2 Rois
Introduction2 Rois 5
Analyse du texte source · restitution Philologique
Et Naaman, chef de l’armée du roi d’Aram, était un grand homme devant son seigneur et élevé de face, car par lui YHWH avait donné `teshou‘ah` à Aram ; l’homme était `gibbor ḥayil`, `metsora‘`. [Le narrateur attribue explicitement à YHWH la `teshou‘ah` donnée à Aram par Naaman. `metsora‘` désigne une personne atteinte de `ṣara‘at`, catégorie biblique qui ne doit pas être identifiée automatiquement à la lèpre moderne.]
Et Aram était sorti en bandes ; ils capturèrent du pays d’Israël une `na‘arah qetannah`, et elle fut devant la femme de Naaman. [`na‘arah qetannah` : jeune fille/petite jeune fille ; elle est captive d’une razzia araméenne, détail qui contraste avec son initiative bienveillante au v. 3.]
Elle dit à sa maîtresse : « Ah, mon seigneur devant le prophète qui est à Samarie ! Alors il le `ye’esof` de sa `ṣara‘at`. » [`ye’esof` signifie litt. « il le recueillerait/retirerait de sa ṣara‘at » ; dans ce contexte, le sens est délivrer/guérir, sans terminologie médicale moderne ajoutée.]
Et il vint et déclara à son seigneur : « Comme ceci et comme ceci a parlé la jeune fille qui est du pays d’Israël. » [`kazot wekha-zot` : formule de compte rendu, « ainsi et ainsi ».]
Et le roi d’Aram dit : « Va, viens, et j’enverrai un écrit au roi d’Israël. » Il alla et prit dans sa main dix talents d’argent, six mille d’or et dix changements de vêtements. [Le texte dit `six mille or` sans nommer explicitement l’unité ; le contexte pondéral fait généralement comprendre des sicles, mais Étude ne l’ajoute pas au texte.]
Et il fit venir l’écrit au roi d’Israël : « … voici, j’ai envoyé vers toi Naaman mon serviteur, et tu le `we’asafto` de sa `ṣara‘at`. » [Le roi d’Aram adresse au roi la demande que la jeune fille avait associée au prophète, ce qui provoque le malentendu du v. 7.]
Et il arriva, quand le roi d’Israël lut l’écrit, qu’il déchira ses vêtements : « Suis-je Elohim, pour faire mourir et pour faire vivre… ? Sachez donc et voyez, car `mit’annah` il est contre moi. » [`hamit oulehaḥayot` : « faire mourir et faire vivre ». `mit’annah hou li` signifie qu’il cherche occasion/prétexte contre le roi.]
Et il arriva, quand Élisée, homme de l’Elohim, entendit que le roi d’Israël avait déchiré ses vêtements… « Qu’il vienne donc vers moi et qu’il sache qu’il y a un prophète en Israël. » [La finalité déclarée est la reconnaissance qu’« il y a un prophète en Israël », non la démonstration de puissance personnelle d’Élisée.]
Et Naaman vint avec ses chevaux et avec son char et se tint à l’ouverture de la maison d’Élisée. [La mise en scène oppose l’apparat militaire de Naaman à l’absence de sortie du prophète au v. 10.]
Élisée envoya vers lui un messager : « Aller, et tu te laveras sept fois dans le Jourdain ; ta chair reviendra à toi, et `tehar`. » [`wetahar` : « et sois/tu seras pur », vocabulaire de pureté. `weyashov besarekha lekha` est litt. « ta chair reviendra à toi ».]
Naaman se mit en colère et alla : « Voici, je disais : `yatso yetso` vers moi ; il se tiendra, appellera dans le nom de YHWH son Elohim, agitera sa main vers le lieu et `we’asaf` le `metsora‘`. » [`yatso yetso` est emphatique : « sortir, il sortira ». `henif yado el-hammaqom` : agiter/élever sa main vers « l’endroit », probablement la zone atteinte ; le rituel attendu est celui imaginé par Naaman.]
« L’Amana et le Parpar, fleuves de Damas, ne sont-ils pas bons plus que toutes les eaux d’Israël ? Ne me laverais-je pas en eux et `weṭaharti` ? » Il se tourna et alla dans la `ḥemah`. [La réaction porte sur l’apparente banalité du Jourdain face aux fleuves de Damas ; `weṭaharti` reprend le vocabulaire de pureté du v. 10.]
Ses serviteurs s’approchèrent : « Mon père, une grande parole, le prophète l’aurait parlée vers toi, ne l’aurais-tu pas faite ? Et même quand il t’a dit : Lave et `tehar`. » [La construction `davar gadol… halo ta‘aseh` fonde un argument a fortiori : si une action difficile aurait été accomplie, à plus forte raison l’instruction simple.]
