Bibliothèque ancienne · Introduction critique
Babel, Abraham et transmission de l’astrologie
Traditions hellénistiques sur Babel, Abraham astronome, Phénicie, Égypte, Hénoc et la transmission angélique du savoir.
Texte — sept restitutions
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Clarté
§1 Dans un ouvrage intitulé Sur les Juifs d’Assyrie, il est rapporté que Babylone fut d’abord fondée par ceux qui avaient survécu au déluge. C’étaient des géants, et ils construisirent la tour dont parlent les récits.
§2 Lorsque la tour fut renversée par l’action de Dieu, les géants furent dispersés sur toute la terre. Puis Abraham naquit en Babylonie, à Camarine — que certains appelaient Urie, c’est-à-dire « ville des Chaldéens ». Le texte hésite entre la dixième et la treizième génération. Abraham surpassait tous les hommes par la noblesse et la sagesse ; il découvrit l’astrologie et la science chaldéenne et, s’étant tourné vers la piété, il plut à Dieu.
§3 Sur l’ordre de Dieu, Abraham vint habiter en Phénicie. Il enseigna aux Phéniciens les mouvements du soleil et de la lune ainsi que d’autres connaissances, et gagna ainsi la faveur de leur roi. Plus tard, des Arméniens firent la guerre aux Phéniciens et capturèrent son neveu ; Abraham partit avec ses serviteurs, vainquit les ravisseurs et captura leurs femmes et leurs enfants.
§4 Des ambassadeurs lui offrirent de l’argent pour racheter les captifs. Abraham refusa de s’enrichir du malheur des vaincus : il n’accepta que la nourriture nécessaire à ses jeunes hommes et rendit les prisonniers. Il fut ensuite reçu près du sanctuaire d’Argarizin, nom interprété comme « montagne du Très-Haut ».
§5 Melchisédek, prêtre de Dieu et roi, donna des présents à Abraham. Une famine étant survenue, Abraham partit ensuite pour l’Égypte avec toute sa maison et y demeura ; le roi des Égyptiens prit sa femme pour épouse, parce qu’Abraham avait déclaré qu’elle était sa sœur.
§6 Le roi ne put cependant s’unir à elle. Son peuple et sa maison furent frappés de fléaux. Les devins qu’il convoqua déclarèrent que la femme n’était pas veuve ; le roi comprit alors qu’elle était l’épouse d’Abraham et la lui rendit.
§7 Abraham séjourna à Héliopolis auprès des prêtres égyptiens et leur transmit beaucoup de connaissances, notamment l’astrologie. Il disait que les Babyloniens et lui-même avaient découvert ces savoirs, mais il en faisait remonter l’origine à Hénoc, premier véritable découvreur de l’astrologie, et non aux Égyptiens.
§8 Les Babyloniens disent que le premier fut Bélos, identifié à Cronos. Le récit mêle ensuite généalogies bibliques et noms grecs : de cette lignée viennent Canaan, le père des Phéniciens, puis Choum — appelé Asbolos par les Grecs —, père des Éthiopiens et frère de Mestraïm, père des Égyptiens. Les Grecs disent qu’Atlas découvrit l’astrologie ; or Atlas est identifié ici à Hénoc. Mathusalem, fils d’Hénoc, apprit toutes choses par les anges de Dieu, et c’est ainsi, conclut le récit, que ce savoir nous est parvenu.
Lecture
§1 Dans Sur les Juifs d’Assyrie, le récit fait des survivants du déluge les premiers fondateurs de Babylone : ces géants auraient élevé la célèbre tour.
§2 Après la chute de la tour et la dispersion des géants, Abraham naît à Camarine/Urie en Babylonie. Le récit conserve une hésitation de génération, mais insiste surtout sur sa noblesse, sa sagesse, sa découverte de l’astrologie et son attachement à Dieu.
§3 Dieu conduit Abraham en Phénicie, où il devient maître de savoir astronomique. Quand son neveu est capturé au cours d’une guerre, Abraham prend les armes, vainc les ravisseurs et fait à son tour des captifs.
