Bibliothèque ancienne · Introduction critique

Jour du jeûne, bouc émissaire et figure de Jésus

Ce chapitre de l’Épître de Barnabé développe : « Jour du jeûne, bouc émissaire et figure de Jésus ». Barnabé développe d’abord une herméneutique de l’alliance et de l’Écriture (1–17), puis transmet une forme des Deux Voies (18–20) avant l’exhortation finale (21).

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Texte — sept restitutions

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Clarté

§1 Comprenez donc, enfants de la joie : le Seigneur bon nous a tout annoncé d’avance afin que nous sachions qui nous devons louer en lui rendant grâce en toutes choses.

§2 Si le Fils de Dieu, Seigneur et futur juge des vivants et des morts, a souffert afin que sa blessure nous donne la vie, croyons qu’il n’a pu souffrir que pour nous.

§3 Même crucifié, il reçut à boire du vinaigre et du fiel. Écoutez comment, selon Barnabé, les prêtres du Temple avaient déjà donné une figure de cela. Une prescription disait que celui qui ne jeûnerait pas lors du jeûne serait retranché ; le Seigneur l’aurait ordonnée parce qu’il devait lui-même offrir en sacrifice pour nos péchés le corps qui portait l’Esprit, accomplissant ainsi la figure d’Isaac offert sur l’autel.

§4 Le texte rituel cité dit encore : « Qu’ils mangent du bouc offert pendant le jeûne pour tous les péchés. Que les prêtres seuls mangent les entrailles non lavées, avec du vinaigre. »

§5 Pourquoi ? Barnabé fait parler le Christ : « Puisque vous allez me donner du fiel avec du vinaigre lorsque j’offrirai ma chair pour les péchés de mon peuple nouveau, mangez cela vous seuls tandis que le peuple jeûne et se frappe, vêtu de sac et de cendre. » L’auteur veut ainsi montrer que le Christ devait souffrir de leur part.

§6 Puis vient le commandement des deux boucs, beaux et semblables : l’un doit être offert en holocauste pour les péchés.

§7 Que faire de l’autre ? Il est déclaré maudit. Barnabé demande de regarder comment apparaît ici, selon lui, la figure de Jésus.

§8 Le bouc reçoit crachats et coups ; on place autour de sa tête de la laine rouge, puis on l’envoie au désert. Celui qui le conduit retire la laine et la place sur un arbuste appelé « rachel », dont on mange les jeunes pousses ; les fruits de cet arbuste sont décrits comme particulièrement doux.

§9 Que signifie cela ? L’un des boucs va à l’autel, l’autre est maudit et pourtant couronné. Barnabé voit dans cette couronne rouge une figure de la reconnaissance future de Jésus : ceux qui l’ont autrefois humilié le verront alors revêtu et diront qu’il est bien celui qu’ils avaient crucifié, méprisé, transpercé et couvert de crachats, celui qui disait être Fils de Dieu.

§10 Pourquoi les deux boucs sont-ils semblables ? Afin que, lorsqu’ils le verront revenir, ils soient frappés par la ressemblance et comprennent le signe. Voilà, dit Barnabé, la figure de Jésus destiné à souffrir.

§11 Et pourquoi la laine rouge est-elle placée parmi les épines ? Barnabé y voit une figure donnée à l’Église : celui qui veut prendre la laine doit affronter les épines et les maîtriser au prix de la souffrance. De même, dit-il, ceux qui veulent me voir et atteindre mon royaume doivent me recevoir à travers l’épreuve et la souffrance.

Lecture

§1 Enfants de la joie, comprenez ceci : le Seigneur nous a, selon Barnabé, fait connaître d’avance toutes ces choses afin que nous sachions à qui adresser notre louange et notre reconnaissance.

§2 Le Fils de Dieu, Seigneur et juge des vivants et des morts, a souffert pour que sa blessure nous fasse vivre ; sa souffrance est donc comprise comme souffrance pour nous.

§3 Barnabé relie même le vinaigre et le fiel de la crucifixion à un ensemble de pratiques rituelles qu’il attribue aux prêtres du Temple. Le jeûne, le sacrifice et la figure d’Isaac deviennent pour lui autant d’annonces du corps du Christ offert pour les péchés.

§4 Il rapporte notamment cette prescription : les prêtres mangeraient seuls les entrailles non lavées du bouc du jeûne, avec du vinaigre.

§5 Il y lit une anticipation du fiel et du vinaigre donnés à Jésus, pendant que le peuple jeûne et se lamente.

§6 Le récit présente ensuite deux boucs beaux et semblables : l’un est offert sur l’autel pour les péchés.

