Le tribunal donne par erreur une instruction permettant de transgresser un commandement de la Torah. Une personne agit involontairement en s’appuyant sur cette décision : qu’elle agisse avec la communauté, après elle ou même alors que la communauté n’a pas agi, elle est exemptée du sacrifice individuel parce qu’elle s’est reposée sur le tribunal. Mais si un membre du tribunal savait que la décision était erronée, ou si un élève suffisamment qualifié pour décider le savait, puis agit néanmoins selon cette décision, il est responsable : il ne pouvait pas dire qu’il dépendait réellement du tribunal. Règle générale : celui qui s’appuie sur son propre jugement est responsable ; celui qui dépend de la décision valable en apparence du tribunal est exempt.
Mishnah · Nezikin · Horayot
Mishnah Horayot — chapitre 1
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Provenance : texte hébreu de la Mishnah via Wikisource hébraïque, copie figée le 19 septembre 2026. Aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
Le tribunal donne une décision, découvre son erreur et la retire, qu’il ait déjà apporté ou non le sacrifice d’expiation collectif. Une personne continue ensuite à agir selon l’ancienne décision. Rabbi Shimon l’exempte. Rabbi Éliézer considère le cas comme douteux : si la personne était restée chez elle, elle est responsable, car elle pouvait apprendre la rétractation ; si elle était partie au loin, elle est exemptée. Rabbi Aqiva dit que le cas du voyageur est proche de l’exemption. Ben Azzai explique la différence : celui qui restait chez lui pouvait raisonnablement entendre que le tribunal avait changé d’avis, le voyageur non.
Si le tribunal prétend supprimer entièrement un commandement — par exemple « la niddah n’existe pas dans la Torah », « le shabbat n’existe pas », « l’idolâtrie n’existe pas » — il n’entre pas dans le régime du sacrifice collectif pour erreur. Ce régime s’applique lorsqu’il maintient le commandement mais en annule par erreur une partie : par exemple reconnaître la niddah mais permettre une catégorie particulière de relation, reconnaître le shabbat mais permettre de transporter du domaine privé au public, reconnaître l’interdiction de l’idolâtrie mais permettre la prosternation. Le texte lit « une chose leur fut cachée » : une partie de la chose, non le corps entier du commandement.
Si le tribunal rend une décision mais qu’un de ses membres sait qu’elle est erronée et le dit, ou si le grand expert du tribunal est absent, ou si l’un des membres appartient à certaines catégories que ce droit ancien considère inaptes à cette fonction, le tribunal est exempt du sacrifice collectif, parce que l’assemblée doit être entièrement composée de personnes qualifiées pour décider. Si le tribunal se trompe involontairement et toute la communauté agit involontairement, un taureau est apporté. Si le tribunal décide intentionnellement mais que les personnes agissent par erreur, elles apportent les sacrifices individuels ordinaires. Si le tribunal se trompe mais que les personnes transgressent intentionnellement, il n’y a pas ce sacrifice d’erreur.
Si le Grand Tribunal rend une décision erronée et que toute la communauté ou sa majorité agit selon elle, Rabbi Meïr prescrit un taureau, et pour l’idolâtrie un taureau et un bouc. Rabbi Yehouda attribue un sacrifice à chacun des douze tribus ; Rabbi Shimon ajoute également un sacrifice du tribunal, soit treize. Des calculs analogues s’appliquent lorsque sept tribus ou une majorité d’Israël agit selon la décision. Rabbi Yehouda estime aussi que les tribus n’ayant pas péché participent à la charge du sacrifice collectif. Si le tribunal d’une seule tribu décide et que cette tribu agit, Rabbi Yehouda rend cette tribu responsable ; les sages disent que le sacrifice collectif n’est dû que sur une décision du Grand Tribunal d’Israël.
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