Bibliothèque ancienne · Introduction critique

Joseph bénit Aséneth

Joseph prie pour qu’Aséneth soit renouvelée et introduite dans la vie véritable. Sa bénédiction donne une orientation théologique à la transformation qui occupera les chapitres suivants.

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Texte — sept restitutions

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Clarté

§92 La mère d’Aséneth monta dans la chambre haute et conduisit sa fille auprès de Joseph. Pentéphrès lui dit : « Salue ton frère : lui aussi est vierge comme toi aujourd’hui ; il refuse toute femme étrangère, comme toi tu refuses tout homme étranger. »

§93 Aséneth dit à Joseph : « Salut, seigneur, toi que le Dieu Très-Haut a béni. » Joseph répondit : « Que le Dieu qui donne la vie à toutes choses te bénisse. »

§94 Pentéphrès dit à Aséneth : « Approche et embrasse ton frère. »

§95 Lorsqu’elle s’avança pour l’embrasser, Joseph étendit sa main droite et la plaça devant sa poitrine.

§96 Il dit : « Il ne convient pas à un homme qui craint Dieu — qui bénit de sa bouche le Dieu vivant, mange un pain béni [de vie, boit une coupe bénie d’immortalité et reçoit une onction bénie] d’incorruptibilité — d’embrasser une femme étrangère qui bénit de sa bouche des idoles mortes et sourdes, mange à leur table un pain de strangulation, boit de leurs libations une coupe de piège et reçoit une onction de perdition.

§97 L’homme qui craint Dieu embrasse sa mère, sa sœur de sa tribu et de sa parenté, ainsi que la femme qui partage sa couche, lorsqu’elles bénissent le Dieu vivant.

§98 De même, il ne convient pas à une femme qui craint Dieu d’embrasser un homme étranger, car cela est une abomination devant Dieu. »

§99 Quand Aséneth entendit ces paroles, elle fut profondément attristée. Elle soupira, fixa Joseph du regard et ses yeux se remplirent de larmes.

§100 Joseph la vit et fut rempli de compassion, car il était doux, miséricordieux et craignait le Seigneur. Il leva sa main droite au-dessus de la tête d’Aséneth et dit :

§101 « Seigneur, Dieu de mon père Israël, Très-Haut et Puissant, toi qui donnes la vie à toutes choses, qui appelles des ténèbres à la lumière [de l’égarement à la vérité] et de la mort à la vie, toi-même, Seigneur, donne la vie à cette jeune fille et bénis-la.

§102 Renouvelle-la par ton Esprit [refaçonne-la par ta main cachée, rends-la vivante de ta vie, qu’elle mange le pain de ta vie] et qu’elle boive la coupe de ta bénédiction. Toi qui l’as choisie avant qu’elle naisse, fais-la entrer dans ton repos que tu as préparé pour tes élus. »

Lecture

§92 La mère d’Aséneth alla chercher sa fille à l’étage et la conduisit devant Joseph. Pentéphrès lui dit : « Va saluer ton frère : lui aussi vit dans la virginité comme toi et se tient à distance des femmes étrangères, comme toi des hommes étrangers. »

§93 Aséneth s’adressa à Joseph : « Salut à toi, seigneur, béni par le Dieu Très-Haut. » — « Que le Dieu qui fait vivre toute chose te bénisse », répondit Joseph.

§94 Pentéphrès invita alors sa fille : « Approche-toi et embrasse ton frère. »

§95 Mais lorsqu’elle s’avança, Joseph tendit sa main droite et la posa en avant de sa poitrine pour l’arrêter.

§96 « Un homme qui craint Dieu, qui bénit le Dieu vivant, qui se nourrit du pain béni [de vie, boit la coupe bénie d’immortalité et reçoit l’onction bénie] d’incorruptibilité, ne doit pas embrasser une femme étrangère qui honore des idoles mortes et sourdes, mange à leur table un pain lié à la mort, boit une coupe qui devient piège et reçoit une onction qui conduit à la perdition.

