Bibliothèque ancienne · Introduction critique

Intercéder pour ceux qui ont chuté et recevoir la correction

Ce chapitre de 1 Clément développe : « Intercéder pour ceux qui ont chuté et recevoir la correction ». 1 Clément répond à une crise d’autorité et de concorde à Corinthe : exemples scripturaires, humilité, ordre cosmique et communautaire, ministères, amour, repentance et grande prière finale.

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Texte — sept restitutions

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Clarté

§1 Intercédons donc nous aussi pour ceux qui se trouvent dans quelque faute, afin que leur soient données douceur et humilité pour céder, non devant nous, mais devant la volonté de Dieu ; ainsi le souvenir que Dieu et les saints garderont d’eux dans la compassion sera fécond et accompli.

§2 Recevons la correction, bien-aimés, sans nous en irriter. L’avertissement que nous nous adressons les uns aux autres est bon et extrêmement utile, car il nous attache à la volonté de Dieu.

§3 Car la parole sainte dit : « Le Seigneur m’a sévèrement corrigé, mais il ne m’a pas livré à la mort. »

§4 « Car le Seigneur corrige celui qu’il aime et il châtie tout fils qu’il accueille. »

§5 « Que le juste me corrige avec miséricorde et me reprenne ; mais que l’huile du pécheur ne parfume pas ma tête. »

§6 Et encore : « Heureux l’homme que le Seigneur reprend ; ne rejette pas l’avertissement du Tout-Puissant, car lui-même fait souffrir et lui-même rétablit.

§7 Il frappe, et ses mains guérissent.

§8 Six fois il te délivrera des détresses, et à la septième aucun mal ne te touchera.

§9 Dans la famine il te sauvera de la mort, et dans la guerre il te délivrera de la main du fer.

§10 Il te cachera du fouet de la langue, et tu ne craindras pas les maux qui surviennent.

§11 Tu te riras des injustes et des sans-loi, et tu ne craindras pas les bêtes sauvages.

§12 Car les bêtes sauvages seront en paix avec toi.

§13 Alors tu sauras que ta maison est en paix et que la demeure de ta tente ne faillira pas.

§14 Tu sauras que ta descendance sera nombreuse et tes enfants comme l’herbe abondante des champs.

§15 Tu entreras dans le tombeau comme un blé mûr moissonné en son temps, comme une gerbe rassemblée à l’heure voulue. »

§16 Voyez, bien-aimés, quelle protection est accordée à ceux que le Maître corrige : parce qu’il est un Père bon, il nous discipline afin que nous obtenions miséricorde par sa sainte correction.

Lecture

§1 Prions pour ceux qui sont tombés, afin qu’ils reçoivent assez de douceur et d’humilité pour se soumettre à la volonté de Dieu plutôt qu’à une pression humaine. Leur retour pourra alors être accueilli avec compassion.

§2 Nous-mêmes, acceptons la correction sans ressentiment : l’avertissement fraternel est un bien lorsqu’il nous ramène à la volonté de Dieu.

§3 L’Écriture peut donc dire : « Le Seigneur m’a corrigé, mais il ne m’a pas livré à la mort. »

§4 Sa correction appartient à l’amour d’un père envers son enfant.

§5 Mieux vaut la réprimande miséricordieuse d’un juste que les flatteries d’un pécheur.

§6 Heureux celui que Dieu reprend et qui n’écarte pas sa correction : celui qui permet la douleur peut aussi restaurer.

§7 Les mains qui frappent sont aussi celles qui guérissent.

§8 Même après des détresses répétées, sa délivrance demeure.

§9 Dans la famine comme dans la guerre, il peut sauver.

§10 Il protège également contre la violence des paroles et contre la peur des catastrophes.

§11 L’injuste et le violent ne doivent plus terroriser celui qui se confie en Dieu.

§12 Même le monde sauvage est décrit comme pacifié.

§13 La maison retrouve la paix et la demeure la stabilité.

§14 La descendance se multiplie comme la végétation du champ.

§15 Et la mort elle-même devient comparable à une moisson arrivée à maturité.

§16 Ainsi, la correction de Dieu n’est pas destinée à détruire : elle appartient à la sollicitude d’un Père qui veut conduire à la miséricorde.

Proclamation

§1 Prions pour ceux qui sont tombés : qu’ils reçoivent douceur et humilité pour céder à la volonté de Dieu.

§2 Et nous-mêmes, acceptons la correction ; l’avertissement fraternel nous rattache à Dieu.

