Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
S0 · édition évolutive5 mishnayotHébreu · français
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. La collation critique systématique avec Kaufmann A50, Parme et les éditions savantes reste à effectuer avant tout statut supérieur.
Celui qui voit un lieu où des miracles ont été accomplis pour Israël dit : « Béni soit Celui qui a accompli des miracles pour nos pères en ce lieu. » En un lieu dont un culte idolâtre a été extirpé, il dit : « Béni soit Celui qui a extirpé le culte idolâtre de notre pays. »
Pour les étoiles filantes, les tremblements de terre, les éclairs, les tonnerres et les vents violents, on dit : « Béni soit Celui dont la force et la puissance remplissent le monde. » Pour les montagnes, les collines, les mers, les fleuves et les déserts, on dit : « Béni soit Celui qui accomplit l’œuvre de la création. » Rabbi Juda dit : celui qui voit la Grande Mer dit : « Béni soit Celui qui a fait la Grande Mer », lorsqu’il la voit à intervalles espacés. Pour les pluies et pour les bonnes nouvelles, on dit : « Béni soit Celui qui est bon et fait le bien » ; pour les mauvaises nouvelles : « Béni soit le Juge de vérité. »
Note philologique. zikin est traditionnellement compris comme des phénomènes lumineux du ciel, souvent météores/étoiles filantes ; la « Grande Mer » désigne normalement la Méditerranée dans ce contexte palestinien.
Celui qui a construit une maison neuve ou acheté des objets neufs dit : « Béni soit Celui qui nous a fait vivre. » On bénit sur le mal selon la bénédiction qui convient au bien, et sur le bien selon celle qui convient au mal. Celui qui implore pour modifier ce qui appartient déjà au passé prononce une prière vaine. Comment ? Si son épouse est enceinte et qu’il dit : « Puisse mon épouse mettre au monde un garçon », c’est une prière vaine. S’il marche sur la route, entend un cri dans la ville et dit : « Puisse-t-il ne pas s’agir des gens de ma maison », c’est une prière vaine.
Note philologique. me-ein ha-tovah / me-ein ha-ra‘ah est une formulation compacte et discutée. La traduction S0 la maintient proche de sa structure ; le commentaire critique devra préciser les lectures talmudiques du passage.
Celui qui entre dans une ville fortifiée prononce deux prières : l’une à son entrée et l’autre à sa sortie. Ben Azaï dit : quatre — deux à son entrée et deux à sa sortie : il rend grâce pour ce qui est passé et implore pour ce qui doit venir.
L’être humain est tenu de bénir pour le mal comme il bénit pour le bien, puisqu’il est dit : « Tu aimeras le SEIGNEUR ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » « De tout ton cœur » : avec tes deux penchants, le bon penchant et le mauvais penchant. « De toute ton âme » : même s’Il prend ton âme. « De toute ta force » : avec tous tes biens. Autre interprétation de « de toute ta force » : quelle que soit la mesure qu’Il mesure pour toi, rends-Lui grâce très pleinement. On ne doit pas se comporter avec légèreté face à la porte orientale, puisqu’elle est alignée avec la maison du Saint des saints. On n’entre pas sur le mont du Temple avec son bâton, ses chaussures, sa ceinture à monnaie ni la poussière de ses pieds ; on n’en fait pas un raccourci, et cracher y est interdit à plus forte raison. Toutes les formules qui concluaient les bénédictions dans le Temple disaient autrefois : « depuis le monde ». Lorsque les dissidents corrompirent l’enseignement et dirent qu’il n’existait qu’un seul monde, on institua la formule : « depuis le monde et jusqu’au monde ». On institua aussi qu’une personne puisse saluer son prochain en employant le Nom, puisqu’il est dit : « Voici que Booz arriva de Bethléem et dit aux moissonneurs : Le SEIGNEUR soit avec vous ! Ils lui répondirent : Que le SEIGNEUR te bénisse ! » Il est aussi dit : « Le SEIGNEUR est avec toi, vaillant guerrier » ; et encore : « Ne méprise pas ta mère parce qu’elle a vieilli » ; et : « Il est temps d’agir pour le SEIGNEUR : ils ont violé Ta Torah. » Rabbi Nathan dit : « Ils ont violé Ta Torah : il est temps d’agir pour le SEIGNEUR. »
Note philologique. minim est un terme historique polémique dont l’extension varie selon les contextes ; « dissidents » évite d’identifier sans preuve un groupe unique. La modification de la formule « depuis le monde » / « depuis le monde et jusqu’au monde » appartient à l’histoire liturgique rapportée par la Mishnah.