Juges
IntroductionJuges 9
Édition évolutive · en cours de révision · non validée S5 · reformulation contrôlée pour saisir immédiatement le sens discursif · restitution Paraphrase
Abimélek, fils de Yerubbaal, se rendit à Sichem auprès des frères de sa mère et de toute sa parenté maternelle.
Il leur demanda de convaincre les notables de Sichem qu’il valait mieux être gouvernés par un seul homme, lui-même, que par les soixante-dix fils de Yerubbaal, en rappelant leur lien de sang.
Les frères de sa mère répétèrent cet argument, et les notables de Sichem se rangèrent derrière Abimélek parce qu’il était leur frère.
Ils lui donnèrent soixante-dix pièces d’argent prises dans le temple de Baal-Berith ; avec cet argent, il recruta des hommes sans valeur et téméraires.
Abimélek alla à Ophra et tua ses frères, les fils de Yerubbaal, soixante-dix hommes sur une seule pierre. Seul Yotam, le plus jeune, échappa au massacre en se cachant.
Les notables de Sichem et la maison de Millo proclamèrent alors Abimélek roi près du chêne du monument à Sichem.
Quand Yotam l’apprit, il se plaça au sommet du mont Garizim et appela les notables de Sichem à l’écouter.
Il raconta une fable : les arbres cherchèrent un roi et proposèrent d’abord la royauté à l’olivier.
L’olivier refusa d’abandonner son huile, qui honore Dieu et les hommes, pour aller s’agiter au-dessus des autres arbres.
Les arbres proposèrent alors la royauté au figuier.
Le figuier refusa d’abandonner sa douceur et son bon fruit.
Les arbres s’adressèrent ensuite à la vigne.
La vigne refusa elle aussi d’abandonner son vin nouveau, qui réjouit Dieu et les humains.
Finalement, tous les arbres demandèrent au buisson d’épines de régner sur eux.
Le buisson répondit ironiquement : si vous voulez vraiment m’oindre comme roi, venez vous abriter sous mon ombre ; sinon, qu’un feu sorte de moi et dévore les cèdres du Liban.
Yotam appliqua alors la fable à Sichem : si les notables avaient vraiment agi avec vérité et intégrité envers Yerubbaal, leur choix d’Abimélek pouvait être défendu.
Il rappela que son père avait risqué sa vie pour délivrer Israël de Madian.
Mais les notables avaient répondu à ce bienfait en faisant tuer les soixante-dix fils de Yerubbaal et en établissant Abimélek à cause de leur parenté avec lui.
S’ils avaient vraiment agi avec intégrité, qu’ils se réjouissent donc d’Abimélek et qu’il se réjouisse d’eux.
Sinon, qu’un feu sorte d’Abimélek et dévore Sichem, et qu’un feu sorte de Sichem et dévore Abimélek.
Yotam s’enfuit alors à Beer pour échapper à son frère.
Abimélek exerça le pouvoir sur Israël pendant trois ans.
Puis Dieu envoya un esprit mauvais, c’est-à-dire hostile, entre Abimélek et les notables de Sichem, qui se retournèrent contre lui.
Le récit présente cette rupture comme une rétribution du sang des soixante-dix fils de Yerubbaal, imputée à la fois à Abimélek et à ses soutiens de Sichem.
Les notables placèrent des hommes en embuscade sur les montagnes pour attaquer les voyageurs ; Abimélek en fut informé.
Gaal, fils d’Ébed, arriva alors à Sichem avec ses frères, et les notables placèrent leur confiance en lui.
Pendant les vendanges, ils firent une fête dans le temple de leur dieu, mangèrent, burent et maudirent Abimélek.
Gaal contesta ouvertement l’autorité d’Abimélek et appela les habitants de Sichem à servir plutôt la maison de Hamor, ancêtre de la ville.
Il déclara que s’il avait lui-même le peuple sous son autorité, il chasserait Abimélek, puis le défia de renforcer son armée et de sortir au combat.
Zebul, gouverneur de la ville, entendit les paroles de Gaal et entra en colère.
Il avertit secrètement Abimélek que Gaal et ses frères soulevaient la ville contre lui.
Il lui conseilla de venir de nuit avec ses hommes et de se placer en embuscade dans la campagne.
Au lever du soleil, Abimélek devait fondre sur la ville dès que Gaal sortirait contre lui.
Abimélek vint donc de nuit et répartit ses hommes en quatre groupes autour de Sichem.
Gaal sortit à la porte de la ville au moment où Abimélek et ses hommes quittaient leur embuscade.
Voyant des hommes descendre des montagnes, Gaal alerta Zebul, qui tenta d’abord de lui faire croire qu’il prenait les ombres pour des soldats.
Gaal insista : des groupes descendaient bien du centre du pays et par le chemin du chêne des Devins.
Zebul lui rappela alors ses paroles de défi contre Abimélek et l’invita à sortir combattre ceux qu’il avait méprisés.
Gaal sortit donc devant les notables de Sichem et engagea le combat.
Abimélek le poursuivit ; Gaal s’enfuit et de nombreux hommes tombèrent jusqu’à l’entrée de la porte.
Abimélek resta à Arouma, tandis que Zebul chassait Gaal et ses frères de Sichem.
Le lendemain, les habitants sortirent dans les champs et Abimélek en fut informé.
Il répartit ses hommes en trois groupes, se plaça en embuscade et attaqua ceux qui sortaient de la ville.
Abimélek bloqua la porte tandis que les deux autres groupes frappaient les gens dispersés dans les champs.
Il combattit Sichem toute la journée, prit la ville, tua ses habitants, la démolit et répandit du sel sur son emplacement, geste de dévastation dont le texte ne précise pas davantage la fonction.
Les notables de la tour de Sichem se réfugièrent alors dans la partie fortifiée du temple d’El-Berith.
Abimélek apprit qu’ils s’y étaient tous rassemblés.
Il monta au mont Tsalmon, coupa une branche avec une hache, la plaça sur son épaule et demanda à ses hommes de l’imiter.
Tous apportèrent des branches contre la forteresse et y mirent le feu ; environ mille hommes et femmes moururent.
Abimélek marcha ensuite contre Thébets et prit la ville.
Les habitants se réfugièrent dans une tour fortifiée et montèrent sur son toit.
Abimélek s’approcha de l’entrée pour y mettre le feu.
Une femme jeta alors sur sa tête la meule supérieure d’un moulin et lui fracassa le crâne.
Craignant qu’on ne dise qu’une femme l’avait tué, Abimélek demanda à son porteur d’armes de l’achever avec son épée.
Quand les hommes d’Israël virent qu’il était mort, chacun retourna chez lui.
Le narrateur interprète ainsi la mort d’Abimélek comme le retour sur lui du mal commis contre ses soixante-dix frères.
Le mal des hommes de Sichem retomba de même sur eux, accomplissant la malédiction prononcée par Yotam.