Bibliothèque ancienne · Introduction critique
Juda 10 — commandement et conduite
Ce chapitre poursuit le testament de Juda autour de commandement et conduite. La parole paternelle relit l’expérience du patriarche pour orienter la conduite de ses descendants.
Texte — sept restitutions
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Clarté
§1 Après cela, mon fils Er épousa Tamar, venue de Mésopotamie, fille d’Aram.
§2 Er était mauvais et il rejetait Tamar parce qu’elle n’était pas du pays de Canaan. Un ange du Seigneur le fit mourir la troisième nuit.
§3 Il n’eut pas de relations avec elle, suivant la ruse de sa mère, car il ne voulait pas avoir d’enfants d’elle.
§4 Pendant les jours de deuil nuptial, je donnai Aunan à Tamar comme beau-frère ; lui aussi, dans sa méchanceté, ne s’unit pas réellement à elle pendant une année.
§5 Lorsque je le menaçai, il alla vers elle, mais répandit sa semence à terre selon l’ordre de sa mère ; lui aussi mourut dans sa méchanceté.
§6 Je voulus alors lui donner Silom, mais ma femme Bessoué l’en empêcha ; elle agissait mal envers Tamar parce que Tamar n’était pas une fille de Canaan comme elle.
Lecture
§1 Après ces événements, mon fils Er prit pour femme Tamar, venue de Mésopotamie et fille d’Aram.
§2 Er était mauvais et éprouvait du rejet envers Tamar parce qu’elle n’était pas originaire de Canaan. Un ange du Seigneur le fit mourir la troisième nuit.
§3 Il n’avait pas connu Tamar, conformément à la ruse de sa mère, car il ne voulait pas avoir d’enfants d’elle.
§4 Durant la période du mariage, je donnai Aunan à Tamar selon le devoir de beau-frère ; lui aussi, dans sa méchanceté, ne la connut pas véritablement, bien qu’il demeurât avec elle durant une année.
§5 Lorsque je le menaçai, il s’unit à elle mais détruisit sa semence sur la terre, selon l’ordre de sa mère ; lui aussi mourut dans sa méchanceté.
§6 Je voulus également lui donner Silom, mais ma femme Bessoué ne le permit pas ; elle nourrissait de mauvaises intentions envers Tamar parce que celle-ci n’était pas issue des filles de Canaan comme elle.
Proclamation
§1 Ensuite, mon fils Er prit Tamar pour femme, Tamar venue de Mésopotamie, fille d’Aram.
§2 Mais Er était mauvais ; il rejetait Tamar parce qu’elle n’était pas cananéenne. La troisième nuit, un ange du Seigneur le fit mourir.
§3 Il ne l’avait pas connue ; sa mère l’avait poussé à refuser des enfants issus d’elle.
§4 Alors je donnai Aunan à Tamar comme beau-frère. Lui aussi agit mal et refusa de s’unir vraiment à elle pendant une année.
§5 Quand je le menaçai, il alla vers elle mais répandit sa semence à terre selon l’ordre de sa mère. Lui aussi mourut dans sa méchanceté.
§6 Je voulus donner Silom à Tamar ; mais Bessoué, ma femme, s’y opposa parce qu’elle méprisait Tamar, qui n’était pas cananéenne comme elle.
Déployée
§1 Juda aborde ensuite l’histoire de Tamar : son fils Er épouse cette femme venue de Mésopotamie, présentée comme fille d’Aram.
§2 Er est qualifié de mauvais et le texte relie son hostilité envers Tamar à son origine non cananéenne ; sa mort est attribuée à un ange du Seigneur.
§3 Le récit précise qu’Er n’avait pas consommé l’union, influencé par la stratégie de sa mère qui refusait une descendance issue de Tamar.
§4 Juda donne ensuite Aunan à Tamar selon une logique de mariage de beau-frère ; Aunan refuse lui aussi de lui donner une descendance pendant une année.
§5 Sous la pression de Juda, Aunan s’unit à elle mais répand sa semence au sol, conformément à l’ordre de sa mère ; le récit présente ensuite sa mort comme conséquence de sa méchanceté.
§6 Juda souhaite enfin donner Silom à Tamar, mais Bessoué s’y oppose en raison de l’origine non cananéenne de Tamar.
Littérale
§1 Après cela, Er mon fils prit Tamar de Mésopotamie, fille d’Aram.
§2 Er était mauvais et était embarrassé au sujet de Tamar parce qu’elle n’était pas du pays de Canaan. Et un ange du Seigneur le tua la troisième nuit.
§3 Et lui ne la connut pas, selon la ruse de sa mère, car il ne voulait pas avoir d’enfants d’elle.
§4 Dans les jours de la chambre nuptiale, je la donnai en mariage de beau-frère à Aunan ; lui aussi, dans sa méchanceté, ne la connut pas, ayant fait une année avec elle.
§5 Et lorsque je le menaçai, il s’unit certes à elle, mais détruisit la semence sur la terre selon le commandement de sa mère ; et lui aussi mourut dans sa méchanceté.
§6 Je voulais aussi lui donner Silom, mais ma femme Bessoué ne le permit pas ; car elle agissait méchamment envers Tamar parce qu’elle n’était pas des filles de Canaan comme elle.
