. יוציא לו שלשת לוגין שמן למאה, לוג ומחצה שמרים, לוג ומחצה בלע. אם היה שמן מזוקק, אינו מוציא לו שמרים. אם היו קנקנים ישנים, אינו מוציא לו בלע. רבי יהודה אומר, אף המוכר שמן מזוקק לחברו כל ימות השנה, הרי זה מקבל עליו לוג ומחצה שמרים למאה.

Pour le vin, on déduit un sixième ; Rabbi Yehouda dit un cinquième. Pour cent unités d’huile, on déduit trois log : un log et demi pour les lies, un log et demi pour l’absorption par les récipients. Si l’huile est déjà clarifiée, on ne déduit rien pour les lies ; si les jarres sont anciennes, on ne déduit rien pour l’absorption. Rabbi Yehouda dit : même celui qui vend toute l’année de l’huile clarifiée à son prochain peut déduire un log et demi de lies pour cent.

Bava Metzia 3,9
המפקיד חבית אצל חבירו, ולא ייחדו לה הבעלים מקום, וטלטלה ונשברה, אם מתוך ידו נשברה, לצרכו, חייב, לצרכה, פטור. אם משהניחה נשברה, בין לצרכו בין לצרכה פטור. ייחדו לה הבעלים מקום, וטלטלה ונשברה, בין מתוך ידו ובין משהניחה, לצרכו, חייב, לצרכה, פטור.

Quelqu’un confie une jarre à son prochain sans lui désigner d’emplacement précis. Le gardien la déplace et elle se brise. Si elle se brise dans sa main parce qu’il la déplaçait pour son propre besoin, il est responsable ; s’il la déplaçait pour la protéger, il est exempt. Si elle se brise après qu’il l’a reposée, il est exempt dans les deux cas. Si le propriétaire lui avait désigné un emplacement précis, puis qu’il la déplace et qu’elle se brise, qu’elle se brise dans sa main ou après qu’il l’a reposée, il est responsable s’il l’avait déplacée pour son propre besoin et exempt s’il l’avait déplacée pour la protéger.

Bava Metzia 3,10
המפקיד מעות אצל חבירו, צררן והפשילן לאחוריו, או שמסרן לבנו ולבתו הקטנים, ונעל בפניהם שלא כראוי, חייב, שלא שמר כדרך השומרים. ואם שמר כדרך השומרים, פטור.

Celui qui reçoit de l’argent en dépôt, l’attache et le porte derrière lui, ou le confie à son fils ou à sa fille mineurs, ou ferme devant lui de manière insuffisante, est responsable : il ne l’a pas gardé comme le font les gardiens. S’il l’a gardé selon la manière normale des gardiens, il est exempt.

Bava Metzia 3,11
המפקיד מעות אצל שולחני - אם צרורין - לא ישתמש בהם, לפיכך אם אבדו אינו חייב באחריותן. מותרין - ישתמש בהן, לפיכך אם אבדו חייב באחריותן. אצל בעל הבית, בין צרורין ובין מותרים - לא ישתמש בהן, לפיכך אם אבדו אינו חייב באחריותן . חנוני כבעל הבית, דברי רבי מאיר. רבי יהודה אומר, חנוני כשולחני.

Celui qui confie de l’argent à un changeur : si l’argent est attaché ou scellé, le changeur ne doit pas l’utiliser et n’en répond pas s’il se perd. S’il est libre, il peut l’utiliser et en répond s’il se perd. Chez un particulier, qu’il soit attaché ou libre, il ne doit pas l’utiliser et n’en répond pas s’il se perd. Selon Rabbi Meïr, un marchand est comme un particulier ; Rabbi Yehouda dit qu’un marchand est comme un changeur.

Bava Metzia 3,12
השולח יד בפיקדון - בית שמאי אומרים, ילקה בחסר וביתר. ובית הלל אומרים, כשעת הוצאה. רבי עקיבא אומר, כשעת התביעה . החושב לשלוח יד בפקדון - בית שמאי אומרים, חייב. ובית הלל אומרים, אינו חייב עד שישלח בו יד, [ שנאמר (שמות כב, ז) אם לא שלח ידו במלאכת רעהו ]. כיצד? הטה את החבית ונטל הימנה רביעית, ונשברה, אינו משלם אלא רביעית. הגביהה ונטל הימנה רביעית, ונשברה, משלם דמי כולה.

Celui qui porte la main sur un dépôt pour se l’approprier : la maison de Shammaï dit qu’il supporte aussi bien la baisse que la hausse de valeur ; la maison de Hillel dit qu’il paie selon la valeur au moment où il l’a retiré. Rabbi Aqiva dit : selon la valeur au moment de la réclamation. Celui qui a seulement pensé à s’approprier un dépôt : la maison de Shammaï le tient déjà pour responsable ; la maison de Hillel dit qu’il ne l’est qu’après avoir effectivement porté la main dessus. Comment ? S’il incline une jarre et en prélève un quart, puis que la jarre se brise, il ne paie que ce quart. S’il soulève toute la jarre puis en prélève un quart et qu’elle se brise, il paie la valeur entière.

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