Les choses consacrées ont des exigences de pureté supérieures à la terouma. Pour la terouma, on peut immerger un petit récipient à l’intérieur d’un grand ; pour les choses consacrées, on ne le fait pas ainsi. Pour la terouma, les différentes surfaces d’un ustensile — dos, intérieur et poignée — peuvent avoir des statuts séparés ; pour les choses consacrées, l’ustensile est traité plus strictement comme un ensemble. Celui qui porte un objet devenu support d’impureté peut encore porter en même temps de la terouma selon certaines conditions, mais non des choses consacrées. Les vêtements de ceux qui mangent la terouma sont eux-mêmes considérés comme support d’impureté pour les choses consacrées. Pour purifier un vêtement noué destiné au sacré, on le dénoue, le sèche, l’immerge puis le renoue ; pour la terouma, on peut le laisser noué pendant l’immersion.
Mishnah · Moed · Hagigah
Mishnah Hagigah — chapitre 3
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
Des ustensiles achevés par un artisan même en état de pureté requièrent encore une immersion pour les choses consacrées, mais non pour la terouma. Dans un récipient contenant plusieurs aliments consacrés, l’ustensile réunit leur statut : si une partie devient impure, l’ensemble peut être atteint, contrairement à la terouma. Pour les choses consacrées, un quatrième degré d’impureté rend impropre ; pour la terouma, le troisième. Si une main devient impure dans le cadre de la terouma, l’autre demeure pure ; pour les choses consacrées, on immerge les deux mains, car une main peut transmettre son statut à l’autre dans ce degré de pureté.
On peut manger de la terouma sèche avec des mains de statut inférieur lorsqu’aucune humidité ne permet la transmission selon les règles applicables ; on ne traite pas ainsi les choses consacrées. L’onen et celui qui a achevé son processus de purification mais attend encore le sacrifice expiatoire requis doivent s’immerger pour les choses consacrées, mais non pour la terouma.
Il existe aussi un aspect où la terouma reçoit une règle particulière : en Judée, les amei haarets sont crus pendant l’année sur la pureté du vin et de l’huile destinés aux usages sacrés, et pendant les saisons du pressoir et de l’huilerie même sur la terouma. Après ces saisons, si quelqu’un apporte une jarre de vin de terouma, on ne l’accepte pas immédiatement comme pure ; on peut la laisser jusqu’à la prochaine saison. S’il déclare qu’il a mis dans cette jarre un quart de log de liquide consacré, il est cru pour le statut correspondant. Les jarres mêlant produits profanes et terouma sont acceptées pendant les saisons du pressoir et de l’huilerie, ainsi que dans les soixante-dix jours qui les précèdent.
De Modiïn vers Jérusalem, les potiers sont crus quant à la pureté de leurs récipients d’argile ; au-delà de Modiïn, ils ne le sont pas. Comment ? Si le même potier, avec les mêmes récipients et les mêmes acheteurs, entre à l’intérieur de la zone de Modiïn, il est cru ; lorsqu’il en ressort, il ne l’est plus selon cette présomption.
Des collecteurs d’impôts entrés dans une maison, ainsi que des voleurs qui rendent des ustensiles, sont crus lorsqu’ils disent : « Nous ne les avons pas touchés » selon les conditions de cette règle. À Jérusalem, tout le monde est cru en matière de pureté des choses consacrées ; pendant les fêtes de pèlerinage, même pour la terouma.
Quelqu’un ouvre son tonneau ou commence à vendre sa pâte pendant la fête en s’appuyant sur la présomption générale de pureté des pèlerins. Rabbi Yehouda dit qu’il peut achever de vendre ce qui reste après la fête ; les sages disent qu’il ne l’achève pas sous cette même présomption. Après la fête, on procédait à une purification générale de la cour du Temple. Si la fête s’achevait un vendredi, on ne le faisait pas immédiatement en raison des préparatifs du sabbat. Rabbi Yehouda dit : pas davantage le jeudi, car les prêtres étaient alors trop occupés.
Comment procédait-on à cette purification de la cour ? On immergeait les ustensiles du Temple et l’on avertissait les prêtres et le peuple : « Prenez garde à ne pas toucher la table et la Menorah et à les rendre impures. » Tous les ustensiles du Temple possédaient des doubles ou triples exemplaires afin que, si les premiers devenaient impurs, d’autres puissent les remplacer. Tous exigeaient immersion, sauf, selon Rabbi Eliezer, l’autel d’or et l’autel de bronze parce qu’ils sont assimilés au sol. Les sages donnent une autre justification liée à leur revêtement.
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