Psaumes
IntroductionPsaumes 71
Analyse du texte source · restitution Philologique
En toi, YHWH, je me réfugie ; que jamais je n’aie honte !
Dans ta justice, délivre-moi et fais-moi échapper ; incline vers moi ton oreille et sauve-moi.
Sois pour moi un rocher où demeurer, où je puisse toujours venir. Tu as ordonné mon salut, car tu es mon roc et ma forteresse.
Mon Dieu, délivre-moi de la main du méchant, de la paume de l’injuste et du violent.
Car toi, tu es mon espérance, Seigneur YHWH, ma confiance depuis ma jeunesse.
Sur toi je m’appuie depuis le ventre ; des entrailles de ma mère, c’est toi qui m’as tiré. En toi est toujours ma louange.
Je suis devenu pour beaucoup comme un signe, mais toi, tu es mon puissant refuge.
Que ma bouche soit remplie de ta louange, tout le jour de ta splendeur.
Ne me rejette pas au temps de la vieillesse ; quand ma force s’épuise, ne m’abandonne pas.
Car mes ennemis parlent contre moi ; ceux qui guettent ma vie tiennent conseil ensemble.
Ils disent : « Dieu l’a abandonné ; poursuivez-le, saisissez-le, car personne ne le délivre. »
Ô Dieu, ne t’éloigne pas de moi ; mon Dieu, hâte-toi de venir à mon secours ! [Ketiv et qeré emploient deux lemmes proches pour l’idée de hâte ; le sens contextuel « hâte-toi » reste stable.]
Qu’ils aient honte, qu’ils disparaissent, ceux qui accusent mon être ; qu’ils se couvrent d’outrage et de confusion, ceux qui cherchent mon malheur.
Mais moi, toujours j’espérerai, et j’ajouterai encore à toute ta louange.
Ma bouche racontera ta justice, tout le jour ton salut, car je n’en connais pas le nombre.
Je viendrai avec les actes puissants du Seigneur YHWH ; je rappellerai ta justice, la tienne seule.
Ô Dieu, tu m’as enseigné depuis ma jeunesse, et jusqu’ici j’annonce tes merveilles.
Même jusqu’à la vieillesse et aux cheveux blancs, ô Dieu, ne m’abandonne pas, jusqu’à ce que j’annonce ton bras à une génération, ta puissance à tous ceux qui viendront.
Ta justice, ô Dieu, atteint les hauteurs, toi qui as fait de grandes choses. Ô Dieu, qui est comme toi ?
Toi qui nous/m’as fait voir des détresses nombreuses et mauvaises, tu reviendras nous/me faire vivre ; des profondeurs de la terre, tu reviendras me faire monter. [Le ketiv et le qeré alternent entre pluriel et singulier dans les suffixes : la plainte personnelle et l’expérience collective se superposent.]
Tu augmenteras ma grandeur et, te retournant vers moi, tu me consoleras.
Moi aussi, je te célébrerai sur le nevel pour ton ʾemet, mon Dieu ; je jouerai pour toi sur la kinnor, Saint d’Israël. [nevel et kinnor désignent deux instruments à cordes distincts ; la Philologique conserve leurs noms.]
Mes lèvres crieront de joie quand je jouerai pour toi, et mon être que tu as racheté.
Ma langue aussi, tout le jour, hāgâ ta justice ; car ils ont honte, ils sont confondus, ceux qui cherchent mon malheur. [h-g-h : murmurer / méditer, même réseau que Ps 1,2 ; 2,1 ; 35,28 ; 37,30.]