2 Rois
Introduction2 Rois 25
Analyse du texte source · restitution Philologique
Nabuchodonosor vint contre Jérusalem… et ils bâtirent contre elle un dayeq tout autour. [`dayeq` désigne un ouvrage de siège ou une ligne de circonvallation élevée autour de Jérusalem.]
La ville resta assiégée jusqu’à la onzième année du roi Sédécias.
Le neuvième jour du mois, la famine devint sévère dans la ville et il n’y eut plus de pain pour le peuple du pays.
Alors une brèche fut ouverte dans la ville. Tous les hommes de guerre s’enfuirent de nuit par la porte entre les deux murailles, près du jardin du roi, tandis que les Chaldéens entouraient la ville. Le roi prit le chemin de la Araba. [La fuite nocturne passe par la porte entre les deux murailles près du jardin royal ; le texte poursuit avec la route de la `‘Aravah`.]
L’armée des Chaldéens poursuivit le roi et le rattrapa dans les plaines de Jéricho ; toute son armée se dispersa loin de lui.
Ils saisirent le roi, le firent monter vers le roi de Babylone à Ribla, et ils parlèrent avec lui mishpat. [`waydabbəru ’itto mishpat` : on « parla/prononça avec lui un jugement », formule judiciaire annonçant la sentence exécutée au v.7.]
Les fils de Sédécias, ils les égorgèrent à ses yeux ; puis les yeux de Sédécias il aveugla, le lia de deux bronzes et le fit venir à Babylone. [La séquence est volontairement brutale : mise à mort des fils devant Sédécias, aveuglement, chaînes de bronze, déportation.]
Le septième jour du cinquième mois — c’était la dix-neuvième année du roi Nabuchodonosor, roi de Babylone — Nebouzaradan, chef des gardes et serviteur du roi de Babylone, vint à Jérusalem. [`rav-tabbaḥim` est un titre administratif/militaire babylonien, traditionnellement rendu « chef des gardes » ou « chef des bourreaux ».]
Il brûla la maison de YHWH, la maison du roi et toutes les maisons de Jérusalem ; il livra au feu toute maison importante.
Toute l’armée des Chaldéens qui était avec le chef des gardes démolit les murailles autour de Jérusalem.
Nebouzaradan, chef des gardes, déporta le reste du peuple demeuré dans la ville, les transfuges qui s’étaient rendus au roi de Babylone et le reste de la population.
Le chef des gardes laissa quelques-uns des plus pauvres du pays comme vignerons et cultivateurs. [`yogevim` désigne des travailleurs agricoles ; l’identification précise peut être « laboureurs/cultivateurs ».]
Les Chaldéens brisèrent les colonnes de bronze qui étaient dans la maison de YHWH, les bases et la Mer de bronze qui s’y trouvait, et ils en emportèrent le bronze à Babylone.
Ils prirent les marmites, les pelles, les mouchettes, les coupes et tous les ustensiles de bronze employés pour le service.
Le chef des gardes prit aussi les encensoirs et les bassins, tout ce qui était d’or en or et tout ce qui était d’argent en argent.
Quant aux deux colonnes, à la Mer et aux bases que Salomon avait faites pour la maison de YHWH, il était impossible d’évaluer le poids du bronze de tous ces objets. [Le texte insiste sur l’impossibilité de peser tout le bronze des grands objets du Temple de Salomon.]
Une colonne avait dix-huit coudées de hauteur ; un chapiteau de bronze la surmontait, haut de trois coudées, avec tout autour un treillis et des grenades, le tout en bronze. La seconde colonne avait les mêmes ornements autour du treillis.
Le chef des gardes prit Seraya, le prêtre en chef, Sophonie, le second prêtre, et les trois gardiens du seuil.
Dans la ville, il prit un dignitaire chargé des hommes de guerre, cinq hommes de l’entourage du roi qui se trouvaient encore dans la ville, le secrétaire du chef de l’armée chargé de recruter le peuple du pays, et soixante hommes du peuple du pays présents dans la ville. [Les fonctions de l’officier militaire et du scribe chargé du recrutement sont décrites techniquement ; `hammaṣbi’` est le causatif de la racine de l’armée/service.]
Nebouzaradan, chef des gardes, les prit et les conduisit au roi de Babylone à Ribla.
Ainsi Yehudah fut exilé de dessus son ’adamah. [La formule `wayyigel Yehudah me‘al ’admato` clôt la catastrophe : « Juda fut exilé de dessus son sol ».]
Quant au peuple resté dans le pays de Juda, que Nabuchodonosor, roi de Babylone, avait laissé, il plaça sur eux Guedalya, fils d’Ahiqam, fils de Shaphan. [Guedalya est fils d’Ahiqam, fils de Shaphan ; la continuité avec le milieu scribal de Josias est nominalement visible.]
Lorsque tous les chefs des troupes et leurs hommes apprirent que le roi de Babylone avait établi Guedalya, ils vinrent vers lui à Mitspa : Ismaël fils de Netanya, Yohanan fils de Qaréah, Seraya fils de Tanhoumeth le Netophatite, et Yaazanya fils du Maakatite, eux et leurs hommes.
Guedalya leur jura, à eux et à leurs hommes : « Ne craignez pas les serviteurs des Chaldéens. Restez dans le pays, servez le roi de Babylone, et tout ira bien pour vous. »
Ismaël fils de Netanya… de la zera‘ hammelukhah, vint avec dix hommes. [Ismaël est qualifié `mizzera‘ hammelukhah`, « de la descendance royale ».]
Alors tout le peuple, du plus petit au plus grand, ainsi que les chefs des troupes, se levèrent et partirent en Égypte, car ils avaient peur des Chaldéens.
Évil-Merodak, roi de Babylone… releva la tête de Yehoyakîn hors de la maison de détention. [`nasa’ et-rosh` est un idiome : « relever la tête » de Yehoyakîn, ici en le faisant sortir de prison et en restaurant son statut.]
Il lui parla avec bienveillance et plaça son siège au-dessus du siège des autres rois qui étaient avec lui à Babylone. [Le siège de Yehoyakîn est placé au-dessus de ceux des autres rois captifs à Babylone ; le texte décrit une réhabilitation de cour, non un retour politique en Juda.]
Yehoyakîn quitta ses vêtements de prison et mangea constamment à la table du roi, tous les jours de sa vie.
Et sa ration, ration permanente, lui fut donnée de la part du roi, parole d’un jour en son jour, tous les jours de sa vie. [La dernière phrase insiste sur une ration quotidienne régulière « tous les jours de sa vie », donnant au livre une clôture ouverte après la catastrophe.]