Bibliothèque ancienne · Introduction critique
Circoncision du cœur et des oreilles
Ce chapitre de l’Épître de Barnabé développe : « Circoncision du cœur et des oreilles ». Barnabé développe d’abord une herméneutique de l’alliance et de l’Écriture (1–17), puis transmet une forme des Deux Voies (18–20) avant l’exhortation finale (21).
Texte — sept restitutions
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Clarté
§1 Il parle encore des oreilles et de la manière dont notre cœur doit être circoncis. Le Seigneur dit par le prophète : « Ils m’ont obéi en entendant de leurs oreilles. » Et encore : « Ceux qui sont loin entendront ; ils connaîtront ce que j’ai fait. » Et : « Circoncisez vos cœurs, dit le Seigneur. »
§2 Il dit encore : « Écoute, Israël, voici ce que dit le Seigneur ton Dieu. » Et l’Esprit du Seigneur prophétise : « Qui veut vivre pour toujours ? Qu’il écoute attentivement la voix de mon serviteur. »
§3 Encore : « Écoute, ciel, et prête l’oreille, terre, car le Seigneur a parlé. » Et : « Écoutez la parole du Seigneur, chefs de ce peuple. » Et encore : « Écoutez, enfants, la voix de celui qui crie dans le désert. » Ainsi, dit Barnabé, Dieu a circoncis notre capacité d’entendre afin que nous écoutions la Parole et croyions.
§4 Mais l’auteur poursuit en affirmant que la circoncision charnelle dans laquelle certains placent leur confiance a été rendue caduque : selon lui, Dieu voulait une circoncision non de la chair mais du cœur, et l’obéissance aurait été détournée par un « ange mauvais ».
§5 Il rassemble alors plusieurs paroles : « Ne semez pas parmi les épines ; soyez circoncis pour votre Seigneur » ; « Circoncisez la dureté de votre cœur et ne raidissez pas votre nuque » ; et : « Toutes les nations sont incirconcises dans leur chair, mais ce peuple est incirconcis de cœur. »
§6 Quelqu’un dira pourtant : « Le peuple est circoncis comme signe d’alliance. » Barnabé répond que les Syriens, les Arabes, certains prêtres idolâtres et les Égyptiens pratiquent eux aussi la circoncision ; cela ne suffit donc pas, dans son argument, à déterminer l’appartenance à l’alliance.
§7 « Enfants de l’amour », dit-il, apprenez encore ceci : Abraham, premier à pratiquer la circoncision, l’aurait fait en regardant spirituellement vers Jésus et en recevant l’enseignement de trois lettres.
§8 Le texte cite alors les trois cent dix-huit hommes de la maison d’Abraham. Barnabé sépare 18 et 300 : en chiffres grecs, 18 s’écrit ΙΗ — les deux premières lettres de Ἰησοῦς, Jésus — tandis que 300 s’écrit Τ, lettre dont la forme évoque pour lui la croix. Il affirme ainsi que deux lettres annoncent Jésus et qu’une troisième annonce la croix.
§9 Celui qui a placé en nous le don profondément enraciné de son enseignement, dit-il, connaît ce mystère. « Personne n’a reçu de moi une parole plus authentique ; mais je sais que vous en êtes dignes. »
Lecture
§1 Barnabé revient à la circoncision, mais déplace aussitôt le thème vers l’écoute et le cœur. Il aligne plusieurs paroles prophétiques : entendre de l’oreille, connaître les œuvres de Dieu et « circoncire le cœur ».
§2 « Écoute, Israël », « écoute, ciel », « écoutez la parole du Seigneur » : pour l’auteur,
§3 la véritable marque de l’appartenance à Dieu est une capacité intérieure à entendre et à croire. Il parle ainsi d’oreilles elles-mêmes « circoncises ».
§4 Il oppose ensuite cette lecture spirituelle à la circoncision corporelle. Sa formulation est polémique : il affirme que la confiance placée dans le signe charnel est devenue sans valeur et attribue l’erreur à l’influence d’un « ange mauvais ».
§5 Les textes sur le cœur endurci et la nuque raide lui servent à soutenir que la circoncision voulue par Dieu est d’abord intérieure.
§6 Il ajoute un argument comparatif : puisque Syriens, Arabes, Égyptiens et certains prêtres non juifs pratiquent aussi la circoncision, le rite physique ne peut à lui seul définir l’alliance.
§7 Barnabé propose alors une lecture symbolique d’Abraham : le patriarche aurait déjà regardé « en esprit » vers Jésus au moment de circoncire sa maison.
