Isaïe
IntroductionIsaïe 63
Analyse du texte source · restitution Philologique
Qui est celui-ci qui vient d’Édom, ⏎ de Botsra, les vêtements rougis, ⏎ magnifique dans son habit, ⏎ marchant dans la grandeur de sa force ? ⏎ « C’est moi, qui parle avec justice, ⏎ puissant pour sauver. » [`ḥamuts begadim` : vêtements fortement colorés/rougis ou tachés ; le pressoir des versets suivants explique l’image.]
Pourquoi ton vêtement est-il rouge, ⏎ et tes habits comme ceux de quelqu’un qui foule au pressoir ?
« J’ai foulé seul la cuve ; ⏎ parmi les peuples, personne n’était avec moi. ⏎ Je les ai foulés dans ma colère, ⏎ piétinés dans ma fureur ; ⏎ leur sang a éclaboussé mes vêtements ⏎ et j’ai souillé tout mon habit. [`netsḥam` désigne le liquide vital/« jus » éclaboussé ; dans l’image guerrière il s’agit du sang des peuples.]
Car un jour de vengeance était dans mon cœur, ⏎ et l’année de mes rachetés était venue.
J’ai regardé : personne pour aider ; ⏎ je me suis étonné : personne pour soutenir. ⏎ Alors mon bras m’a donné le salut, ⏎ et ma fureur m’a soutenu.
J’ai piétiné les peuples dans ma colère, ⏎ je les ai enivrés de ma fureur ⏎ et j’ai fait couler leur sang jusqu’à terre. » [`ashakkerem` : je les ai enivrés ; certaines traditions comprennent un verbe proche d’abattre/écraser.]
Je rappellerai les fidélités du SEIGNEUR, ⏎ les louanges du SEIGNEUR, ⏎ selon tout ce que le SEIGNEUR nous a accordé, ⏎ selon la grande bonté envers la maison d’Israël ⏎ qu’il leur a accordée selon ses compassions ⏎ et l’abondance de ses fidélités. [Ḥasdei YHWH : fidélités / bontés loyales du SEIGNEUR ; le pluriel introduit la grande rétrospective historique qui suit.]
Il avait dit : ⏎ « Assurément, ils sont mon peuple, ⏎ des fils qui ne tromperont pas. » ⏎ Et il devint pour eux un sauveur.
Dans toute leur détresse, détresse pour lui ; ⏎ et le messager de sa face les sauva. ⏎ Dans son amour et dans sa compassion, lui les racheta ; ⏎ il les porta et les éleva tous les jours de toujours. [Ketiv/qere `lo/lo` : « dans toute leur détresse, pas de détresse » ou « il fut dans la détresse ». Lecture suit le qere reçu.]
Mais eux se révoltèrent ⏎ et attristèrent son esprit saint ; ⏎ alors il se changea pour eux en ennemi ⏎ et lui-même combattit contre eux. [`ruaḥ qodsho` : « son esprit saint » ; expression explicite du texte hébreu.]
Alors il se souvint des jours anciens, ⏎ de Moïse, de son peuple : ⏎ « Où est celui qui les fit monter de la mer ⏎ avec les bergers de son troupeau ? ⏎ Où est celui qui mit au milieu d’eux son esprit saint, [La syntaxe de « il se souvint des jours anciens, Moïse, son peuple » rend le sujet et les appositions difficiles à répartir.]
qui fit marcher à la droite de Moïse son bras glorieux, ⏎ qui fendit les eaux devant eux ⏎ pour se faire un nom éternel,
qui les conduisit à travers les abîmes ? ⏎ Comme un cheval dans le désert, ⏎ ils ne trébuchèrent pas.
Comme une bête descend dans la vallée, ⏎ l’esprit du SEIGNEUR les conduisit au repos. ⏎ Ainsi tu as conduit ton peuple ⏎ pour te faire un nom glorieux. »
Regarde depuis les cieux, ⏎ vois depuis ta demeure sainte et glorieuse ! ⏎ Où sont ton zèle et tes actes puissants ? ⏎ L’émotion de tes entrailles et tes compassions ⏎ se retiennent-elles envers moi ? [Hamon me‘ekha weraḥamekha : litt. « frémissement de tes entrailles et tes compassions », langage corporel de la miséricorde divine.]
Car tu es notre Père. ⏎ Abraham ne nous connaît pas, ⏎ Israël ne nous reconnaît pas ; ⏎ toi, SEIGNEUR, tu es notre Père, ⏎ notre rédempteur depuis toujours : tel est ton nom.
Pourquoi nous fais-tu errer, SEIGNEUR, loin de tes chemins ? ⏎ Pourquoi endurcis-tu notre cœur loin de ta crainte ? ⏎ Reviens à cause de tes serviteurs, ⏎ tribus de ton héritage. [Les causatifs « nous fais-tu errer » et « endurcis-tu notre cœur » sont conservés comme formulation de la prière, sans harmonisation doctrinale.]
Ton peuple saint n’a possédé que peu de temps ; ⏎ nos adversaires ont piétiné ton sanctuaire.
Nous sommes depuis longtemps ⏎ comme ceux sur qui tu n’as jamais régné, ⏎ comme ceux qui ne portent pas ton nom. ⏎ Ah ! si tu déchirais les cieux et descendais ! ⏎ Devant toi, les montagnes trembleraient. [Versification MT/OSHB : la phrase « Ah ! si tu déchirais les cieux… » appartient à 63:19 ; elle est numérotée 64:1 dans plusieurs autres traditions.]