Bibliothèque ancienne · Introduction critique
Le fils de Pharaon cherche à faire tuer Joseph par Siméon et Lévi
Le fils du roi convoite Aséneth et tente d’entraîner Siméon et Lévi dans un complot contre Joseph. Leur refus oppose fidélité fraternelle et ambition dynastique.
Texte — sept restitutions
Une seule analyse du texte source gouverne les sept restitutions. La version Lecture est ouverte par défaut.
Clarté
§245 Pendant que Joseph et Aséneth passaient, le fils premier-né de Pharaon les vit [depuis la muraille].
§246 Lorsqu’il aperçut Aséneth, il devint comme fou à cause de sa beauté extraordinaire. Il envoya des messagers chercher Siméon et Lévi.
§247 Lorsqu’ils arrivèrent [et se tinrent devant lui], [le fils de Pharaon] leur dit : « Je sais que vous êtes des hommes plus puissants que tous les hommes de la terre [et que la ville des Sichémites a été détruite par vos mains et que vos deux épées ont abattu trente mille guerriers].
§248 Je vous demande donc de venir rapidement à mon secours. Je vous prendrai comme compagnons ; je vous donnerai beaucoup d’or et d’argent, des serviteurs et des servantes, des maisons et de grands domaines. Faites alliance avec moi et aidez-moi, car votre frère Joseph m’a fait outrage : il a pris Aséneth pour femme alors qu’elle m’avait été promise dès le début. »
§250 « Si vous n’écoutez pas mes paroles, je vous tuerai de mon épée. » En disant cela, il tira son épée et la leur montra.
§251 Siméon était audacieux et impétueux : il tira son épée du fourreau et voulut frapper le fils de Pharaon.
§252 Lévi comprit l’intention de Siméon, car Lévi était un homme prophète qui voyait d’avance ce qui allait arriver. Il pressa du pied le pied droit de Siméon et lui fit signe de calmer sa colère.
§253 Lévi lui dit : « Pourquoi t’emportes-tu contre lui ? Nous sommes les fils d’un homme qui craint Dieu, et il ne convient pas à un homme qui craint Dieu de rendre le mal pour le mal à son prochain. »
§254 Puis Lévi parla au fils de Pharaon avec un cœur doux et un visage paisible : « Pourquoi, mon seigneur, prononces-tu de telles paroles devant nous ? Nous sommes des hommes qui craignent Dieu ; notre père est serviteur du Dieu Très-Haut et Joseph notre frère est aimé de Dieu.
§255 Comment pourrions-nous commettre ce mal devant Dieu ? Écoute-nous donc et garde-toi désormais de parler ainsi contre notre frère Joseph.
§256 Mais si tu persistes dans ce mauvais projet, voici nos épées tirées devant toi. »
§257 Ils tirèrent leurs épées de leurs fourreaux et dirent : « Vois-tu ces épées ? Par elles, le Seigneur Dieu a vengé l’outrage commis contre les fils d’Israël par les Sichémites à cause de notre sœur Dina, que Sichem, fils d’Hamor, avait souillée. »
§258 Lorsque le fils de Pharaon vit leurs épées tirées, il eut peur, se mit à trembler et tomba face contre terre à leurs pieds.
§259 Lévi lui tendit la main, le releva et dit : « N’aie pas peur ; garde-toi seulement de prononcer encore une parole mauvaise contre notre frère Joseph. »
§260 Puis ils le quittèrent, le laissant tremblant et effrayé.
Lecture
§245 Alors que Joseph et Aséneth passaient près de lui, le fils aîné de Pharaon les aperçut [depuis la muraille].
§246 La beauté d’Aséneth réveilla aussitôt son obsession. Il fit venir Siméon et Lévi.
§247 À leur arrivée, il commença par flatter leur puissance, rappelant même [la destruction de Sichem et le massacre attribué à leurs deux épées].
