Mishnah · Moed · Moed Katan

Mishnah Moed Katan — chapitre 3

Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.

S0 · édition évolutive9 mishnayotHébreu · français

Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.

Moed Katan 3,1
וְאֵלּוּ מְגַלְּחִין בַּמּוֹעֵד, הַבָּא מִמְּדִינַת הַיָּם, וּמִבֵּית הַשִּׁבְיָה, וְהַיּוֹצֵא מִבֵּית הָאֲסוּרִין, וְהַמְנֻדֶּה שֶׁהִתִּירוּ לוֹ חֲכָמִים, וְכֵן מִי שֶׁנִּשְׁאַל לְחָכָם וְהֻתַּר, וְהַנָּזִיר, וְהַמְּצֹרָע הָעוֹלֶה מִטֻּמְאָתוֹ לְטָהֳרָתוֹ:

Peuvent se couper les cheveux pendant Hol Hamoed : celui qui revient d’un pays lointain, celui qui sort de captivité ou de prison, une personne libérée d’une excommunication par les sages, celui dont le vœu a été annulé par un sage, le nazir qui arrive au moment de son rasage et le lépreux qui passe de son impureté à sa purification.

Moed Katan 3,2
וְאֵלּוּ מְכַבְּסִין בַּמּוֹעֵד, הַבָּא מִמְּדִינַת הַיָּם, וּמִבֵּית הַשִּׁבְיָה, וְהַיּוֹצֵא מִבֵּית הָאֲסוּרִים, וְהַמְנֻדֶּה שֶׁהִתִּירוּ לוֹ חֲכָמִים, וְכֵן מִי שֶׁנִּשְׁאַל לְחָכָם וְהֻתַּר, מִטְפְּחוֹת הַיָּדַיִם וּמִטְפְּחוֹת הַסַּפָּרִים וּמִטְפְּחוֹת הַסְּפָג, הַזָּבִין וְהַזָּבוֹת וְהַנִּדּוֹת וְהַיּוֹלְדוֹת, וְכָל הָעוֹלִין מִטֻּמְאָה לְטָהֳרָה, הֲרֵי אֵלּוּ מֻתָּרִין. וּשְׁאָר כָּל אָדָם, אֲסוּרִין:

Peuvent laver leurs vêtements pendant Hol Hamoed : ceux qui reviennent de voyage lointain, de captivité ou de prison, celui dont l’excommunication ou le vœu a été levé, ainsi que certains linges d’usage constant — serviettes, linges de barbier et de bain — et les personnes qui sortent d’un état d’impureté rituelle, comme hommes ou femmes atteints de flux, femmes en nidda, accouchées et autres personnes en cours de purification. Les autres restent interdits de lessive.

Moed Katan 3,3
וְאֵלּוּ כּוֹתְבִין בַּמּוֹעֵד, קִדּוּשֵׁי נָשִׁים, גִּטִּין וְשׁוֹבָרִין, דְּיָתֵיקֵי, מַתָּנָה וּפְרוֹזְבּוּלִין, אִגְּרוֹת שׁוּם וְאִגְּרוֹת מָזוֹן, שִׁטְרֵי חֲלִיצָה וּמֵאוּנִים, וְשִׁטְרֵי בֵרוּרִין, וּגְזֵרוֹת בֵּית דִּין, וְאִגְּרוֹת שֶׁל רָשׁוּת:

On peut rédiger pendant Hol Hamoed les actes de fiançailles, actes de divorce et reçus, testaments, actes de donation, prosboul, évaluations, obligations alimentaires, actes de halitsa ou de refus matrimonial, documents d’arbitrage, décisions de tribunal et certaines lettres administratives.

Moed Katan 3,4
אֵין כּוֹתְבִין שִׁטְרֵי חוֹב בַּמּוֹעֵד. וְאִם אֵינוֹ מַאֲמִינוֹ אוֹ שֶׁאֵין לוֹ מַה יֹּאכַל, הֲרֵי זֶה יִכְתֹּב. אֵין כּוֹתְבִין סְפָרִים, תְּפִלִּין וּמְזוּזוֹת, בַּמּוֹעֵד, וְאֵין מַגִּיהִין אוֹת אַחַת, אֲפִלּוּ בְּסֵפֶר (הָעֲזָרָה) עֶזְרָא. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, כּוֹתֵב אָדָם תְּפִלִּין וּמְזוּזוֹת לְעַצְמוֹ, וְטוֹוֶה עַל יְרֵכוֹ תְּכֵלֶת לְצִיצִיתוֹ:

On ne rédige pas normalement d’acte de dette pendant Hol Hamoed. Si le prêteur ne fait pas confiance à l’emprunteur ou si celui-ci a besoin de l’argent pour vivre, on peut le faire. On ne copie pas de rouleaux bibliques, tefillin ou mezouzot pendant la fête, et on ne corrige même pas une seule lettre d’un rouleau de référence. Rabbi Yehouda permet à une personne d’écrire tefillin et mezouzot pour son propre usage et de filer sur sa cuisse le fil bleu destiné à ses propres tsitsit.

Moed Katan 3,5
הַקּוֹבֵר אֶת מֵתוֹ שְׁלֹשָׁה יָמִים קֹדֶם לָרֶגֶל, בָּטְלָה הֵימֶנּוּ גְּזֵרַת שִׁבְעָה. שְׁמֹנָה, בָּטְלָה הֵימֶנּוּ גְּזֵרַת שְׁלֹשִׁים, מִפְּנֵי שֶׁאָמְרוּ, שַׁבָּת עוֹלָה וְאֵינָהּ מַפְסֶקֶת, רְגָלִים מַפְסִיקִין וְאֵינָן עוֹלִין:

Celui qui enterre son mort trois jours avant une fête voit le deuil des sept jours interrompu par la fête. S’il l’a enterré huit jours avant, la fête interrompt également les règles des trente jours. Le sabbat compte dans la durée du deuil mais ne l’interrompt pas ; les fêtes interrompent certaines règles du deuil mais ne comptent pas elles-mêmes comme jours de deuil ordinaires.

