Bibliothèque ancienne · Introduction critique
Sacrifices, Loi nouvelle et offrande du cœur
Ce chapitre de l’Épître de Barnabé développe : « Sacrifices, Loi nouvelle et offrande du cœur ». Barnabé développe d’abord une herméneutique de l’alliance et de l’Écriture (1–17), puis transmet une forme des Deux Voies (18–20) avant l’exhortation finale (21).
Texte — sept restitutions
Une seule analyse du texte source gouverne les sept restitutions. La version Lecture est ouverte par défaut.
Clarté
§1 Puisque les jours sont mauvais et que celui qui agit pour le mal exerce son pouvoir, nous devons veiller sur nous-mêmes et rechercher les exigences du Seigneur.
§2 La crainte de Dieu et la persévérance soutiennent notre foi ; la patience et la maîtrise de soi combattent à nos côtés.
§3 Tant que ces qualités demeurent pures dans notre relation au Seigneur, la sagesse, l’intelligence, la science et la connaissance se réjouissent avec elles.
§4 Par tous les prophètes, Dieu nous a montré qu’il n’a besoin ni de sacrifices, ni d’holocaustes, ni d’offrandes. Il dit notamment :
§5 « Que m’importe la multitude de vos sacrifices ? dit le Seigneur. Je suis rassasié d’holocaustes ; je ne veux ni graisse d’agneaux, ni sang de taureaux et de boucs. Même quand vous venez paraître devant moi, qui a demandé cela de vos mains ? Vous ne continuerez pas à piétiner mon parvis. Si vous apportez de la fleur de farine, c’est inutile ; l’encens m’est en horreur ; vos nouvelles lunes et vos sabbats, je ne les supporte pas. »
§6 Ces pratiques ont donc été abolies afin que la Loi nouvelle de notre Seigneur Jésus Christ, libérée du joug de la contrainte, n’ait pas une offrande fabriquée par l’être humain.
§7 Il leur dit encore : « Ai-je commandé à vos pères, lorsqu’ils sortaient d’Égypte, de m’offrir des holocaustes et des sacrifices ?
§8 Ne leur ai-je pas plutôt commandé ceci : que chacun de vous ne garde pas dans son cœur de mal contre son prochain et que vous n’aimiez pas les faux serments ? »
§9 Nous devons donc comprendre, sans être insensés, l’intention de la bonté de notre Père lorsqu’il nous parle : il veut que nous ne nous égarions pas comme eux en cherchant comment lui présenter une offrande.
§10 À nous, il dit : « Le sacrifice pour le Seigneur est un cœur brisé ; un parfum agréable au Seigneur est un cœur qui glorifie celui qui l’a façonné. » Frères, nous devons donc veiller avec précision sur notre salut, de peur que le Mauvais n’introduise en nous une brèche d’égarement et ne nous projette loin de notre vie.
Lecture
§1 Les jours sont mauvais, et celui qui déploie son action possède encore du pouvoir. Nous devons donc nous surveiller nous-mêmes et chercher avec soin les justes prescriptions du Seigneur.
§2 La crainte et la persévérance viennent au secours de notre foi ; la patience et la maîtrise de soi se tiennent à nos côtés comme des alliées.
§3 Si elles demeurent pures dans ce qui concerne le Seigneur, sagesse, intelligence, science et connaissance partagent leur joie.
§4 Car Dieu nous a fait comprendre, par l’ensemble des prophètes, qu’il n’a besoin ni de sacrifices, ni d’holocaustes, ni d’offrandes. Ainsi parle-t-il quelque part :
§5 « Que m’est la multitude de vos sacrifices ? dit le Seigneur. Je suis rassasié d’holocaustes ; je ne désire ni graisse d’agneaux, ni sang de taureaux et de boucs. Et quand vous venez vous montrer devant moi, qui a réclamé cela de vos mains ? Vous ne continuerez pas à fouler mon parvis. Si vous apportez de la fleur de farine, c’est en vain ; l’encens m’est une abomination ; vos nouvelles lunes et vos sabbats, je ne les supporte pas. »
§6 Ces choses ont donc été abolies, afin que la Loi nouvelle de notre Seigneur Jésus Christ, qui n’est pas sous un joug de contrainte, n’ait pas une offrande façonnée par l’homme.
§7 Il leur dit encore : « Est-ce moi qui ai commandé à vos pères, lorsqu’ils sortaient du pays d’Égypte, de m’apporter holocaustes et sacrifices ?
