Shammaï dit que, lorsqu’une femme constate un écoulement menstruel, l’impureté ne remonte qu’au moment de la constatation. Hillel la fait remonter jusqu’au contrôle précédent, même s’il est ancien. Les sages adoptent une position intermédiaire : on remonte au plus à vingt-quatre heures, sauf si le contrôle précédent est plus récent. Pour une femme ayant un cycle régulier, le moment de la constatation suffit. Un contrôle effectué lors d’une relation avec les linges prévus à cet effet vaut comme inspection et limite de la même manière la rétroactivité.
Mishnah · Nezikin · Eduyot
Mishnah Eduyot — chapitre 1
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Provenance : texte hébreu de la Mishnah via Wikisource hébraïque, copie figée le 19 septembre 2026. Aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
Shammaï fixe à un qab la quantité de pâte soumise au prélèvement de hallah ; Hillel à deux qab. Les sages retiennent un qab et demi. Après l’agrandissement des mesures, ils fixèrent le seuil à cinq quarts de qab selon la nouvelle mesure. Rabbi Yossi dit que cinq quarts exacts restent exempts et qu’il faut un peu plus.
Hillel enseignait qu’un hin entier d’eau puisée invalide un bain rituel, tout en répétant la formulation reçue de son maître. Shammaï disait neuf qab. Les sages n’adoptèrent ni l’un ni l’autre jusqu’à ce que deux tisserands de la Porte des Ordures à Jérusalem témoignent au nom de Shemaya et Avtalyon que trois log d’eau puisée invalident le bain ; les sages confirmèrent leur témoignage.
Pourquoi rapporte-t-on les opinions de Shammaï et Hillel lorsqu’elles n’ont pas été retenues ? Pour enseigner aux générations suivantes qu’un homme ne doit pas s’obstiner dans sa propre opinion, puisque même les grands fondateurs ont su abandonner la leur.
Pourquoi rapporte-t-on l’opinion d’un individu face à celle de la majorité alors que la halakha suit la majorité ? Afin qu’un tribunal ultérieur puisse connaître cette opinion et éventuellement s’y appuyer. Toutefois, un tribunal ne peut annuler la décision d’un tribunal antérieur que s’il lui est supérieur à la fois en sagesse et en nombre.
Rabbi Yehouda donne une autre raison à la conservation des opinions individuelles : si quelqu’un dit « telle tradition m’a été transmise », on peut lui répondre qu’il a entendu précisément l’opinion de tel maître minoritaire et non la décision majoritaire.
Beit Shammaï dit qu’un quart de qab d’ossements transmet l’impureté de la tente lorsqu’il provient d’ossements appartenant à deux ou trois os. Beit Hillel exige qu’ils proviennent du corps selon la majorité de la charpente ou du nombre des os. Shammaï dit que même un seul os peut suffire dans les conditions prévues.
Pour la vesce de terouma, Beit Shammaï permet de la faire tremper et frotter en état de pureté puis de la donner à manger en état d’impureté. Beit Hillel exige seulement que le trempage soit en pureté ; le frottage et la consommation peuvent se faire en impureté. Shammaï dit qu’elle doit être consommée sèche. Rabbi Aqiva permet que toutes les opérations se fassent en impureté.
Celui qui veut changer un sela de seconde dîme en petites pièces : Beit Shammaï permet de convertir tout le sela en monnaie ; Beit Hillel moitié en argent et moitié en monnaie. Une tradition attribuée à Rabbi Meïr interdit de transférer ensemble argent et fruits sur une autre pièce d’argent ; les sages le permettent.
À Jérusalem, celui qui change un sela de seconde dîme reçoit selon Beit Shammaï toute la valeur en petites pièces ; selon Beit Hillel moitié en argent et moitié en monnaie. D’autres maîtres proposent trois dinars d’argent et un dinar en monnaie, ou trois dinars et trois quarts plus un quart en monnaie. Rabbi Tarfon propose quatre aspers d’argent. Shammaï dit qu’il peut laisser la pièce chez le marchand et consommer progressivement pour sa valeur.
Une chaise de mariée dont les revêtements ont été retirés reste susceptible d’impureté selon Beit Shammaï et devient pure selon Beit Hillel. Shammaï dit que même l’encadrement d’une chaise est impur. Même désaccord lorsqu’une chaise est fixée dans une auge ; Shammaï inclut aussi un siège construit directement dans l’auge.
Voici des cas où Beit Hillel revint à l’enseignement de Beit Shammaï. Une femme revient d’un pays lointain et dit : « Mon mari est mort. » Beit Shammaï la permet au remariage ou au lévirat selon le cas. Beit Hillel voulait limiter cette confiance au retour de la moisson ; Beit Shammaï répondit que la moisson n’était qu’un cas fréquent, non une limite. Beit Hillel revint sur ce point. Beit Shammaï permet aussi qu’elle reçoive sa ketouba ; Beit Hillel l’autorisait d’abord à se remarier sans toucher la ketouba. Beit Shammaï argumenta que si on la croit pour l’interdit matrimonial grave, on doit d’autant plus la croire pour l’argent, et invoqua la formulation même de la ketouba. Beit Hillel revint encore à leur avis.
Une personne mi-esclave mi-libre travaille un jour pour son maître et un jour pour elle-même selon Beit Hillel. Beit Shammaï objecte que cette solution protège le maître mais empêche la personne de se marier soit avec une esclave soit avec une femme libre et la condamne à ne pas accomplir la procréation. Au nom de l’ordre social, ils obligent le maître à l’affranchir entièrement et à recevoir une reconnaissance de dette pour la moitié de sa valeur. Beit Hillel revint à cet avis.
Beit Hillel dit qu’un récipient de terre cuite fermé protège tout ce qui est à l’intérieur contre l’impureté de la tente. Beit Shammaï limite cette protection aux aliments, boissons et récipients de terre cuite, parce que le récipient lui-même est considéré impur pour un am haaretz et qu’un objet impur ne fait pas écran. Beit Hillel objecte que Beit Shammaï protège pourtant les aliments et boissons ; Beit Shammaï répond que cette pureté ne profite qu’au propriétaire ignorant, tandis que purifier le récipient profiterait aussi à ceux qui observent les règles de pureté. Beit Hillel revint finalement à l’opinion de Beit Shammaï.
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