§8 Son argument repose sur le nombre 318 : il isole 18, écrit ΙΗ en chiffres grecs, qu’il lit comme le début du nom de Jésus ; puis 300, écrit Τ, dont la forme lui évoque la croix. Le nombre devient ainsi pour lui un cryptogramme christologique : Jésus et la croix.
§9 L’auteur présente cette interprétation comme un enseignement particulièrement authentique qu’il confie à des lecteurs qu’il juge dignes de le recevoir.
Proclamation
§1 Écoutez ! « Ils m’ont obéi par l’écoute de l’oreille. » « Ceux qui sont loin entendront. » « Circoncisez vos cœurs ! »
§2 « Écoute, Israël ! » « Qui veut vivre pour toujours ? Qu’il écoute la voix de mon serviteur ! »
§3 « Écoute, ciel ! Prête l’oreille, terre ! » « Écoutez la parole du Seigneur ! » « Écoutez la voix qui crie dans le désert ! » Pour Barnabé, voilà la vraie circoncision : des oreilles capables d’entendre, un cœur capable de croire.
§4 Puis vient sa polémique : le signe de chair, dit-il, ne suffit pas ; Dieu voulait la circoncision intérieure.
§5 « Ne semez pas parmi les épines ! » « Circoncisez votre dureté de cœur ! » « Ne raidissez pas votre nuque ! » Un peuple peut être circoncis dans la chair et rester incirconcis du cœur.
§6 D’ailleurs, ajoute-t-il, Syriens, Arabes, Égyptiens et prêtres idolâtres connaissent eux aussi la circoncision. Le signe extérieur ne suffit donc pas à dire l’alliance.
§7 Enfants de l’amour, écoutez encore : Abraham lui-même, selon Barnabé, regardait déjà vers Jésus.
§8 Trois cent dix-huit hommes ! Dix-huit : ΙΗ — Jésus ! Trois cents : Τ — la croix ! Deux lettres pour le nom ; une lettre pour le bois.
§9 Voilà, affirme l’auteur, le mystère que l’enseignement implanté en nous permet de recevoir. « Personne n’a appris de moi une parole plus authentique ; et je sais que vous en êtes dignes. »
Déployée
§1 Barnabé construit d’abord un réseau de citations autour du verbe « écouter ». La circoncision est déplacée de la chair vers les « oreilles » et le cœur :
§2 entendre la voix de Dieu, accueillir la Parole et croire deviennent la véritable marque recherchée par son argument.
§3 Les formules « Écoute, Israël », « écoute, ciel » ou « voix de celui qui crie dans le désert » sont assemblées comme preuves d’une circoncision intérieure de l’écoute.
§4 L’auteur passe ensuite à une polémique beaucoup plus radicale contre la circoncision physique. Il affirme qu’elle a été « abolie/rendue inactive » comme fondement de confiance et soutient que Dieu n’avait pas voulu une circoncision de chair. La mention d’un « ange mauvais » ayant rendu Israël sophos — habile/sage d’une mauvaise manière — relève de sa polémique propre et ne doit pas être traitée comme description historique du judaïsme.
§5 Barnabé cite ensuite des traditions sur la circoncision du cœur, la dureté du cœur et la nuque raidie ; elles permettent de distinguer, dans sa lecture, état corporel et disposition intérieure.
§6 Son argument suivant est comparatif : d’autres peuples ou groupes — Syriens, Arabes, Égyptiens et prêtres d’idoles — connaissent également des pratiques de circoncision. La présence du rite physique ne peut donc constituer à elle seule la « preuve » de l’alliance dans le raisonnement de l’auteur.
§7 Barnabé passe alors de l’exhortation prophétique à une exégèse numérique de Genèse 14,14. Les 318 hommes de la maison d’Abraham sont divisés en 18 et 300.
§8 Dans la notation numérique grecque, 18 s’écrit ΙΗ : l’auteur y reconnaît les deux premières lettres du nom Ἰησοῦς. Trois cents s’écrit Τ : la forme de tau devient pour lui signe de la croix. Abraham aurait donc reçu, « en esprit », l’enseignement de trois lettres annonçant Jésus et la croix. Il s’agit d’une lecture gématrique chrétienne antique du nombre, non du sens historico-littéraire de Genèse 14,14.
§9 Barnabé clôt la section en présentant cette interprétation comme un enseignement profond, implanté par Dieu et communiqué à des lecteurs qu’il juge aptes à le recevoir.
