À partir de quand récite-t-on le Shema le soir ? À partir du moment où les prêtres entrent pour manger leur prélèvement consacré, jusqu’à la fin de la première veille : paroles de Rabbi Eliézer. Les sages disent : jusqu’à minuit. Rabban Gamliel dit : jusqu’à ce que se lève la colonne de l’aube. Il arriva que ses fils revinrent d’un banquet et lui dirent : « Nous n’avons pas récité le Shema. » Il leur dit : « Si la colonne de l’aube ne s’est pas encore levée, vous êtes tenus de le réciter. » Et cela ne vaut pas seulement ici : tout ce pour quoi les sages ont dit « jusqu’à minuit » a, selon la règle, son temps jusqu’à la levée de la colonne de l’aube. L’offrande par le feu des graisses et des membres a son temps jusqu’à la levée de la colonne de l’aube ; et tout ce qui doit être mangé en un seul jour a son temps jusqu’à la levée de la colonne de l’aube. Pourquoi donc les sages ont-ils dit « jusqu’à minuit » ? Afin d’éloigner l’être humain de la transgression.
Mishnah · Zeraïm · Berakhot
Mishnah Berakhot — chapitre 1
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. La collation critique systématique avec Kaufmann A50, Parme et les éditions savantes reste à effectuer avant tout statut supérieur.
À partir de quand récite-t-on le Shema le matin ? Dès qu’on peut distinguer le bleu du blanc. Rabbi Eliézer dit : le bleu du vert-poireau. Et on achève sa récitation avant le lever du soleil. Rabbi Josué dit : jusqu’à la troisième heure, car les fils des rois ont coutume de se lever à la troisième heure. Celui qui le récite après ce moment n’a pas tout perdu : il est comme quelqu’un qui lit dans la Torah.
La maison de Shammaï dit : le soir, chacun s’inclinera et récitera ; le matin, chacun se tiendra debout, puisqu’il est dit : « quand tu te coucheras et quand tu te lèveras ». Mais la maison de Hillel dit : chacun récite dans la position où il se trouve, puisqu’il est dit : « quand tu marcheras en chemin ». Pourquoi alors est-il dit « quand tu te coucheras et quand tu te lèveras » ? Au moment où les gens se couchent, et au moment où les gens se lèvent. Rabbi Tarfon dit : « J’étais en chemin ; je me suis incliné pour réciter conformément aux paroles de la maison de Shammaï, et je me suis mis en danger à cause des brigands. » Ils lui dirent : « Tu méritais d’être tenu responsable de toi-même, puisque tu as transgressé les paroles de la maison de Hillel. »
Le matin, on prononce deux bénédictions avant le Shema et une après ; le soir, deux avant et deux après. L’une est longue et l’autre courte. Là où ils ont dit d’allonger, on n’est pas autorisé à abréger ; là où ils ont dit d’abréger, on n’est pas autorisé à allonger. Là où il faut conclure par une formule de bénédiction, on n’est pas autorisé à ne pas conclure ; là où il ne faut pas conclure, on n’est pas autorisé à conclure.
On rappelle la sortie d’Égypte durant les nuits. Rabbi Elazar ben Azaria dit : « Me voici comme un homme de soixante-dix ans, et je n’avais pas réussi à établir que la sortie d’Égypte devait être mentionnée la nuit, jusqu’à ce que Ben Zoma l’expose à partir de ce qui est dit : “afin que tu te souviennes du jour où tu es sorti du pays d’Égypte tous les jours de ta vie”. “Les jours de ta vie” : les jours ; “tous les jours de ta vie” : les nuits. » Les sages disent : « Les jours de ta vie » : ce monde-ci ; « tous les jours de ta vie » : pour inclure les jours du Messie.
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.