2 Samuel
Introduction2 Samuel 1
Nuances du texte source · restitution Déployée
Après la mort de Saül, David revint après avoir frappé Amaleq et demeura deux jours à Tsiqlag.
Le troisième jour, voici qu’un homme arriva du camp de Saül, les vêtements déchirés et de la terre sur la tête. Arrivé auprès de David, il tomba à terre et se prosterna.
David lui demanda : « D’où viens-tu ? » Il répondit : « Je me suis échappé du camp d’Israël. »
David lui dit : « Que s’est-il passé ? Raconte-le-moi, je te prie. » Il répondit : « Le peuple a fui la bataille ; beaucoup sont tombés et sont morts. Saül et Jonathan son fils sont morts eux aussi. »
David demanda au jeune homme qui lui apportait la nouvelle : « Comment sais-tu que Saül et Jonathan son fils sont morts ? »
« Je me trouvais par hasard [niqro niqreti : infinitif absolu + verbe, “par rencontre je me rencontrai”] sur le mont Guilboa… » Le récit de l’Amalécite diffère sur plusieurs points de 1 Samuel 31 ; la V1 conserve les deux récits sans les harmoniser.
Il se retourna, me vit et m’appela. Je répondis : Me voici.
Il me demanda : Qui es-tu ? Je lui répondis : Je suis Amalécite.
Saül demande : « Fais-moi mourir [moteteni], car le `shabats` m’a saisi » [mot rare : vertige, convulsion, agonie ?] « car toute ma vie [nefesh] est encore en moi. »
« Je me suis approché de lui et je l’ai achevé, car je savais qu’il ne survivrait pas après sa chute. J’ai pris le diadème qui était sur sa tête et le bracelet qui était à son bras, et je les ai apportés ici à mon seigneur. »
Alors David saisit ses vêtements et les déchira ; tous les hommes qui étaient avec lui firent de même.
Ils célébrèrent le deuil, pleurèrent et jeûnèrent jusqu’au soir à cause de Saül, de Jonathan son fils, du peuple du SEIGNEUR et de la maison d’Israël, parce qu’ils étaient tombés par l’épée.
David demanda au jeune homme qui lui avait apporté la nouvelle : « D’où es-tu ? » Il répondit : « Je suis fils d’un immigrant amalécite. »
« Porter/envoyer ta main [lishloaḥ yad] pour détruire l’oint du SEIGNEUR [mashiaḥ YHWH] » reprend exactement le principe qui gouvernait David en 1 S 24 et 26.
David appela l’un des jeunes hommes et dit : « Approche, frappe-le ! » Il le frappa, et l’homme mourut.
« Ton sang [damkha] sur ta tête » : formule de responsabilité judiciaire ; David fonde le verdict sur le témoignage de la propre bouche de l’Amalécite.
David prononça cette lamentation sur Saül et sur Jonathan son fils.
« Enseigner aux fils de Juda `qeshet` [arc] » : `L’Arc` peut être compris comme titre de la lamentation ; la phrase ne dit pas explicitement « leur apprendre le tir à l’arc ». Le texte renvoie au Livre du Juste [Sefer ha-Yashar].
« Le `tsevi` d’Israël » [tsevi : gazelle, beauté, splendeur, ornement] « sur tes hauteurs est transpercé ». Le référent peut évoquer Saül/Jonathan ou, plus largement, la gloire d’Israël.
Ne l’annoncez pas à Gath, ne le proclamez pas dans les rues d’Ashqelôn, de peur que les filles des Philistins ne se réjouissent, que les filles des incirconcis n’exultent.
« Ni champs de `terumot` [offrandes, contributions, élévations] » ; puis « le bouclier de Saül, sans être oint [mashiaḥ] d’huile ». La syntaxe est difficile et l’image joue peut-être sur l’entretien rituel/militaire du bouclier.
« Du sang des transpercés, de la graisse des héros » : langage poétique de bataille ; l’arc de Jonathan « ne reculait pas » et l’épée de Saül « ne revenait pas vide ».
« Aimés [ne’ehavim] et agréables [ne‘imim] » ; l’éloge poétique ne cherche pas à résumer moralement tout le règne de Saül.
Filles d’Israël, pleurez sur Saül, lui qui vous revêtait d’écarlate avec délices, qui faisait monter des ornements d’or sur vos vêtements.
Comment les héros sont-ils tombés au milieu du combat ! Jonathan, sur tes hauteurs, transpercé !
« Ton amour [ahavatekha] pour moi était merveilleux [nifle’atah], plus que l’amour des femmes [me’ahavat nashim]. » Le vers décrit l’intensité de l’amour de Jonathan ; il n’en précise pas à lui seul la catégorie sexuelle ou non sexuelle.
« Les instruments/objets de guerre [kele milḥamah] ont péri » peut désigner les armes, mais poétiquement aussi les guerriers eux-mêmes comme instruments de guerre.