Bibliothèque ancienne · Introduction critique
Issachar 7 — désir, sexualité et maîtrise de soi
Ce chapitre poursuit le testament de Issachar autour de désir, sexualité et maîtrise de soi. La parole paternelle relit l’expérience du patriarche pour orienter la conduite de ses descendants.
Texte — sept restitutions
Une seule analyse du texte source gouverne les sept restitutions. La version Lecture est ouverte par défaut.
Clarté
§1 J’ai maintenant cent vingt-deux ans, et je ne connais en moi aucun péché qui conduise à la mort.
§2 En dehors de ma femme, je n’ai connu aucune autre femme ; je n’ai pas commis d’inconduite sexuelle en laissant mes yeux s’élever vers le désir.
§3 Je n’ai pas bu de vin jusqu’à m’égarer ; je n’ai convoité aucun bien désirable de mon prochain.
§4 La tromperie n’est pas née dans mon cœur, et le mensonge n’est pas passé par mes lèvres.
§5 J’ai gémi avec toute personne qui souffrait et j’ai partagé mon pain avec le pauvre. Je n’ai pas mangé seul ; je n’ai pas déplacé de limite ; tous mes jours, j’ai pratiqué la piété et gardé la vérité.
§6 J’ai aimé le Seigneur de toute ma force, et j’ai aimé tout être humain comme mes propres enfants.
§7 Faites de même, mes enfants : tout esprit de Bélial fuira loin de vous et l’action des hommes mauvais ne vous dominera pas. Vous soumettrez même toute bête sauvage, ayant avec vous le Dieu du ciel qui accompagne les humains dans la simplicité du cœur.
§8 Il leur ordonna ensuite de le faire monter à Hébron et de l’ensevelir là, dans la grotte avec ses pères.
§9 Puis il étendit ses pieds et mourut, cinquième des fils, dans une heureuse vieillesse ; tous ses membres étaient sains et, encore vigoureux, il s’endormit du sommeil éternel.
Lecture
§1 Voici : j’ai cent vingt-deux ans, et je n’ai conscience en moi d’aucun péché conduisant à la mort.
§2 Hormis mon épouse, je n’ai connu aucune autre femme ; je n’ai pas pratiqué l’inconduite en élevant mes yeux vers le désir.
§3 Je n’ai pas bu de vin pour m’y perdre, et je n’ai convoité aucune chose désirable appartenant à mon prochain.
§4 La fraude n’a pas pris naissance dans mon cœur, et aucun mensonge n’est monté sur mes lèvres.
§5 J’ai uni mes soupirs à ceux de tout homme dans la peine et partagé mon pain avec le pauvre. Je ne mangeais pas seul, je ne déplaçais pas les bornes ; durant tous mes jours, j’ai pratiqué la piété et gardé la vérité.
§6 J’ai aimé le Seigneur de toute ma force ; de même, j’ai aimé tout être humain comme mes enfants.
§7 Vous aussi, mes enfants, agissez ainsi : tout esprit de Bélial s’éloignera de vous et aucune œuvre d’hommes mauvais ne vous dominera. Vous maîtriserez même les bêtes sauvages, car le Dieu du ciel sera avec vous, accompagnant les humains qui marchent dans la simplicité du cœur.
§8 Puis il leur commanda de transporter son corps à Hébron et de l’ensevelir là, dans la grotte, auprès de ses pères.
§9 Issachar étendit alors ses pieds et mourut, cinquième parmi les fils, dans une belle vieillesse ; son corps demeurait sain et, encore plein de force, il s’endormit du sommeil éternel.
Proclamation
§1 J’ai cent vingt-deux ans ! Et je ne connais en moi aucun péché qui mène à la mort.
§2 Je n’ai connu aucune femme en dehors de mon épouse ; je n’ai pas livré mes yeux à l’inconduite.
§3 Je n’ai pas bu le vin jusqu’à l’égarement ; je n’ai convoité aucun bien de mon prochain.
