Apocalypse
IntroductionApocalypse 17
S3 · critique textuelle contrôlée · Contexte juif du Ier siècle
L’un des sept anges qui tenaient les sept coupes vint me dire : « Viens, je vais te montrer le jugement de la grande prostituée assise au bord de grandes eaux. »
Son pouvoir de séduction atteint les rois comme les peuples : les premiers se prostituent avec elle, les seconds s’enivrent du vin de cette prostitution.
Transporté en esprit au désert, Jean voit la femme portée par une bête rouge écarlate dont le corps est saturé de noms blasphématoires et qui porte les sept têtes et les dix cornes déjà connues.
Son luxe est ostentatoire : pourpre, écarlate, or, pierres précieuses et perles. Mais la coupe d’or qu’elle tient révèle le contenu inverse de son apparence : abominations et impuretés.
Sur son front est écrit : « Babylone la grande, mère des prostitutions et des abominations de la terre ».
Son ivresse n’est pas de vin mais du sang des saints et des témoins de Jésus ; cette vision provoque chez Jean un étonnement extrême.
L’ange me dit : « Pourquoi t’étonnes-tu ? Je vais t’expliquer le mystère de la femme et de la bête qui la porte, celle qui a les sept têtes et les dix cornes. »
La bête imite en négatif la formule divine : elle « était », « n’est pas » et pourtant doit revenir, mais sa destination finale est la perdition. Son retour émerveille ceux qui ne sont pas inscrits au livre de vie.
L’ange donne une double valeur aux sept têtes : elles correspondent à sept montagnes et, dans le même mouvement, à sept rois.
La série des sept rois est située dans une temporalité relative au voyant : cinq appartiennent au passé, un est présent, un dernier reste à venir pour peu de temps.
La bête est présentée comme un huitième tout en appartenant au cycle des sept : paradoxe numérique qui souligne à la fois continuité et résurgence avant la perdition.
Les dix cornes représentent dix souverains encore sans royaume ; leur pouvoir sera bref et synchronisé avec celui de la bête.
Les dix rois agissent d’un seul accord : ils mettent leur force et leur pouvoir au service de la bête.
La coalition des rois se heurte à l’Agneau et échoue : son titre de Seigneur des seigneurs et Roi des rois fonde sa victoire, partagée avec ceux qui lui appartiennent.
L’ange me dit encore : « Les eaux que tu as vues, là où la prostituée est assise, représentent des peuples, des foules, des nations et des langues. »
La coalition qui portait la femme se retourne contre elle : ses propres alliés la dépouillent, la dévorent et la détruisent par le feu.
Même le retournement des puissances adverses s’inscrit, paradoxalement, dans l’accomplissement du dessein de Dieu : leur unité et leur transfert de pouvoir à la bête durent jusqu’à ce que les paroles divines arrivent à leur terme.
La dernière clé est explicite : la femme symbolise une grande ville exerçant une domination royale sur les rois de la terre.