Bibliothèque ancienne · Introduction critique
La plainte de Baruch et l’arrivée du guide
Baruch pleure sur le peuple et interroge Dieu après la destruction de sa ville. Un ange lui annonce que sa supplication a été entendue, puis l’invite à découvrir les mystères divins.
Texte — sept restitutions
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Clarté
§1 Moi, Baruch, je pleurais en réfléchissant au sort du peuple. Je me demandais pourquoi Dieu avait permis au roi Nabuchodonosor de détruire sa ville. Je disais :
§2 « Seigneur, pourquoi as-tu brûlé ta vigne et l’as-tu dévastée ? Pourquoi as-tu fait cela ? Pourquoi, Seigneur, ne nous as-tu pas corrigés autrement ? Tu nous as livrés à des nations qui se moquent de nous en disant : “Où est leur Dieu ?” »
§3 Pendant que je pleurais et parlais ainsi, je vis un ange du Seigneur venir me dire : « Écoute, homme de désir. Ne t’inquiète pas tant du salut de Jérusalem. Voici ce que dit le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant :
§4 Il m’a envoyé auprès de toi pour t’annoncer et te montrer tout ce qui le concerne.
§5 Il a entendu ta prière ; ta demande est parvenue jusqu’au Seigneur Dieu. »
§6 À ces paroles, je me calmai. L’ange me dit : « Cesse d’irriter Dieu. Je te montrerai d’autres mystères, plus grands encore. »
§7 Je répondis, moi, Baruch : « Par le Seigneur Dieu vivant ! Si tu me montres ces choses et que j’entends ta parole, je ne parlerai plus. Que Dieu me juge plus sévèrement au jour du jugement si je parle encore ! »
§8 L’ange des puissances me dit : « Viens, je te montrerai les mystères de Dieu. »
Lecture
§1 Moi, Baruch, je pleurais, préoccupé par le sort du peuple et par la permission que Dieu avait donnée au roi Nabuchodonosor de ravager sa ville. Je disais :
§2 « Seigneur, pourquoi as-tu incendié ta vigne et l’as-tu laissée déserte ? Pourquoi cela ? Pourquoi, Seigneur, ne nous avoir pas infligé une autre correction, au lieu de nous livrer à de telles nations, qui nous insultent en disant : “Où est leur Dieu ?” »
§3 Alors que je pleurais et tenais ces propos, je vis venir un ange du Seigneur. Il me dit : « Comprends, homme de désir, et ne sois pas si inquiet du salut de Jérusalem ; car ainsi parle le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant.
§4 Il m’a envoyé devant toi pour t’annoncer et te montrer tout ce qui concerne Dieu.
§5 Car ta supplication a été entendue devant lui ; elle est parvenue aux oreilles du Seigneur Dieu. »
§6 Ces paroles m’apaisèrent. L’ange me dit : « Cesse de provoquer Dieu, et je te montrerai d’autres mystères, plus grands que ceux-ci. »
§7 Moi, Baruch, je répondis : « Par la vie du Seigneur Dieu ! Si tu me montres ces choses et que j’entends ta parole, je ne prendrai plus la parole. Que Dieu ajoute à mon jugement, au jour du jugement, si je parle encore ! »
§8 Alors l’ange des puissances me dit : « Viens, je te montrerai les mystères de Dieu. »
Proclamation
§1 Moi, Baruch, je pleurais. Je pensais au peuple : comment Dieu avait-il permis au roi Nabuchodonosor de ravager sa ville ? Et je disais :
§2 « Seigneur, pourquoi as-tu brûlé ta vigne ? Pourquoi l’as-tu dévastée ? Pourquoi as-tu fait cela ? Seigneur, ne pouvais-tu nous corriger autrement ? Tu nous as livrés à ces nations, et elles nous insultent : “Où est leur Dieu ?” »
§3 Je pleurais et parlais encore, quand un ange du Seigneur vint à moi : « Comprends, homme de désir ! Ne te tourmente pas tant pour le salut de Jérusalem. Ainsi parle le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant.
§4 Il m’a envoyé vers toi : je dois t’annoncer et te montrer tout ce qui concerne Dieu.