§4 Pas de fraude dans mon cœur ! Pas de mensonge sur mes lèvres !
§5 Avec celui qui souffrait, j’ai soupiré ; avec le pauvre, j’ai partagé mon pain. Je n’ai pas mangé seul. Je n’ai pas déplacé la borne. Tous mes jours, j’ai pratiqué la piété et gardé la vérité.
§6 J’ai aimé le Seigneur de toute ma force ; et j’ai aimé chaque être humain comme mes propres enfants.
§7 Faites ainsi, mes enfants ! L’esprit de Bélial fuira ; l’œuvre des hommes mauvais ne vous dominera pas. Même la bête sauvage vous sera soumise, car le Dieu du ciel marchera avec vous dans la simplicité du cœur.
§8 Puis Issachar leur commanda : « Faites-moi monter à Hébron et ensevelissez-moi dans la grotte, avec mes pères. »
§9 Il étendit les pieds. Il mourut dans une belle vieillesse, cinquième des fils ; tous ses membres étaient sains, sa force demeurait, et il s’endormit du sommeil éternel.
Déployée
§1 Au terme du testament, Issachar donne son âge — cent vingt-deux ans dans la recension suivie ici — et présente sa vie comme exempte de faute qu’il reconnaîtrait comme conduisant à la mort.
§2 Il associe cette intégrité à la fidélité conjugale : il affirme n’avoir connu aucune autre femme que son épouse et n’avoir pas nourri l’inconduite par le regard.
§3 Il affirme également avoir gardé la maîtrise du vin et s’être abstenu de convoiter les biens désirables de son prochain.
§4 L’intégrité intérieure et la parole se répondent : aucune tromperie dans le cœur, aucun mensonge traversant les lèvres.
§5 La justice prend une forme sociale : partager la douleur de l’affligé, le pain avec le pauvre, ne pas manger seul, ne pas déplacer les limites de propriété, pratiquer la piété et garder la vérité durant toute la vie.
§6 Cette conduite est résumée par un double amour : aimer le Seigneur de toute sa force et aimer tout être humain comme ses propres enfants.
§7 Issachar demande à ses descendants d’en faire autant. Le texte promet que Bélial et l’action des hommes mauvais perdront leur emprise, et décrit même la domination sur les bêtes comme le signe de la présence du Dieu du ciel auprès de ceux qui vivent dans la simplicité du cœur.
§8 Après ces paroles, Issachar donne des instructions funéraires : ses descendants devront transporter ses restes à Hébron et l’ensevelir dans la grotte familiale auprès des pères.
§9 Issachar étendit ses pieds et mourut dans une heureuse vieillesse, encore sain et vigoureux ; il s’endormit du sommeil éternel.
Littérale
§1 J’ai cent vingt-deux ans, moi, et je ne connais sur moi aucun péché jusqu’à la mort.
§2 Excepté ma femme, je n’en ai connu aucune autre ; je n’ai pas commis de fornication dans l’élévation de mes yeux.
§3 Je n’ai pas bu de vin jusqu’à l’égarement ; je n’ai désiré aucun objet de désir du prochain.
§4 La fraude ne s’est pas produite dans mon cœur ; le mensonge n’est pas monté par mes lèvres.
§5 Avec tout homme souffrant j’ai gémi, et au pauvre j’ai donné de mon pain. Je n’ai pas mangé seul ; je n’ai pas défait de limite ; j’ai pratiqué la piété tous mes jours et la vérité.
§6 J’ai aimé le Seigneur de toute ma force ; de même j’ai aimé tout homme comme mes enfants.
§7 Faites aussi ces choses, mes enfants, et tout esprit de Bélial fuira loin de vous, et toute action d’hommes mauvais ne dominera pas sur vous ; et vous réduirez en servitude toute bête sauvage, ayant avec vous le Dieu du ciel, marchant avec les humains dans la simplicité du cœur.
