Bibliothèque ancienne · Introduction critique
Issachar 3 — sacerdoce et sainteté
Ce chapitre poursuit le testament de Issachar autour de sacerdoce et sainteté. La parole paternelle relit l’expérience du patriarche pour orienter la conduite de ses descendants.
Texte — sept restitutions
Une seule analyse du texte source gouverne les sept restitutions. La version Lecture est ouverte par défaut.
Clarté
§1 Lorsque je fus devenu adulte, mes enfants, je marchais dans la droiture du cœur. Je devins cultivateur pour mes pères et mes frères, et je rapportais des champs leurs fruits en leur saison.
§2 Mon père me bénit, voyant que je marchais dans la simplicité.
§3 Je n’étais pas indiscret dans mes affaires, ni méchant, ni jaloux envers mon prochain.
§4 Je ne calomniais personne et je ne critiquais la conduite de personne ; je marchais avec simplicité dans mon regard.
§5 C’est pourquoi, à trente-cinq ans, je pris une femme. Le travail épuisait mes forces ; je ne recherchais pas le plaisir de la femme, car à cause de la fatigue le sommeil l’emportait sur moi.
§6 Mon père se réjouissait toujours de ma simplicité. De tout ce que produisait mon travail, j’offrais d’abord au Seigneur, par le prêtre, les fruits et les prémices ; ensuite à mon père ; et seulement alors je prenais ma part.
§7 Le Seigneur doublait les biens entre mes mains, et Jacob savait que Dieu faisait prospérer ma simplicité.
§8 À tout pauvre et à toute personne dans la détresse, je donnais des biens de la terre avec simplicité de cœur.
Lecture
§1 Lorsque j’eus atteint l’âge adulte, mes enfants, je vécus dans la rectitude du cœur. Je cultivais la terre pour mes pères et mes frères, et j’apportais des champs les fruits au temps voulu.
§2 Mon père me bénissait, car il voyait que ma conduite était simple et sans duplicité.
§3 Je ne me mêlais pas inutilement des affaires ; je n’étais ni malveillant ni envieux envers mon prochain.
§4 Je ne parlais contre personne et ne blâmais la vie d’aucun homme : mon regard demeurait simple.
§5 À trente-cinq ans, je pris donc une épouse. Le labeur consumait mes forces ; je ne tournais pas ma pensée vers le plaisir d’une femme, car après le travail le sommeil me gagnait.
§6 Mon père se réjouissait constamment de ma simplicité. Chaque fois que je récoltais, je présentais d’abord au Seigneur par le prêtre tous les fruits et toutes les prémices, puis j’en donnais à mon père, et je venais ensuite.
§7 Le Seigneur multipliait les biens entre mes mains, et Jacob savait que Dieu accompagnait ma simplicité.
§8 Je partageais les biens de la terre avec tout pauvre et toute personne affligée, dans la simplicité du cœur.
Proclamation
§1 Quand je devins homme, mes enfants, je marchai droit de cœur. Je travaillai la terre pour mes pères et mes frères, et j’en rapportai les fruits en leur saison.
§2 Mon père me bénit : il voyait que je marchais dans la simplicité.
§3 Je ne me mêlais pas de ce qui ne me regardait pas ; ni méchanceté, ni envie envers mon prochain.
§4 Je ne calomniais personne, je ne condamnais la vie de personne : mon regard demeurait simple.
§5 À trente-cinq ans, je pris une femme. Le travail avait mangé mes forces ; je ne poursuivais pas le plaisir, et la fatigue me conduisait au sommeil.
§6 Mon père se réjouissait de ma simplicité. De chaque récolte, je donnais d’abord au Seigneur les fruits et les prémices par le prêtre ; puis à mon père ; enfin venait ma part.
§7 Et le Seigneur doublait les biens entre mes mains ! Jacob le savait : Dieu soutenait ma simplicité.
§8 Au pauvre, à l’affligé, je partageais les biens de la terre — simplement, de tout cœur.
Déployée
§1 Devenu adulte, Issachar dit avoir choisi une conduite droite de cœur. Il se consacra au travail agricole pour sa famille et apportait les produits des champs selon leur saison.
§2 Jacob le bénissait parce qu’il reconnaissait en lui une conduite marquée par la simplicité, c’est-à-dire l’absence de duplicité.