Note philologique. Le traité articule deuil individuel et joie collective de la fête, d’où les règles d’interruption des sept et trente jours.
Moed Katan 3,6
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר, מִשֶּׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, עֲצֶרֶת כְּשַׁבָּת. רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר, רֹאשׁ הַשָּׁנָה וְיוֹם הַכִּפּוּרִים, כָּרְגָלִים. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים, לֹא כְדִבְרֵי זֶה וְלֹא כְדִבְרֵי זֶה, אֶלָּא עֲצֶרֶת כָּרְגָלִים, רֹאשׁ הַשָּׁנָה וְיוֹם הַכִּפּוּרִים כְּשַׁבָּת:

Rabbi Eliezer dit qu’après la destruction du Temple, Shavouot est traité à cet égard comme un sabbat. Rabban Gamliel dit que Rosh Hashanah et Yom Kippour sont traités comme les fêtes de pèlerinage. Les sages rejettent les deux généralisations : Shavouot est traité comme les fêtes, tandis que Rosh Hashanah et Yom Kippour sont traités comme le sabbat pour ces règles de deuil.

Moed Katan 3,7
אֵין קוֹרְעִין, וְלֹא חוֹלְצִין, וְאֵין מַבְרִין, אֶלָּא קְרוֹבָיו שֶׁל מֵת, וְאֵין מַבְרִין אֶלָּא עַל מִטָּה זְקוּפָה. אֵין מוֹלִיכִין לְבֵית הָאֵבֶל לֹא בְּטַבְלָא וְלֹא בְאִסְקוּטְלָא וְלֹא בְקָנוֹן, אֶלָּא בְסַלִּים. וְאֵין אוֹמְרִים בִּרְכַּת אֲבֵלִים בַּמּוֹעֵד, אֲבָל עוֹמְדִין בְּשׁוּרָה וּמְנַחֲמִין וּפוֹטְרִין אֶת הָרַבִּים:

Les gestes funéraires publics pendant Hol Hamoed sont réservés aux proches du défunt : déchirer le vêtement, découvrir l’épaule et prendre part au repas de consolation. Le repas se prend sur un lit dressé, non renversé. On n’apporte pas les aliments de consolation dans de grands plateaux ou récipients cérémoniels, mais dans des paniers. On ne prononce pas pendant Hol Hamoed les bénédictions publiques des endeuillés comme les jours ordinaires ; on se tient toutefois en rangée, on console puis on congédie la foule.

Moed Katan 3,8
אֵין מַנִּיחִין אֶת הַמִּטָּה בָּרְחוֹב, שֶׁלֹּא לְהַרְגִּיל אֶת הַהֶסְפֵּד, וְלֹא שֶׁל נָשִׁים לְעוֹלָם, מִפְּנֵי הַכָּבוֹד. נָשִׁים בַּמּוֹעֵד מְעַנּוֹת, אֲבָל לֹא מְטַפְּחוֹת. רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר, הַסְּמוּכוֹת לַמִּטָּה, מְטַפְּחוֹת:

On ne place pas le cercueil sur la place publique afin de ne pas provoquer un éloge funèbre collectif. Pour une femme, on ne le fait jamais selon cette règle, par respect de sa dignité. Pendant Hol Hamoed, les femmes peuvent réciter ensemble des lamentations, mais ne frappent pas des mains selon la forme funéraire habituelle. Rabbi Yishmaël permet aux femmes les plus proches du cercueil de frapper des mains.

Moed Katan 3,9
בְּרָאשֵׁי חֳדָשִׁים, בַּחֲנֻכָּה וּבְפוּרִים, מְעַנּוֹת, וּמְטַפְּחוֹת בָּזֶה וּבָזֶה, אֲבָל לֹא מְקוֹנְנוֹת. נִקְבַּר הַמֵּת, לֹא מְעַנּוֹת וְלֹא מְטַפְּחוֹת. אֵיזֶהוּ עִנּוּי, שֶׁכֻּלָּן עוֹנוֹת כְּאֶחָת. קִינָה, שֶׁאַחַת מְדַבֶּרֶת וְכֻלָּן עוֹנוֹת אַחֲרֶיהָ, שֶׁנֶּאֱמַר (ירמיה ט), וְלַמֵּדְנָה בְנֹתֵיכֶם נֶהִי, וְאִשָּׁה רְעוּתָהּ קִינָה. אֲבָל לֶעָתִיד לָבֹא הוּא אוֹמֵר (ישעיה כה), בִּלַּע הַמָּוֶת לָנֶצַח, וּמָחָה ה' אֱלֹהִים דִּמְעָה מֵעַל כָּל פָּנִים וְגוֹ':

À Rosh Hodesh, Hanoucca et Pourim, les femmes peuvent réciter ensemble des lamentations et frapper des mains, mais ne composent pas une élégie responsoriale complète. Après l’inhumation, elles cessent ces gestes. Qu’est-ce qu’une lamentation collective ? Toutes répondent ensemble. Une élégie est conduite par une femme qui chante ou récite, les autres répondant après elle, comme il est dit : « Enseignez à vos filles la lamentation et chacune à sa compagne l’élégie. » Mais pour l’avenir, il est dit : « Il engloutira la mort pour toujours ; le Seigneur Dieu essuiera les larmes de tous les visages. »

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