§8 Et il leur commanda de le faire monter à Hébron et de l’y ensevelir dans la grotte avec ses pères.
§9 Et il étendit ses pieds et mourut, cinquième, dans une bonne vieillesse, ayant tout membre sain ; et étant fort, il s’endormit d’un sommeil éternel.
Philologique
§1 J’ai cent vingt-deux ans, moi, et je ne connais sur moi aucun péché jusqu’à la mort.
§2 Excepté ma femme, je n’en ai connu aucune autre ; je n’ai pas commis de fornication dans l’élévation de mes yeux.
§3 Je n’ai pas bu de vin jusqu’à l’égarement ; je n’ai désiré aucun objet de désir du prochain.
§4 La fraude ne s’est pas produite dans mon cœur ; le mensonge n’est pas monté par mes lèvres.
§5 Avec tout être humain souffrant j’ai gémi, et au pauvre j’ai donné de mon pain. Je n’ai pas mangé seul ; je n’ai pas défait de limite ; j’ai pratiqué la piété tous mes jours et la vérité.
§6 J’ai aimé le Seigneur de toute ma force ; de même j’ai aimé tout être humain comme mes enfants.
§7 Faites aussi ces choses, mes enfants, et tout esprit de Bélial fuira loin de vous, et toute action d’être humains mauvais ne dominera pas sur vous ; et vous réduirez en servitude toute bête sauvage, ayant avec vous le Dieu du ciel, marchant avec les humains dans la simplicité du cœur.
§8 Puis il leur commanda de le faire monter à Hébron et de l’y ensevelir dans la grotte avec ses pères.
§9 Puis il étendit ses pieds et mourut, cinquième, dans une bonne vieillesse, ayant tout membre sain ; et étant fort, il s’endormit d’un sommeil éternel.
Paraphrase
§1 Arrivé au terme de sa vie, Issachar présente son propre parcours comme la mise en pratique de ce qu’il vient d’enseigner : à cent vingt-deux ans, il ne se reconnaît aucune faute mortelle.
§2 Il insiste d’abord sur sa fidélité conjugale : aucune autre femme que son épouse, et pas même un regard volontairement livré au désir sexuel.
§3 Il évoque ensuite deux autres maîtrises : ne pas se laisser perdre par le vin et ne pas désirer ce qui appartient au prochain.
§4 Pour lui, l’intégrité unit l’intérieur et l’extérieur : un cœur sans tromperie doit produire une bouche sans mensonge.
§5 Elle produit aussi une justice concrète : compatir avec celui qui souffre, partager son pain, refuser l’égoïsme de la table comme la fraude sur les limites des biens, et persévérer dans la vérité.
§6 Toute cette morale se résume dans l’amour : aimer Dieu pleinement et traiter chaque personne avec l’affection due à ses propres enfants.
§7 Issachar transmet alors sa conviction finale : une telle simplicité rend l’homme moins vulnérable au mal et le place sous l’accompagnement du Dieu du ciel, jusque dans une image de maîtrise de la création sauvage.
§8 Il demande enfin que son corps soit ramené à Hébron et déposé dans le tombeau familial des patriarches.
§9 Le testament se ferme sur une mort paisible : Issachar, encore sain et fort malgré son grand âge, étend les pieds et s’endort dans la mort.