§4 On proposa à Abraham une rançon pour les captifs ; il la refusa, ne gardant que la nourriture de ses hommes. Il rendit les prisonniers puis fut accueilli au sanctuaire d’Argarizin, « montagne du Très-Haut ».
§5 Melchisédek, présenté comme roi et prêtre de Dieu, offre des présents à Abraham. La famine conduit ensuite Abraham et sa maison en Égypte, où le roi prend sa femme après l’avoir entendue présenter comme sa sœur.
§6 Le mariage projeté échoue : des fléaux frappent la maison royale et les devins révèlent que la femme est mariée. Le roi la rend alors à Abraham.
§7 À Héliopolis, Abraham devient maître des prêtres égyptiens en matière d’astrologie. Il rattache toutefois cette science à une tradition plus ancienne encore : Hénoc en est le premier véritable découvreur.
§8 Le fragment rapproche traditions babyloniennes, généalogies bibliques et mythologie grecque. Bélos est identifié à Cronos, Atlas à Hénoc ; la science céleste passe d’Hénoc à Mathusalem par l’enseignement des anges.
Proclamation
§1 Après le déluge, des géants survécurent ; ils fondèrent Babylone et bâtirent la tour célèbre.
§2 La tour tombe par l’action de Dieu, les géants sont dispersés. Puis naît Abraham, à Camarine en Babylonie : sage, noble, connaisseur des astres et agréable à Dieu.
§3 Dieu envoie Abraham en Phénicie. Il y enseigne le soleil, la lune et les astres ; puis il part délivrer son neveu, vainc ses ennemis et prend leurs familles.
§4 On lui offrit une rançon ; Abraham la refusa. Il ne prit que la nourriture de ses hommes, rendit les captifs et fut reçu à Argarizin, « montagne du Très-Haut ».
§5 Melchisédek, prêtre et roi, donne des présents à Abraham. La famine le pousse ensuite vers l’Égypte ; le roi y prend sa femme, qu’Abraham avait appelée sa sœur.
§6 Le roi ne put s’unir à elle. Des fléaux vinrent ; les devins révélèrent qu’elle avait un mari, et elle fut rendue à Abraham.
§7 Abraham enseigna l’astrologie aux prêtres d’Héliopolis. Mais il disait que cette science venait plus anciennement d’Hénoc, et non des Égyptiens.
§8 Bélos est identifié à Cronos, Atlas à Hénoc. Mathusalem reçoit des anges le savoir d’Hénoc, et c’est par cette chaîne que la connaissance parvient aux hommes.
Déployée
§1 Dans Sur les Juifs d’Assyrie, Eupolème rapporte que Babylone fut d’abord fondée par les survivants du déluge : c’étaient des géants, et ils bâtissaient la tour fameuse.
§2 Lorsque cette tour tomba par l’action de Dieu, les géants furent dispersés sur toute la terre. Abraham naquit ensuite en Babylonie, à Camarine, appelée aussi Urie, « ville des Chaldéens » ; une indication le place à la dixième génération et une autre à la treizième. Il dépassait tous les hommes par la noblesse et la sagesse, découvrit l’astrologie et la science chaldéenne, puis se tourna vers la piété et plut à Dieu.
§3 Sur l’ordre de Dieu, Abraham vint habiter en Phénicie. Il enseigna aux Phéniciens les mouvements du soleil et de la lune ainsi que les autres connaissances et gagna la faveur de leur roi. Plus tard, des Arméniens attaquèrent les Phéniciens et capturèrent son neveu ; Abraham partit avec ses serviteurs, vainquit les ravisseurs et captura leurs femmes et leurs enfants.
§4 Des ambassadeurs proposèrent à Abraham de l’argent pour racheter les captifs. Il refusa de profiter du malheur des vaincus, ne prit que la nourriture de ses jeunes hommes et rendit les prisonniers. Il fut ensuite accueilli auprès du sanctuaire d’Argarizin, dont le nom est interprété « montagne du Très-Haut ».