§5 Ta supplication a été entendue devant lui. Elle est parvenue aux oreilles du Seigneur Dieu. »
§6 À ces mots, je m’apaisai. L’ange reprit : « Cesse d’irriter Dieu. Je te montrerai d’autres mystères, plus grands encore. »
§7 Et moi, Baruch, je dis : « Le Seigneur Dieu est vivant ! Si tu me montres ces choses, si j’entends ta parole, je ne parlerai plus. Que Dieu alourdisse mon jugement au jour du jugement si je parle encore ! »
§8 L’ange des puissances me dit : « Viens ! Je te montrerai les mystères de Dieu. »
Déployée
§1 Moi, Baruch, je pleurais dans ma réflexion, soucieux du peuple et de ce fait : Dieu avait permis au roi Nabuchodonosor de ravager sa propre ville. Je disais :
§2 « Seigneur, pourquoi as-tu incendié et dévasté ta vigne ? Pourquoi as-tu fait cela ? Pourquoi, Seigneur, ne nous as-tu pas soumis à une autre forme de correction, mais livrés à de telles nations, qui nous couvrent de reproches en demandant : “Où est leur Dieu ?” »
§3 Et voici que, tandis que je pleurais et parlais ainsi, je vis un ange du Seigneur venir me dire : « Comprends, toi, homme de désir ; que le salut de Jérusalem ne te préoccupe pas à ce point, car voici ce que dit le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant.
§4 Car Dieu m’a envoyé en ta présence afin de t’annoncer et de te faire voir tout ce qui le concerne.
§5 Car ta supplication a été entendue en sa présence ; elle est entrée dans les oreilles du Seigneur Dieu. »
§6 Quand l’ange m’eut dit cela, je m’apaisai. Il me dit : « Cesse de provoquer Dieu à la colère, et je te montrerai d’autres mystères plus grands que ceux-ci. »
§7 Moi, Baruch, je dis : « Aussi vrai que le Seigneur Dieu est vivant, si tu me montres ces choses et que j’entends une parole de toi, je ne recommencerai plus à parler. Que Dieu ajoute une condamnation à mon jugement, au jour du jugement, si désormais je parle encore ! »
§8 Et l’ange des puissances me dit : « Viens avec moi, et je te montrerai les mystères de Dieu. »
Littérale
§1 Là, maintenant, moi, Baruch, pleurant dans ma réflexion et préoccupé du peuple, et de la manière dont Dieu avait permis au roi Nabuchodonosor de ravager sa ville, je disais :
§2 « Seigneur, pourquoi as-tu brûlé ta vigne et l’as-tu dévastée ? Pourquoi as-tu fait cela ? Et pourquoi, Seigneur, ne nous as-tu pas rendus à une autre correction, mais nous as-tu livrés à de telles nations, qui nous outragent en disant : “Où est leur Dieu ?” »
§3 Et voici, tandis que je pleurais et disais de telles choses, je vois un ange du Seigneur venir et me dire : « Comprends, ô homme, homme de désirs, et ne te soucie pas tant du salut de Jérusalem, car ainsi parle le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant.
§4 Car il m’a envoyé devant ta face pour t’annoncer et te montrer toutes les choses de Dieu.
§5 Car ta supplication a été entendue devant lui et est entrée dans les oreilles du Seigneur Dieu. »
§6 Et, lorsqu’il m’eut dit cela, je me tins tranquille. Et l’ange me dit : « Cesse d’irriter Dieu, et je te montrerai d’autres mystères plus grands que ceux-ci. »
§7 Et moi, Baruch, je dis : « Le Seigneur Dieu est vivant : si tu me montres et que j’entends de toi une parole, je n’ajouterai plus à parler. Dieu ajoutera pour moi un jugement au jour du jugement si je parle désormais. »
§8 Et l’ange des puissances me dit : « Viens, et je te montrerai les mystères de Dieu. »
Philologique
§1 Là, maintenant, moi, Baruch, pleurant dans ma réflexion et ayant [du souci] au sujet du peuple, et de ce que le roi Nabuchodonosor avait reçu de Dieu la permission de ravager sa ville, je disais :
§2 « Seigneur, pourquoi as-tu incendié ton vignoble et l’as-tu dévasté ? Pourquoi as-tu fait cela ? Et pourquoi, Seigneur, ne nous as-tu pas soumis à une autre correction, mais livrés à de telles nations, qui nous outragent en disant : “Où est leur Dieu ?” »
§3 Et voici, pendant que je pleure et dis ces choses, je vois un ange du Seigneur venir et me dire : « Comprends, ô homme, homme de désirs, et que le salut de Jérusalem ne te préoccupe pas autant, car voici ce que dit le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant.
