1 Rois
Introduction1 Rois 13
Analyse du texte source · restitution Philologique
Et voici un ish elohim vint de Juda bidvar YHWH vers Béthel, et Jéroboam se tenait près de l’autel pour faire fumer. [Ish elohim, « homme de Dieu », est le titre du prophète anonyme venu de Juda ; il agit bidvar YHWH, « par la parole de YHWH ».]
Et il cria contre l’autel bidvar YHWH… « Autel, autel ! Ainsi a dit YHWH : voici, un fils naît à la maison de David, Josias son nom… » [La mention explicite de Josias anticipe 2 R 23 ; la traduction conserve cette forme du texte sans tenter de résoudre ici les questions historiques de composition.]
Ce jour-là, il donna un signe : « Voici le signe dont YHWH a parlé : l’autel va se fendre et la cendre qui est dessus se répandra. » [Mofet : signe/prodige confirmant la parole ; l’autel qui se fend et la cendre qui se répand constituent le signe immédiat.]
Lorsque le roi entendit la parole que l’homme de Dieu criait contre l’autel de Béthel, Jéroboam étendit la main de dessus l’autel et dit : « Saisissez-le ! » Mais la main qu’il avait étendue contre lui se dessécha, et il ne put la ramener à lui.
L’autel se fendit et la cendre se répandit de l’autel, selon le signe que l’homme de Dieu avait donné par la parole de YHWH.
Et le roi dit à l’ish elohim : « Ḥal na et-pene YHWH ton Dieu et prie pour moi… » [Ḥal na et-pene YHWH : « adoucis/apaise, je te prie, la face de YHWH », idiome de supplication.]
Le roi dit à l’homme de Dieu : « Viens avec moi à la maison, restaure-toi, et je te donnerai un présent. »
L’homme de Dieu répondit au roi : « Même si tu me donnais la moitié de ta maison, je n’irais pas avec toi ; je ne mangerai pas de pain et je ne boirai pas d’eau dans ce lieu,
« Car ainsi il m’a ordonné bidvar YHWH : tu ne mangeras pas de pain, tu ne boiras pas d’eau, et tu ne reviendras pas par le chemin où tu es allé. » [L’interdiction comporte trois éléments : ne pas manger, ne pas boire, ne pas revenir par le même chemin.]
Il s’en alla par un autre chemin et ne revint pas par le chemin qu’il avait pris pour venir à Béthel.
Or un vieux prophète habitait à Béthel. Ses fils vinrent lui raconter tout ce que l’homme de Dieu avait fait ce jour-là à Béthel, ainsi que les paroles qu’il avait dites au roi.
Leur père leur demanda : « Par quel chemin est-il parti ? » Ses fils lui montrèrent le chemin qu’avait pris l’homme de Dieu venu de Juda.
Il dit à ses fils : « Sellez-moi l’âne. » Ils lui sellèrent l’âne, et il monta dessus.
Il suivit l’homme de Dieu et le trouva assis sous un térébinthe. Il lui dit : « Es-tu l’homme de Dieu venu de Juda ? » Il répondit : « C’est moi. »
Il lui dit : « Viens avec moi à la maison et mange du pain. »
Mais il répondit : « Je ne peux ni revenir avec toi ni entrer chez toi ; je ne mangerai pas de pain et je ne boirai pas d’eau avec toi dans ce lieu,
car il m’a été dit par la parole de YHWH : “Tu ne mangeras pas de pain et tu ne boiras pas d’eau là ; tu ne reviendras pas par le chemin par lequel tu es allé.” »
Alors il lui dit : « Moi aussi, je suis prophète comme toi, et un messager m’a parlé par la parole de YHWH : “Ramène-le avec toi dans ta maison, qu’il mange du pain et boive de l’eau.” » Il lui mentait. [Le narrateur tranche explicitement : kiḥesh lo, « il lui mentit ». La fausse parole prophétique n’est donc pas laissée ambiguë.]
L’homme de Dieu revint avec lui, mangea du pain dans sa maison et but de l’eau.
Et il arriva, eux assis vers la table : la parole de YHWH fut vers le prophète qui l’avait fait revenir. [Paradoxalement, la véritable parole de YHWH vient ensuite au prophète qui avait menti ; le texte ne fournit pas d’explication psychologique ou doctrinale supplémentaire.]
« Ainsi a dit YHWH : parce que marita pi YHWH et que tu n’as pas gardé la mitswah que YHWH ton Dieu t’avait ordonnée… » [Marita pi YHWH : « tu as été rebelle à la bouche de YHWH », expression forte d’infraction à l’ordre reçu directement.]
mais que tu es revenu, que tu as mangé du pain et bu de l’eau dans le lieu dont il t’avait dit : “N’y mange pas de pain et n’y bois pas d’eau”, ton cadavre n’entrera pas dans le tombeau de tes pères. »
Après qu’il eut mangé du pain et bu, le vieux prophète sella l’âne pour le prophète qu’il avait ramené.
Et il alla, et un lion le trouva sur le chemin et le fit mourir ; son cadavre fut jeté sur le chemin, et l’âne se tenait près de lui et le lion se tenait près du cadavre. [Le lion tue mais ne mange ni le cadavre ni l’âne ; la scène est construite comme signe extraordinaire plutôt que comme prédation ordinaire.]
Des hommes qui passaient virent le cadavre jeté sur le chemin et le lion se tenant à côté du cadavre ; ils vinrent le raconter dans la ville où habitait le vieux prophète.
Quand le prophète qui l’avait ramené du chemin l’apprit, il dit : « C’est l’homme de Dieu qui a été rebelle à la bouche de YHWH. YHWH l’a livré au lion, qui l’a brisé et tué, selon la parole de YHWH qu’il lui avait dite. »
Puis il dit à ses fils : « Sellez-moi l’âne. » Et ils le sellèrent.
Il partit et trouva le cadavre jeté sur le chemin, avec l’âne et le lion qui se tenaient à côté. Le lion n’avait pas mangé le cadavre et n’avait pas brisé l’âne.
Le prophète souleva le cadavre de l’homme de Dieu, le posa sur l’âne et le ramena. Le vieux prophète rentra dans sa ville pour mener le deuil et l’ensevelir.
Et il déposa son cadavre dans son tombeau, et ils se lamentèrent sur lui : « Hoy aḥi ! » [Hoy aḥi, « Hélas, mon frère ! », formule funèbre brève.]
Après l’avoir enseveli, il dit à ses fils : « À ma mort, vous m’ensevelirez dans le tombeau où l’homme de Dieu est enseveli ; vous déposerez mes os à côté de ses os.
Car hayoh yihyeh la parole qu’il cria bidvar YHWH contre l’autel de Béthel et contre toutes les maisons des bamot qui sont dans les villes de Samarie. [Hayoh yihyeh : construction emphatique, « arriver, cela arrivera certainement ».]
…quiconque désirait, il remplissait sa main, et il devenait kohen des bamot. [« Remplir la main » est l’idiome technique d’installation/ordination sacerdotale ; ici appliqué aux prêtres des hauts lieux.]
Cette conduite devint un péché pour la maison de Jéroboam, au point de la faire disparaître et de la détruire de la face du sol. [Le narrateur fait de ce davar un ḥattat pour la maison de Jéroboam et relie cette faute à sa destruction dynastique.]