Mishnah · Nashim · Ketubot

Mishnah Ketubot — chapitre 1

Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.

S0 · édition évolutive10 mishnayotHébreu · français

Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.

Ketubot 1,1
בְּתוּלָה נִשֵּׂאת לַיּוֹם הָרְבִיעִי, וְאַלְמָנָה לַיּוֹם הַחֲמִישִׁי. שֶׁפַּעֲמַיִם בַּשַּׁבָּת בָּתֵּי דִינִין יוֹשְׁבִין בָּעֲיָרוֹת, בַּיּוֹם הַשֵּׁנִי וּבַיּוֹם הַחֲמִישִׁי, שֶׁאִם הָיָה לוֹ טַעֲנַת בְּתוּלִים, הָיָה מַשְׁכִּים לְבֵית דִּין:

Une vierge se marie normalement le mercredi et une veuve le jeudi. Les tribunaux siègent en ville deux fois par semaine, le lundi et le jeudi ; ainsi, si le mari formule une contestation concernant l’état de virginité, il peut se présenter dès le lendemain devant le tribunal.

Note philologique. Le choix traditionnel du mercredi est relié ici au calendrier de séance des tribunaux locaux.
Ketubot 1,2
בְּתוּלָה, כְּתֻבָּתָהּ מָאתַיִם. וְאַלְמָנָה, מָנֶה. בְּתוּלָה אַלְמָנָה, גְּרוּשָׁה, וַחֲלוּצָה, מִן הָאֵרוּסִין, כְּתֻבָּתָן מָאתַיִם, וְיֵשׁ לָהֶן טַעֲנַת בְּתוּלִים. הַגִּיּוֹרֶת, וְהַשְּׁבוּיָה, וְהַשִּׁפְחָה שֶׁנִּפְדּוּ וְשֶׁנִּתְגַּיְּרוּ, וְשֶׁנִּשְׁתַּחְרְרוּ, פְּחוּתוֹת מִבְּנוֹת שָׁלֹשׁ שָׁנִים וְיוֹם אֶחָד, כְּתֻבָּתָן מָאתַיִם, וְיֵשׁ לָהֶן טַעֲנַת בְּתוּלִים:

La ketouba d’une vierge est de deux cents zouz ; celle d’une veuve, d’une maneh. Une femme vierge devenue veuve, divorcée ou haloutsa après de simples fiançailles reçoit deux cents zouz et peut faire l’objet de la contestation correspondante sur la virginité. Une convertie, une captive ou une esclave affranchie avant l’âge de trois ans et un jour reçoit également deux cents zouz et relève de la même présomption dans le système du traité.

Ketubot 1,3
הַגָּדוֹל שֶׁבָּא עַל הַקְּטַנָּה, וְקָטָן שֶׁבָּא עַל הַגְּדוֹלָה, וּמֻכַּת עֵץ, כְּתֻבָּתָן מָאתַיִם, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים, מֻכַּת עֵץ, כְּתֻבָּתָהּ מָנֶה:

Lorsqu’un homme majeur a eu une relation avec une mineure, ou un mineur avec une majeure, ou lorsqu’une femme a perdu son hymen par accident, Rabbi Meïr fixe néanmoins la ketouba à deux cents zouz. Les sages disent qu’une femme dont l’hymen a été rompu par accident reçoit une maneh.

Ketubot 1,4
בְּתוּלָה אַלְמָנָה, גְּרוּשָׁה, וַחֲלוּצָה, מִן הַנִּשּׂוּאִין, כְּתֻבָּתָהּ מָנֶה, וְאֵין לָהֶן טַעֲנַת בְּתוּלִים. הַגִּיּוֹרֶת, וְהַשְּׁבוּיָה, וְהַשִּׁפְחָה, שֶׁנִּפְדּוּ, וְשֶׁנִּתְגַּיְּרוּ, וְשֶׁנִּשְׁתַּחְרְרוּ, יְתֵרוֹת עַל בְּנוֹת שָׁלֹשׁ שָׁנִים וְיוֹם אֶחָד, כְּתֻבָּתָן מָנֶה, וְאֵין לָהֶן טַעֲנַת בְּתוּלִין:

Une femme vierge devenue veuve, divorcée ou haloutsa après un mariage consommé reçoit une maneh et il n’y a plus de contestation juridique sur sa virginité. De même, une convertie, une captive ou une esclave affranchie après l’âge de trois ans et un jour reçoit une maneh et la contestation correspondante ne s’applique plus.

Ketubot 1,5
הָאוֹכֵל אֵצֶל חָמִיו בִּיהוּדָה שֶׁלֹּא בְעֵדִים, אֵינוֹ יָכוֹל לִטְעֹן טַעֲנַת בְּתוּלִים, מִפְּנֵי שֶׁמִּתְיַחֵד עִמָּהּ. אַחַת אַלְמְנַת יִשְׂרָאֵל וְאַחַת אַלְמְנַת כֹּהֵן, כְּתֻבָּתָן מָנֶה. בֵּית דִּין שֶׁל כֹּהֲנִים הָיוּ גוֹבִין לַבְּתוּלָה אַרְבַּע מֵאוֹת זוּז, וְלֹא מִחוּ בְיָדָם חֲכָמִים:

En Judée, lorsqu’un fiancé avait pris son repas chez son beau-père sans témoins et pouvait ainsi se trouver seul avec sa fiancée avant le mariage, il ne pouvait ensuite soulever la contestation de virginité, puisque l’isolement rendait possible une relation antérieure. La veuve d’un Israélite comme celle d’un prêtre reçoit normalement une maneh. Toutefois, le tribunal des prêtres avait l’usage d’attribuer quatre cents zouz à une vierge issue d’une famille sacerdotale, et les sages ne s’y opposaient pas.

