Job
IntroductionJob 3
S2 · Révision philologique approfondie · Tanakh en contexte juif
Après cela, Job ouvrit la bouche et maudit son jour.
Job prit la parole et dit :
« Qu’il périsse, le jour où je suis né, ⏎ et la nuit qui a dit : “Un garçon a été conçu !”
Que ce jour soit ténèbres ; ⏎ que Dieu, d’en haut, ne le recherche pas, ⏎ et que sur lui ne brille aucune lumière.
Que ténèbres et ombre de mort le réclament ; ⏎ qu’une nuée demeure sur lui ; ⏎ que les obscurcissements du jour l’épouvantent.
Cette nuit-là, que l’obscurité la saisisse ; ⏎ qu’elle ne se joigne pas aux jours de l’année, ⏎ qu’elle n’entre pas dans le compte des mois.
Oui, que cette nuit soit stérile ; ⏎ qu’aucun cri de joie n’y entre.
Que la maudissent ceux qui maudissent les jours, ⏎ ceux qui savent éveiller Léviathan.
Que s’obscurcissent les étoiles de son crépuscule ; ⏎ qu’elle attende la lumière, mais qu’il n’y en ait pas ; ⏎ qu’elle ne voie pas les paupières de l’aurore.
Car elle n’a pas fermé les portes du sein qui me portait ⏎ et n’a pas caché la peine à mes yeux.
Pourquoi ne suis-je pas mort dès le sein ? ⏎ Pourquoi, sorti du ventre, n’ai-je pas expiré ?
Pourquoi des genoux m’ont-ils accueilli ? ⏎ Pourquoi des seins, pour que je les tète ?
Car maintenant je serais couché, tranquille ; ⏎ je dormirais, alors j’aurais du repos,
avec les rois et les conseillers de la terre, ⏎ qui se bâtissaient des demeures maintenant en ruines,
ou avec les princes qui possédaient de l’or, ⏎ qui remplissaient d’argent leurs maisons.
Ou bien, comme un avorton enfoui, je n’existerais pas, ⏎ comme des enfants qui n’ont pas vu la lumière.
Là, les méchants cessent leur agitation ; ⏎ là se reposent ceux dont la force est épuisée.
Ensemble, les prisonniers sont tranquilles ; ⏎ ils n’entendent plus la voix de l’oppresseur.
Petit et grand sont là ; ⏎ l’esclave est libre de son maître.
Pourquoi donne-t-il la lumière à celui qui peine, ⏎ et la vie à ceux dont l’âme est amère,
qui attendent la mort, et elle ne vient pas, ⏎ qui la cherchent plus que des trésors,
qui se réjouissent jusqu’à l’exultation, ⏎ qui sont dans l’allégresse lorsqu’ils trouvent la tombe ?
Pourquoi la vie est-elle donnée à l’homme dont le chemin est caché, ⏎ et que Dieu a enfermé de toutes parts ?
Car avant même mon pain vient mon soupir, ⏎ et mes rugissements se répandent comme de l’eau.
Car la terreur que je redoutais m’est arrivée ; ⏎ ce que je craignais est venu sur moi.
Je n’ai ni paix, ni calme, ni repos ; ⏎ et le trouble est venu. »