§248 Il leur proposa richesse, serviteurs, maisons et terres s’ils devenaient ses alliés. Il prétendit avoir été lésé par Joseph, puisque Aséneth lui aurait été promise auparavant.
§250 Puis la persuasion tourna à la menace : s’ils refusaient, il les tuerait. Il sortit son épée pour donner du poids à ses paroles.
§251 Siméon réagit immédiatement par la violence et voulut le frapper.
§252 Lévi comprit l’intention de Siméon, car Lévi était un homme prophète qui voyait d’avance ce qui allait arriver. Il pressa du pied le pied droit de Siméon et lui fit signe de calmer sa colère.
§253 Il rappela à Siméon que leur fidélité à Dieu leur interdisait de répondre au mal par le mal.
§254 Puis, avec calme, il expliqua au prince qu’ils ne pouvaient se retourner contre Joseph : leur père servait le Très-Haut et Joseph était aimé de Dieu.
§255 Agir contre lui serait donc, selon Lévi, agir contre Dieu lui-même. Il demanda au prince de ne plus parler ainsi.
§256 Il ajouta cependant une mise en garde très concrète en montrant leurs épées.
§257 Les deux frères rappelèrent alors l’épisode violent de Sichem comme preuve de leur capacité à combattre.
§258 Cette démonstration terrifia le fils de Pharaon, qui tomba à leurs pieds.
§259 Lévi le releva et le rassura, mais lui imposa une seule condition : ne plus menacer Joseph.
§260 Siméon et Lévi repartirent en le laissant encore tremblant.
Proclamation
§245 Joseph et Aséneth passent. Le fils premier-né de Pharaon les voit [depuis la muraille].
§246 Il voit Aséneth — sa beauté le rend fou. Il fait appeler Siméon et Lévi.
§247 « Je sais votre puissance ! [Sichem détruite par vos mains ! Trente mille guerriers abattus par vos deux épées !]
§248 Venez avec moi ! Or, argent, serviteurs, maisons, domaines : je vous donnerai tout. Aidez-moi ! Joseph m’a outragé : il a pris Aséneth, qui m’était promise ! »
§250 « Refusez — et je vous tue de mon épée ! » Il tire son arme.
§251 Siméon tire la sienne ; il veut frapper.
§252 Lévi comprend. Prophète, il voit ce qui vient. Il presse le pied de Siméon : Arrête !
§253 « Pourquoi cette colère ? Nous sommes fils d’un homme qui craint Dieu. L’homme qui craint Dieu ne rend pas le mal pour le mal. »
§254 Puis Lévi, cœur doux, visage paisible : « Mon seigneur, pourquoi ces paroles ? Nous craignons Dieu. Notre père sert le Très-Haut. Joseph notre frère est aimé de Dieu.
§255 Comment ferions-nous ce mal devant Dieu ? Ne parle plus ainsi contre Joseph.
§256 Et si tu persistes — regarde nos épées ! »
§257 Ils les tirent : « Ces épées ont vengé l’outrage de Sichem contre notre sœur Dina. »
§258 Le fils de Pharaon voit, tremble, tombe à leurs pieds.
§259 Lévi le relève : « N’aie pas peur. Mais ne prononce plus aucune parole mauvaise contre Joseph. »
§260 Ils s’en vont. Lui reste tremblant.
Déployée
§245 La nouvelle crise commence par un regard : le fils premier-né de Pharaon aperçoit Joseph et Aséneth en train de passer [depuis la muraille].
§246 Lorsqu’il aperçut Aséneth, il devint comme fou à cause de sa beauté extraordinaire. Il envoya des messagers chercher Siméon et Lévi.
§247 Il commence par valoriser Siméon et Lévi comme des guerriers d’exception ; une expansion textuellement marquée rappelle la destruction de la ville de Sichem et un nombre gigantesque de victimes attribuées à leurs épées.
§248 L’offre mêle corruption et ressentiment : richesse, esclaves, maisons et domaines leur sont promis s’ils prennent son parti. Il présente Joseph comme celui qui l’aurait lésé en épousant Aséneth, qu’il dit avoir reçue auparavant en promesse.