§4 Car il m’a envoyé devant toi afin que je t’annonce et te montre tout ce qui est de Dieu.
§5 Car ta supplication a été entendue en sa présence et est entrée dans les oreilles du Seigneur Dieu. »
§6 Et, ces paroles m’ayant été dites, je m’apaisai. L’ange me dit : « Cesse d’exaspérer Dieu, et je te montrerai d’autres mystères, plus grands que ceux-ci. »
§7 Et moi, Baruch, je dis : « Le Seigneur Dieu est vivant ! Si tu me montres [ces choses] et que j’entends de toi une parole, assurément je n’ajouterai plus à parler ; que Dieu ajoute pour moi un jugement au jour du jugement, si je parle encore à l’avenir. »
§8 Et l’ange des puissances me dit : « Viens, et je te montrerai les mystères de Dieu. »
Paraphrase
§1 Moi, Baruch, je pleurais sur le sort du peuple. Une question me tourmentait : comment Dieu avait-il pu laisser le roi Nabuchodonosor détruire la ville qui lui appartenait ? Je lui adressais cette plainte :
§2 « Seigneur, ton peuple est comme une vigne : pourquoi l’avoir brûlée et dévastée ? Pourquoi agir ainsi ? Si tu voulais nous corriger, pourquoi ne pas avoir choisi un autre moyen ? Tu nous as livrés à des nations qui tournent notre malheur en dérision : “Où donc est leur Dieu ?” »
§3 Au milieu de mes pleurs et de mes plaintes, un ange du Seigneur vint me répondre : « Toi qui désires comprendre, écoute. Ne te laisse pas accabler à ce point par le souci du salut de Jérusalem. Je t’apporte la parole du Seigneur Dieu, le Tout-Puissant.
§4 Dieu m’a chargé de venir à toi : je vais te faire connaître et te montrer les choses qui le concernent.
§5 Ta prière n’est pas restée sans être entendue : elle est montée jusqu’au Seigneur Dieu, qui l’a écoutée. »
§6 En l’entendant, je retrouvai mon calme. L’ange poursuivit : « Ne continue pas à provoquer Dieu par tes protestations. Je vais te faire découvrir des mystères plus grands encore que ces questions. »
§7 Je m’engageai alors par serment : « Moi, Baruch, je prends à témoin le Seigneur Dieu vivant. Si tu m’accordes de voir et d’entendre ce que tu annonces, je ne protesterai plus. Si je le fais encore, que Dieu en tienne compte contre moi au jour où il jugera ! »
§8 L’ange des puissances m’invita donc à le suivre : « Viens avec moi découvrir les mystères de Dieu que je vais te montrer. »
Texte source
