Pasteur d’Hermas
DossierPasteur d’Hermas 18
Structure du texte source · restitution Littérale · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
« Vous savez, dit-il, que vous habitez sur une terre étrangère, vous les serviteurs de Dieu ; car votre cité est loin de cette cité. Si donc vous connaissez votre cité dans laquelle vous devez habiter, pourquoi ici préparez-vous pour vous des champs, des dispositions coûteuses, des constructions et des habitations vaines ?
Celui donc qui prépare ces choses pour cette cité ne peut revenir dans sa propre cité.
Homme insensé, double d’âme et misérable, ne comprends-tu pas que toutes ces choses sont étrangères et sous le pouvoir d’un autre ? Le seigneur de cette cité dira : Je ne veux pas que tu habites dans ma cité ; sors-en, car tu n’uses pas de mes lois.
Toi donc qui as champs, demeures et beaucoup d’autres possessions, quand tu seras chassé, que feras-tu de ton champ, de ta maison et de tout ce que tu as préparé ?
Que vas-tu faire, ayant une loi dans ta cité ? À cause de tes champs et de tes possessions renieras-tu entièrement ta loi pour marcher selon celle de cette cité ? Prends garde qu’il ne te soit sans profit de renier ta loi.
Toi donc, comme habitant sur une terre étrangère, ne prépare rien de plus que la suffisance qui te suffit, et sois prêt à sortir de cette cité pour aller dans la tienne et user de ta loi sans outrage, avec allégresse.
Vous donc qui servez le Seigneur, travaillez les œuvres de Dieu, vous souvenant de ses commandements et promesses.
Au lieu de champs, achetez des âmes affligées selon la puissance de chacun ; visitez veuves et orphelins, ne les négligez pas, et dépensez votre richesse et toutes vos dispositions pour de tels champs et maisons, que vous avez reçus de Dieu.
Car pour cela le Maître vous a enrichis, afin que vous accomplissiez ces services.
Ce luxe est bon et saint, n’ayant ni tristesse ni peur mais joie. Ne pratiquez donc pas le luxe des nations.
Pratiquez votre propre luxe, dans lequel vous pouvez vous réjouir ; ne falsifiez pas, ne touchez pas ce qui est étranger, ne le convoitez pas. Travaille ton propre travail et tu seras sauvé. »