§250 La proposition devient explicitement coercitive : le prince menace de mort ceux qu’il voulait acheter et tire son épée. Le saut de numérotation du grec OCP est conservé sans reconstruction.
§251 Siméon répond presque symétriquement : il tire son arme et veut frapper.
§252 Lévi comprit l’intention de Siméon, car Lévi était un homme prophète qui voyait d’avance ce qui allait arriver. Il pressa du pied le pied droit de Siméon et lui fit signe de calmer sa colère.
§253 Sa justification formule une règle morale à l’intérieur même d’une scène armée : être fils d’un homme craignant Dieu exclut, selon lui, de rendre le mal pour le mal.
§254 Il se tourne ensuite vers le prince sans agressivité, avec douceur de cœur et visage serein, et rappelle l’identité religieuse de sa famille : serviteurs du Très-Haut et frères d’un Joseph aimé de Dieu.
§255 Pour Lévi, participer au complot signifierait donc faire le mal devant Dieu. Il demande au prince d’abandonner ses paroles hostiles.
§256 Cependant, sa non-vengeance ne signifie pas absence de dissuasion : il avertit que leurs épées sont prêtes si le projet persiste.
§257 Ils tirèrent leurs épées de leurs fourreaux et dirent : « Vois-tu ces épées ? Par elles, le Seigneur Dieu a vengé l’outrage commis contre les fils d’Israël par les Sichémites à cause de notre sœur Dina, que Sichem, fils d’Hamor, avait souillée. »
§258 Le prince est terrifié par cette démonstration : il tremble et tombe face contre terre.
§259 Lévi accomplit alors le mouvement inverse : la même main qui pouvait combattre le relève et lui dit de ne pas craindre, à condition qu’il cesse toute parole mauvaise contre Joseph.
§260 Les deux frères partent, laissant le prince vivant mais profondément effrayé.
Littérale
§245 Et il arriva, tandis que Joseph et Aséneth passaient, que le fils premier-né de Pharaon les vit [depuis la muraille].
§246 Et voyant Aséneth, il devint fou à son sujet à cause de sa beauté surpassante. Et le fils de Pharaon envoya des messagers et appela Siméon et Lévi.
§247 Et ils vinrent vers lui [et se tinrent devant lui], et [le fils de Pharaon] leur dit : « Moi, je sais que vous êtes des hommes puissants au-dessus de tous les hommes sur la terre [et que dans vos mains fut détruite la ville des Sichémites et par vos deux épées furent retranchés trente mille hommes guerriers].
§248 Je vous exhorte donc : hâtez-vous vers mon aide. Voici, moi, je vous prendrai comme compagnons et je vous donnerai beaucoup d’or et d’argent, des serviteurs et des servantes, des maisons et de grands héritages ; levez-vous avec moi et faites miséricorde avec moi, parce que j’ai été outragé par votre frère Joseph, parce que lui a pris Aséneth pour femme et elle m’était promise depuis le commencement.
§250 Mais si vous n’écoutez pas mes paroles, je vous tuerai par mon épée. » Et disant ces choses, il dénuda son épée et la leur montra.
§251 Mais Siméon était un homme audacieux et hardi, et il tira son épée de son fourreau et voulait frapper le fils de Pharaon.
§252 Et Lévi connut la pensée de Siméon, parce que Lévi était un homme prophète et voyait d’avance toutes les choses à venir. Et Lévi frappa le pied droit de Siméon, le pressa et lui fit signe de cesser sa colère.
§253 Et Lévi lui dit : « Pourquoi t’es-tu mis en colère contre lui ? Car nous sommes enfants d’un homme craignant Dieu, et il ne convient pas à un homme craignant Dieu de rendre le mal au lieu du mal à son prochain. »
§254 Et Lévi dit à son prochain, le fils de Pharaon, avec un cœur doux et un visage joyeux : « Pourquoi, mon seigneur, parles-tu ces paroles devant nous ? Nous aussi sommes des hommes craignant Dieu, notre père est serviteur du Dieu Très-Haut et Joseph notre frère est aimé de Dieu.