§8 N’est-ce pas plutôt ceci que je leur ai commandé : que personne d’entre vous ne garde dans son cœur le souvenir malveillant de son prochain, et n’aimez pas le faux serment ? »
§9 Nous devons donc percevoir, et ne pas rester sans intelligence, la pensée qui anime la bonté de notre Père lorsqu’il nous parle. Il veut nous empêcher de nous égarer comme eux en cherchant de quelle manière lui présenter une offrande.
§10 À nous, il parle ainsi : « Le sacrifice pour le Seigneur, c’est un cœur brisé ; le parfum de bonne odeur pour le Seigneur, c’est un cœur qui glorifie celui qui l’a façonné. » Frères, il nous faut donc examiner avec exactitude ce qui concerne notre salut, de peur que le Mauvais ne se glisse en nous par une ouverture d’égarement et ne nous lance loin de notre vie.
Proclamation
§1 Les jours sont mauvais. Le pouvoir du Mauvais agit. Veillons donc sur nous-mêmes ; recherchons les prescriptions du Seigneur.
§2 Pour notre foi : la crainte et la persévérance sont des secours ; la patience et la maîtrise de soi, des alliées.
§3 Qu’elles demeurent pures devant le Seigneur, et avec elles se réjouiront sagesse, intelligence, science et connaissance.
§4 Par tous les prophètes, Dieu l’a manifesté : il n’a besoin ni de sacrifices, ni d’holocaustes, ni d’offrandes.
§5 « Que m’importe la multitude de vos sacrifices ? dit le Seigneur. Je suis rassasié d’holocaustes. Je ne veux ni graisse d’agneaux, ni sang de taureaux et de boucs. Qui a demandé cela de vos mains ? Ne foulez plus mon parvis ! Votre farine est vaine ; votre encens m’est en horreur ; vos nouvelles lunes et vos sabbats, je ne les supporte pas. »
§6 Ces choses ont été abolies, pour que la Loi nouvelle de notre Seigneur Jésus Christ, libre du joug de la contrainte, n’ait pas une offrande fabriquée par des mains humaines.
§7 Et encore : « Ai-je commandé à vos pères, lorsqu’ils sortirent d’Égypte, de m’apporter holocaustes et sacrifices ?
§8 Ne leur ai-je pas commandé plutôt : ne gardez pas le mal dans votre cœur contre votre prochain ; n’aimez pas le faux serment ? »
§9 Comprenons donc la pensée de la bonté du Père. Il nous parle pour que nous ne nous égarions pas comme eux, cherchant comment lui présenter une offrande.
§10 « Sacrifice pour le Seigneur : un cœur brisé. Parfum agréable au Seigneur : un cœur qui glorifie son Créateur. » Frères, veillons donc avec précision sur notre salut : que le Mauvais ne trouve aucune brèche pour l’égarement et ne nous projette pas loin de la vie.
Déployée
§1 Parce que l’époque est décrite comme mauvaise et que « celui qui agit » — figure du pouvoir mauvais — dispose encore d’une autorité effective, l’auteur appelle les destinataires à une vigilance active sur eux-mêmes et à une recherche précise des exigences du Seigneur.
§2 Dans ce combat, la crainte révérencielle de Dieu et la persévérance soutiennent la foi ; la patience prolongée et la maîtrise de soi sont présentées comme des alliées.
§3 Lorsque ces dispositions demeurent pures dans la relation au Seigneur, elles forment avec la sagesse, l’intelligence, la science et la connaissance un ensemble harmonieux.
§4 L’auteur interprète ensuite la voix des prophètes comme la démonstration que Dieu n’a pas besoin matériellement des sacrifices, holocaustes et offrandes.
§5 Il rassemble une longue parole prophétique qui rejette des actes cultuels devenus vides : la multiplication des sacrifices, la graisse et le sang des animaux, la fréquentation du parvis, l’offrande de farine, l’encens, les nouvelles lunes et les sabbats sont refusés lorsqu’ils ne correspondent pas à l’exigence divine.
§6 À partir de cette lecture, Barnabé affirme que ces formes cultuelles ont été « abolies » afin que la Loi nouvelle du Seigneur Jésus Christ, non imposée comme un joug contraignant, ne repose pas sur une offrande produite matériellement par l’être humain. Cette affirmation appartient à l’argument de l’épître et doit être distinguée de l’histoire complexe des pratiques juives et chrétiennes.
§7 Une autre parole prophétique oppose aux sacrifices une exigence morale :
§8 ne pas entretenir le mal contre le prochain et rejeter le faux serment.