§97 L’homme qui craint Dieu peut embrasser sa mère, sa sœur de son propre peuple et de sa parenté, ou son épouse, lorsqu’elles bénissent le Dieu vivant.

§98 De même, une femme qui craint Dieu ne doit pas embrasser un homme étranger : dans la logique religieuse de ce passage, cela est présenté comme une abomination devant Dieu. »

§99 Ces paroles frappèrent Aséneth de plein fouet. Elle fut profondément affligée, soupira, fixa Joseph et ses yeux se remplirent de larmes.

§100 Joseph, en la voyant, fut saisi de compassion, car il était doux, miséricordieux et craignait le Seigneur. Il leva alors sa main droite au-dessus de sa tête et pria :

§101 « Seigneur, Dieu de mon père Israël, Dieu Très-Haut et puissant, toi qui fais vivre toute chose, qui appelles des ténèbres vers la lumière [de l’erreur vers la vérité] et de la mort vers la vie, fais vivre cette jeune fille et bénis-la.

§102 Renouvelle-la par ton Esprit [refaçonne-la par ta main cachée, fais-la revivre de ta propre vie, qu’elle mange le pain de ta vie], qu’elle boive la coupe de ta bénédiction, elle que tu as choisie avant sa naissance, et qu’elle entre dans le repos préparé pour tes élus. »

Proclamation

§92 La mère d’Aséneth la conduisit devant Joseph. « Salue ton frère, dit Pentéphrès. Lui aussi est vierge ; il refuse les femmes étrangères, comme toi les hommes étrangers. »

§93 Aséneth : « Salut, seigneur, béni par le Dieu Très-Haut ! » Joseph : « Que le Dieu qui donne vie à toute chose te bénisse ! »

§94 « Approche, embrasse ton frère. »

§95 Aséneth s’avance. Joseph tend la main droite et l’arrête devant sa poitrine.

§96 « Celui qui craint Dieu bénit le Dieu vivant ; il mange le pain béni [de vie], boit la coupe bénie [d’immortalité], reçoit l’onction [d’incorruptibilité]. Il ne convient pas qu’il embrasse celle qui bénit des idoles mortes et sourdes, mange leur pain de mort, boit leur coupe-piège, reçoit leur onction de perdition.

§97 L’homme qui craint Dieu embrasse sa mère, sa sœur, son épouse — celles qui bénissent le Dieu vivant.

§98 Et la femme qui craint Dieu ne doit pas embrasser l’homme étranger : c’est une abomination devant Dieu. »

§99 Aséneth entend. Elle s’effondre intérieurement. Elle soupire. Elle regarde Joseph. Ses yeux se remplissent de larmes.

§100 Joseph la voit. La compassion le saisit. Doux, miséricordieux, craignant le Seigneur, il lève sa main droite au-dessus de sa tête :

§101 « Seigneur, Dieu de mon père Israël ! Très-Haut ! Puissant ! Toi qui donnes vie à tout, qui appelles des ténèbres à la lumière [de l’égarement à la vérité], de la mort à la vie : donne vie à cette jeune fille ! Bénis-la !

§102 Renouvelle-la par ton Esprit [refaçonne-la de ta main cachée, ranime-la de ta vie, qu’elle mange le pain de ta vie] ! Qu’elle boive la coupe de ta bénédiction ! Toi qui l’as choisie avant sa naissance, fais-la entrer dans le repos préparé pour tes élus ! »

Déployée

§92 La mère d’Aséneth monta dans la chambre haute et conduisit sa fille auprès de Joseph. Pentéphrès lui dit : « Salue ton frère : lui aussi est vierge comme toi aujourd’hui ; il refuse toute femme étrangère, comme toi tu refuses tout homme étranger. »

§93 Aséneth dit à Joseph : « Salut, seigneur, toi que le Dieu Très-Haut a béni. » Joseph répondit : « Que le Dieu qui donne la vie à toutes choses te bénisse. »

§94 Pentéphrès dit à Aséneth : « Approche et embrasse ton frère. »

§95 Lorsqu’elle s’avança pour l’embrasser, Joseph étendit sa main droite et la plaça devant sa poitrine.