§5 Melchisédek, prêtre de Dieu et roi, donna des présents à Abraham. Lorsqu’une famine survint, Abraham partit en Égypte avec toute sa maison et y demeura ; le roi des Égyptiens prit sa femme pour épouse, parce qu’Abraham avait déclaré qu’elle était sa sœur.
§6 Le roi ne put cependant s’unir à elle ; son peuple et sa maison furent frappés. Ayant convoqué des devins, il apprit d’eux que la femme n’était pas veuve ; il comprit alors qu’elle était l’épouse d’Abraham et la rendit à son mari.
§7 Abraham demeura à Héliopolis avec les prêtres égyptiens et leur transmit beaucoup de connaissances, notamment l’astrologie. Il disait que les Babyloniens et lui-même avaient découvert ces savoirs, mais il faisait remonter leur première découverte à Hénoc, qu’il tenait pour le premier découvreur de l’astrologie, et non aux Égyptiens.
§8 Les Babyloniens disent que Bélos fut le premier et l’identifient à Cronos. Le récit fait ensuite venir Canaan, le père des Phéniciens, puis Choum, appelé Asbolos par les Grecs, père des Éthiopiens et frère de Mestraïm, père des Égyptiens. Les Grecs disent qu’Atlas découvrit l’astrologie ; or Atlas est ici identifié à Hénoc. Hénoc engendra Mathusalem, qui apprit toutes choses par les anges de Dieu, et c’est ainsi que ces connaissances parvinrent jusqu’aux hommes.
Littérale
§1 « Eupolème dit, dans Sur les Juifs d’Assyrie, que la ville de Babylone fut d’abord bâtie par ceux qui avaient été sauvés du déluge ; ils étaient des géants et bâtissaient la tour dont on fait le récit. »
§2 « La tour étant tombée par l’action de Dieu, les géants furent dispersés sur toute la terre. À la dixième génération, dit-il, à Camarine en Babylonie, que certains appellent ville d’Urie — interprétée “des Chaldéens” —, à la treizième génération naquit Abraham, surpassant tous par noblesse et sagesse ; lui aussi découvrit l’astrologie et l’art chaldéen et, s’étant porté vers la piété, plut à Dieu. »
§3 « Sur l’ordre de Dieu, Abraham vint en Phénicie et enseigna aux Phéniciens les révolutions du soleil et de la lune et les autres choses ; il fut aimé de leur roi. Les Arméniens ayant fait campagne contre les Phéniciens et ayant capturé son neveu, Abraham partit avec ses serviteurs, vainquit ceux qui l’avaient pris et captura leurs femmes et leurs enfants. »
§4 « Des envoyés étant venus pour acheter les captifs contre argent, Abraham ne voulut pas profiter des malheurs d’autrui ; il reçut seulement la nourriture des jeunes gens et rendit les prisonniers. Il fut ensuite reçu auprès du sanctuaire d’Argarizin, interprété “montagne du Très-Haut”. »
§5 « Melchisédek, prêtre de Dieu et roi, lui donna des présents. Une famine étant survenue, Abraham partit en Égypte avec toute sa maison et y habita ; le roi des Égyptiens prit sa femme pour épouse, Abraham ayant dit qu’elle était sa sœur. »
§6 « Le roi ne put avoir commerce avec elle ; son peuple et sa maison furent frappés de fléaux. Ayant appelé les devins, ceux-ci lui déclarèrent que la femme n’était pas veuve. Ayant appris qu’elle était l’épouse d’Abraham, il la lui rendit. »
§7 « Abraham demeura à Héliopolis avec les prêtres égyptiens et leur transmit beaucoup de choses, notamment l’astrologie ; il disait que les Babyloniens et lui-même avaient découvert ces choses, mais faisait remonter leur découverte à Hénoc, premier à avoir découvert l’astrologie, et non aux Égyptiens. »
§8 « Les Babyloniens disent que le premier fut Bélos, lequel est Cronos ; suivent Canaan, le père des Phéniciens, Choum, appelé Asbolos par les Grecs, père des Éthiopiens et frère de Mestraïm, père des Égyptiens. Les Grecs disent qu’Atlas découvrit l’astrologie ; Atlas est le même qu’Hénoc. Hénoc engendra Mathusalem, qui apprit toutes choses par les anges de Dieu, et ainsi nous les avons apprises. »
Philologique
§1 Eupolème dit, dans Sur les Juifs d’Assyrie, que la ville de Babylone fut d’abord bâtie par ceux qui avaient survécu au déluge ; ils étaient des géants et construisaient la tour fameuse.
