Dans les trois jours précédant les fêtes cultuelles des non-Juifs visées par ce droit ancien, il est interdit de commercer avec leurs participants, de leur prêter ou emprunter des objets ou de l’argent, et de régler ou recevoir certaines dettes, de peur de contribuer à la célébration idolâtre. Rabbi Yehouda permet de recouvrer une dette, parce que le débiteur en éprouve du déplaisir ; les sages répondent qu’après ce déplaisir immédiat il se réjouira d’avoir éteint sa dette.
Mishnah · Nezikin · Avodah Zarah
Mishnah Avodah Zarah — chapitre 1
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Provenance : texte hébreu de la Mishnah via Wikisource hébraïque, copie figée le 19 septembre 2026. Aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
Rabbi Yishmaël étend l’interdiction aux trois jours précédant et aux trois jours suivant la fête. Les sages l’appliquent avant la fête et permettent après.
La Mishnah énumère des fêtes du monde gréco-romain : Kalenda, Saturnalia, Kratesis, anniversaire d’accession des rois, anniversaire de naissance et jour de mort selon Rabbi Meïr. Les sages distinguent les funérailles accompagnées de brûlage rituel, qu’ils associent à un culte idolâtre, de celles qui ne le sont pas. Des célébrations personnelles — première coupe de barbe ou de mèche, retour de mer, sortie de prison, banquet pour un fils — n’interdisent les transactions que ce jour-là et avec la personne qui célèbre.
Si une ville célèbre un culte idolâtre, l’extérieur de la ville reste permis ; si le culte est à l’extérieur, l’intérieur reste permis. Aller vers ce lieu est interdit lorsque la route ne mène qu’à lui ; si la même route permet d’atteindre un autre lieu, elle est permise. Dans une ville en fête où certaines boutiques sont décorées pour le culte et d’autres non, les sages déclarèrent interdites les boutiques décorées et permirent les autres, comme dans le cas de Beit Shean.
Certains produits susceptibles d’être utilisés comme offrandes sont interdits à la vente aux non-Juifs dans le contexte défini : pommes de pin ou produits appelés istrobalin, figues benot shuah avec leurs tiges, encens et coq blanc. Rabbi Yehouda permet un coq blanc vendu au milieu d’autres coqs ; s’il est vendu seul, on peut l’endommager avant la vente, car une victime mutilée n’est pas offerte à l’idole. Pour les autres produits, une demande indéterminée est permise, une demande explicitement destinée au culte est interdite. Rabbi Meïr ajoute plusieurs végétaux nommés par le texte.
Dans un lieu où l’usage est de vendre du petit bétail aux non-Juifs, on peut le faire ; là où l’usage est de s’en abstenir, on ne le fait pas. Le gros bétail, les veaux et jeunes chevaux ne sont pas vendus selon le premier avis, même entiers ou blessés. Rabbi Yehouda permet l’animal déjà blessé ; Ben Betera permet le cheval.
On ne vend pas aux non-Juifs ours, lions ou autres animaux présentant un danger public selon ce droit ancien. On ne participe pas non plus à la construction d’édifices destinés à des exécutions, spectacles ou culte, comme les bâtiments et estrades énumérés. On peut participer à des constructions civiles telles que certains bains ; mais lorsqu’on atteint la niche destinée à recevoir l’idole, on cesse de construire.
Selon la tradition rapportée, on ne fabrique pas d’ornements pour une idole ; Rabbi Éliézer permet de le faire comme travail rémunéré dans un cas transmis. On ne vend pas aux non-Juifs une plante ou un bien encore attaché au sol en terre d’Israël ; on peut le vendre une fois coupé, et Rabbi Yehouda permet une vente conditionnée à la coupe. Les règles de vente ou location de maisons et champs varient entre terre d’Israël, Syrie et diaspora, Rabbi Meïr et Rabbi Yossi fixant des degrés différents de restriction.
Même lorsqu’une maison peut être louée, le premier avis ne permet pas de la louer comme résidence destinée à y introduire un culte idolâtre, en raison de « tu ne feras pas entrer une abomination dans ta maison ». Partout, un bain public portant le nom du propriétaire juif ne doit pas être loué à un non-Juif selon ce régime, afin d’éviter que l’activité publique soit attribuée au propriétaire.
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