2 Pierre
Introduction2 Pierre 2
Nuances du texte source · restitution Déployée
Comme Israël a connu de faux prophètes, la communauté connaîtra de faux enseignants. Leur action sera insidieuse : ils feront entrer des courants doctrinaux conduisant à la ruine et renieront même le Maître auquel ils doivent leur rachat.
Leur influence ne restera pas marginale : de nombreux disciples imiteront leur conduite dissolue, et le discrédit retombera sur la voie chrétienne elle-même.
Le moteur est la cupidité : leurs discours sont fabriqués pour transformer les croyants en source de profit. Pourtant le jugement anciennement annoncé reste actif et la ruine approche.
Premier exemple de jugement : même les êtres angéliques pécheurs n’ont pas échappé à Dieu ; ils sont maintenus dans l’obscurité en attente du jugement.
Deuxième exemple : le déluge manifeste à la fois jugement et délivrance. Noé, compté comme huitième avec les sept autres survivants, est qualifié de prédicateur de justice.
Troisième exemple : Sodome et Gomorrhe deviennent un précédent historique de jugement, destiné à avertir les impies futurs.
Le jugement de Sodome contient aussi un acte de salut : Lot est délivré parce que son âme juste souffrait de la conduite sans frein de ceux qui l’entouraient.
La justice de Lot ne signifiait pas indifférence : la vue et l’audition quotidiennes de l’injustice faisaient souffrir intérieurement son âme.
Les exemples précédents conduisent à une règle : Dieu sait simultanément sauver les siens au milieu de l’épreuve et réserver les injustes pour le jugement.
Pierre vise particulièrement une conduite dominée par les désirs impurs et un mépris de l’autorité. Leur arrogance va jusqu’à parler avec mépris de réalités célestes qu’ils devraient traiter avec crainte.
Alors que les anges, plus grands par la force et la puissance, ne portent pas contre eux, auprès du Seigneur, de jugement blasphématoire.
Leur prétention à parler de réalités qu’ils ne comprennent pas les rapproche, dans la polémique de Pierre, d’animaux mus par l’instinct et destinés à la capture ; leur corruption devient finalement leur propre ruine.
Leur impudence est telle qu’ils recherchent les excès même en plein jour. Leur présence jusque dans les repas communautaires transforme le lieu de communion en occasion de tromperie et de plaisir égoïste.
Le regard lui-même est sexualisé par la convoitise ; le péché devient une pratique incessante, et la cupidité un entraînement du cœur. Les personnes instables deviennent leurs proies.
La cupidité des faux enseignants est mise en parallèle avec Balaam, figure biblique d’un prophète attiré par un gain injuste.
L’ironie du récit est soulignée : celui qui se voulait prophète fut corrigé par un animal normalement sans voix, dont la parole humaine interrompit sa folie.
Ils promettent un rafraîchissement qu’ils ne peuvent donner : sources sèches et brumes instables, ils aboutissent non à la lumière mais aux ténèbres réservées au jugement.
Leur rhétorique impressionnante dissimule le vide ; elle exploite les désirs charnels de croyants encore fragiles, tout juste sortis d’un mode de vie marqué par l’erreur.
Leur message de liberté est contradictoire : leur propre vie montre qu’ils sont dominés par la corruption. La vraie servitude se mesure à la puissance qui a pris le dessus sur une personne.
Car si, après avoir échappé aux souillures du monde par la pleine connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus Christ, ils s’y empêtrent de nouveau et sont vaincus, les dernières choses sont devenues pour eux pires que les premières.
La connaissance accroît la responsabilité : avoir reconnu la voie juste puis s’en détourner constitue une situation plus grave que de ne l’avoir jamais connue.
Deux proverbes concluent la polémique : revenir à l’ancienne corruption après en avoir été délivré est comparé au chien retournant à son vomi et à la truie propre retournant à la boue.