§96 Il dit : « Il ne convient pas à un homme qui craint Dieu — qui bénit de sa bouche le Dieu vivant, mange un pain béni [de vie, boit une coupe bénie d’immortalité et reçoit une onction bénie] d’incorruptibilité — d’embrasser une femme étrangère qui bénit de sa bouche des idoles mortes et sourdes, mange à leur table un pain de strangulation, boit de leurs libations une coupe de piège et reçoit une onction de perdition. — les formules « pain de vie », « coupe d’immortalité » et « onction d’incorruptibilité » sont conservées sans leur imposer une sacramentologie chrétienne ultérieure.

§97 L’homme qui craint Dieu embrasse sa mère, sa sœur de sa tribu et de sa parenté, ainsi que la femme qui partage sa couche, lorsqu’elles bénissent le Dieu vivant.

§98 De même, il ne convient pas à une femme qui craint Dieu d’embrasser un homme étranger, car cela est une abomination devant Dieu. »

§99 Quand Aséneth entendit ces paroles, elle fut profondément attristée. Elle soupira, fixa Joseph du regard et ses yeux se remplirent de larmes.

§100 Joseph la vit et fut rempli de compassion, car il était doux, miséricordieux et craignait le Seigneur. Il leva sa main droite au-dessus de la tête d’Aséneth et dit :

§101 « Seigneur, Dieu de mon père Israël, Très-Haut et Puissant, toi qui donnes la vie à toutes choses, qui appelles des ténèbres à la lumière [de l’égarement à la vérité] et de la mort à la vie, toi-même, Seigneur, donne la vie à cette jeune fille et bénis-la. — le vocabulaire de renouvellement construit un motif de recréation.

§102 Renouvelle-la par ton Esprit [refaçonne-la par ta main cachée, rends-la vivante de ta vie, qu’elle mange le pain de ta vie] et qu’elle boive la coupe de ta bénédiction. Toi qui l’as choisie avant qu’elle naisse, fais-la entrer dans ton repos que tu as préparé pour tes élus. » — la revivification prolonge ce même motif de recréation sans effacer les variantes du témoin.

Littérale

§92 Et la mère d’Aséneth monta dans la chambre haute et conduisit Aséneth vers Joseph ; et Pentéphrès dit à sa fille Aséneth : « Salue ton frère, parce que lui aussi est vierge comme toi aujourd’hui et hait toute femme étrangère, comme toi tout homme étranger. »

§93 Et Aséneth dit à Joseph : « Réjouis-toi, seigneur, béni par le Dieu Très-Haut. » Et Joseph lui dit : « Que te bénisse le Dieu qui a vivifié toutes choses. »

§94 Et Pentéphrès dit à Aséneth : « Approche et embrasse ton frère. »

§95 Et comme elle s’approcha pour embrasser Joseph, Joseph étendit sa main droite et la plaça contre sa poitrine et dit :

§96 « Il ne convient pas à un homme craignant Dieu, qui bénit de sa bouche le Dieu vivant et mange un pain béni [de vie et boit une coupe bénie d’immortalité et est oint d’une onction bénie] d’incorruptibilité, d’embrasser une femme étrangère, laquelle bénit de sa bouche des idoles mortes et sourdes, mange de leur table un pain de strangulation, boit de leur libation une coupe de piège et est ointe d’une onction de perdition.

§97 Mais un homme craignant Dieu embrassera sa mère, et la sœur de sa tribu et de sa parenté, et la femme qui partage sa couche, lesquelles bénissent de leur bouche le Dieu vivant.

§98 De même aussi, pour une femme craignant Dieu, il ne convient pas d’embrasser un homme étranger, parce que cela est une abomination devant Dieu. »

§99 Et comme Aséneth entendit les paroles de Joseph, elle fut très affligée, soupira, regardait fixement Joseph, et ses yeux furent remplis de larmes.

§100 Et Joseph la vit et eut grandement pitié d’elle, parce que Joseph était doux et miséricordieux et craignant le Seigneur. Et il leva sa main droite au-dessus de sa tête et dit :

§101 « Seigneur, Dieu de mon père Israël, le Très-Haut, le Puissant, celui qui a vivifié toutes choses et appelé des ténèbres vers la lumière [et de l’égarement vers la vérité] et de la mort vers la vie, toi-même, Seigneur, vivifie aussi et bénis cette vierge.

§102 Et renouvelle-la par ton Esprit [et refaçonne-la par ta main [cachée], et revivifie-la par ta vie, et qu’elle mange le pain de ta vie] et qu’elle boive la coupe de ta bénédiction, elle que tu as choisie avant qu’elle soit née, et qu’elle entre dans ton repos que tu as préparé pour tes élus. »

Philologique

§92 Et la mère d’Aséneth monta dans la chambre haute et conduisit Aséneth vers Joseph ; et Pentéphrès dit à sa fille Aséneth : « Salue ton frère, parce que lui aussi est vierge comme toi aujourd’hui et hait toute femme étrangère, comme toi tout homme étranger. »

§93 Et Aséneth dit à Joseph : « Réjouis-toi, seigneur, béni par le Dieu Très-Haut. » Et Joseph lui dit : « Que te bénisse le Dieu qui a vivifié toutes choses. »

§94 Et Pentéphrès dit à Aséneth : « Approche et embrasse ton frère. »

§95 Et comme elle s’approcha pour embrasser Joseph, Joseph étendit sa main droite et la plaça contre sa poitrine et dit :

§96 « Il ne convient pas à un homme craignant Dieu, qui bénit de sa bouche le Dieu vivant et mange un pain béni [de vie et boit une coupe bénie d’immortalité et est oint d’une onction bénie] d’incorruptibilité, d’embrasser une femme étrangère, laquelle bénit de sa bouche des idoles mortes et sourdes, mange de leur table un pain de strangulation, boit de leur libation une coupe de piège et est ointe d’une onction de perdition. [artos zōēs / poterion athanasias / chrisma aphtharsias : formules initiatiques à ne pas surdéterminer sacramentellement.]

§97 Mais un homme craignant Dieu embrassera sa mère, et la sœur de sa tribu et de sa parenté, et la femme qui partage sa couche, lesquelles bénissent de leur bouche le Dieu vivant.

§98 De même aussi, pour une femme craignant Dieu, il ne convient pas d’embrasser un homme étranger, parce que cela est une abomination devant Dieu. »

§99 Et comme Aséneth entendit les paroles de Joseph, elle fut très affligée, soupira, regardait fixement Joseph, et ses yeux furent remplis de larmes.

§100 Et Joseph la vit et eut grandement pitié d’elle, parce que Joseph était doux et miséricordieux et craignant le Seigneur. Et il leva sa main droite au-dessus de sa tête et dit :

§101 « Seigneur, Dieu de mon père Israël, le Très-Haut, le Puissant, celui qui a vivifié toutes choses et appelé des ténèbres vers la lumière [et de l’égarement vers la vérité] et de la mort vers la vie, toi-même, Seigneur, vivifie aussi et bénis cette vierge. [Le vocabulaire de renouvellement construit une recréation.]

§102 Et renouvelle-la par ton Esprit [et refaçonne-la par ta main [cachée], et revivifie-la par ta vie, et qu’elle mange le pain de ta vie] et qu’elle boive la coupe de ta bénédiction, elle que tu as choisie avant qu’elle soit née, et qu’elle entre dans ton repos que tu as préparé pour tes élus. » [Le vocabulaire de revivification poursuit le même motif.]

Paraphrase

§92 Aséneth est enfin amenée devant Joseph. Son père essaie de rendre la rencontre possible en les présentant comme frère et sœur : tous deux vivent dans la virginité et évitent les relations qu’ils considèrent comme étrangères à leur foi.