§2 La tour étant tombée par l’action de Dieu, les géants furent dispersés sur toute la terre. À la dixième génération — et, dans l’autre indication conservée, à la treizième — Abraham naquit à Camarine en Babylonie, ville que certains appelaient Urie, interprétée « ville des Chaldéens ». Il surpassait tous en noblesse et en sagesse, découvrit l’astrologie et la science chaldéenne, se porta vers la piété et plut à Dieu.
§3 À cause des commandements de Dieu, Abraham vint en Phénicie et y demeura ; il enseigna aux Phéniciens les révolutions du soleil et de la lune et toutes les autres choses, et plut à leur roi. Plus tard, des Arméniens ayant fait campagne contre les Phéniciens et capturé son neveu, Abraham vint à son secours avec ses serviteurs, maîtrisa les ravisseurs et captura les enfants et les femmes des ennemis.
§4 Des envoyés vinrent auprès d’Abraham afin qu’il reçoive de l’argent et libère les captifs ; il ne voulut pas tirer profit de ceux qui étaient dans le malheur. Il prit seulement la nourriture de ses jeunes hommes, rendit les captifs et fut accueilli auprès du sanctuaire d’Argarizin, interprété « montagne du Très-Haut ».
§5 Abraham reçut des présents de Melchisédek, qui était prêtre de Dieu et roi. Une famine étant survenue, Abraham partit en Égypte avec toute sa maison et y demeura ; le roi des Égyptiens épousa sa femme, Abraham ayant dit qu’elle était sa sœur.
§6 Le roi ne pouvait avoir commerce avec elle, et son peuple ainsi que sa maison furent frappés. Il convoqua des devins ; ceux-ci dirent que la femme n’était pas veuve. Le roi reconnut ainsi qu’elle était l’épouse d’Abraham et la rendit à son mari.
§7 Abraham, vivant à Héliopolis avec les prêtres des Égyptiens, leur transmit de nombreuses choses et leur enseigna l’astrologie et le reste. Il disait que les Babyloniens et lui-même avaient découvert ces connaissances, mais en faisait remonter la découverte à Hénoc, qui avait le premier découvert l’astrologie, et non aux Égyptiens.
§8 Les Babyloniens disent que le premier fut Bélos, qui est Cronos ; de cette lignée vinrent Bélos et Canaan, et Canaan engendra le père des Phéniciens ; de celui-ci naquit Choum, que les Grecs appellent Asbolos, père des Éthiopiens et frère de Mestraïm, père des Égyptiens. Les Grecs disent qu’Atlas découvrit l’astrologie ; Atlas est le même qu’Hénoc. Hénoc eut pour fils Mathusalem, qui connut toutes choses par les anges de Dieu, et c’est ainsi que nous les avons connues.
Paraphrase
§1 Le récit fait commencer Babylone avec les survivants du déluge : des géants qui bâtissent la ville et la fameuse tour.
§2 Après Babel, les géants sont dispersés. C’est dans ce monde babylonien que le récit place Abraham : un homme d’exception par sa sagesse, son savoir des astres et sa recherche de Dieu.
§3 Abraham apparaît tour à tour comme savant et libérateur : il enseigne aux Phéniciens la science des astres, puis part au combat lorsque son neveu tombe aux mains de l’ennemi.
§4 Abraham refuse de transformer sa victoire en profit : il libère les captifs et ne garde que ce qui nourrit ses hommes. Le récit le conduit ensuite au sanctuaire d’Argarizin, associé au Très-Haut.
§5 Après Melchisédek vient l’épreuve de la famine : Abraham descend en Égypte, et le mensonge sur l’identité de sa femme la fait entrer dans la maison du roi.
§6 Dieu protège la femme d’Abraham : la maison royale est frappée et les devins finissent par révéler la vérité. Le roi la rend alors à son mari.