§9 Le but de cette relecture est, selon l’auteur, de discerner l’intention bienveillante du Père et de ne pas répéter l’égarement de ceux qui se demandent seulement quelle offrande extérieure lui apporter.
§10 L’offrande véritable est alors définie par deux images : un cœur brisé et un cœur qui glorifie son Créateur. D’où l’appel final à examiner avec rigueur le salut, afin que le Mauvais ne profite d’aucune ouverture laissée à l’erreur pour éloigner les croyants de la vie.
Littérale
§1 Les jours étant donc mauvais et celui qui agit ayant lui-même l’autorité, nous devons, faisant attention à nous-mêmes, rechercher les justes prescriptions du Seigneur.
§2 Les auxiliaires de notre foi sont donc crainte et persévérance, et ce qui combat avec nous : patience et maîtrise de soi.
§3 Ces choses demeurant purement quant au Seigneur, se réjouissent avec elles sagesse, intelligence, science, connaissance.
§4 Car il nous a manifesté par tous les prophètes qu’il n’a besoin ni de sacrifices, ni d’holocaustes, ni d’offrandes, disant tantôt :
§5 « Qu’est pour moi la multitude de vos sacrifices ? dit le Seigneur. Je suis plein d’holocaustes ; graisse d’agneaux et sang de taureaux et de boucs, je ne veux pas, pas même quand vous venez paraître devant moi. Qui, en effet, a recherché ces choses de vos mains ? Vous n’ajouterez plus à fouler mon parvis. Si vous apportez de la fleur de farine, c’est vain ; l’encens est pour moi une abomination ; vos nouvelles lunes et les sabbats, je ne les supporte pas. »
§6 Il a donc aboli ces choses afin que la Loi nouvelle de notre Seigneur Jésus Christ, étant sans joug de nécessité, n’ait pas l’offrande faite par l’homme.
§7 Et il dit encore à leur adresse : « Est-ce moi qui ai commandé à vos pères, sortant du pays d’Égypte, de m’offrir des holocaustes et des sacrifices ?
§8 Mais n’est-ce pas ceci que je leur ai commandé : que chacun de vous ne garde pas dans son cœur le mal contre son prochain, et n’aimez pas le faux serment ? »
§9 Nous devons donc percevoir, n’étant pas sans intelligence, la pensée de la bonté de notre Père, lorsqu’il nous parle, voulant que nous ne cherchions pas, égarés de manière semblable à eux, comment nous lui apporterons.
§10 À nous donc il parle ainsi : « Sacrifice pour le Seigneur : un cœur brisé ; odeur de bonne odeur pour le Seigneur : un cœur glorifiant celui qui l’a façonné. » Nous devons donc, frères, être exacts au sujet de notre salut, afin que le Mauvais, ayant fait en nous une entrée de l’erreur, ne nous projette pas loin de notre vie.
Philologique
§1 Puisque les jours sont mauvais et que « celui qui agit » (ho energôn) possède l’autorité (exousia), nous devons, attentifs à nous-mêmes, rechercher les justes prescriptions (dikaiômata) du Seigneur. L’identité grammaticale de « celui qui agit » n’est pas explicitée ici ; le contexte l’oriente vers la puissance mauvaise.
§2 Les auxiliaires (boèthoi) de notre foi sont crainte et persévérance (hypomonè) ; nos alliées (symmachounta) sont patience/longanimité (makrothymia) et maîtrise de soi (enkrateia).
§3 Si ces dispositions demeurent purement dans ce qui concerne le Seigneur, sagesse (sophia), intelligence (synesis), science (epistèmè) et connaissance (gnôsis) se réjouissent avec elles.
§4 Par l’ensemble des prophètes, il nous a manifesté qu’il n’a besoin (chrèzein) ni de sacrifices, ni d’holocaustes, ni d’offrandes.
§5 Suit une composition prophétique très proche d’Isaïe 1,11–14 dans sa forme grecque : rejet de la multitude des sacrifices, des graisses et des sangs, du piétinement du parvis, de la farine, de l’encens, des nouvelles lunes et sabbats. Le texte de Barnabé ne doit pas être traité comme une citation moderne uniformisée sur une édition biblique.
§6 L’auteur conclut : « il a aboli (katèrgesen) ces choses », afin que la « Loi nouvelle » (kainos nomos) de Jésus Christ, sans « joug de nécessité » (zygos anankès), ne possède pas une offrande « faite par l’homme » (anthrôpopoiètos). Cette formulation appartient à la théologie argumentative de Barnabé et non à une description neutre de l’histoire du judaïsme.
