Deux juges spécialisés siégeaient à Jérusalem : Admon et Hanan ben Avishalom. Hanan formula deux décisions, Admon sept. Première décision de Hanan : un homme est parti à l’étranger et son épouse réclame son entretien. Hanan dit qu’elle jurera au moment du règlement final, non au début. Les familles de grands prêtres exigeaient un serment dès le début et à la fin ; Rabbi Dosa ben Harkinas les soutenait. Rabban Yohanan ben Zakkaï approuve Hanan : un seul serment final suffit.
Mishnah · Nashim · Ketubot
Mishnah Ketubot — chapitre 13
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
Deuxième décision de Hanan : un homme part à l’étranger et un tiers nourrit spontanément son épouse. Hanan dit que ce tiers a dépensé son propre argent sans acquérir automatiquement une créance contre le mari. Les familles de grands prêtres disent qu’il jure le montant dépensé et se fait rembourser. Rabbi Dosa les soutient. Rabban Yohanan ben Zakkaï approuve Hanan et dit, de manière proverbiale, qu’il a placé son argent « sur la corne d’un cerf », c’est-à-dire dans une dépense sans garantie de retour.
Admon formula sept décisions. Première : un homme meurt en laissant fils et filles. Si les biens sont abondants, les fils héritent et les filles sont entretenues. Si les biens sont trop peu nombreux, les filles reçoivent l’entretien prioritaire et les fils doivent chercher leur subsistance ailleurs. Admon proteste : « Est-ce parce que je suis mâle que je devrais perdre ? » Rabban Gamliel dit que les paroles d’Admon lui paraissent justes.
Quelqu’un réclame à son prochain des jarres d’huile ; le défendeur reconnaît devoir seulement les jarres. Admon dit : puisqu’il reconnaît une partie de la réclamation, il doit prêter le serment de celui qui reconnaît partiellement. Les sages répondent que reconnaître les récipients n’est pas reconnaître une partie de la réclamation portant sur l’huile. Rabban Gamliel préfère l’avis d’Admon.
Un père promet une dot à son futur gendre puis se déclare incapable de la payer. Selon une opinion, la fille reste bloquée jusqu’à ce que la situation soit résolue. Admon lui permet de dire : « Si j’avais moi-même pris cet engagement, j’en subirais la conséquence ; mais c’est mon père qui l’a pris. Que puis-je faire ? Épouse-moi ou libère-moi. » Rabban Gamliel approuve Admon.
Un homme conteste la propriété d’un champ mais avait auparavant signé comme témoin sur un acte qui reconnaissait ce champ à l’adversaire. Admon lui permet d’expliquer : « Le second possesseur m’était plus supportable que le premier, c’est pourquoi j’ai signé afin d’écarter le premier avant de faire valoir mon droit. » Les sages disent qu’il a perdu son droit par cette reconnaissance. S’il avait lui-même utilisé le champ comme limite descriptive d’un autre bien dans un acte, il perd son droit selon tous.
Un propriétaire revient de l’étranger et constate que le chemin d’accès à son champ a disparu dans les propriétés environnantes. Admon dit qu’il doit pouvoir prendre le chemin le plus court. Les sages disent qu’en l’absence de preuve du tracé, il doit acheter un passage même très cher, ou « voler dans les airs ».
Quelqu’un produit un acte de dette contre son prochain, mais le débiteur produit un acte montrant que ce même créancier lui a ensuite vendu un champ. Admon dit : « S’il te devait vraiment cette somme, pourquoi lui aurais-tu vendu un terrain au lieu de prélever ta dette ? » Les sages répondent que le créancier a pu agir intelligemment en lui vendant le terrain afin d’avoir ensuite un bien saisissable.
Deux personnes produisent chacune un acte de dette contre l’autre. Admon dit : « Si j’étais réellement ton débiteur, pourquoi aurais-tu eu besoin de m’emprunter ? » Les sages considèrent que les deux actes peuvent être valides : chacun recouvre sa propre créance selon les règles.
Pour les obligations matrimoniales de résidence, la Mishnah distingue trois régions : Judée, Transjordanie et Galilée. On ne peut pas contraindre le conjoint à passer d’une région à une autre. À l’intérieur d’une même région, on peut imposer certains déplacements de ville à ville ou de bourg à bourg, mais pas nécessairement de ville à grand centre urbain ou inversement lorsque les conditions de vie diffèrent. On peut obliger à passer d’un logement mauvais à un meilleur ; Rabban Shimon ben Gamliel hésite même là, car un changement de milieu peut nuire à la santé ou aux habitudes.
Tous peuvent contraindre leur conjoint à monter vivre en terre d’Israël, et personne ne peut contraindre l’autre à en sortir ; de même pour monter à Jérusalem et ne pas en sortir. La règle vaut dans le système ancien pour hommes et femmes. La mishnah traite ensuite la monnaie de paiement de la ketouba lorsque mariage et divorce ont eu lieu en terre d’Israël ou en Cappadoce : selon l’opinion anonyme, plusieurs configurations sont réglées en monnaie de terre d’Israël ; Rabban Shimon ben Gamliel maintient parfois la monnaie plus forte de Cappadoce lorsque l’engagement y avait été contracté. Si mariage et divorce ont tous deux eu lieu en Cappadoce, on paie en monnaie de Cappadoce.
Passerelles
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