Littérale
§1 Car il dit de nouveau au sujet des oreilles, comment il a circoncis notre cœur. Le Seigneur dit dans le prophète : « Par l’écoute de l’oreille ils m’ont obéi. » Et de nouveau : « Par l’écoute ceux qui sont loin entendront ; ce que j’ai fait ils connaîtront. » Et : « Soyez circoncis, dit le Seigneur, quant à vos cœurs. »
§2 Et de nouveau il dit : « Écoute, Israël, parce qu’ainsi dit le Seigneur ton Dieu. » Et de nouveau l’Esprit du Seigneur prophétise : « Qui est celui qui veut vivre pour l’éternité ? Par l’écoute qu’il écoute la voix de mon serviteur. »
§3 Et de nouveau il dit : « Écoute, ciel, et prête l’oreille, terre, parce que le Seigneur a parlé », ceci comme témoignage. Et encore : « Écoutez la parole du Seigneur, chefs de ce peuple. » Et encore : « Écoutez, enfants, la voix de celui qui crie dans le désert. » Il a donc circoncis nos écoutes afin que, ayant entendu la Parole, nous croyions.
§4 Mais aussi la circoncision en laquelle ils ont confiance a été abolie. Car il a dit qu’une circoncision devait se produire non de chair ; mais ils ont transgressé, parce qu’un ange mauvais les rendait sages.
§5 Il leur dit : « Ainsi dit le Seigneur votre Dieu — ici je trouve un commandement — : Ne semez pas sur des épines ; soyez circoncis pour votre Seigneur. » Et que dit-il ? « Circoncisez votre dureté de cœur, et vous ne durcirez pas votre nuque. » Reçois encore : « Voici, dit le Seigneur, toutes les nations sont incirconcises de prépuce, mais ce peuple est incirconcis de cœur. »
§6 Mais tu diras : « Et pourtant le peuple a été circoncis pour un sceau. » Mais aussi tout Syrien et Arabe, et tous les prêtres des idoles. Sont-ils donc, eux aussi, de leur alliance ? Mais aussi les Égyptiens sont dans la circoncision.
§7 Apprenez donc, enfants d’amour, richement au sujet de toutes choses, qu’Abraham, le premier ayant donné la circoncision, ayant regardé d’avance en esprit vers Jésus, circoncit, ayant reçu les enseignements de trois lettres.
§8 Car il dit : « Et Abraham circoncit de sa maison dix-huit et trois cents hommes. » Quelle est donc la connaissance qui lui fut donnée ? Apprenez qu’il dit d’abord les dix-huit, puis, ayant fait un intervalle, trois cents. Les dix-huit : Ι dix, Η huit — tu as Jésus. Et parce que la croix, dans le tau, devait avoir la grâce, il dit aussi les trois cents. Il montre donc Jésus dans les deux lettres, et dans l’une la croix.
§9 Il le sait, celui qui a placé en nous le don implanté de son enseignement. Personne n’a appris de moi une parole plus authentique ; mais je sais que vous, vous en êtes dignes.
Philologique
§1 Barnabé associe ôta, oreilles, et kardia, cœur, dans une même circoncision métaphorique. Akouè peut désigner l’écoute, l’ouïe ou ce qui est entendu.
§2 La répétition akouô structure une catena de citations :
§3 l’auteur transforme l’écoute obéissante en véritable peritomè des « écoutes/oreilles ».
§4 Katargeô signifie rendre inactif, abolir, priver d’efficacité. La phrase « la circoncision en laquelle ils ont confiance a été katèrgètai » porte la polémique de Barnabé ; elle n’est pas reformulée en thèse éditoriale. « Un ange mauvais les rendait sages » (angelos ponèros esophizen autous) est également une affirmation propre à l’auteur.
§5 Sklerokardia, dureté du cœur, et skleros trachèlos, nuque raide, servent à opposer le cœur à l’état du prépuce.
§6 Le raisonnement ethnographique est ancien et sommaire : Syrien, Arabe, prêtres des idoles et Égyptiens sont cités comme exemples de circoncis hors Israël. La conclusion est argumentative, non une enquête ethnographique moderne.
§7 Barnabé parle de tria grammata, « trois lettres », reçues comme dogmata, enseignements/principes, par Abraham qui aurait « regardé d’avance en esprit vers Jésus ».
§8 Le nombre 318 devient une exégèse alphabético-numérique. En notation grecque Ι = 10 et Η = 8, donnant ΙΗ, les deux premières lettres de Ἰησοῦς ; Τ = 300, et la forme du tau évoque pour l’auteur la croix. Cette lecture relève de la gématrie/typologie graphique chrétienne antique et n’est pas le sens historique du nombre de Genèse 14,14.