Texte source
§1 Ἑκατὸν εἰκοσιδύο ἐτῶν εἰμι ἐγώ· καὶ οὐκ ἔγνων ἐπ’ ἐμὲ ἁμαρτίαν εἰς θάνατον. §2 Πλὴν τῆς γυναικός μου, οὐκ ἔγνων ἄλλην· οὐκ ἐπόρνευσα ἐν μετεωρισμῷ ὀφθαλμῶν μου· §3 οἶνον εἰς ἀποπλάνησιν οὐκ ἔπιον· πᾶν ἐπιθύμημα τοῦ πλησίον οὐκ ἐπόθησα· §4 δόλος οὐκ ἐγένετο ἐν καρδίᾳ μου· ψεῦδος οὐκ ἀνῆλθε διὰ τῶν χειλέων μου. §5 Παντὶ ἀνθρώπῳ ὀδυνομένῳ συνεστέναξα, καὶ πτωχῷ μετέδωκα τὸν ἄρτον μου. Οὐκ ἔφαγον μόνος· ὅριον οὐκ ἔλυσα· εὐσέβειαν ἐποίησα ἐν πάσαις ταῖς ἡμέραις μου καὶ ἀλήθειαν. §6 Τὸν κύριον ἠγάπησα ἐν πάσῃ τῇ ἰσχύι μου· ὁμοίως καὶ πάντα ἄνθρωπον ἠγάπησα, ὡς τέκνα μου. §7 Ταῦτα καὶ ὑμεῖς ποιήσατε, τέκνα μου, καὶ πᾶν πνεῦμα τοῦ Βελίαρ φεύξεται ἀφ’ ὑμῶν, καὶ πᾶσα πρᾶξις πονηρῶν ἀνθρώπων οὐ κυριεύσει ὑμῶν· καὶ πάντα ἄγριον θῆρα καταδουλώσεσθε, ἔχοντες μεθ’ ἑαυτῶν τὸν θεὸν τοῦ οὐρανοῦ, συμπορευόμενον τοῖς ἀνθρώποις ἐν ἁπλότητι καρδίας. §8 Καὶ ἐνετείλατο αὐτοῖς, ὅπως ἀναγάγωσιν αὐτὸν ἐν Χεβρών, κἀκεῖ αὐτὸν θάψωσιν ἐν τῷ σπηλαίῳ μετὰ τῶν πατέρων αὐτοῦ. §9 Καὶ ἐξέτεινε τοὺς πόδας αὐτοῦ, καὶ ἀπέθανε πέμπτος ἐν γήρι καλῷ, πᾶν μέλος ἔχων ὑγιές, καὶ ἰσχύων ὕπνωσεν ὕπνον αἰώνιον.
Notes textuelles
- Traduction établie directement sur le grec ; transcription publique utilisée pour la segmentation et la normalisation de l’OCR, avec contrôle des leçons significatives contre Charles 1908. Aucune traduction moderne ne sert de pivot.
- Les recensions divergent sur l’âge d’Issachar : Charles 1908 imprime cent vingt-six ans dans une colonne et cent vingt-deux dans la recension β/A/S ; le texte continu S0 suit ici 122 ans.
- Les clauses « je n’ai pas mangé seul » et « je n’ai pas déplacé de borne » varient selon les témoins ; elles sont conservées dans le texte transmis retenu.
- La promesse de domination sur les bêtes et la présence du Dieu du ciel relèvent de la théologie morale et eschatologique propre au Testament ; elles sont traduites sans harmonisation doctrinale.
Place dans l’ouvrage
Dans le Testament
Chapitre 7 sur 7 du Testament de Issachar, centré dans l’ensemble sur simplicité, travail et droiture.
Parcours de l’unité
Clés de lecture
- Lire comme testament pseudépigraphique : récit autobiographique, exhortation morale et prophétie y sont volontairement articulés.
- Les formulations chrétiennes éventuelles doivent être examinées au cas par cas et non présumées pour tout le chapitre.
Approfondir : composition, transmission et réception
Témoin de travail
Sefaria API working witness; English text based on R. H. Charles 1908
Lecture éditoriale. Le témoin anglais sert au repérage ; la validation finale doit revenir aux témoins grecs, arméniens, slaves et aux éditions critiques pertinentes.
Bibliographie de travail
- R. H. Charles, The Testaments of the Twelve Patriarchs (1908)
- H. C. Kee, Testaments of the Twelve Patriarchs
- Marinus de Jonge, Studies on the Testaments of the Twelve Patriarchs
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.