§7 Une seconde parole, rapprochant des motifs de Jérémie/Zacharie,
§8 oppose aux sacrifices le refus de la rancune intérieure et du faux serment.
§9 Il faut percevoir la pensée/intention (gnômè) de la bonté du Père : il ne veut pas que nous cherchions, dans un égarement semblable, comment lui « apporter » (prosagein) une offrande.
§10 « Sacrifice pour le Seigneur : un cœur brisé » ; « odeur de bonne odeur : un cœur glorifiant celui qui l’a façonné ». L’auteur exhorte à l’exactitude/vigilance (akribesthai) au sujet du salut, de peur que le Mauvais ne crée une « entrée » (pareisdysis) de l’égarement et ne nous « catapulte » (eksphendonizein) loin de notre vie.
Paraphrase
§1 Nous vivons dans un temps où le mal agit réellement. Voilà pourquoi nous devons rester lucides sur nous-mêmes et chercher ce que Dieu attend véritablement.
§2 La foi ne tient pas toute seule : elle a besoin de la crainte de Dieu et de l’endurance ; la patience et la maîtrise de soi l’accompagnent dans le combat.
§3 Lorsque ces attitudes restent orientées vers Dieu, elles ouvrent aussi un espace à la sagesse, à l’intelligence et à une connaissance plus profonde.
§4 Les prophètes, poursuit Barnabé, ont déjà enseigné que Dieu n’a pas besoin des sacrifices comme si les rites pouvaient le satisfaire par eux-mêmes.
§5 Il reprend alors le langage prophétique qui dénonce un culte abondant mais vidé de vérité : animaux offerts, farine, encens, fêtes et sabbats peuvent devenir inutiles lorsque la vie ne correspond plus à Dieu.
§6 Barnabé en tire une conclusion forte : pour lui, la Loi nouvelle de Jésus Christ ne repose plus sur ce système d’offrandes extérieures ni sur un joug imposé.
§7 Il rappelle une autre exigence prophétique : ne nourris pas le mal contre ton prochain ;
§8 ne fais pas du mensonge religieux une pratique aimée.
§9 Chercher la volonté du Père, c’est donc comprendre que la vraie question n’est pas : « Quel objet dois-je offrir à Dieu ? », mais : « Quel cœur et quelle vie lui répondent ? »
§10 La réponse est un cœur brisé et un cœur qui glorifie son Créateur. La vigilance spirituelle devient alors essentielle : toute brèche laissée à l’erreur peut finir par nous éloigner de la vie.
Texte source
§1 Ἡμερῶν οὖν οὐσῶν πονηρῶν καὶ αὐτοῦ τοῦ ἐνεργοῦντος ἔχοντος τὴν ἐξουσίαν, ὀφείλομεν ἑαυτοῖς προσέχοντες ἐκζητεῖν τὰ δικαιώματα κυρίου. §2 τῆς οὖν πίστεως ἡμῶν εἰσιν βοηθοὶ φόβος καὶ ὑπομονή, τὰ δὲ συμμαχοῦντα ἡμῖν μακροθυμία καὶ ἐγκράτεια· §3 τούτων οὖν μενόντων τὰ πρὸς κύριον ἁγνῶς, συνευφραίνονται αὐτοῖς σοφία, σύνεσις, ἐπιστήμη, γνῶσις. §4 πεφανέρωκεν γὰρ ἡμῖν διὰ πάντων τῶν προφητῶν, ὅτι οὔτε θυσιῶν οὔτε ὁλοκαυτωμάτων οὔτε προσφορῶν χρῄζει, λέγων ὅτε μέν· §5 Τί μοι πλῆθος τῶν θυσιῶν ὑμῶν; λέγει κύριος. πλήρης εἰμὶ ὁλοκαυτωμάτων, καὶ στέαρ ἀρνῶν καὶ αἷμα ταύρων καὶ τράγων οὐ βούλομαι, οὐδ’ ἂν ἔρχησθε ὀφθῆναί μοι. τίς γὰρ ἐξεζήτησεν ταῦτα ἐκ τῶν χειρῶν ὑμῶν; πατεῖν μου τὴν αὐλὴν οὐ προσθήσεσθε. ἐὰν φέρητε σεμίδαλιν, μάταιον· θυμίαμα βδέλυγμά