§9 Emphytos dôrea tès didachès, « don implanté de l’enseignement », fait écho au vocabulaire de Barnabé 1. L’auteur affirme n’avoir transmis à personne un logos plus gnèsios, authentique/légitime, puis déclare ses lecteurs dignes de ce savoir.
Paraphrase
§1 Pour Barnabé, la question n’est pas d’abord de porter un signe sur le corps, mais de devenir capable d’écouter Dieu.
§2 Il rassemble donc tous les appels bibliques à « écouter » et les relit comme une circoncision des oreilles et du cœur :
§3 une transformation intérieure qui rend la foi possible.
§4 À partir de là, il mène une polémique très dure contre la confiance placée dans la circoncision physique.
§5 Son raisonnement est double : les prophètes parlent eux-mêmes d’un cœur à circoncire, et d’autres peuples pratiquent également la circoncision corporelle. Le rite extérieur ne suffit donc pas, selon lui, à définir l’alliance.
§6 Cette argumentation reflète le conflit d’interprétation de son époque ; elle ne constitue pas le jugement de la Bible Savoy sur le judaïsme.
§7 Barnabé propose ensuite une lecture étonnante du nombre 318 dans l’histoire d’Abraham.
§8 Il écrit 18 avec les lettres grecques ΙΗ et y voit le commencement du nom de Jésus ; il écrit 300 avec Τ et reconnaît dans la forme de cette lettre la croix. Le nombre biblique devient donc, pour lui, un message secret : Jésus et la croix étaient déjà annoncés.
§9 Il présente cette lecture symbolique comme un enseignement particulièrement profond, réservé à des lecteurs capables de le recevoir. Pour le lecteur moderne, elle est surtout un témoin précieux de la manière dont certains chrétiens anciens lisaient les nombres et les lettres de l’Écriture.
Texte source
§1 Λέγει γὰρ πάλιν περὶ τῶν ὠτίων, πῶς περιέτεμεν ἡμῶν τὴν καρδίαν. λέγει κύριος ἐν τῷ προφήτῃ· Εἰς ἀκοὴν ὠτίου ὑπήκουσάν μου. καὶ πάλιν λέγει· Ἀκοῇ ἀκούσονται οἱ πόρρωθεν, ἃ ἐποίησα γνώσονται. καί· Περιτμήθητε, λέγει κύριος, τὰς καρδίας ὑμῶν. §2 καὶ πάλιν λέγει· Ἄκουε Ἰσραήλ, ὅτι τάδε λέγει κύριος ὁ θεός σου. καὶ πάλιν τὸ πνεῦμα κυρίου προφητεύει· Τίς ἐστιν ὁ θέλων ζῆσαι εἰς τὸν αἰῶνα; ἀκοῇ ἀκουσάτω τῆς φωνῆς τοῦ παιδός μου. §3 καὶ πάλιν λέγει· Ἄκουε οὐρανέ, καὶ ἐνωτίζου γῆ, ὅτι κύριος ἐλάλησεν ταῦτα εἰς μαρτύριον. καὶ πάλιν λέγει· Ἀκούσατε λόγον κυρίου, ἄρχοντες τοῦ λαοῦ τούτου. καὶ πάλιν λέγει· Ἀκούσατε, τέκνα, φωνῆς βοῶντος ἐν τῇ ἐρήμῳ. οὐκοῦν περιέτεμεν ἡμῶν τὰς ἀκοάς, ἵνα ἀκούσαντες λόγον πιστεύσωμεν ἡμεῖς. §4 ἀλλὰ καὶ ἡ περιτομή, ἐφ’ ᾗ πεποίθασιν, κατήργηται. περιτομὴν γὰρ εἴρηκεν οὐ σαρκὸς γενηθῆναι· ἀλλὰ παρέβησαν, ὅτι ἄγγελος πονηρὸς ἐσόφιζεν αὐτούς. §5 λέγει πρὸς αὐτούς· Τάδε λέγει κύριος ὁ θεὸς ὑμῶν (ὧδε εὑρίσκω ἐντολήν)· Μὴ σπείρητε ἐπ’ ἀκάνθαις, περιτμήθητε τῷ κυρίῳ ὑμῶν. καὶ τί λέγει; Περιτμήθητε τὴν σκληροκαρδίαν ὑμῶν, καὶ τὸν τράχηλον ὑμῶν οὐ σκληρυνεῖτε. λάβε πάλιν· Ἰδού, λέγει κύριος, πάντα τὰ ἔθνη ἀπερίτμητα ἀκροβυστίαν, ὁ δὲ λαὸς οὗτος ἀπερίτμητος