§7 L’autre est désigné comme maudit. C’est surtout ce second bouc que Barnabé transforme en figure de Jésus.

§8 Il décrit un rituel où le bouc est insulté, frappé, ceint de laine rouge et envoyé au désert. La laine est ensuite retirée et déposée sur un arbuste épineux appelé « rachel ».

§9 Le contraste devient alors l’essentiel : le bouc maudit est pourtant « couronné ». Barnabé y voit l’image du Christ autrefois humilié mais destiné à être reconnu dans la gloire par ceux qui l’ont rejeté.

§10 La ressemblance entre les deux boucs doit rendre cette reconnaissance possible : le rite entier devient, dans sa lecture, une figure de Jésus souffrant.

§11 Enfin, la laine rouge placée parmi les épines devient une image pour l’Église : accéder au signe demande de traverser les épines. De même, l’accès au royaume passe par l’épreuve, la persévérance et la souffrance.

Proclamation

§1 Enfants de la joie, comprenez ! Le bon Seigneur a tout montré d’avance : à lui la louange, à lui l’action de grâce !

§2 Le Fils de Dieu, Seigneur, juge des vivants et des morts, a souffert : sa blessure nous donne la vie.

§3 Sur la croix, vinaigre et fiel. Et Barnabé cherche déjà leur figure dans le jeûne, le sacrifice, Isaac offert sur l’autel.

§4 Un bouc pour les péchés ; les prêtres seuls mangent ses entrailles non lavées, avec du vinaigre.

§5 Pourquoi ? Barnabé entend déjà la passion : « Vous me donnerez fiel et vinaigre quand j’offrirai ma chair. » Le peuple jeûne, porte le sac, se couvre de cendre.

§6 Deux boucs : beaux, semblables. L’un pour l’autel.

§7 L’autre : maudit. Regardez, dit Barnabé, la figure de Jésus !

§8 On crache sur le bouc, on le frappe, on entoure sa tête de laine rouge, puis on l’envoie au désert. La laine est déposée parmi les branches épineuses.

§9 Un bouc sacrifié ; un bouc maudit — mais couronné. Et un jour, dit Barnabé, ceux qui verront Jésus diront : « C’est bien celui que nous avons crucifié, méprisé, transpercé, couvert de crachats ! »

§10 Pourquoi les boucs se ressemblent-ils ? Pour que la figure soit reconnue.

§11 Pourquoi la laine rouge parmi les épines ? Parce que, pour la saisir, il faut souffrir des épines. Ainsi, dit le Seigneur dans la lecture de Barnabé : qui veut me voir et toucher mon royaume doit traverser l’épreuve et la souffrance.

Déployée

§1 Barnabé présente d’abord toute la section comme révélation anticipée : le Seigneur aurait fait connaître les figures à l’avance afin que les croyants sachent lui rendre grâce.

§2 La passion du Fils, futur juge des vivants et des morts, est comprise comme événement vivifiant « par sa blessure ».

§3 L’auteur cherche ensuite dans un rituel de jeûne et de sacrifice un ensemble de correspondances avec la passion : vinaigre, fiel, offrande du « vase/corps de l’Esprit », et figure d’Isaac offert. Il rapporte une prescription selon laquelle les prêtres mangeraient des entrailles non lavées avec du vinaigre,

§4 puis interprète cette pratique comme annonce de la boisson amère offerte au Christ.

§5 Cette description rituelle appartient au dossier traditionnel propre à Barnabé et ne doit pas être prise sans contrôle comme transcription directe de Lévitique 16 ou d’un rituel historique du Temple.

§6 La scène se concentre ensuite sur deux boucs « beaux et semblables ».

§7 Le premier est offert pour les péchés.

§8 Le second est déclaré maudit, puis soumis à des gestes d’humiliation : crachats, coups, laine rouge autour de la tête, envoi au désert. La laine est ensuite déposée sur un arbuste épineux appelé rachel.

§9 Barnabé construit sa typologie sur le paradoxe du bouc maudit mais « couronné » : il représente pour lui Jésus d’abord humilié puis reconnu dans son retour glorieux. Le long vêtement rouge, les humiliations et les blessures sont projetés sur la passion.

§10 La ressemblance des deux animaux sert à rendre lisible le signe : en voyant venir celui qui ressemble à la figure ancienne, les témoins sont censés reconnaître Jésus.

§11 Le geste final de la laine placée parmi les épines devient une nouvelle allégorie : l’Église reçoit un signe dont l’accès suppose souffrance et endurance. Barnabé applique alors cette logique au royaume : voir le Christ et « toucher » son royaume exige de traverser l’épreuve. Cette conclusion transforme un élément rituel en exhortation ecclésiale à la persévérance.