§93 Leur premier échange est respectueux : Aséneth salue l’homme béni par le Très-Haut ; Joseph répond par une bénédiction au nom du Dieu qui donne la vie à toute chose.

§94 Pentéphrès invita alors sa fille à embrasser Joseph comme un frère.

§95 Aséneth s’avança, mais Joseph étendit sa main droite devant sa poitrine et arrêta le geste avant le contact.

§96 Il explique la distance qui les sépare encore : leur vie religieuse n’est pas la même. Il décrit sa propre communion avec le Dieu vivant par les images du pain de vie, de la coupe d’immortalité et de l’onction d’incorruptibilité, tandis qu’il décrit le culte des idoles par des images inverses de mort, de piège et de destruction.

§97 Joseph expliqua que l’intimité du baiser devait, selon sa règle, rester dans le cercle de ceux qui bénissent le Dieu vivant : mère, sœur, parente ou épouse.

§98 Il appliquait la même frontière à une femme craignant Dieu envers un homme étranger : dans son monde religieux, cette proximité lui paraît incompatible avec la fidélité au Dieu vivant.

§99 La réaction d’Aséneth change tout : elle ne se met pas en colère, mais pleure.

§100 Joseph, voyant sa douleur, ne la méprise pas. Sa compassion l’emporte et il lève la main pour prier sur elle.

§101 Il demande au Dieu d’Israël, source de toute vie, de faire passer Aséneth des ténèbres à la lumière, de l’erreur à la vérité, de la mort à la vie.

§102 Puis il demande plus encore : qu’elle soit renouvelée par l’Esprit, recréée et vivifiée, qu’elle reçoive la vie et la bénédiction de Dieu et qu’elle entre dans le repos réservé aux élus. La distance initiale devient ainsi le point de départ d’une prière de transformation.

