Il y a quatre commencements d’année. Le premier Nisan est le nouvel an pour les règnes des rois et pour le calcul des fêtes. Le premier Eloul est le nouvel an pour la dîme du bétail ; Rabbi Elazar et Rabbi Shimon disent : le premier Tishri. Le premier Tishri est le nouvel an pour les années, les années sabbatiques, les jubilés, les plantations et les légumes. Le premier Shevat est, selon la maison de Shammaï, le nouvel an des arbres ; la maison de Hillel dit : le quinze du mois.
Mishnah · Moed · Rosh Hashanah
Mishnah Rosh Hashanah — chapitre 1
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
À quatre périodes le monde est jugé : à Pessah, pour les céréales ; à Shavouot, pour les fruits des arbres ; à Rosh Hashanah, tous les habitants du monde passent devant Dieu comme des êtres comptés un à un, ainsi qu’il est dit : « Lui qui forme ensemble leur cœur, qui comprend toutes leurs œuvres » ; à Soukkot, le jugement porte sur l’eau.
Pour six mois, des envoyés partent annoncer la fixation du mois : pour Nisan à cause de Pessah ; pour Av à cause du jeûne ; pour Eloul à cause de Rosh Hashanah ; pour Tishri afin de régler les fêtes ; pour Kislev à cause de Hanoucca ; pour Adar à cause de Pourim. Lorsque le Temple existait, ils partaient aussi pour Iyyar à cause de Pessah Sheni.
Pour deux mois, les témoins de la nouvelle lune peuvent profaner le sabbat afin de venir témoigner : Nisan et Tishri, parce que les envoyés partent de là jusqu’en Syrie et que ces mois fixent les grandes fêtes. Lorsque le Temple existait, on profanait le sabbat pour tous les mois en raison de la fixation des sacrifices de nouvelle lune.
Que la nouvelle lune soit manifestement visible ou non, les témoins peuvent profaner le sabbat pour venir témoigner. Rabbi Yossi dit : si elle est manifestement visible, il n’est pas nécessaire de profaner le sabbat.
Il arriva que plus de quarante paires de témoins se mirent en route et que Rabbi Aqiva les retint à Lod. Rabban Gamliel lui envoya ce message : « Si tu retiens ainsi une multitude de témoins, tu risques de les décourager de venir à l’avenir. »
Un père et son fils qui ont vu la nouvelle lune doivent tous deux partir témoigner, non parce qu’ils peuvent nécessairement former ensemble le couple de témoins, mais afin que si l’un est récusé, l’autre puisse s’associer à un second témoin. Rabbi Shimon dit que père et fils ainsi que les autres proches sont recevables pour le témoignage du mois. Rabbi Yossi rapporte qu’un médecin nommé Tovia vit la nouvelle lune à Jérusalem avec son fils et son esclave affranchi. Les prêtres acceptèrent le père et le fils mais rejetèrent l’esclave ; le tribunal accepta le père et l’esclave mais récusa le fils.
Sont inaptes à ce témoignage : celui qui joue aux dés comme profession, le prêteur à intérêt, celui qui organise des courses de pigeons, celui qui commerce avec les produits de la septième année et l’esclave. Règle générale : toute personne inaptes aux témoignages où une femme n’était pas alors recevable est également inaptes ici selon ce système juridique ancien.
Celui qui a vu la nouvelle lune mais ne peut marcher peut être transporté sur un âne ou même sur un lit. S’il y a un danger d’embuscade, les témoins peuvent prendre des bâtons ; si le trajet est long, ils emportent de la nourriture. Pour un trajet allant jusqu’à une nuit et un jour, on peut profaner le sabbat afin de venir témoigner sur le mois, conformément au verset : « Voici les temps fixés du Seigneur que vous proclamerez en leur temps. »
Passerelles
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