Ketubot 1,6
הַנּוֹשֵׂא אֶת הָאִשָּׁה וְלֹא מָצָא לָהּ בְּתוּלִים, הִיא אוֹמֶרֶת, מִשֶּׁאֵרַסְתַּנִי נֶאֱנַסְתִּי, וְנִסְתַּחֲפָה שָׂדֶךָ. וְהַלָּה אוֹמֵר, לֹא כִי, אֶלָּא עַד שֶׁלֹּא אֵרַסְתִּיךְ, וְהָיָה מִקָּחִי מֶקַּח טָעוּת. רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמְרִים, נֶאֱמֶנֶת. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר, לֹא מִפִּיהָ אָנוּ חַיִּין, אֶלָּא הֲרֵי זוֹ בְחֶזְקַת בְּעוּלָה עַד שֶׁלֹּא תִתְאָרֵס, וְהִטְעַתּוּ, עַד שֶׁתָּבִיא רְאָיָה לִדְבָרֶיהָ:

Un homme épouse une femme et ne trouve pas les signes attendus de virginité. Elle dit : « Après nos fiançailles j’ai subi une relation forcée ; le dommage est donc survenu alors que j’étais déjà sous ton engagement. » Lui répond : « Non, cela s’est produit avant nos fiançailles et mon engagement était fondé sur une erreur. » Rabban Gamliel et Rabbi Eliezer la croient. Rabbi Josué dit qu’on ne décide pas uniquement sur sa parole : elle est présumée ne pas avoir été vierge au moment des fiançailles jusqu’à ce qu’elle apporte une preuve.

Ketubot 1,7
הִיא אוֹמֶרֶת מֻכַּת עֵץ אָנִי, וְהוּא אוֹמֵר, לֹא כִי, אֶלָּא דְרוּסַת אִישׁ אָתְּ, רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמְרִים, נֶאֱמֶנֶת. וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר, לֹא מִפִּיהָ אָנוּ חַיִּין, אֶלָּא הֲרֵי זוֹ בְחֶזְקַת דְּרוּסַת אִישׁ, עַד שֶׁתָּבִיא רְאָיָה לִדְבָרֶיהָ:

Elle dit : « Mon hymen a été rompu par accident » ; lui dit : « Non, il a été rompu par une relation avec un homme. » Rabban Gamliel et Rabbi Eliezer la croient. Rabbi Josué refuse encore de fonder la décision sur sa seule déclaration et la présume avoir eu une relation jusqu’à preuve du contraire.

Ketubot 1,8
רָאוּהָ מְדַבֶּרֶת עִם אֶחָד בַּשּׁוּק, אָמְרוּ לָהּ מַה טִּיבוֹ שֶׁל זֶה. אִישׁ פְּלוֹנִי וְכֹהֵן הוּא. רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמְרִים, נֶאֱמֶנֶת. וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר, לֹא מִפִּיהָ אָנוּ חַיִּין, אֶלָּא הֲרֵי זוֹ בְחֶזְקַת בְּעוּלָה לְנָתִין וּלְמַמְזֵר, עַד שֶׁתָּבִיא רְאָיָה לִדְבָרֶיהָ:

On voit une femme parler isolément avec un homme sur la place publique et on lui demande qui il est. Elle répond : « Untel, et c’est un prêtre. » Rabban Gamliel et Rabbi Eliezer la croient quant à son statut. Rabbi Josué dit qu’on ne s’appuie pas uniquement sur sa parole et qu’elle est présumée avoir pu avoir une relation avec une personne qui l’aurait rendue inapte au sacerdoce jusqu’à preuve contraire.

Ketubot 1,9
הָיְתָה מְעֻבֶּרֶת, וְאָמְרוּ לָהּ מַה טִּיבוֹ שֶׁל עֻבָּר זֶה. מֵאִישׁ פְּלוֹנִי וְכֹהֵן הוּא. רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמְרִים, נֶאֱמֶנֶת. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר, לֹא מִפִּיהָ אָנוּ חַיִּין, אֶלָּא הֲרֵי זוֹ בְחֶזְקַת מְעֻבֶּרֶת לְנָתִין וּלְמַמְזֵר, עַד שֶׁתָּבִיא רְאָיָה לִדְבָרֶיהָ:

Une femme enceinte est interrogée sur le père de l’enfant et répond : « Untel, et c’est un prêtre. » Rabban Gamliel et Rabbi Eliezer la croient. Rabbi Josué dit qu’on ne fonde pas ce statut sur sa seule parole et qu’on doit envisager qu’elle ait conçu d’une personne dont la relation aurait produit une disqualification sacerdotale jusqu’à preuve contraire.

Ketubot 1,10
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי, מַעֲשֶׂה בְתִינוֹקֶת שֶׁיָּרְדָה לְמַלֹּאת מַיִם מִן הָעַיִן, וְנֶאֱנְסָה. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי, אִם רֹב אַנְשֵׁי הָעִיר מַשִּׂיאִין לַכְּהֻנָּה, הֲרֵי זוֹ תִנָּשֵׂא לַכְּהֻנָּה:

Rabbi Yossi rapporte le cas d’une jeune fille descendue puiser de l’eau à une source et qui fut violée. Rabbi Yohanan ben Nouri dit : si la majorité des hommes de la ville sont d’un statut permettant à leurs filles et unions d’entrer dans le sacerdoce, cette jeune fille peut ensuite épouser un prêtre, la majorité servant de présomption en sa faveur.

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