§3 « Le Seigneur m’a corrigé, mais il ne m’a pas livré à la mort. »

§4 « Celui qu’il aime, le Seigneur le corrige. »

§5 « Que le juste me reprenne avec miséricorde ! »

§6 Heureux celui qui accepte la correction du Tout-Puissant : Dieu blesse, et Dieu restaure.

§7 Il frappe, et ses mains guérissent.

§8 Six fois il délivre ; à la septième, le mal ne t’atteint pas.

§9 Famine ou guerre : il sauve.

§10 Calomnie ou catastrophe : il protège.

§11 Tu n’auras plus peur des injustes ni des bêtes sauvages.

§12 Même les bêtes seront en paix avec toi.

§13 Ta maison connaîtra la paix.

§14 Ta descendance se multipliera.

§15 Tu iras au tombeau comme un blé mûr à l’heure de la moisson.

§16 Voyez la protection du Père : il corrige pour faire miséricorde.

Déployée

§1 La réponse au péché d’autrui ne doit pas être la domination mais l’intercession : la communauté demande que ceux qui ont fauté reçoivent douceur et humilité afin qu’ils cèdent librement à la volonté de Dieu, non à la pression des hommes.

§2 Cette prière vaut aussi pour ceux qui corrigent : tous doivent accepter la discipline sans irritation, car l’avertissement fraternel est utile lorsqu’il rattache à la volonté de Dieu.

§3 Une première citation affirme que la correction divine peut être sévère sans avoir pour but la mort.

§4 Une seconde l’interprète comme le geste d’un père qui corrige précisément celui qu’il aime et reconnaît comme fils.

§5 Une troisième préfère la réprimande miséricordieuse du juste à la séduction agréable du pécheur.

§6 Le long passage suivant décrit la correction du Tout-Puissant comme une pédagogie paradoxale : il peut permettre la douleur, mais il restaure ensuite celui qu’il reprend.

§7 Les mains qui frappent deviennent les mains qui guérissent.

§8 Les détresses peuvent se répéter, mais elles ne constituent pas le dernier mot.

§9 Famine et guerre, images extrêmes de la vulnérabilité humaine, restent sous l’horizon de la délivrance divine.

§10 Même la violence de la parole et la peur de l’avenir sont intégrées à cette promesse de protection.

§11 Le fidèle peut alors regarder sans terreur l’injustice et les menaces du monde sauvage.

§12 La création elle-même est figurée comme entrant en paix avec lui.

§13 La bénédiction atteint ensuite la maison et la stabilité quotidienne.

§14 Elle s’étend à la fécondité de la descendance.

§15 Enfin, la mort n’est plus décrite comme une destruction prématurée mais comme une récolte arrivée à maturité au temps voulu.

§16 L’auteur conclut que cette vaste promesse permet de comprendre la discipline comme l’acte d’un Père bon : elle vise la restauration et la miséricorde, non l’anéantissement.

Littérale

§1 Et nous donc, intercédons pour ceux qui sont dans quelque faute, afin que leur soient données douceur et humilité pour qu’ils cèdent non à nous mais à la volonté de Dieu ; ainsi sera pour eux féconde et parfaite la mémoire auprès de Dieu et des saints avec compassion.

§2 Prenons la discipline, à laquelle personne ne doit s’irriter, bien-aimés. L’avertissement que nous faisons les uns aux autres est bon et extrêmement utile ; car il nous colle à la volonté de Dieu.

§3 Car ainsi dit la parole sainte : En me disciplinant le Seigneur m’a discipliné, et il ne m’a pas livré à la mort.

§4 Car celui que le Seigneur aime, il le discipline, et il fouette tout fils qu’il reçoit.

§5 Car, dit-il, le juste me disciplinera dans la miséricorde et me reprendra ; mais que l’huile des pécheurs n’engraisse pas ma tête.

§6 Et encore il dit : Heureux l’homme que le Seigneur a repris ; ne refuse pas l’avertissement du Tout-Puissant ; car lui-même fait souffrir et de nouveau rétablit.

§7 Il a frappé, et ses mains ont guéri.

§8 Six fois il te délivrera des nécessités, et à la septième le mal ne te touchera pas.

§9 Dans la famine il te délivrera de la mort, et dans la guerre il te déliera de la main du fer.

§10 Et du fouet de la langue il te cachera, et tu ne craindras pas les maux qui viennent.

§11 Tu te riras des injustes et des sans-loi, et des bêtes sauvages tu ne craindras pas.

§12 Car les bêtes sauvages seront en paix avec toi.

§13 Alors tu sauras que ta maison sera en paix, et la demeure de ta tente ne manquera pas.

§14 Tu sauras que ta semence sera nombreuse et tes enfants comme toute l’herbe du champ.