§255 Et comment ferons-nous ce mal devant Dieu ? Maintenant écoute-nous et garde-toi de parler encore ces paroles au sujet de notre frère Joseph.
§256 Mais si tu persistes dans ce mauvais conseil, voici : nos épées sont tirées devant toi. »
§257 Et ils tirèrent leurs épées de leurs fourreaux et dirent : « As-tu vu ces épées ? Par elles, le Seigneur Dieu a vengé l’outrage des fils d’Israël que les Sichémites ont fait à cause de notre sœur Dina, que Sichem fils d’Hamor a souillée. »
§258 Et le fils de Pharaon vit leurs épées tirées, eut peur, trembla et tomba sur son visage sur la terre sous leurs pieds.
§259 Et Lévi étendit sa main et le releva en disant : « Ne crains pas ; seulement garde-toi de parler contre notre frère une parole mauvaise. »
§260 Et ils sortirent loin de lui, le laissant tremblant et craignant.
Philologique
§245 Alors que Joseph et Aséneth passaient, le fils premier-né de Pharaon les vit [depuis la muraille].
§246 Ayant vu Aséneth, il devint frénétique à son sujet à cause de sa beauté extraordinaire. Il envoya des messagers et convoqua Siméon et Lévi.
§247 Ils vinrent auprès de lui [et se tinrent devant lui], et [le fils de Pharaon] leur dit : « Je sais que vous êtes des hommes plus puissants que tous les hommes de la terre [et que par vos mains la ville des Sichémites a été détruite et que par vos deux épées trente mille guerriers ont été abattus].
§248 Je vous en prie donc : hâtez-vous de m’aider. Je vous prendrai pour compagnons et vous donnerai beaucoup d’or et d’argent, des serviteurs et des servantes, des maisons et de grands domaines. Faites cause commune avec moi et accordez-moi votre soutien, car votre frère Joseph m’a outragé : il a pris Aséneth pour épouse alors qu’elle m’avait été promise dès le commencement.
§250 Mais si vous n’écoutez pas mes paroles, je vous tuerai de mon épée. » En disant cela, il dégaina son épée et la leur montra.
§251 Siméon était un homme audacieux et hardi ; il tira son épée du fourreau et voulut frapper le fils de Pharaon.
§252 Lévi discerna la pensée de Siméon, car Lévi était un homme prophète et prévoyait toutes les choses à venir. Il toucha et pressa le pied droit de Siméon, lui faisant signe de mettre fin à sa colère.
§253 Lévi lui dit : « Pourquoi t’es-tu mis en colère contre lui ? Nous sommes les fils d’un homme qui craint Dieu, et il ne convient pas à un homme qui craint Dieu de rendre le mal pour le mal à son prochain. »
§254 Lévi parla alors au fils de Pharaon, son prochain, avec douceur de cœur et visage serein : « Pourquoi, mon seigneur, prononces-tu ces paroles devant nous ? Nous sommes nous aussi des hommes craignant Dieu ; notre père est serviteur du Dieu Très-Haut et Joseph notre frère est aimé de Dieu.
§255 Comment donc accomplirions-nous ce mal devant Dieu ? Écoute-nous maintenant et garde-toi de prononcer encore de telles paroles au sujet de notre frère Joseph.
§256 Si toutefois tu persistes dans ce mauvais dessein, voici nos épées tirées devant toi. »
§257 Ils tirèrent leurs épées des fourreaux et dirent : « Vois-tu ces épées ? Par elles le Seigneur Dieu a vengé l’outrage commis contre les fils d’Israël par les Sichémites à cause de notre sœur Dina, que Sichem fils d’Hamor avait souillée. »
§258 Le fils de Pharaon vit leurs épées tirées, fut saisi de peur, trembla et tomba face contre terre sous leurs pieds.