§3 Cette simplicité se manifestait aussi dans ses relations : il ne s’ingérait pas dans les affaires d’autrui et refusait la malveillance comme l’envie envers son prochain.
§4 Il affirme n’avoir ni calomnié ni condamné la manière de vivre des autres, gardant un regard simple plutôt qu’un regard soupçonneux.
§5 À trente-cinq ans, il prit une épouse. Le texte souligne que le labeur épuisait ses forces et qu’il ne faisait pas du plaisir sexuel sa préoccupation : après le travail, le sommeil l’emportait.
§6 Son père se réjouissait de cette simplicité. Dans le cadre cultuel décrit par le Testament, Issachar consacrait d’abord au Seigneur par le prêtre les fruits et les prémices de son travail, puis en donnait à son père avant de prendre sa propre part.
§7 Le Seigneur doublait les biens entre mes mains, et Jacob savait que Dieu faisait prospérer ma simplicité.
§8 Cette prospérité devait être partagée : Issachar dit avoir donné les produits de la terre aux pauvres et aux personnes éprouvées avec un cœur sans duplicité.
Littérale
§1 Lorsque donc je fus devenu mûr, mes enfants, je marchais dans la droiture du cœur, et je devins cultivateur de mes pères et de mes frères, et j’apportais des fruits des champs selon leur temps.
§2 Et mon père me bénit, voyant que je marche dans la simplicité.
§3 Et je n’étais pas curieux dans mes actions, ni mauvais ni envieux envers le prochain.
§4 Je ne parlai contre personne, ni ne blâmai la vie d’un homme, marchant dans la simplicité des yeux.
§5 Pour cela, à trente-cinq ans je pris pour moi une femme, parce que le labeur dévorait ma force ; et je ne pensais pas au plaisir d’une femme, mais par le travail mon sommeil prenait le dessus.
§6 Et toujours mon père se réjouissait de ma simplicité. Car si je travaillais quelque chose, tout fruit et toute première production, d’abord par le prêtre je l’offrais au Seigneur, ensuite à mon père, et alors moi.
§7 Et le Seigneur doublait les biens dans mes mains. Jacob savait aussi que Dieu coopère avec ma simplicité.
§8 Car à tout pauvre et à tout affligé je fournissais les biens de la terre dans la simplicité du cœur.
Philologique
§1 Lorsque donc je fus devenu mûr, mes enfants, je marchais dans la droiture du cœur, et je devins cultivateur de mes pères et de mes frères, et j’apportais des fruits des champs selon leur temps.
§2 Puis mon père me bénit, voyant que je marche dans la simplicité.
§3 Puis je n’étais pas curieux dans mes actions, ni mauvais ni envieux envers le prochain.
§4 Je ne parlai contre personne, ni ne blâmai la vie d’un être humain, marchant dans la simplicité des yeux.
§5 Pour cela, à trente-cinq ans je pris pour moi une femme, parce que le labeur dévorait ma force ; et je ne pensais pas au plaisir d’une femme, mais par le travail mon sommeil prenait le dessus.
§6 Puis toujours mon père se réjouissait de ma simplicité. Puisque si je travaillais quelque chose, tout fruit et toute première production, d’abord par le prêtre je l’offrais au Seigneur, ensuite à mon père, et alors moi.
§7 Puis le Seigneur doublait les biens dans mes mains. Jacob savait aussi que Dieu coopère avec ma simplicité.
§8 Car à tout pauvre et à tout affligé je fournissais les biens de la terre dans la simplicité du cœur.
Paraphrase
§1 Devenu adulte, Issachar se décrit comme un homme de travail au cœur droit : il cultivait les terres familiales et apportait les récoltes au rythme des saisons.
§2 Jacob approuvait cette manière de vivre, parce qu’il y voyait une simplicité sincère, sans arrière-pensée.
§3 Issachar ne cherchait pas à contrôler les affaires des autres et refusait aussi bien la malveillance que la jalousie.
§4 Il évitait la médisance et le jugement sur la conduite d’autrui ; même son regard devait rester sans duplicité.
§5 Il raconte n’avoir pris femme qu’à trente-cinq ans. Le travail absorbait son énergie au point que le désir sexuel ne gouvernait pas sa vie ; la fatigue le menait plutôt au sommeil.
§6 Sa règle était de ne jamais se servir le premier : il consacrait les prémices à Dieu, honorait ensuite son père, puis recevait sa propre part.