§7 En Égypte, Abraham transmet aux prêtres d’Héliopolis une science des astres qu’il rattache à Hénoc : le savoir n’est pas né en Égypte, il vient d’une tradition plus ancienne.
§8 Babylone, la Bible et la mythologie grecque sont réunies dans une même histoire des origines : Atlas devient Hénoc, et le savoir des astres vient finalement des anges qui l’ont transmis à Mathusalem.
Texte source
§1 Εὐπόλεμος δὲ ἐν τῷ περὶ Ἰουδαίων τῆς Ἀσσυρίας φησὶ πόλιν Βαβυλῶνα πρῶτον μὲν κτισθῆναι ὑπὸ τῶν διασωθέντων ἐκ τοῦ κατακλυσμοῦ· εἶναι δὲ αὐτοὺς γίγαντας, οἰκοδομεῖν δὲ τὸν ἱστορούμενον πύργον. §2 πεσόντος δὲ τούτου ὑπὸ τῆς τοῦ θεοῦ ἐνεργείας τοὺς γίγαντας διασπαρῆναι καθ᾽ ὅλην τὴν γῆν. δεκάτῃ δὲ γενεᾷ, φησίν, ἐν πόλει τῆς Βαβυλωνίας Καμαρίνῃ, ἥν τινας λέγειν πόλιν Οὐρίην (εἶναι δὲ μεθερμηνευομένην Χαλδαίων πόλιν), {ἢ}ἐν τρισκαιδεκάτῃ γενέσθαι Ἁβραὰμ γενεᾷ, εὐγενείᾳ καὶ σοφίᾳ πάντας ὑπερβεβηκότα, ὃν δὴ καὶ τὴν ἀστρολογίαν καὶ Χαλδαϊκὴν εὑρεῖν ἐπί τε τὴν εὐσέβειαν ὁρμήσαντα εὐαρεστῆσαι τῷ θεῷ. §3 τοῦτον δὲ διὰ τὰ προστάγματα τοῦ θεοῦ εἰς Φοινίκην ἐλθόντα κατοικῆσαι, καὶ τροπὰς ἡλίου καὶ σελήνης καὶ τὰ ἄλλα πάντα διδάξαντα τοὺς Φοίνικας εὐαρεστῆσαι τῷ βασιλεῖ αὐτῶν. ὕστερον δὲ Ἀρμενίους ἐπιστρατεῦσαι τοῖς Φοίνιξι· νικησάντων δὲ καὶ αἰχμαλωτισαμένων τὸν ἀδελφιδοῦν αὐτοῦ τὸν Ἁβραὰμ μετὰ οἰκετῶν βοηθήσαντα ἐγκρατῆ γενέσθαι τῶν αἰχμαλωτισαμένων καὶ τῶν πολεμίων αἰχμαλωτίσαι τέκνα καὶ γυναῖκας. §4 πρέσβεων δὲ παραγενομένων πρὸς αὐτὸν ὅπως χρήματα λαβὼν ἀπολυτρώσῃ ταῦτα, μὴ προελέσθαι τοῖς δυστυχοῦσιν ἐπεμβαίνειν, ἀλλὰ τὰς τροφὰς λαβόντα τῶν νεανίσκων ἀποδοῦναι τὰ αἰχμάλωτα ξενισθῆναί τε αὐτὸν ὑπὸ πόλεως ἱερὸν Ἀργαριζίν, ὃ εἶναι μεθερμηνευόμενον ὄρος ὑψίστου· §5 παρὰ δὲ τοῦ Μελχισεδὲκ ἱερέως ὄντος τοῦ θεοῦ καὶ βασιλεύοντος λαβεῖν δῶρα. λιμοῦ δὲ γενομένου τὸν Ἁβραὰμ ἀπαλλαγῆναι εἰς Αἴγυπτον πανοικίᾳ κἀκεῖ κατοικεῖν τήν τε γυναῖκα αὐτοῦ τὸν βασιλέα τῶν Αἰγυπτίων γῆμαι, φάντος αὐτοῦ ἀδελφὴν εἶναι. §6 περισσότερον δ᾽ ἱστόρησεν ὅτι οὐκ ἠδύνατο αὐτῇ συγγενέσθαι καὶ ὅτι συνέβη φθείρεσθαι αὐτοῦ τὸν λαὸν καὶ τὸν οἶκον, μάντεις δὲ αὐτοῦ καλέσαντος τούτους φάναι μὴ εἶναι χήραν τὴν γυναῖκα· τὸν δὲ βασιλέα τῶν Αἰγυπτίων οὕτως ἐπιγνῶναι ὅτι γυνὴ ἦν τοῦ Ἁβραὰμ καὶ ἀποδοῦναι αὐτὴν τῷ ἀνδρί. §7 συζήσαντα δὲ τὸν Ἁβραὰμ ἐν Ἡλιουπόλει τοῖς Αἰγυπτίων ἱερεῦσι πολλὰ μεταδιδάξαι αὐτοὺς καὶ τὴν ἀστρολογίαν καὶ τὰ λοιπὰ τοῦτον αὐτοῖς εἰσηγήσασθαι, φάμενον Βαβυλωνίους ταῦτα καὶ αὑτὸν εὑρηκέναι, τὴν δὲ εὕρεσιν αὐτῶν εἰς Ἐνὼχ ἀναπέμπειν, καὶ τοῦτον εὑρηκέναι πρῶτον τὴν ἀστρολογίαν, οὐκ Αἰγυπτίους. §8 Βαβυλωνίους γὰρ λέγειν πρῶτον γενέσθαι Βῆλον, ὃν εἶναι Κρόνον· ἐκ τούτου δὲ γενέσθαι Βῆλον καὶ Χαναάν, τοῦτον δὲ τὸν Χαναὰν γεννῆσαι τὸν πατέρα τῶν Φοινίκων, τούτου δὲ Χοὺμ υἱὸν γενέσθαι, ὃν ὑπὸ τῶν Ἑλλήνων λέγεσθαι Ἄσβολον, πατέρα δὲ Αἰθιόπων, ἀδελφὸν δὲ τοῦ Μεστραείμ, πατρὸς Αἰγυπτίων· Ἕλληνας δὲ λέγειν τὸν Ἄτλαντα εὑρηκέναι ἀστρολογίαν, εἶναι δὲ τὸν Ἄτλαντα τὸν αὐτὸν καὶ Ἐνώχ· τοῦ δὲ Ἐνὼχ γενέσθαι υἱὸν Μαθουσάλαν, ὃν πάντα δι᾽ ἀγγέλων θεοῦ γνῶναι καὶ ἡμᾶς οὕτως ἐπιγνῶναι.
Notes textuelles
- Le label « Pseudo-Eupolème » est une convention éditoriale moderne.
- Le second fragment est explicitement introduit par Eusèbe comme anonyme : ἐν ἀδεσπότοις.
- L’hésitation dixième/treizième génération du premier fragment est conservée.
- Révision S5 : les explications lexicales, variantes et incertitudes ont été maintenues dans l’appareil ; Déployée et Philologique sont toutes deux des textes continus.
Place dans l’ouvrage
Dans le corpus conservé
Fragment 1 sur 2 ; 8 section(s) traduite(s) dans cette unité.
Parcours de l’unité
Clés de lecture
- Lire le fragment à partir du témoin grec transmis, sans compléter les lacunes du livre perdu.
Approfondir : composition, transmission et réception
Établissement du fragment
Le label « Pseudo-Eupolème » est une convention éditoriale moderne. Le second fragment est explicitement introduit par Eusèbe comme anonyme : ἐν ἀδεσπότοις. L’hésitation dixième/treizième génération du premier fragment est conservée.
Lecture éditoriale. Les problèmes de transmission sont consignés dans l’appareil et non masqués dans le texte.
Bibliographie de travail
- Eusèbe de Césarée, Préparation évangélique 9.17.1–9
- Eusèbe de Césarée, Préparation évangélique 9.18.2
- Carl R. Holladay, Fragments from Hellenistic Jewish Authors
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.