Littérale

§1 Comprenez donc, enfants de joie, que le bon Seigneur a tout manifesté d’avance pour nous, afin que nous sachions à qui, rendant grâce en toutes choses, nous devons adresser la louange.

§2 Si donc le Fils de Dieu, étant Seigneur et devant juger vivants et morts, a souffert afin que sa plaie nous vivifie, croyons que le Fils de Dieu ne pouvait souffrir sinon à cause de nous.

§3 Mais, crucifié aussi, il était abreuvé de vinaigre et de fiel. Écoutez comment les prêtres du Temple ont manifesté cela. Une ordonnance étant écrite : « Celui qui ne jeûnera pas le jeûne sera entièrement détruit par la mort », le Seigneur l’ordonna, puisque lui aussi devait offrir en sacrifice pour nos péchés le vase de l’Esprit, afin que soit aussi accomplie la figure arrivée à Isaac offert sur l’autel.

§4 Que dit-il donc dans le prophète ? « Qu’ils mangent du bouc offert au jeûne pour tous les péchés. » Prêtez soigneusement attention : « Que tous les prêtres seuls mangent l’intérieur non lavé avec du vinaigre. »

§5 Pourquoi ? « Puisque vous allez me donner à boire du fiel avec du vinaigre, moi qui dois offrir ma chair pour les péchés de mon peuple nouveau, mangez, vous seuls, le peuple jeûnant et se frappant sur sac et cendre. » Afin de montrer qu’il fallait qu’il souffrît de leur part.

§6 Ce qu’il ordonna, prêtez attention : « Prenez deux boucs beaux et semblables et offrez-les, et que le prêtre prenne l’un pour holocauste au sujet des péchés. »

§7 Mais l’un, qu’en feront-ils ? « Maudit, dit-il, l’un. » Prêtez attention à la manière dont la figure de Jésus est manifestée.

§8 « Et crachez tous dessus, transpercez-le, placez la laine écarlate autour de sa tête, et qu’ainsi il soit jeté au désert. » Et quand cela est ainsi, celui qui porte le bouc le conduit au désert, retire la laine et la pose sur un arbrisseau appelé rachel, dont nous avons coutume de manger les pousses quand nous en trouvons dans la campagne ; ainsi les fruits de la rachel seule sont doux.

§9 Qu’est donc ceci ? Prêtez attention : l’un sur l’autel, l’autre maudit ; et pourquoi le maudit est-il couronné ? Parce qu’ils le verront alors, en ce jour-là, ayant le vêtement long, l’écarlate autour de la chair, et ils diront : « N’est-ce pas celui-ci que nous avons autrefois crucifié, méprisé, transpercé et couvert de crachats ? En vérité c’était celui qui disait alors qu’il était Fils de Dieu. »

§10 Car comment est-il semblable à celui-là ? Pour cela les boucs sont semblables, beaux, égaux, afin que lorsqu’ils le verront venir alors, ils soient frappés d’étonnement devant la ressemblance du bouc. Vois donc la figure de Jésus qui devait souffrir.

§11 Et quoi encore, qu’ils placent la laine au milieu des épines ? C’est une figure de Jésus placée pour l’Église, parce que celui qui veut enlever la laine écarlate doit beaucoup souffrir, à cause de l’épine redoutable, et, pressé, s’en rendre maître. Ainsi, dit-il, ceux qui veulent me voir et toucher mon royaume doivent, pressés et ayant souffert, me recevoir.

Philologique

§1 Tekna euphrosynès, « enfants de joie/allégresse », ouvre la section. Prophaneroô, « manifester d’avance », gouverne la logique typologique : le rite ancien est lu comme anticipation.

§2 Hè plègè autou zôopoièsè hèmas : « que sa plaie nous vivifie ». Le verbe zôopoieô porte l’idée de donner/fournir la vie.

§3 Skeuos tou pneumatos, littéralement « vase/récipient de l’Esprit », désigne ici la réalité corporelle offerte en sacrifice ; les niveaux lisibles explicitent « corps portant l’Esprit » sans effacer la métaphore. L’auteur relie le rite à Isaac comme typos.

§4 Enteron aplyton, « intérieur/entrailles non lavées », avec oxos, vinaigre. Cette prescription ne correspond pas simplement mot pour mot au rituel canonique de Lévitique 16 et doit être traitée comme tradition rituelle ou exégétique propre à Barnabé.

