À partir de quand mentionne-t-on la puissance des pluies ? Rabbi Eliezer dit : dès le premier jour de Soukkot. Rabbi Josué dit : à partir du dernier jour de la fête. Rabbi Josué lui dit : puisque la pluie pendant Soukkot est un signe de malédiction, pourquoi la mentionner ? Rabbi Eliezer répondit : je n’ai pas dit qu’il faut déjà la demander, mais seulement mentionner « Celui qui fait souffler le vent et descendre la pluie » en son temps. Rabbi Josué lui répliqua : dans ce cas, il faudrait la mentionner toute l’année.
Mishnah · Moed · Taanit
Mishnah Taanit — chapitre 1
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
On ne demande la pluie que lorsque sa saison approche. Rabbi Yehouda dit : lors du dernier jour de Soukkot, le dernier officiant de la journée mentionne la pluie tandis que le premier ne la mentionne pas encore. Au premier jour de Pessah, le premier officiant la mentionne encore, tandis que le dernier cesse. Jusqu’à quand demande-t-on la pluie ? Rabbi Yehouda dit : jusqu’à la fin de Pessah. Rabbi Meïr dit : jusqu’à la fin de Nisan, s’appuyant sur le verset de Joël qui mentionne pluie d’automne et pluie tardive au « premier mois ».
Le trois Marheshvan, on commence à demander la pluie. Rabban Gamliel dit : le sept du mois, quinze jours après Soukkot, afin que le dernier pèlerin d’Israël ait le temps d’atteindre l’Euphrate.
Si le dix-sept Marheshvan arrive sans pluie, certains individus pieux commencent trois jeûnes. Ils peuvent encore manger et boire après la tombée de la nuit précédant le jeûne, et restent autorisés au travail, au bain, à l’onction, au port de chaussures et aux relations conjugales.
Si le premier Kislev arrive sans pluie, le tribunal décrète trois jeûnes pour la communauté. Ils peuvent encore manger et boire la nuit précédente et restent autorisés au travail, au bain, à l’onction, aux chaussures et aux relations conjugales.
Si ces jeûnes passent sans réponse, le tribunal en décrète trois autres. Cette fois on cesse de manger avant la nuit ; travail, bain, onction, chaussures et relations conjugales sont interdits, et les bains publics ferment. S’il n’y a toujours pas de réponse, le tribunal ajoute encore sept jeûnes, portant le total communautaire à treize. Ces sept derniers sont plus sévères : on y sonne ou pousse des cris d’alarme, et les boutiques ferment. Le lundi, elles peuvent entrouvrir vers le soir ; le jeudi, elles ouvrent davantage en l’honneur du sabbat.
Si tout cela passe sans réponse, on réduit les affaires, la construction, les plantations, les fiançailles, les mariages et les salutations ordinaires entre personnes, comme des gens réprimandés devant Dieu. Les individus pieux continuent à jeûner jusqu’à la fin de Nisan. Si Nisan s’achève sans pluie, c’est un signe de malédiction, comme dans le récit de Samuel où la pluie en temps de moisson du blé est un signe exceptionnel de jugement.
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.