§259 Lévi étendit la main, le releva et dit : « Ne crains pas ; garde-toi seulement de prononcer encore une parole mauvaise contre notre frère Joseph. »
§260 Ils sortirent de chez lui et le laissèrent tremblant de peur.
Paraphrase
§245 La menace qui couvait devient maintenant personnelle : le fils de Pharaon voit Joseph et Aséneth ensemble.
§246 Il ne supporte pas d’avoir perdu Aséneth et cherche immédiatement quelqu’un qui pourrait retourner la force de la famille de Joseph contre Joseph lui-même.
§247 Son premier moyen est la flatterie : il rappelle à Siméon et Lévi leur réputation de combattants redoutables et évoque même le massacre de Sichem pour nourrir cette image.
§248 Puis il essaie de les acheter. Il leur promet tout ce que le pouvoir royal peut offrir et présente son désir d’Aséneth comme une injustice qu’ils devraient réparer.
§250 Quand l’argent ne suffit pas, il montre l’épée : l’alliance proposée est en réalité une contrainte.
§251 Siméon est prêt à répondre sur le même terrain et à tuer le prince sur-le-champ.
§252 Lévi l’arrête avant que la menace ne devienne meurtre.
§253 Il rappelle que craindre Dieu suppose précisément de ne pas reproduire le mal qu’on vient de subir.
§254 Puis il parle au prince sans humiliation ni flatterie : leur loyauté va à Dieu et à leur frère Joseph.
§255 Ils ne peuvent donc pas accepter un projet qui, à leurs yeux, les mettrait contre Dieu lui-même.
§256 Pourtant Lévi sait aussi que le prince comprend le langage de la force : les épées restent visibles comme avertissement.
§257 Les deux frères rappelèrent alors l’épisode violent de Sichem comme preuve de leur capacité à combattre.
§258 Le prince comprend le message et s’effondre de peur.
§259 Lévi le relève plutôt que de profiter de sa faiblesse ; la seule exigence est qu’il cesse de menacer Joseph.
§260 Ils repartent sans le tuer, mais son désir et sa peur ne sont pas encore guéris — ce qui prépare la suite du complot.
Texte source
§245 Καὶ ἐγένετο ἐν τῷ παριέναι τὸν Ἰωσὴφ καὶ τὴν Ἀσενέθ, εἶδεν αὐτοὺς [ἀπὸ τοῦ τείχους] ὁ υἱὸς Φαραὼ ὁ πρωτότοκος. §246 Καὶ ἰδὼν τὴν Ἀσενὲθ ἐμμανὴς ἐγένετο ἐπ’ αὐτὴν διὰ τὸ ὑπερβάλλον κάλλος αὐτῆς. Καὶ ἀπέστειλεν ὁ υἱὸς Φαραὼ ἀγγέλους καὶ προσεκαλέσατο τὸν Συμεὼν καὶ τὸν Λευί. §247 Καὶ ἦλθον πρὸς αὐτὸν [καὶ ἔστησαν ἐνώπιον αὐτοῦ] καὶ λέγει αὐτοῖς [ὁ υἱὸς Φαραώ]· γινώσκω ἐγὼ ὅτι ἐστὲ ὑμεῖς ἄνδρες δυνατοὶ ὑπὲρ πάντας ἀνθρώπους ἐπὶ τῆς γῆς [καὶ ἐν ταῖς δεξιαῖς ὑμῶν κατεστράφη ἡ πόλις τῶν Σικιμιτῶν καὶ ἐν ταῖς δυσὶ ῥομφαίαις ὑμῶν κατεκόπησαν τριάκοντα χιλιάδες ἀνδρῶν πολεμιστῶν]· §248 παρακαλῶ δὲ ὑμᾶς εἰς βοήθειαν ἐμὴν σπεύσατε· ἰδοὺ ἐγὼ λήψομαι ὑμᾶς εἰς ἑταίρους καὶ δώσω ὑμῖν χρυσίον πολὺν καὶ ἀργύριον καὶ παῖδας καὶ παιδίσκας καὶ οἴκους καὶ κληρονομίας μεγάλας, καὶ συνάρασθέ μοι καὶ ποιήσατε μετ’ ἐμοῦ ἔλεος, διότι ἐνυβρίσθην ἐγὼ παρὰ τοῦ ἀδελφοῦ ὑμῶν Ἰωσήφ, διότι ἔλαβεν αὐτὸς τὴν Ἀσενὲθ εἰς γυναῖκα καὶ αὕτη ἐμοὶ κατηγγυᾶτο ἀπ’ ἀρχῆς. §250 Ει᾿ δὲ μὴ ἀκούσητέ μου τῶν ῥημάτων, ἀποκτενῶ ὑμᾶς ἐν τῇ ῥομφαίᾳ μου. Καὶ ταῦτα λέγων ἐγύμνωσε τὴν ῥομφαίαν αὐτοῦ καὶ ἔδειξεν αὐτοῖς. §251 Ὁ δὲ Συμεὼν ἦν ἀνὴρ θρασὺς καὶ τολμηρὸς καὶ εἵλκυσε τὴν ῥομφαίαν αὐτοῦ ἐκ τοῦ κολεοῦ αὐτῆς καὶ ἤθελε πατάξαι τὸν υἱὸν Φαραώ. §252 Καὶ ἔγνω Λευὶς τὴν ἐνθύμησιν Συμεών, διότι Λευὶς ἦν ἄνθρωπος προφήτης καὶ προεώρα πάντα τὰ μέλλοντα. Καὶ ἐπάταξε Λευὶς τὸν πόδα τὸν δεξιὸν τοῦ Συμεὼν καὶ ἔθλιψεν αὐτὸν καὶ ἐσήμανεν αὐτῷ τοῦ παύσασθαι τὴν ὀργὴν αὐτοῦ. §253 Καὶ εἶπε Λευὶς πρὸς αὐτόν· ἵνα τί σὺ ἐθυμώθης κατ’ αὐτοῦ; διότι ἡμεῖς ἀνδρὸς θεοσεβοῦς παῖδές ἐσμεν, καὶ ου᾿ προσήκει ἀνδρὶ θεοσεβεῖ ἀποδοῦναι κακὸν ἀντὶ κακοῦ τῷ πλησίον αὐτοῦ. §254 Καὶ εἶπε Λευὶς πρὸς τὸν πλησίον αὐτοῦ τὸν υἱὸν Φαραὼ πραείᾳ τῇ καρδίᾳ καὶ ἱλαρῷ τῷ προσώπῳ· ἵνα τί σύ, κύριέ μου, λαλεῖς τὰ ῥήματα ταῦτα ἐνώπιον ἡμῶν; καὶ ἡμεῖς ἐσμεν ἄνδρες θεοσεβεῖς καὶ ὁ πατὴρ ἡμῶν ἐστι δοῦλος τοῦ θεοῦ τοῦ ὑψίστου καὶ Ἰωσὴφ ὁ ἀδελφὸς ἡμῶν ἐστιν ἀγαπητὸς τῷ θεῷ. §255 Καὶ πῶς ποιήσομεν τὸ πονηρὸν τοῦτο ἐναντίον τοῦ θεοῦ; καὶ νῦν ἄκουσον ἡμῶν καὶ φύλαξαι τοῦ μὴ λαλῆσαι ἔτι περὶ τοῦ ἀδελφοῦ ἡμῶν Ἰωσὴφ ταῦτα τὰ ῥήματα. §256 Ει᾿ δὲ ἐπιμένῃς τῇ βουλῇ ταύτῃ τῇ πονηρᾷ, ἰδοὺ αἱ ῥομφαῖαι ἡμῶν ἐσπασμέναι κατενώπιόν σου. §257 Καὶ εἵλκυσαν τὰς ῥομφαίας αὐτῶν ἐκ τῶν κολεῶν αὐτῶν καὶ εἶπον· ἑώρακας τὰς ῥομφαίας ταύτας; ἐν αὐταῖς ἐξεδίκησε κύριος ὁ θεὸς τὴν ὕβριν τῶν υἱῶν Ἰσραήλ, ἣν ἐποίησαν Σικιμῖται διὰ τὴν ἀδελφὴν ἡμῶν Δῖνα, ἣν ἐμίανε Συχὲμ ὁ υἱὸς Ἐμμώρ. §258 Καὶ εἶδεν ὁ υἱὸς Φαραὼ τὰς ῥομφαίας αὐτῶν ἐσπασμένας καὶ ἐφοβήθη καὶ ἐτρόμαξε καὶ ἔπεσεν ἐπὶ πρόσωπον ἐπὶ τὴν γῆν ὑποκάτω τῶν ποδῶν αὐτῶν. §259 Καὶ ἐξέτεινε Λευὶς τὴν χεῖρα αὐτοῦ καὶ ἀνέστησεν αὐτὸν λέγων· μὴ φοβηθῇς, πλὴν φύλαξαι τοῦ μὴ λαλῆσαι κατὰ τοῦ ἀδελφοῦ ἡμῶν ῥῆμα πονηρόν. §260 Καὶ ἐξῆλθον ἀπ’ αὐτοῦ ἀφέντες αὐτὸν τρέμοντα καὶ φοβούμενον.
Notes textuelles