§5 Koptesthai epi sakkou kai spodou décrit la lamentation sur sac et cendre. L’auteur fait parler le Christ à la première personne au sein de son interprétation du rite.

§6 Deux boucs kaloi kai homoioi, « beaux et semblables », préparent la typologie de la ressemblance.

§7 Le second est epikataratos, « sous malédiction / maudit ».

§8 Katakenteô signifie percer/piquer fortement ; la laine est to erion to kokkinon, laine écarlate. Rachel est le nom transmis de l’arbuste ; son identification botanique ne doit pas être forcée sans dossier spécialisé.

§9 Le bouc « maudit » est cependant estephanômenon, couronné. Podèrès désigne un vêtement long descendant jusqu’aux pieds. La reconnaissance future est exprimée comme parole de ceux qui auraient autrefois crucifié, méprisé, transpercé et couvert de crachats Jésus.

§10 Les deux boucs sont homoi, kaloi, isoi : semblables, beaux, égaux. La ressemblance sert de mécanisme sémiotique au typos.

§11 La laine parmi les akanthai, épines, devient « figure de Jésus placée pour l’Église ». Le verbe thlibô/thlibentes marque pression, détresse, tribulation. « Toucher mon royaume » (hapsasthai mou tès basileias) est une formulation forte d’accès/participation, non un geste matériel à interpréter littéralement.

Paraphrase

§1 Barnabé demande à ses lecteurs de regarder derrière les rites et les Écritures pour y reconnaître, selon lui, une préparation de la passion.

§2 Si le Fils de Dieu a accepté d’être blessé, c’est, affirme-t-il, pour que sa souffrance devienne pour les croyants une source de vie.

§3 Il relit alors un ensemble de traditions de jeûne et de sacrifice. Le vinaigre, les aliments amers,

§4 le sacrifice et même l’offrande d’Isaac deviennent pour lui des signes qui annoncent Jésus.

§5 Il ne décrit pas simplement un rituel historique : il construit une lecture chrétienne de ces éléments.

§6 L’image centrale devient celle de deux boucs beaux et semblables : le premier est offert en holocauste pour les péchés.

§7 Le second est déclaré maudit ; Barnabé demande aussitôt à ses lecteurs d’y reconnaître une figure de Jésus.

§8 Ce second bouc est ensuite humilié : tous crachent sur lui, le frappent, entourent sa tête de laine rouge et l’envoient au désert ; Barnabé transforme ces gestes en correspondances avec la passion.

§9 Barnabé voit dans ce second animal une image paradoxale du Christ : méprisé et maltraité, mais aussi « couronné », puis destiné à être reconnu dans la gloire.

§10 La ressemblance des animaux devient un procédé de reconnaissance : le signe ancien doit permettre, dans la logique de l’auteur, d’identifier celui qui vient.

§11 Même la laine rouge coincée parmi des épines devient une leçon pour l’Église. Pour la saisir, il faut traverser les épines ; de même, l’entrée dans le royaume ne se fait pas sans persévérance dans l’épreuve. Le rite devient ainsi une exhortation à ne pas abandonner lorsque la fidélité fait souffrir.