Il descendit et `wayyitbol` dans le Jourdain sept fois selon la parole de l’homme de l’Elohim ; sa chair revint comme la chair d’un `na‘ar qaton`, et `wayyithar`. [`wayyitbol` : s’immerger/se plonger. La comparaison porte sur la chair d’un `na‘ar qaton`; `wayyithar` conclut par le vocabulaire de pureté.]
Il revint vers l’homme de l’Elohim, lui et tout son camp… « Maintenant j’ai su qu’il n’y a pas d’Elohim dans toute la terre sinon en Israël ; et maintenant prends donc `berakhah` d’avec ton serviteur. » [Le présent est appelé `berakhah`, « bénédiction », terme qui peut désigner un don offert en hommage/remerciement.]
Il dit : « Vie de YHWH, devant qui je me tiens : si je prends ! » Il insista auprès de lui pour prendre, et il refusa. [Le serment `ḥai YHWH ’asher ‘amadti lefanaw` reprend la formule prophétique d’Élie ; le refus sépare la guérison d’un paiement.]
Naaman dit : « Et sinon, qu’il soit donné à ton serviteur une charge d’une paire de mulets de `’adamah`, car ton serviteur ne fera plus `‘olah` ni `zevaḥ` à d’autres elohim, mais à YHWH. » [La demande de terre relie le culte de YHWH au sol d’Israël dans la compréhension de Naaman. Le récit ne commente pas explicitement cette conception.]
« Pour cette chose, que YHWH pardonne à ton serviteur : à l’entrée de mon seigneur dans la maison de Rimmon pour se prosterner là, lui s’appuyant sur ma main, et je me prosterne dans la maison de Rimmon… » [Naaman anticipe une prosternation liée à sa fonction auprès du roi. Il demande pardon ; le texte ne formule pas ici une doctrine générale sur la participation cultuelle contrainte.]
Il lui dit : « Va pour `shalom`. » Et il alla d’avec lui une `kivrat-’arets`. [`lekh leshalom` est une formule de congé. Le texte ne développe pas explicitement si elle constitue approbation détaillée de la demande précédente.]
Et Guéhazi, `na‘ar` d’Élisée homme de l’Elohim, dit : « Voici, mon seigneur a épargné Naaman cet Araméen en ne prenant pas de sa main… Vie de YHWH : si je ne cours après lui et ne prends d’avec lui quelque chose ! » [Guéhazi détourne la formule de serment « par la vie de YHWH » pour justifier précisément ce qu’Élisée avait refusé sous le même serment au v. 16.]
Guéhazi poursuivit derrière Naaman ; Naaman le vit courant derrière lui et `wayyippol` de dessus le char à sa rencontre : « `Hashalom` ? » [`wayyippol me‘al hammerkavah` signifie litt. « il tomba du char », idiome possible pour descendre précipitamment.]
Il dit : « `Shalom`. Mon seigneur m’a envoyé… deux `ne‘arim` des `bene hannevi’im`… donne donc pour eux un talent d’argent et deux changements de vêtements. » [Le message est mensonger : aucune demande d’Élisée n’a eu lieu. Guéhazi invoque les `bene hannevi’im` pour rendre plausible le cadeau.]
Naaman dit : « `Ho’el`, prends deux talents. » Il insista en lui, lia deux talents d’argent dans deux sacs avec deux changements de vêtements et les donna à deux de ses `ne‘arim`, qui les portèrent devant lui. [Naaman double spontanément la somme demandée. `wayyifrats-bo` : il insista/pressa Guéhazi.]
Il vint vers le `‘ofel`, prit de leur main, déposa dans la maison, renvoya les hommes et ils allèrent. [`ha‘ofel` peut désigner une hauteur/éminence ou un lieu nommé ; sa localisation précise dans cette scène est incertaine.]
Et lui entra et se tint vers son seigneur. Élisée lui dit : « D’où, Guéhazi ? » Il dit : « Ton serviteur n’est allé `’anah wa’anah`. » [`’anah wa’anah` : « ici et là / de côté et d’autre », idiome pour « nulle part ».]
Il lui dit : « `Lo libbi halakh` quand l’homme s’est tourné de dessus son char à ta rencontre ? Est-ce le temps de prendre l’argent et de prendre vêtements, oliviers, vignes, petit bétail, gros bétail, serviteurs et servantes ? » [`lo libbi halakh` est généralement compris comme interrogation : « mon cœur n’est-il pas allé ? » La liste dépasse ce qui a réellement été reçu et évoque ce que cette richesse permettrait d’acquérir.]
« Et la `ṣara‘at` de Naaman `tidhbaq` à toi et à ta semence pour toujours. » Il sortit de devant lui `metsora‘`, comme la neige. [`tidhbaq bekha` : la ṣara‘at « s’attachera » à Guéhazi et à sa descendance. « Comme la neige » décrit l’apparence dans le langage du récit, non un diagnostic moderne.]