Texte source

§92 Καὶ ἀνέβη ἡ μήτηρ τῆς Ἀσενὲθ εἰς τὸ ὑπερῷον καὶ ἤγαγεν τὴν Ἀσενὲθ πρὸς τὸν Ἰωσὴφ καὶ εἶπε Πεντεφρῆς τῇ θυγατρὶ αὐτοῦ Ἀσενέθ· ἄσπασαι τὸν ἀδελφόν σου, διότι καὶ αὐτὸς παρθένος ἐστὶ ὡς καὶ σὺ σήμερον καὶ μισεῖ πᾶσαν γυναῖκα ἀλλοτρίαν ὡς καὶ σὺ πάντα ἄνδρα ἀλλότριον. §93 Καὶ εἶπεν Ἀσενὲθ τῷ Ἰωσήφ· χαίροις, κύριε, εὐλογημένε τῷ θεῷ τῷ ὑψίστῳ. Καὶ εἶπε πρὸς αὐτὴν Ἰωσήφ· εὐλογήσῃ σε ὁ θεὸς ὁ ζωοποιήσας τὰ πάντα. §94 Καὶ εἶπε Πεντεφρῆς τῇ Ἀσενέθ· πρόσελθε καὶ φίλησον τὸν ἀδελφόν σου. §95 Καὶ ὡς προσῆλθε φιλῆσαι τὸν Ἰωσήφ, ἐξέτεινεν Ἰωσὴφ τὴν χεῖρα αὐτοῦ τὴν δεξιὰν καὶ ἔθηκε πρὸς τὸ στῆθος αὐτῆς καὶ εἶπεν· §96 οὐκ ἔστι προσῆκον ἀνδρὶ θεοσεβεῖ, ὃς εὐλογεῖ τῷ στόματι αὐτοῦ τὸν θεὸν τὸν ζῶντα καὶ ἐσθίει ἄρτον εὐλογημένον [ζωῆς καὶ πίνει ποτήριον εὐλογημένον ἀθανασίας καὶ χρίεται χρίσματι εὐλογημένῳ] ἀφθαρσίας, φιλῆσαι γυναῖκα ἀλλοτρίαν, ἥτις εὐλογεῖ τῷ στόματι αὐτῆς εἴδωλα νεκρὰ καὶ κωφὰ καὶ ἐσθίει ἐκ τῆς τραπέζης αὐτῶν ἄρτον ἀγχόνης καὶ πίνει ἐκ τῆς σπονδῆς αὐτῶν ποτήριον ἐνέδρας καὶ χρίεται χρίσματι ἀπωλείας· §97 ἀλλ’ ἀνὴρ θεοσεβὴς φιλήσει τὴν μητέρα αὐτοῦ καὶ τὴν ἀδελφὴν τὴν ἐκ τῆς φυλῆς αὐτοῦ καὶ τῆς συγγενείας αὐτοῦ καὶ τὴν γυναῖκα τὴν σύγκοιτον αὐτοῦ, αἵτινες εὐλογοῦσι τῷ στόματι αὐτῶν θεὸν ζῶντα· §98 ὁμοίως καὶ γυναικὶ θεοσεβεῖ οὐκ ἔστι προσῆκον φιλῆσαι ἄνδρα ἀλλότριον, διότι βδέλυγμά ἐστι τοῦτο ἐνώπιον τοῦ θεοῦ. §99 Καὶ ὡς ἤκουσεν Ἀσενὲθ τὰ ῥήματα Ἰωσήφ, ἐλυπήθη σφόδρα καὶ ἀνεστέναξε καὶ ἦν ἀτενίζουσα τῷ Ἰωσὴφ καὶ ἐπλήσθησαν δακρύων οἱ ὀφθαλμοὶ αὐτῆς. §100 Καὶ εἶδεν αὐτὴν Ἰωσὴφ καὶ ἠλέησεν αὐτὴν σφόδρα, ὅτι ἦν Ἰωσὴφ πρᾶος καὶ ἐλεήμων καὶ φοβούμενος τὸν κύριον. Καὶ ἐπῆρε τὴν χεῖρα αὐτοῦ τὴν δεξιὰν ἐπάνω τῆς κεφαλῆς αὐτῆς καὶ εἶπε· §101 Κύριε ὁ θεὸς τοῦ πατρός μου Ἰσραήλ, ὁ ὕψιστος, ὁ δυνατός, ὁ ζωοποιήσας τὰ πάντα καὶ καλέσας ἀπὸ τοῦ σκότους εἰς τὸ φῶς [καὶ ἀπὸ τῆς πλάνης εἰς τὴν ἀλήθειαν] καὶ ἀπὸ θανάτου εἰς τὴν ζωήν, σὺ αὐτὸς κύριε ζωοποίησον καὶ εὐλόγησον τὴν παρθένον ταύτην. §102 Καὶ ἀνακαίνισον τῷ πνεύματί σου [καὶ ἀνάπλασον αὐτὴν τῇ χειρί σου [τῇ κρυφαίᾳ] καὶ ἀναζωοποίησον τῇ ζωῇ σου καὶ φαγέτω ἄρτον ζωῆς σου] καὶ πιέτω ποτήριον εὐλογίας σου, ἣν ἐξελέξω πρὶν γεννηθῆναι, καὶ εἰσελθάτω εἰς τὴν κατάπαυσίν σου, ἣν ἑτοίμασας τοῖς ἐκλεκτοῖς σου.

Notes textuelles

Place dans l’ouvrage

Dans l’architecture de l’ouvrage

Le chapitre appartient à la mise en place de la rencontre et du conflit initial entre Aséneth et Joseph (1–9).

Parcours de l’unité

Joseph bénit AsénethJoseph et Aséneth 8

Clés de lecture

Approfondir : composition, transmission et réception

Tradition textuelle

complexe

Joseph et Aséneth est transmis par plusieurs familles de manuscrits grecs ainsi que par des versions anciennes ; l’étendue et la relation des recensions ont fait l’objet de débats importants.

Lecture éditoriale. La division en 29 chapitres est un outil éditorial commode ; elle ne doit pas être confondue avec un découpage originel assuré.

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