Certains apportent les prémices et récitent la déclaration, d’autres les apportent sans réciter, et d’autres ne les apportent pas. N’apporte pas les prémices celui qui plante dans son propre terrain mais marcotte dans le terrain d’un particulier ou du public, ni celui qui marcotte depuis le terrain d’autrui ou du public jusque dans le sien. De même, celui qui plante et marcotte entièrement chez lui mais dont la marcotte passe sous un chemin privé ou public n’apporte pas. Rabbi Yehouda dit qu’un tel cas apporte.
Mishnah · Zeraïm · Bikkurim
Mishnah Bikkurim — chapitre 1
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
Pourquoi n’apporte-t-il pas ? Parce qu’il est dit : « les prémices de ta terre » ; il faut que toute la croissance provienne de sa propre terre. Pour la même raison, métayers, fermiers, personnes occupant une terre sous contrainte et voleurs n’apportent pas, puisqu’il est dit : « les prémices de ta terre ».
On n’apporte les prémices que des sept espèces. On n’apporte pas des dattes de montagne, ni de fruits de vallée lorsqu’ils y sont de qualité inférieure, ni d’olives à huile qui ne sont pas parmi les meilleures. On n’apporte pas avant Shavouot. Les habitants du mont Tsevoïm apportèrent leurs prémices avant Shavouot et on ne les accepta pas, en raison du verset : « la fête de la moisson, des prémices de tes travaux que tu auras semés dans le champ ».
Voici ceux qui apportent sans réciter : un converti apporte mais ne récite pas, puisqu’il ne peut pas dire « que le Seigneur a juré à nos pères de nous donner ». Si sa mère est israélite, il apporte et récite. Dans sa prière personnelle, le converti dit « Dieu des pères d’Israël » ; dans la synagogue, « Dieu de vos pères ». Si sa mère est israélite, il dit « Dieu de nos pères ».
Rabbi Eliezer ben Yaakov dit : une femme née de convertis ne peut épouser un prêtre tant que sa mère n’est pas israélite de naissance. Il applique la même règle aux descendants de convertis et d’esclaves affranchis, même après de nombreuses générations, jusqu’à ce qu’une mère soit israélite. Le tuteur, l’envoyé, l’esclave, la femme, le tumtum et l’androgynos apportent les prémices sans réciter, parce qu’ils ne peuvent pas dire dans ce cadre juridique : « la terre que tu m’as donnée, Seigneur ».
Celui qui achète deux arbres dans le terrain de son prochain apporte les prémices sans réciter. Rabbi Meïr dit : il apporte et récite. Si la source s’est tarie ou si l’arbre a été coupé, il apporte sans réciter ; Rabbi Yehouda dit qu’il récite. De Shavouot jusqu’à Soukkot, on apporte et on récite. De Soukkot jusqu’à Hanoucca, on apporte sans réciter ; Rabbi Yehouda ben Betera dit qu’on récite encore.
Celui qui a désigné ses prémices puis vendu son champ apporte les fruits mais ne récite pas. L’acheteur n’apporte pas une seconde fois de la même espèce ; d’une autre espèce, il apporte et récite. Rabbi Yehouda dit qu’il peut même apporter et réciter pour la même espèce.
Si les prémices déjà désignées ont été pillées, pourries, volées, perdues ou rendues impures, on en apporte d’autres à leur place mais sans répéter la déclaration. Ces secondes prémices n’entraînent pas le supplément d’un cinquième. Si les fruits deviennent impurs dans l’enceinte du Temple, on les détruit selon la règle et on ne récite pas.
D’où sait-on que le propriétaire en reste responsable jusqu’à leur arrivée au mont du Temple ? Parce qu’il est dit : « Tu apporteras les prémices de ta terre à la maison du Seigneur ton Dieu. » Cela enseigne qu’il en porte la responsabilité jusqu’au mont du Temple. Celui qui a apporté une première espèce et récité, puis revient avec une autre espèce, ne récite pas une seconde fois.
Apportent et récitent : ceux qui apportent entre Shavouot et Soukkot, des sept espèces, des fruits de montagne qui y sont de bonne qualité, des dattes des vallées, des olives à huile, et ceux qui viennent de Transjordanie. Rabbi Yossi le Galiléen dit qu’on n’apporte pas de prémices de Transjordanie, parce qu’elle n’est pas comprise, selon lui, dans l’expression « terre ruisselant de lait et de miel » pour cette obligation.
Celui qui achète trois arbres dans le terrain de son prochain acquiert suffisamment de sol pour apporter et réciter. Rabbi Meïr dit : même deux arbres. Celui qui achète un arbre avec le terrain qui lui appartient apporte et récite. Rabbi Yehouda dit que même certains métayers et fermiers peuvent apporter et réciter lorsqu’ils disposent d’un droit foncier suffisant.
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