Isaïe
IntroductionIsaïe 29
Nuances du texte source · restitution Déployée
Ariel est un nom poétique de Jérusalem. Le terme peut évoquer « lion de Dieu » ou le « foyer d’autel » ; le poème semble jouer sur cette polyvalence.
J’opprimerai Ariel ; il y aura plainte et gémissement, et elle sera pour moi comme un Ariel.
Je camperai tout autour de toi, ⏎ je t’assiégerai avec des postes ⏎ et dresserai contre toi des ouvrages de siège.
Alors, abaissée, tu parleras depuis la terre ; ⏎ ta parole montera sourdement de la poussière ; ⏎ ta voix sera comme celle d’un esprit qui parle depuis le sol, ⏎ et ta parole chuchotera depuis la poussière.
La multitude de tes étrangers sera comme une fine poussière, ⏎ la multitude des tyrans comme la balle qui passe ; ⏎ et cela arrivera soudain, en un instant.
Tu seras visitée par le SEIGNEUR des armées ⏎ avec tonnerre, tremblement et grand fracas, ⏎ avec tempête, tourbillon ⏎ et flamme d’un feu dévorant.
Alors la multitude de toutes les nations ⏎ qui combattent Ariel, ⏎ tous ceux qui l’assiègent et l’oppriment, ⏎ sera comme un rêve, ⏎ comme une vision de la nuit.
Comme l’affamé rêve qu’il mange, ⏎ puis se réveille l’estomac vide ; ⏎ comme l’assoiffé rêve qu’il boit, ⏎ puis se réveille épuisé et toujours assoiffé, ⏎ ainsi en sera-t-il de la multitude de toutes les nations ⏎ qui combattent le mont Sion.
Restez stupéfaits et soyez stupéfaits ! ⏎ Aveuglez-vous et soyez aveugles ! ⏎ Ils sont ivres, mais non de vin ; ⏎ ils chancellent, mais non sous la boisson forte.
Car le SEIGNEUR a répandu sur vous un esprit de profond sommeil ; ⏎ il a fermé vos yeux — les prophètes — ⏎ et couvert vos têtes — les voyants.
Toute cette vision est devenue pour vous ⏎ comme les paroles d’un livre scellé : ⏎ on le donne à quelqu’un qui sait lire en disant : ⏎ « Lis donc ceci ! » ⏎ et il répond : « Je ne peux pas, car il est scellé. »
Puis on donne le livre à quelqu’un qui ne sait pas lire en disant : ⏎ « Lis donc ceci ! » ⏎ et il répond : « Je ne sais pas lire. »
Le problème n’est pas l’absence de parole religieuse mais la distance entre lèvres et cœur. La « crainte » devenue simple commandement humain appris désigne une religion mécanique.
C’est pourquoi, voici que je vais encore faire avec ce peuple ⏎ merveille sur merveille ; ⏎ la sagesse de ses sages périra ⏎ et l’intelligence de ses intelligents disparaîtra. »
Malheur à ceux qui s’enfoncent loin du SEIGNEUR ⏎ pour cacher leur projet, ⏎ dont les œuvres se font dans les ténèbres ⏎ et qui disent : ⏎ « Qui nous voit ? Qui nous connaît ? »
Quel renversement du vrai ! Le potier serait-il estimé comme l’argile ? L’œuvre dira-t-elle de celui qui l’a faite : « Il ne m’a pas faite » ? Et l’objet façonné dira-t-il de celui qui l’a façonné : « Il ne comprend rien » ?
Encore un peu, très peu de temps, ⏎ et le Liban se changera en verger, ⏎ tandis que le verger sera compté comme une forêt.
Le retournement du livre scellé des vv.11–12 est explicite : les sourds entendent et les aveugles voient.
Les humbles trouveront une joie nouvelle dans le SEIGNEUR, ⏎ et les pauvres parmi les humains ⏎ exulteront dans le Saint d’Israël.
Car le tyran aura disparu, ⏎ le moqueur aura pris fin, ⏎ et tous ceux qui guettent l’iniquité seront retranchés,
ceux qui rendent un homme coupable pour une parole, ⏎ tendent un piège à celui qui reprend à la porte ⏎ et écartent le juste pour rien.
C’est pourquoi ainsi parle le SEIGNEUR à la maison de Jacob, ⏎ lui qui racheta Abraham : ⏎ « Désormais Jacob ne sera plus honteux, ⏎ désormais son visage ne pâlira plus.
Car lorsqu’il verra au milieu de lui ses enfants, œuvre de mes mains, ⏎ ils sanctifieront mon nom ; ⏎ ils sanctifieront le Saint de Jacob ⏎ et révéreront le Dieu d’Israël.
Ceux dont l’esprit s’égarait apprendront l’intelligence, ⏎ et les récalcitrants recevront l’instruction. »