Jérémie
IntroductionJérémie 24
Nuances du texte source · restitution Déployée
La vision est datée après la première grande déportation : devant le Temple apparaissent deux paniers de figues, tandis que Jékonias, l’élite politique et des artisans spécialisés ont déjà été emmenés à Babylone.
L’un des paniers contenait des figues très bonnes, comme des figues de première récolte ; l’autre, des figues si mauvaises qu’on ne pouvait les manger tant elles étaient mauvaises.
Le dialogue oblige Jérémie à formuler lui-même le contraste : il ne voit pas simplement deux paniers, mais deux qualités opposées de figues, qui vont recevoir une interprétation historique.
La vision reçoit maintenant son interprétation directement de la parole du SEIGNEUR.
Le paradoxe est explicite : les « bonnes figues » ne représentent pas ceux qui ont échappé à l’exil, mais précisément les Judéens déjà déportés en Babylonie, que le SEIGNEUR regarde « pour le bien ».
Les verbes fondamentaux de la mission de Jérémie sont ici renversés vers la restauration : bâtir au lieu de démolir, planter au lieu d’arracher, et ramener les exilés dans le pays.
Je leur donnerai un cœur apte à me connaître, pour reconnaître que je suis le SEIGNEUR. Ils seront mon peuple et je serai leur Dieu, car ils reviendront à moi de tout leur cœur.
Le second panier renverse l’autre intuition : Sédécias et ceux qui sont restés dans le pays et les Judéens réfugiés en Égypte, sont assimilés aux figues mauvaises.
Leur dispersion deviendra un signe public de jugement : les autres royaumes les citeront comme exemple de catastrophe, de honte et de malédiction.
La vision se clôt par les trois fléaux récurrents de Jérémie — épée, famine et peste — qui atteindront le groupe des « mauvaises figues » jusqu’à leur disparition du pays.