§7 Sa prospérité est interprétée comme le fruit de cette intégrité : le Seigneur faisait croître ce qui passait entre ses mains, et Jacob le reconnaissait.
§8 Enfin, cette abondance n’était pas gardée pour lui : il partageait avec le pauvre et l’affligé, conformément à la simplicité qu’il professait.
Texte source
§1 Ὅτε οὖν ἡδρύνθην, τέκνα μου, ἐπορευόμην ἐν εὐθύτητι καρδίας, καὶ ἐγενόμην γεωργὸς τῶν πατέρων μου καὶ τῶν ἀδελφῶν μου, καὶ ἔφερον καρποὺς ἐξ ἀγρῶν κατὰ καιρὸν αὐτῶν, §2 καὶ εὐλόγησέ με ὁ πατήρ μου βλέπων, ὅτι ἐν ἁπλότητι πορεύομαι. §3 Καὶ οὐκ ἤμην περίεργος ἐν ταῖς πράξεσί μου, οὐδὲ πονηρὸς καὶ βάσκανος τῷ πλησίον· §4 οὐ κατελάλησά τινος, οὐδὲ ἔψεξα βίον ἀνθρώπου, πορευόμενος ἐν ἁπλότητι ὀφθαλμῶν. §5 Διὰ τοῦτο τριάκοντα καὶ πέντε ἐτῶν ἔλαβον ἐμαυτῷ γυναῖκα, ὅτι ὁ κάματος κατήσθιε τὴν ἰσχύν μου· καὶ οὐκ ἐνενόουν ἡδονὴν γυναικός, ἀλλὰ διὰ τοῦ κόπου ὁ ὕπνος μου περιεγένετο. §6 καὶ πάντοτε ἔχαιρεν ἐπὶ τῇ ἁπλότητί μου ὁ πατήρ μου. Εἴτι γὰρ ἔκαμνον, πᾶσαν ὀπώραν καὶ πᾶν πρωτογένημα πρῶτον διὰ τοῦ ἱερέως κυρίῳ προσέφερον, ἔπειτα τῷ πατρί μου, καὶ τότε ἐγώ. §7 Καὶ κύριος ἐδιπλασίαζε τὰ ἀγαθὰ ἐν χερσί μου. Ἤιδει δὲ καὶ Ἰακώβ, ὅτι ὁ θεὸς συνεργεῖ τῇ ἁπλότητί μου· §8 παντὶ γὰρ πένητι καὶ παντὶ θλιβομένῳ παρεῖχον τῆς γῆς τὰ ἀγαθὰ ἐν ἁπλότητι καρδίας.
Notes textuelles
- Traduction établie directement sur le grec ; transcription publique utilisée pour la segmentation et la normalisation de l’OCR, avec contrôle des leçons significatives contre Charles 1908. Aucune traduction moderne ne sert de pivot.
- Charles 1908 imprime dans le texte principal « trente-cinq ans » (τριάκοντα καὶ πέντε) ; une transcription continue donne « trente ans ». La restitution suit Charles.
- L’offrande des prémices « par le prêtre » projette un cadre cultuel développé dans le monde patriarcal ; elle est conservée comme donnée du Testament.
- ἁπλότης désigne ici la simplicité au sens d’intégrité non divisée, sans duplicité, et non la naïveté intellectuelle.
Place dans l’ouvrage
Dans le Testament
Chapitre 3 sur 7 du Testament de Issachar, centré dans l’ensemble sur simplicité, travail et droiture.
Parcours de l’unité
Clés de lecture
- Lire comme testament pseudépigraphique : récit autobiographique, exhortation morale et prophétie y sont volontairement articulés.
- Les formulations chrétiennes éventuelles doivent être examinées au cas par cas et non présumées pour tout le chapitre.
Approfondir : composition, transmission et réception
Témoin de travail
Sefaria API working witness; English text based on R. H. Charles 1908
Lecture éditoriale. Le témoin anglais sert au repérage ; la validation finale doit revenir aux témoins grecs, arméniens, slaves et aux éditions critiques pertinentes.
Bibliographie de travail
- R. H. Charles, The Testaments of the Twelve Patriarchs (1908)
- H. C. Kee, Testaments of the Twelve Patriarchs
- Marinus de Jonge, Studies on the Testaments of the Twelve Patriarchs
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.