Jérémie
IntroductionJérémie 26
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Au commencement du règne de Joïaqim, fils de Josias, roi de Juda, cette parole fut adressée à Jérémie de la part du SEIGNEUR :
« Tiens-toi dans la cour de la maison du SEIGNEUR et dis à tous ceux des villes de Juda qui viennent s’y prosterner toutes les paroles que je t’ordonne de leur dire ; n’en retranche aucune. »
« Peut-être écouteront-ils et reviendront-ils chacun de leur mauvaise voie ; alors je renoncerai au malheur que je pensais leur faire à cause de la méchanceté de leurs actes. »
L’alternative est formulée en termes d’écoute et de marche : refuser la voix du SEIGNEUR, c’est refuser de vivre selon l’instruction placée devant le peuple.
Le refus concerne aussi toute la succession prophétique : les serviteurs envoyés avec persévérance ont parlé, mais le peuple a jusqu’ici refusé de les entendre.
Même le Temple n’offre aucune immunité : s’il n’y a pas d’écoute, la maison du SEIGNEUR peut connaître le sort de Shilo, sanctuaire autrefois central puis abandonné au jugement.
Le message n’est pas reçu dans un cadre privé : les prêtres, d’autres prophètes et l’ensemble du peuple l’entendent directement dans l’enceinte du Temple.
À peine Jérémie a-t-il achevé le message intégral exigé au v. 2 que l’auditoire religieux et populaire le saisit et réclame sa mort.
L’accusation vise précisément l’annonce contre le Temple et la ville : assimiler la maison du SEIGNEUR à Shilo paraît aux accusateurs constituer une parole intolérable prononcée au nom même du SEIGNEUR.
L’affaire devient officiellement judiciaire : les responsables civils quittent le palais royal, montent au Temple et siègent à la Porte Neuve comme instance de jugement.
Les accusateurs religieux demandent formellement la peine de mort et invoquent comme preuve le témoignage direct de l’assemblée qui a entendu l’oracle contre Jérusalem.
La défense de Jérémie ne consiste pas à nier ses paroles : il revendique leur origine et affirme avoir été envoyé par le SEIGNEUR lui-même pour prononcer précisément cet oracle.
Même au milieu du procès, Jérémie répète que le jugement n’est pas mécaniquement fixé : une transformation réelle de la conduite et l’écoute du SEIGNEUR peuvent encore modifier l’issue.
« Quant à moi, me voici entre vos mains : faites de moi ce qui vous paraît bon et droit. »
La liberté laissée aux juges ne supprime pas leur responsabilité : mettre à mort un prophète réellement envoyé par le SEIGNEUR ferait peser sur eux, sur Jérusalem et sur ses habitants la culpabilité du sang innocent.
Le verdict bascule : les autorités civiles et le peuple refusent la demande des prêtres et des prophètes, reconnaissant que Jérémie a parlé au nom du SEIGNEUR.
Des anciens prennent alors la parole pour apporter un précédent historique susceptible d’éclairer juridiquement le cas de Jérémie.
Les anciens citent presque mot pour mot Michée 3:12 : un prophète reconnu avait déjà annoncé la destruction de Sion, de Jérusalem et du Temple sans que cette parole ait justifié sa mise à mort.
Le précédent ne porte pas seulement sur la survie du prophète : Ézéchias a répondu par la crainte du SEIGNEUR, et le jugement annoncé a été révoqué. Exécuter Jérémie reviendrait donc à choisir l’attitude opposée.
Il y eut aussi un autre homme qui prophétisait au nom du SEIGNEUR : Urie, fils de Shemaya, de Qiryath-Yéarim ; il prophétisa contre cette ville et ce pays selon des paroles semblables à celles de Jérémie.
Contrairement à la réaction d’Ézéchias envers Michée, Joïaqim cherche à supprimer le prophète : Urie apprend la menace, fuit le pays et trouve refuge en Égypte.
La fuite ne suffit pas : le pouvoir royal organise une poursuite extraterritoriale et envoie Elnathan fils d’Akbor avec des hommes en Égypte.
Urie est extradé, exécuté par le roi et privé d’une sépulture honorable : son corps est rejeté dans les tombes communes, ce qui souligne la violence politique exercée contre la parole prophétique.
Mais la main d’Ahiqam, fils de Shaphân, soutint Jérémie, de sorte qu’on ne le livra pas entre les mains du peuple pour le mettre à mort.