- La numérotation OCP passe de §248 à §250 : **§249 est absent du texte grec de base**. Bible Savoy conserve cette lacune et ne reconstruit aucune phrase intermédiaire.
- §247 : l’expansion entre crochets sur Sichem et « trente mille guerriers » conserve son statut critique ; elle n’est pas harmonisée avec Genèse 34.
- §253 : la formule « ne pas rendre le mal pour le mal » appartient à la parole de Lévi dans cette œuvre ; tout parallèle scripturaire éventuel relève de l’étude intertextuelle.
- §257 : le rappel de Dina/Sichem reprend et réinterprète Genèse 34. La traduction restitue la violence rhétorique du texte sans l’ériger en norme éthique.
- §254 : l’expression grecque qualifie le fils de Pharaon de πλησίον, « prochain » ; Philologique garde cette proximité lexicale sans en tirer une théorie morale supplémentaire.
- Traduction directe depuis le grec OCP ; aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
- Révision S0 — suppression du métadiscours dans le corps des restitutions : segments réalignés sur une restitution continue source-contrôlée (lecture §252, deployee §246, deployee §252, deployee §257, paraphrase §257). La différenciation stylistique fine sera approfondie aux révisions supérieures.
Place dans l’ouvrage
Dans l’architecture de l’ouvrage
Le chapitre appartient à la seconde grande partie du récit (22–29), centrée sur l’intégration familiale d’Aséneth, le complot du fils de Pharaon et sa résolution.
Parcours de l’unité
Clés de lecture
- Lire comme récit pseudépigraphique développé à partir de la brève mention d’Aséneth en Genèse 41,45, et non comme complément historique direct de la Genèse.
- Les thèmes de conversion, hospitalité, mariage et appartenance doivent être étudiés dans le judaïsme hellénistique sans projeter automatiquement des catégories confessionnelles postérieures.
Approfondir : composition, transmission et réception
Tradition textuelle
Joseph et Aséneth est transmis par plusieurs familles de manuscrits grecs ainsi que par des versions anciennes ; l’étendue et la relation des recensions ont fait l’objet de débats importants.
Lecture éditoriale. La division en 29 chapitres est un outil éditorial commode ; elle ne doit pas être confondue avec un découpage originel assuré.
Bibliographie de travail
- E. W. Brooks, Joseph and Asenath (1918)
- Christoph Burchard, Joseph and Aseneth
- Ross Shepard Kraemer, When Aseneth Met Joseph
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.