Isaïe
IntroductionIsaïe 1
Analyse du texte source · restitution Philologique
Ḥazon désigne une vision ou révélation prophétique ; le verbe ḥazah, « voir/contempler », reprend la même racine. La préposition ‘al marque ici le sujet : Juda et Jérusalem.
Giddalti signifie « faire grandir/élever » ; romamti, « élever, exalter ». Pash‘u bi est le vocabulaire de la révolte, plus fort qu’une simple désobéissance.
Qonehu, de q-n-h, peut désigner le possesseur ou acquéreur. Yada‘ implique ici la reconnaissance relationnelle ; hitbonan, la compréhension réfléchie ou le discernement.
‘Am keved ‘awon est litt. « peuple lourd de faute ». Zara‘, « semence/descendance », et mashḥitim, « corrupteurs / qui détruisent », durcissent l’accusation. Qedosh Yisra’el est « le Saint d’Israël ».
‘Al meh tukku ‘od peut se comprendre « pourquoi / sur quelle partie vous frapper encore ? ». Tosifu sarah signifie litt. « vous ajoutez la déviation/révolte ».
Lo zoru est difficile : la racine a été comprise comme « presser/nettoyer » une plaie. Ḥubbeshu signifie « bander » ; rukkekhah bashemen, « être adoucie/assouplie par l’huile ».
Mahpekat zarim est une formule difficile : « renversement par des étrangers » est la lecture naturelle du MT ; certains y voient une comparaison avec une destruction totale. Le verbe ’akhal, « manger », décrit l’appropriation du sol et de ses produits.
Bat-Tsiyyon, « fille de Sion », personnifie Jérusalem. Sukkah et melunah désignent des abris agricoles temporaires ; ‘ir netsurah, une ville assiégée ou étroitement gardée.
Sarid désigne un survivant ou reste échappé. Kim‘at, « presque / un peu », intensifie l’idée d’un reste minime.
Qetsinei Sedom / ‘am ‘Amorah constitue une apostrophe polémique. Torah garde son sens large d’« instruction/enseignement », non nécessairement celui d’un code juridique complet.
Zevaḥim désigne les sacrifices ; ‘olot, les holocaustes. Ḥafatsi signifie « prendre plaisir / vouloir ». Le contexte relie le rejet cultuel à l’injustice sociale, surtout vv.15–17.
Lera’ot panai peut être vocalisé/compris « apparaître devant ma face » selon la tradition de lecture. Middedkhem, « de votre main », introduit ce qui est exigé ou apporté.
Minḥat-shaw’ est litt. « offrande de vanité/néant ». ’Awen wa‘atsarah est syntaxiquement serré : « iniquité et assemblée solennelle » ; le texte dénonce leur coexistence.
Mo‘adim désigne les temps fixés/fêtes. Nila’ti, « je suis las/fatigué », et neso’, « porter », donnent au culte hypocrite l’image d’un poids.
Kappayim désigne les paumes levées dans la prière. Damim est un pluriel pouvant évoquer des actes de sang ou violences meurtrières répétées.
Raḥatsu / hizakku forment deux impératifs de purification. Roa‘ ma‘alleikhem désigne le mal de vos actes, donc une conduite et non seulement un état intérieur.
’Ashru ḥamots est difficile. Ḥamots peut être analysé comme « opprimé » ou « oppresseur » selon la vocalisation et l’étymologie ; « rendre droit à l’opprimé » respecte le parallélisme avec l’orphelin et la veuve.
Niwakheḥah appartient au vocabulaire de la discussion, de la preuve ou du règlement d’un litige. Shanim et tola‘ sont deux termes du champ des rouges écarlate/cramoisi.
To’vu, « consentir/vouloir », est coordonné à ushema‘tem, « écouter/obéir ». Tuv ha’arets est litt. « le bon du pays ».
Te’ukklu est le même verbe ’akhal, « manger », que v.19 : le parallélisme oppose « manger le bon du pays » à « être mangés par l’épée ».
Zonah, « prostituée », est une métaphore de l’infidélité de la cité. Yalin, « passer la nuit/demeurer », présente la justice comme une habitante régulière de Jérusalem autrefois.
Sigim désigne les scories ou déchets du métal. Sove’ est probablement un vin de qualité ; mahul bammayim, « mélangé/coupé avec l’eau ».
Shoḥad est un présent corrupteur ou pot-de-vin ; shalmonim, des paiements/rétributions. Le parallélisme montre que la corruption empêche l’accès des vulnérables à la justice.
’Ennaḥem, de n-ḥ-m, peut signifier « me soulager / trouver satisfaction » et appartient aussi au champ de la consolation. Dans ce contexte judiciaire, il exprime le soulagement obtenu contre les adversaires.
Kabor est probablement un produit alcalin de lavage/affinage, d’où « potasse/lessive ». Bedil désigne l’étain ou, dans l’image métallurgique, l’alliage indésirable.
Ka-rishonah / ka-teḥillah renvoient aux commencements idéalisés. Qiryah ne’emanah, « cité fidèle », fait écho à la même expression au v.21.
Shaveha est une forme de la racine sh-w-b : elle peut désigner ses « revenants/retournés » et permet aussi une nuance de conversion. Le suffixe peut être interprété selon la syntaxe comme « ceux qui reviennent en/à elle ».
Shever est un nom, « brisure/effondrement », dans une construction nominale abrupte. Yiklu, de k-l-h, signifie « prendre fin / être consumés ».
’Elim peut désigner de grands arbres, souvent compris ici comme térébinthes liés à des pratiques cultuelles. Les changements de personne dans le verset sont abrupts et peuvent refléter une tradition textuelle complexe.
Novelet ‘aleha est un participe : « sa feuille se flétrit/tombe ». L’image du jardin sans eau inverse le prestige cultuel évoqué au v.29.
Ḥason désigne le fort/puissant. Po‘alo peut signifier « son œuvre » et, selon certaines analyses, « celui qui l’a faite » ; le parallélisme combustible/étincelle favorise ici « son œuvre ».