Celui qui loue un ouvrier pour travailler directement avec du vin de libation interdit voit le salaire de ce travail interdit au bénéfice. Si l’ouvrier a été embauché pour une autre tâche et reçoit seulement accessoirement l’ordre de déplacer une jarre de ce vin, le salaire global reste permis. Même distinction pour la location d’un âne : louer l’animal pour transporter le vin rend le loyer interdit ; le louer comme monture reste permis même si le non-Juif pose sa petite cruche sur l’animal.
Mishnah · Nezikin · Avodah Zarah
Mishnah Avodah Zarah — chapitre 5
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Provenance : texte hébreu de la Mishnah via Wikisource hébraïque, copie figée le 19 septembre 2026. Aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
Du vin de libation tombe sur des raisins intacts : on les lave et ils sont permis ; s’ils sont fendus, ils sont interdits parce que le vin pénètre. Pour figues ou dattes, on suit le goût transmis : si le vin améliore ou donne un goût appréciable, le produit est interdit. Un cas concernant des figues sèches transportées par bateau fut permis par les sages après qu’une jarre de vin se fut brisée dessus. Règle générale : si le goût procuré par l’interdit est avantageux, c’est interdit ; s’il détériore le goût, c’est permis, comme du levain tombé dans certains gruaux et les rendant moins bons.
Un non-Juif transporte avec un Juif des jarres de vin d’un lieu à un autre. Tant que le Juif peut revenir de manière inattendue et que le vin reste sous une surveillance plausible, il est permis. Si le Juif annonce une longue absence, l’interdiction dépend du temps nécessaire pour ouvrir, reboucher et laisser sécher une fermeture truquée. Rabban Shimon ben Gamliel exige le temps nécessaire à une ouverture complète puis une nouvelle fermeture sèche.
Même principe lorsque le Juif laisse son vin dans une charrette ou un bateau et fait un détour, entre en ville ou se baigne, ou lorsqu’il laisse un non-Juif seul dans sa boutique : si le retour peut être soudain, le vin reste permis. S’il annonce son éloignement, on calcule le temps nécessaire à une manipulation crédible du sceau, Rabban Shimon ben Gamliel exigeant une ouverture et refermeture plus complète.
Un Juif mange à table avec un non-Juif, laisse une cruche sur la table et une autre sur une tablette latérale, puis sort. Le vin sur la table est interdit, celui de la tablette reste permis. S’il avait dit à l’autre : « Verse-toi et bois », même la cruche de la tablette devient interdite. Les jarres ouvertes sont interdites ; les jarres fermées le deviennent seulement si le temps de les ouvrir et refermer a été disponible.
Une troupe non-juive entre dans une ville en temps de paix : les jarres ouvertes sont interdites, les jarres fermées permises selon le texte. En temps de guerre, les deux catégories restent permises, parce que les soldats sont supposés ne pas avoir le loisir d’accomplir une libation rituelle.
Des artisans juifs reçoivent d’un non-Juif une jarre de vin interdit comme salaire : tant qu’elle n’est pas encore entrée dans leur possession, ils peuvent lui demander d’en donner la valeur en argent ; après acquisition, cela devient interdit. Un Juif vend son vin à un non-Juif : si le prix est fixé avant la mesure et le transfert, l’argent reste permis ; si la mesure précède l’accord sur le prix, l’argent peut devenir interdit. Un entonnoir portant encore du vin interdit peut contaminer la mesure suivante. Lorsqu’on verse d’un récipient dans un autre, ce qui quitte le récipient supérieur peut rester permis tandis que ce qui est versé dans le récipient interdit devient interdit.
Le vin de libation interdit un mélange avec du vin de même nature même en quantité infime ; de même pour eau interdite dans eau. Pour vin dans eau ou eau dans vin, on suit l’effet sur le goût. Règle générale formulée par la Mishnah : même espèce, toute quantité peut interdire ; espèces différentes, on exige un goût perceptible.
Plusieurs objets interdits au bénéfice rendent un mélange interdit même en quantité infime selon cette liste : vin de libation, idole, peaux rituellement incisées, bœuf lapidé, génisse à la nuque brisée, oiseaux du lépreux, cheveux du nazir, premier-né d’âne, viande cuite avec lait, selon une tradition le bouc envoyé au désert, et animaux profanes abattus dans la cour du sanctuaire.
Du vin de libation tombe dans une cuve : selon le premier avis, tout le contenu devient interdit au bénéfice. Rabban Shimon ben Gamliel permet de vendre l’ensemble à un non-Juif en retranchant du prix la valeur du vin interdit qui s’y est mélangé.
Un pressoir de pierre enduit de poix par un non-Juif est nettoyé et devient utilisable. Pour un pressoir de bois, Rabbi permet un nettoyage approfondi ; les sages exigent de retirer la poix. Pour un pressoir de terre cuite, même retirer la poix ne suffit pas selon le premier avis, parce que le matériau absorbe davantage.
Celui qui achète des ustensiles de cuisine à un non-Juif les prépare selon la manière dont ils ont servi : ce qui se purifie par immersion est immergé ; ce qui a absorbé par cuisson est ébouillanté ; ce qui a servi directement au feu est passé au feu. Les broches et grilles sont chauffées à blanc ; un couteau est frotté ou aiguisé selon le procédé indiqué puis devient permis.
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.