§15 Tu viendras au tombeau comme un blé mûr moissonné en son temps, ou comme une gerbe de l’aire rassemblée à son heure.

§16 Voyez, bien-aimés, combien grande est la protection pour ceux qui sont disciplinés par le Maître ; car étant un Père bon, il discipline afin que nous recevions miséricorde par sa sainte discipline.

Philologique

§1 La communauté doit entynchanein, intercéder, pour ceux qui se trouvent en quelque paraptôma, faute, afin que leur soient données epieikeia et tapeinophrosynè, douceur et humilité, pour eixai, céder, non aux hommes mais au thelèma tou theou.

§2 Paideia désigne ici la discipline formative : la nouthètèsis mutuelle, avertissement ou admonestation, est dite kalè kai hyperagan ôphelimos, bonne et extrêmement profitable, parce qu’elle kolla, attache, à la volonté de Dieu.

§3 La citation oppose paideuein, discipliner, à paradidonai tô thanatô, livrer à la mort : la correction n’équivaut pas à la destruction.

§4 Le langage filial associe agapan et paideuein : le Seigneur corrige celui qu’il aime et mastigoi, châtie, le fils qu’il reçoit.

§5 Le dikaïos peut paideusei en eleei, corriger dans la miséricorde ; cette réprimande est préférée à l’elaion hamartôlôn, huile des pécheurs, image de flatterie ou faveur trompeuse.

§6 La citation sapientielle appelle makarios celui que le Seigneur elenchein, reprend ; l’algos, douleur, n’est pas finale puisque Dieu apokathistèsin, restaure.

§7 Le parallélisme est abrupt : epaïsen, il a frappé, mais ses mains iasanto, ont guéri.

§8 L’expression « six fois… à la septième » est une formule de totalité progressive : la délivrance divine accompagne les anankai répétées.

§9 Limos et polemos, famine et guerre, concentrent les menaces collectives de mort et de violence.

§10 Mastix glôssès, « fouet de la langue », désigne la violence verbale, accusation ou calomnie ; la protection s’étend aussi aux maux à venir.

§11 La sécurité permet de katagelan, rire de/dédaigner, les injustes et les sans-loi, et de ne pas craindre les bêtes sauvages.

§12 L’eirèneuein des bêtes décrit symboliquement une création pacifiée autour du juste.

§13 Oikos et diaita tès skènès, maison et demeure de la tente, deviennent des lieux de paix et de stabilité.

§14 Le sperma est promis polu, nombreux, et les enfants comparés au pambotanon, végétation abondante, du champ.

§15 L’entrée au taphos est comparée au sitos hôrimos, blé mûr, et à la gerbe rassemblée kata hôran, à son heure : la mort arrive dans l’accomplissement plutôt que dans l’interruption.

§16 Hyperaspismos désigne la protection ou défense accordée aux paideuomenoi ; la bonté paternelle du Maître donne à la paideia une finalité d’eleos, miséricorde.

Paraphrase

§1 Quand quelqu’un faute, le but n’est pas de le vaincre mais de l’aider à retrouver assez d’humilité pour revenir librement à Dieu.

§2 Et personne n’est au-dessus de la correction : une communauté saine sait se reprendre sans transformer l’admonestation en humiliation.

§3 Dieu peut corriger sans abandonner.

§4 Sa discipline est même présentée comme une marque de relation paternelle.

§5 Une parole juste qui dérange vaut mieux qu’une flatterie qui entretient l’erreur.

§6 La correction peut faire mal, mais elle vise la restauration.

§7 Les mêmes mains qui permettent la blessure peuvent aussi guérir.

§8 Les épreuves peuvent revenir plusieurs fois sans que la fidélité de Dieu s’épuise.

§9 Même quand les menaces prennent la forme de la faim ou de la guerre, la délivrance reste possible.

§10 Dieu peut protéger aussi contre les mots destructeurs et contre la peur de l’avenir.

§11 Celui qui vit dans cette confiance n’a plus besoin d’être terrorisé par ses adversaires.

§12 Le texte imagine jusqu’à une création sauvage réconciliée avec lui.

§13 La paix atteint sa maison.

§14 Elle atteint sa descendance.

§15 Et même sa mort peut devenir l’achèvement d’une vie arrivée à maturité.

§16 Voilà pourquoi 1 Clément demande d’accepter une discipline sainte : elle cherche à sauver, non à écraser.