μοί ἐστιν· τὰς νεομηνίας ὑμῶν καὶ τὰ σάββατα οὐκ ἀνέχομαι. §6 ταῦτα οὖν κατήργησεν, ἵνα ὁ καινὸς νόμος τοῦ κυρίου ἡμῶν Ἰησοῦ Χριστοῦ, ἄνευ ζυγοῦ ἀνάγκης ὤν, μὴ ἀνθρωποποίητον ἔχῃ τὴν προσφοράν. §7 λέγει δὲ πάλιν πρὸς αὐτούς· Μὴ ἐγὼ ἐνετειλάμην τοῖς πατράσιν ὑμῶν ἐκπορευομένοις ἐκ γῆς Αἰγύπτου, προσενέγκαι μοι ὁλοκαυτώματα καὶ θυσίας; §8 ἀλλ’ ἢ τοῦτο ἐνετειλάμην αὐτοῖς· ἕκαστος ὑμῶν κατὰ τοῦ πλησίον ἐν τῇ καρδίᾳ ἑαυτοῦ κακίαν μὴ μνησικακείτω, καὶ ὅρκον ψευδῆ μὴ ἀγαπᾶτε. §9 αἰσθάνεσθαι οὖν ὀφείλομεν, μὴ ὄντες ἀσύνετοι, τὴν γνώμην τῆς ἀγαθωσύνης τοῦ πατρὸς ἡμῶν, ὅτ’ ἡμῖν λέγει, θέλων ἡμᾶς μὴ ὁμοίως πλανωμένους ἐκείνοις ζητεῖν, πῶς προσάγωμεν αὐτῷ. §10 ἡμῖν οὖν οὕτως λέγει· Θυσία τῷ κυρίῳ καρδία συντετριμμένη, ὀσμὴ εὐωδίας τῷ κυρίῳ καρδία δοξάζουσα τὸν πεπλακότα αὐτήν. ἀκριβεύεσθαι οὖν ὀφείλομεν, ἀδελφοί, περὶ τῆς σωτηρίας ἡμῶν, ἵνα μὴ ὁ πονηρὸς παρείσδυσιν πλάνης ποιήσας ἐν ἡμῖν ἐκσφενδονήσῃ ἡμᾶς ἀπὸ τῆς ζωῆς ἡμῶν.
Notes textuelles
- Barnabé 2.1 — ὁ ἐνεργῶν (« celui qui agit/opère ») n’est pas nommé ; le contexte de jours mauvais et la finale sur ὁ πονηρός favorisent une référence à la puissance mauvaise, sans autoriser à insérer un nom propre dans Littérale.
- Barnabé 2.5 — la citation est une reprise composite du langage d’Isaïe 1 dans la tradition grecque ; elle est traduite telle qu’elle se présente chez Barnabé, non remplacée par une Bible moderne.
- Barnabé 2.6 — καινὸς νόμος et ἀνθρωποποίητος sont des formulations propres à l’argument polémique de l’épître. Déployée et Philologique distinguent cette théologie ancienne d’une description historique globale du judaïsme.
- Barnabé 2.7–8 — la citation combine des motifs prophétiques ; sa formulation n’est pas harmonisée artificiellement sur un seul livre biblique.
- Barnabé 2.10 — ἐκσφενδονήσῃ, image forte de projection comme par une fronde/catapulte, est conservée en Philologique et assouplie ailleurs.
Place dans l’ouvrage
Dans l’architecture de l’ouvrage
Barnabé développe d’abord une herméneutique de l’alliance et de l’Écriture (1–17), puis transmet une forme des Deux Voies (18–20) avant l’exhortation finale (21).
Parcours de l’unité
Clés de lecture
- Lire cette unité selon son genre propre et son rôle dans l’argument ou la vision de l’ouvrage, avant toute utilisation doctrinale isolée.
- Distinguer sens dans le document ancien, usages ecclésiaux ultérieurs et débats modernes sur composition ou interpolation.
Approfondir : composition, transmission et réception
Témoin de travail
Wikisource, traduction publique de J. B. Lightfoot ; registre local epitre-de-barnabe/source/registry.json
Lecture éditoriale. Le témoin sert à cartographier le chapitre et préparer son introduction ; la validation finale doit revenir au texte critique et aux manuscrits pertinents.
Bibliographie de travail
- James Carleton Paget, The Epistle of Barnabas
- Michael W. Holmes, The Apostolic Fathers
- J. B. Lightfoot, Apostolic Fathers
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.