Un grand prêtre oint commet une faute puis quitte sa fonction : il apporte encore le taureau correspondant au statut qu’il avait lorsqu’il a péché. De même, un nasi qui a péché puis perdu sa dignité apporte encore le bouc propre au nasi.
Mishnah · Nezikin · Horayot
Mishnah Horayot — chapitre 3
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Provenance : texte hébreu de la Mishnah via Wikisource hébraïque, copie figée le 19 septembre 2026. Aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
Si le grand prêtre a déjà quitté son onction avant de pécher, il apporte néanmoins le taureau du prêtre oint selon le texte. Si le nasi a déjà quitté sa dignité avant de pécher, il est traité comme un particulier.
S’ils ont péché avant leur nomination puis sont nommés, ils sont traités comme des particuliers. Rabbi Shimon distingue le moment où ils prennent connaissance de leur faute : s’ils l’apprennent avant leur nomination, ils sont responsables selon leur statut antérieur ; si l’information n’arrive qu’après leur nomination, il les exempte du sacrifice antérieur dans ce régime. Qui est le nasi ? Le roi, celui qui n’a au-dessus de lui, dans l’ordre politique, que le SEIGNEUR son Dieu.
Qui est le « prêtre oint » ? Celui qui a été consacré avec l’huile d’onction, non le grand prêtre institué seulement par les vêtements. La différence principale entre le prêtre oint et celui aux nombreux vêtements concerne le taureau apporté pour les commandements. Entre un grand prêtre actuellement en fonction et un ancien grand prêtre, les différences concernent notamment le taureau de Yom Kippour et l’offrande quotidienne d’un dixième d’épha. Pour le reste, tous deux sont soumis aux règles du service de Yom Kippour, doivent épouser une vierge, ne peuvent épouser une veuve, ne se rendent pas impurs pour leurs proches, ne laissent pas pousser leurs cheveux ni ne déchirent leurs vêtements comme un prêtre ordinaire, et leur mort met fin à l’exil du meurtrier involontaire selon le système des villes de refuge.
Le grand prêtre déchire son vêtement de deuil par le bas ; le prêtre ordinaire le déchire par le haut. Le grand prêtre peut offrir les sacrifices lorsqu’il est onen, dans la période immédiate du deuil, mais il ne les mange pas ; le prêtre ordinaire dans cet état ne les offre pas et ne les mange pas.
Tout ce qui est plus fréquent précède ce qui l’est moins ; tout ce qui possède un degré de sainteté supérieur précède ce qui est moins saint. Si le taureau du prêtre oint et celui de la communauté attendent en même temps, le taureau du prêtre oint est accompli en premier dans toutes ses étapes.
Le texte formule des règles de préséance sociale propres au monde antique : un homme passe avant une femme lorsqu’il s’agit de sauver une vie ou de restituer un objet perdu ; une femme passe avant un homme lorsqu’il s’agit de fournir des vêtements ou de délivrer de captivité, en raison des risques particuliers de déshonneur sexuel envisagés par le texte. Si les deux captifs sont menacés de violence sexuelle, le texte fait alors passer l’homme en premier. Ces hiérarchies sont rapportées comme droit mishnaïque historique, non comme évaluation contemporaine de la valeur des personnes.
La Mishnah donne ensuite un ordre traditionnel de préséance : prêtre, lévite, Israélite, mamzer, natin, converti, esclave affranchi, lorsque toutes les autres qualités sont égales. Mais elle renverse immédiatement cette hiérarchie lorsqu’intervient la connaissance : un mamzer érudit de la Torah précède un grand prêtre ignorant. La conclusion fait donc de l’étude et de la sagesse un critère supérieur au rang héréditaire dans le cas comparé.
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.