καρδίας. §6 ἀλλ’ ἐρεῖς· Καὶ μὴν περιτέτμηται ὁ λαὸς εἰς σφραγῖδα. ἀλλὰ καὶ πᾶς Σύρος καὶ Ἄραψ καὶ πάντες οἱ ἱερεῖς τῶν εἰδώλων. ἄρα οὖν κἀκεῖνοι ἐκ τῆς διαθήκης αὐτῶν εἰσίν; ἀλλὰ καὶ οἱ Αἰγύπτιοι ἐν περιτομῇ εἰσίν. §7 μάθετε οὖν, τέκνα ἀγάπης, περὶ πάντων πλουσίως, ὅτι Ἀβραάμ, πρῶτος περιτομὴν δούς, ἐν πνεύματι προβλέψας εἰς τὸν Ἰησοῦν περιέτεμεν, λαβὼν τριῶν γραμμάτων δόγματα. §8 λέγει γάρ· Καὶ περιέτεμεν Ἀβραὰμ ἐκ τοῦ οἴκου αὐτοῦ ἄνδρας δεκαοκτὼ καὶ τριακοσίους. τίς οὖν ἡ δοθεῖσα αὐτῷ γνῶσις; μάθετε, ὅτι τοὺς δεκαοκτὼ πρώτους, καὶ διάστημα ποιήσας λέγει τριακοσίους. τὸ δεκαοκτὼ ιʹ δέκα, ηʹ ὀκτώ· ἔχεις Ἰησοῦν. ὅτι δὲ ὁ σταυρὸς ἐν τῷ ταῦ ἤμελλεν ἔχειν τὴν χάριν, λέγει καὶ τοὺς τριακοσίους. δηλοῖ οὖν τὸν μὲν Ἰησοῦν ἐν τοῖς δυσὶν γράμμασιν, καὶ ἐν τῷ ἑνὶ τὸν σταυρόν. §9 οἶδεν ὁ τὴν ἔμφυτον δωρεὰν τῆς διδαχῆς αὐτοῦ θέμενος ἐν ἡμῖν. οὐδεὶς γνησιώτερον ἔμαθεν ἀπ’ ἐμοῦ λόγον· ἀλλὰ οἶδα, ὅτι ἄξιοί ἐστε ὑμεῖς.
Notes textuelles
- Barnabé 9.4 — les affirmations sur l’abolition de la circoncision corporelle et l’« ange mauvais » appartiennent à la polémique de l’auteur ; Bible Savoy les traduit comme données historiques du texte et non comme jugement éditorial sur le judaïsme.
- Barnabé 9.6 — l’énumération Syriens, Arabes, Égyptiens et prêtres idolâtres relève d’un argument ethnographique antique et ne doit pas être traitée comme description exhaustive des pratiques de ces groupes.
- Barnabé 9.8 — l’interprétation 318 = ΙΗ + Τ est une exégèse alphabético-numérique : Ι=10, Η=8, Τ=300 ; ΙΗ est lu comme début de Ἰησοῦς et Τ comme forme de la croix. Elle ne correspond pas au sens historico-littéraire de Genèse 14,14.
- Barnabé 9.9 — λόγος γνησιώτερος signifie une parole/enseignement plus authentique ou légitime ; l’affirmation souligne la valeur ésotérique que l’auteur attribue à sa lecture.
Place dans l’ouvrage
Dans l’architecture de l’ouvrage
Barnabé développe d’abord une herméneutique de l’alliance et de l’Écriture (1–17), puis transmet une forme des Deux Voies (18–20) avant l’exhortation finale (21).
Parcours de l’unité
Clés de lecture
- Lire cette unité selon son genre propre et son rôle dans l’argument ou la vision de l’ouvrage, avant toute utilisation doctrinale isolée.
- Distinguer sens dans le document ancien, usages ecclésiaux ultérieurs et débats modernes sur composition ou interpolation.
Approfondir : composition, transmission et réception
Témoin de travail
Wikisource, traduction publique de J. B. Lightfoot ; registre local epitre-de-barnabe/source/registry.json
Lecture éditoriale. Le témoin sert à cartographier le chapitre et préparer son introduction ; la validation finale doit revenir au texte critique et aux manuscrits pertinents.
Bibliographie de travail
- James Carleton Paget, The Epistle of Barnabas
- Michael W. Holmes, The Apostolic Fathers
- J. B. Lightfoot, Apostolic Fathers
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.