Texte source

§1 Καὶ ἡμεῖς οὖν ἐντύχωμεν περὶ τῶν ἔν τινι παραπτώματι ὑπαρχόντων, ὅπως δοθῇ αὐτοῖς ἐπιείκεια καὶ ταπεινοφροσύνη εἰς τὸ εἶξαι αὐτοὺς μὴ ἡμῖν ἀλλὰ τῷ θελήματι τοῦ θεοῦ· οὕτως γὰρ ἔσται αὐτοῖς ἔγκαρπος καὶ τελεία ἡ πρὸς τὸν θεὸν καὶ τοὺς ἁγίους μετ’ οἰκτιρμῶν μνεία. §2 ἀναλάβωμεν παιδείαν, ἐφ’ ᾗ οὐδεὶς ὀφείλει ἀγανακτεῖν, ἀγαπητοί. ἡ νουθέτησις, ἣν ποιούμεθα εἰς ἀλλήλους, καλή ἐστιν καὶ ὑπεράγαν ὠφέλιμος· κολλᾷ γὰρ ἡμᾶς τῷ θελήματι τοῦ θεοῦ. §3 οὕτως γάρ φησιν ὁ ἅγιος λόγος· Παιδεύων ἐπαίδευσέν με ὁ κύριος, καὶ τῷ θανάτῳ οὐ παρέδωκέν με· §4 ὃν γὰρ ἀγαπᾷ κύριος παιδεύει, μαστιγοῖ δὲ πάντα υἱὸν ὃν παραδέχεται. §5 Παιδεύσει με γάρ, φησίν, δίκαιος ἐν ἐλέει καὶ ἐλέγξει με, ἔλαιον δὲ ἁμαρτωλῶν μὴ λιπανάτω τὴν κεφαλήν μου. §6 καὶ πάλιν λέγει· Μακάριος ἄνθρωπος, ὃν ἤλεγξεν ὁ κύριος· νουθέτημα δὲ παντοκράτορος μὴ ἀπαναίνου· αὐτὸς γὰρ ἀλγεῖν ποιεῖ, καὶ πάλιν ἀποκαθίστησιν· §7 ἔπαισεν, καὶ αἱ χεῖρες αὐτοῦ ἰάσαντο. §8 ἑξάκις ἐξ ἀναγκῶν ἐξελεῖταί σε, ἐν δὲ τῷ ἑβδόμῳ οὐχ ἅψεταί σου κακόν. §9 ἐν λιμῷ ῥύσεταί σε ἐκ θανάτου, ἐν πολέμῳ δὲ ἐκ χειρὸς σιδήρου λύσει σε· §10 καὶ ἀπὸ μάστιγος γλώσσης σε κρύψει, καὶ οὐ μὴ φοβηθήσῃ κακῶν ἐπερχομένων. §11 ἀδίκων καὶ ἀνόμων καταγελάσῃ, ἀπὸ δὲ θηρίων ἀγρίων οὐ μὴ φοβηθῇς· §12 θῆρες γὰρ ἄγριοι εἰρηνεύσουσίν σοι. §13 εἶτα γνώσῃ, ὅτι εἰρηνεύσει σου ὁ οἶκος, ἡ δὲ δίαιτα τῆς σκηνῆς σου οὐ μὴ ἁμάρτῃ. §14 γνώσῃ δέ, ὅτι πολὺ τὸ σπέρμα σου, τὰ δὲ τέκνα σου ὥσπερ τὸ παμβότανον τοῦ ἀγροῦ. §15 ἐλεύσῃ δὲ ἐν τάφῳ ὥσπερ σῖτος ὥριμος κατὰ καιρὸν θεριζόμενος, ἢ ὥσπερ θημωνιὰ ἅλωνος καθ’ ὥραν συγκομισθεῖσα. §16 βλέπετε, ἀγαπητοί, πόσος ὑπερασπισμός ἐστιν τοῖς παιδευομένοις ὑπὸ τοῦ δεσπότου· πατὴρ γὰρ ἀγαθὸς ὢν παιδεύει εἰς τὸ ἐλεηθῆναι ἡμᾶς διὰ τῆς ὁσίας παιδείας αὐτοῦ.

Notes textuelles

Place dans l’ouvrage

Dans l’architecture de l’ouvrage

1 Clément répond à une crise d’autorité et de concorde à Corinthe : exemples scripturaires, humilité, ordre cosmique et communautaire, ministères, amour, repentance et grande prière finale.

Parcours de l’unité

Intercéder pour ceux qui ont chuté et recevoir la correction1 Clément 56

Clés de lecture

Approfondir : composition, transmission et réception

Témoin de travail

méthodologique

Wikisource, traduction publique de J. B. Lightfoot ; registre local 1-clement/source/registry.json

Lecture éditoriale. Le témoin sert à cartographier le chapitre et préparer son introduction ; la validation finale doit revenir au texte critique et aux manuscrits pertinents.

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