§1 Οἷ νῦν ἐγώ, Βαρούχ, κλαίων ἐν τῇ συνέσει μου καὶ ἔχων περὶ τοῦ λαοῦ, καὶ ὅπως συνεχωρήθη Ναβουχοδονόσωρ ὁ βασιλεὺς ὑπὸ θεοῦ πορθῆσαι τὴν πόλιν αὐτοῦ, λέγων· §2 Κύριε, ἵνα τί ἐξέκαυσας τὸν ἀμπελῶνά σου καὶ ἠρήμωσας αὐτόν; τί ἐποίησας τοῦτο; καὶ ἵνα τί, Κύριε, οὐκ ἀπέδωκας ἡμᾶς ἐν ἄλλῃ παιδείᾳ, ἀλλὰ παρέδωκας ἡμᾶς εἰς ἔθνη τοιαῦτα, ὅπως ὀνειδίζοντες λέγουσιν· Ποῦ ἐστιν ὁ θεὸς αὐτῶν; §3 Καὶ ἰδοὺ ἐν τῷ κλαίειν με καὶ λέγειν τοιαῦτα, ὁρῶ ἄγγελον Κυρίου ἐλθόντα καὶ λέγοντά μοι· Σύνες, ὦ ἄνθρωπε, ἄνερ ἐπιθυμιῶν, καὶ μὴ τοσοῦτόν σε μέλῃ περὶ τῆς σωτηρίας Ἱερουσαλήμ, ὅτι τάδε λέγει Κύριος ὁ θεὸς ὁ παντοκράτωρ. §4 Ἀπέστειλε γάρ με πρὸ προσώπου σου ὅπως ἀναγγείλω καὶ ὑποδείξω σοι πάντα τοῦ θεοῦ. §5 Ἡ γὰρ δέησίς σου ἠκούσθη ἐνώπιον αὐτοῦ καὶ εἰσῆλθεν εἰς τὰ ὦτα Κυρίου τοῦ θεοῦ. §6 Καὶ ταῦτα εἰπών μοι, ἡσύχασα. Καὶ λέγει μοι ὁ ἄγγελος· Παῦσον τὸν θεὸν παροξύνειν, καὶ ὑποδείξω σοι ἄλλα μυστήρια τούτων μείζονα. §7 Καὶ εἶπον ἐγὼ Βαρούχ· Ζῇ Κύριος ὁ θεὸς ὅτι ἐὰν ὑποδείξῃς μοι καὶ ἀκούσω παρά σου λόγον, οὐ μὴ προσθήσω ἔτι λαλῆσαι· προσθήσει ὁ θεὸς ἐν τῇ ἡμέρᾳ τῆς κρίσεως κρίσιν ἐμοί, ἐὰν λαλήσω τοῦ λοιποῦ. §8 Καὶ εἶπέν μοι ὁ ἄγγελος τῶν δυνάμεων· Δεῦρο καὶ ὑποδείξω σοι τὰ μυστήρια τοῦ θεοῦ.
Notes textuelles
- L’ouverture grecque est irrégulière ; « homme de désirs » conserve une ambiguïté. Le texte raconte une permission divine accordée à Nabuchodonosor, sans formuler un commandement de détruire.
Place dans l’ouvrage
Dans le parcours de la vision
Baruch pleure sur le peuple et interroge Dieu après la destruction de sa ville. Un ange lui annonce que sa supplication a été entendue, puis l’invite à découvrir les mystères divins.
Parcours de l’unité
Clés de lecture
- L’ouverture grecque est irrégulière ; « homme de désirs » conserve une ambiguïté. Le texte raconte une permission divine accordée à Nabuchodonosor, sans formuler un commandement de détruire.
Approfondir : composition, transmission et réception
Base de cette édition évolutive
Grec de la transcription OCP attribuée à Picard 1967. La notice OCP indique que son appareil grec et les témoins slavons ne sont pas encodés.
Lecture éditoriale. S0 : les résumés décrivent le texte grec consulté ; ils ne démontrent ni sa forme primitive ni une validation critique finale.
Point de vigilance propre au chapitre
L’ouverture grecque est irrégulière ; « homme de désirs » conserve une ambiguïté. Le texte raconte une permission divine accordée à Nabuchodonosor, sans formuler un commandement de détruire.
Lecture éditoriale. Le repère décrit le grec de travail ; la traduction et les choix critiques restent suivis séparément.
Bibliographie de travail
- Ken M. Penner et David M. Miller (éd.), « 3 (Greek Apocalypse of) Baruch », Online Critical Pseudepigrapha, éd. 1.0, 2006 : texte grec et notice numérique effectivement consultés.
- J.-C. Picard, « Apocalypsis Baruchi Graece », dans Testamentum Iobi, Apocalypsis Baruchi Graece, PVTG 2, Brill, 1967, p. 81–96 : base déclarée par OCP ; imprimé non collationné dans cette campagne.
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.