Philologique
§1 Après cela, Er mon fils prend Tamar de Mésopotamie, fille d’Aram.
§2 Er est qualifié ponēros, mauvais ; il éprouve aporia à l’égard de Tamar parce qu’elle n’est pas de Canaan. Sa mort est attribuée à un angelos kyriou la troisième nuit.
§3 Le verbe ginōskō est ici employé dans son sens conjugal : Er « ne la connut pas », sous l’influence de la panourgia, ruse, de sa mère, parce qu’il refusait une descendance issue de Tamar.
§4 Juda donne ensuite Aunan dans le cadre de l’epigambreusis, devoir de beau-frère ; lui aussi refuse de « connaître » Tamar durant une année.
§5 Menacé par Juda, Aunan s’unit à elle mais « détruit la semence sur la terre », selon l’ordre maternel ; sa mort est également rattachée à sa ponēria.
§6 Juda veut donner Silom à Tamar, mais Bessoué s’y oppose, hostile à Tamar parce qu’elle n’est pas cananéenne comme elle.
Paraphrase
§1 Juda passe de ses exploits militaires aux drames de sa famille. Son fils Er épouse Tamar, une femme venue de Mésopotamie.
§2 Er refuse cette union et le récit attribue sa mort rapide à un jugement divin.
§3 La tension familiale tient notamment à l’origine de Tamar : la mère d’Er ne veut pas qu’une descendance naisse d’une femme non cananéenne.
§4 Après la mort d’Er, Juda donne Aunan à Tamar afin qu’il assure une descendance à son frère. Aunan refuse cependant cette responsabilité.
§5 Même lorsqu’il finit par avoir des relations avec Tamar sous la pression de Juda, il empêche volontairement la conception ; le récit associe sa mort à cette conduite.
§6 Juda envisage alors Silom, le troisième fils, mais Bessoué s’y oppose encore par hostilité envers Tamar et son origine.
Texte source
§1 Μετὰ ταῦτα Ἦρ ὁ υἱός μου ἄγεται τὴν Θάμαρ ἐκ Μεσοποταμίας, θυγατέρα Ἀράμ. §2 Ἦν δὲ Ἦρ πονηρός, καὶ ἠπορεῖτο περὶ τῆς Θάμαρ, ὅτι οὐκ ἦν ἐκ γῆς Χαναάν. Καὶ ἄγγελος Κυρίου ἀνεῖλεν αὐτὸν τῇ τρίτῃ ἡμέρᾳ τῇ νυκτί, §3 καὶ αὐτὸς οὐκ ἔγνω αὐτήν, κατὰ πανουργίαν τῆς μητρὸς αὐτοῦ, οὐ γὰρ ἤθελεν ἔχειν τέκνα ἀπ' αὐτῆς. §4 Ἐν ταῖς ἡμέραις τοῦ θαλάμου ἐπεγάμβρευσα αὐτῇ τὸν Αὐνᾶν: καίγε οὗτος ἐν πονηρίᾳ οὐκ ἔγνω αὐτήν, ποιήσας σὺν αὐτῇ ἐνιαυτόν. §5 Καὶ ὅτε ἠπείλησα αὐτῷ, συνῆλθε μὲν αὐτῇ, διέφθειρε δὲ τὸ σπέρμα ἐπὶ τὴν γῆν, κατὰ τὴν ἐντολὴν τῆς μητρὸς αὐτοῦ: καίγε οὗτος ἐν πονηρίᾳ ἀπέθανεν. §6 Ἤθελον δὲ καὶ τὸν Σιλὼμ δοῦναι αὐτῇ, ἀλλ' ἡ γυνή μου Βησουὲ οὐκ ἀφῆκεν: ἐπονηρεύετο γὰρ πρὸς τὴν Θάμαρ, ὅτι οὐκ ἦν ἐκ θυγατέρων Χαναάν, ὡς αὐτή.
Notes textuelles
- Traduction directe du grec ; Charles 1908 demeure l’édition de contrôle. La transcription grecque publique sert à normaliser l’OCR ; une édition grecque critique ultérieure sert uniquement de témoin de segmentation.
Place dans l’ouvrage
Dans le Testament
Chapitre 10 sur 26 du Testament de Juda, centré dans l’ensemble sur force, royauté, désir et fidélité.
Parcours de l’unité
Clés de lecture
- Lire comme testament pseudépigraphique : récit autobiographique, exhortation morale et prophétie y sont volontairement articulés.
- Les formulations chrétiennes éventuelles doivent être examinées au cas par cas et non présumées pour tout le chapitre.
Approfondir : composition, transmission et réception
Témoin de travail
Sefaria API working witness; English text based on R. H. Charles 1908
Lecture éditoriale. Le témoin anglais sert au repérage ; la validation finale doit revenir aux témoins grecs, arméniens, slaves et aux éditions critiques pertinentes.
Bibliographie de travail
- R. H. Charles, The Testaments of the Twelve Patriarchs (1908)
- H. C. Kee, Testaments of the Twelve Patriarchs
- Marinus de Jonge, Studies on the Testaments of the Twelve Patriarchs
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.