Testament de Siméon
DossierTestament de Siméon 2
Lecture personnelle fluide · restitution Lecture · Texte ancien versifié · S2 · statut canonique distinct
Écoutez, mes enfants, écoutez Siméon votre père : je vais vous dire ce que je porte dans mon cœur.
J’étais le deuxième fils né de Jacob, mon père. Ma mère Léa m’appela Siméon, parce que le Seigneur avait entendu sa supplication.
Très tôt je devins robuste : aucune entreprise ne me faisait reculer et je ne connaissais pas la peur.
Mon cœur était dur, mon foie inflexible et mes entrailles sans compassion.
Car le courage, lui aussi, est donné aux êtres humains par le Très-Haut, dans l’âme comme dans le corps.
En ce temps-là, je devins jaloux de Joseph, parce que notre père l’aimait.
Je laissai toute ma colère se tourner contre lui jusqu’à vouloir sa mort : le prince de l’égarement avait envoyé l’esprit de jalousie et aveuglé mon intelligence, de sorte que je ne le regardais plus comme un frère et que je n’épargnais même pas Jacob, mon père.
Mais son Dieu, le Dieu de ses pères, envoya son ange et le délivra de mes mains.
J’étais allé à Sichem pour apporter de l’onguent aux troupeaux, et Ruben à Dothaïn, où se trouvaient nos provisions et toutes nos réserves ; alors Juda, notre frère, vendit Joseph aux Ismaélites.
Quand Ruben revint, il fut accablé, car il voulait sauver Joseph et le ramener à son père.
Je gardai aussi rancune à Juda parce qu’il l’avait laissé partir vivant ; pendant cinq mois je demeurai irrité contre lui.
Mais Dieu m’entrava et retint l’action de mes mains : ma main droite resta à demi desséchée pendant sept jours.
Alors je compris, mes enfants, que cela m’était arrivé à cause de Joseph. Je me repentis, je pleurai et je priai le Seigneur de rétablir ma main et de me tenir éloigné de toute souillure, de l’envie et de toute folie.
Je compris en effet que j’avais conçu une chose mauvaise devant le Seigneur et devant Jacob, mon père, par jalousie envers Joseph, mon frère.