Texte source

§1 Οὐκοῦν νοεῖτε, τέκνα εὐφροσύνης, ὅτι πάντα ὁ καλὸς κύριος προεφανέρωσεν ἡμῖν, ἵνα γνῶμεν, ᾧ κατὰ πάντα εὐχαριστοῦντες ὀφείλομεν αἰνεῖν. §2 εἰ οὖν ὁ υἱὸς τοῦ θεοῦ, ὢν κύριος καὶ μέλλων κρίνειν ζῶντας καὶ νεκρούς, ἔπαθεν, ἵνα ἡ πληγὴ αὐτοῦ ζωοποιήσῃ ἡμᾶς· πιστεύσωμεν, ὅτι ὁ υἱὸς τοῦ θεοῦ οὐκ ἠδύνατο παθεῖν εἰ μὴ δι’ ἡμᾶς. §3 ἀλλὰ καὶ σταυρωθεὶς ἐποτίζετο ὄξει καὶ χολῇ. ἀκούσατε, πῶς περὶ τούτου πεφανέρωκαν οἱ ἱερεῖς τοῦ ναοῦ. γεγραμμένης ἐντολῆς· Ὃς ἂν μὴ νηστεύσῃ τὴν νηστείαν, θανάτῳ ἐξολεθρευθήσεται, ἐνετείλατο κύριος, ἐπεὶ καὶ αὐτὸς ὑπὲρ τῶν ἡμετέρων ἁμαρτιῶν ἔμελλεν τὸ σκεῦος τοῦ πνεύματος προσφέρειν θυσίαν, ἵνα καὶ ὁ τύπος ὁ γενόμενος ἐπὶ Ἰσαὰκ τοῦ προσενεχθέντος ἐπὶ τὸ θυσιαστήριον τελεσθῇ. §4 τί οὖν λέγει ἐν τῷ προφήτῃ; Καὶ φαγέτωσαν ἐκ τοῦ τράγου τοῦ προσφερομένου τῇ νηστείᾳ ὑπὲρ πασῶν τῶν ἁμαρτιῶν. προσέχετε ἀκριβῶς· Καὶ φαγέτωσαν οἱ ἱερεῖς μόνοι πάντες τὸ ἔντερον ἄπλυτον μετὰ ὄξους. §5 πρὸς τί; ἐπειδὴ ἐμὲ ὑπὲρ ἁμαρτιῶν μέλλοντα τοῦ λαοῦ μου τοῦ καινοῦ προσφέρειν τὴν σάρκα μου μέλλετε ποτίζειν χολὴν μετὰ ὄξους, φάγετε ὑμεῖς μόνοι, τοῦ λαοῦ νηστεύοντος καὶ κοπτομένου ἐπὶ σάκκου καὶ σποδοῦ. ἵνα δείξῃ, ὅτι δεῖ αὐτὸν παθεῖν ὑπ’ αὐτῶν. §6 ἃ ἐνετείλατο, προσέχετε· Λάβετε δύο τράγους καλοὺς καὶ ὁμοίους καὶ προσενέγκατε, καὶ λαβέτω ὁ ἱερεὺς τὸν ἕνα εἰς ὁλοκαύτωμα ὑπὲρ ἁμαρτιῶν. §7 τὸν δὲ ἕνα τί ποιήσωσιν; Ἐπικατάρατος, φησιν, ὁ εἷς. προσέχετε, πῶς ὁ τύπος τοῦ Ἰησοῦ φανεροῦται· §8 Καὶ ἐμπτύσατε πάντες καὶ κατακεντήσατε καὶ περίθετε τὸ ἔριον τὸ κόκκινον περὶ τὴν κεφαλὴν αὐτοῦ, καὶ οὕτως εἰς ἔρημον βληθήτω. καὶ ὅταν γένηται οὕτως, ἄγει ὁ βαστάζων τὸν τράγον εἰς τὴν ἔρημον καὶ ἀφαιρεῖ τὸ ἔριον καὶ ἐπιτίθησιν αὐτὸ ἐπὶ φρύγανον τὸ λεγόμενον ῥαχήλ, οὗ καὶ τοὺς βλαστοὺς εἰώθαμεν τρώγειν ἐν τῇ χώρᾳ εὑρίσκοντες· οὕτω μόνης τῆς ῥαχοῦς οἱ καρποὶ γλυκεῖς εἰσιν. §9 τί οὖν τοῦτό ἐστιν; προσέχετε· Τὸν μὲν ἕνα ἐπὶ τὸ θυσιαστήριον, τὸν δὲ ἕνα ἐπικατάρατον, καὶ ὅτι τὸν ἐπικατάρατον ἐστεφανωμένον; ἐπειδὴ ὄψονται αὐτὸν τότε τῇ ἡμέρᾳ τὸν ποδήρη ἔχοντα τὸν κόκκινον περὶ τὴν σάρκα καὶ ἐροῦσιν· Οὐχ οὗτός ἐστιν, ὅν ποτε ἡμεῖς ἐσταυρώσαμεν ἐξουθενήσαντες καὶ κατακεντήσαντες καὶ ἐμπτύσαντες; ἀληθῶς οὗτος ἦν, ὁ τότε λέγων ἑαυτὸν υἱὸν θεοῦ εἶναι. §10 πῶς γὰρ ὅμοιος ἐκείνῳ; εἰς τοῦτο ὁμοίους τοὺς τράγους, καλούς, ἴσους, ἵνα, ὅταν ἴδωσιν αὐτὸν τότε ἐρχόμενον, ἐκπλαγῶσιν ἐπὶ τῇ ὁμοιότητι τοῦ τράγου. οὐκοῦν ἴδε τὸν τύπον τοῦ μέλλοντος πάσχειν Ἰησοῦ. §11 τί δέ, ὅτι τὸ ἔριον μέσον τῶν ἀκανθῶν τιθέασιν; τύπος ἐστὶν τοῦ Ἰησοῦ τῇ ἐκκλησίᾳ θέμενος, ὅτι ὃς ἐὰν θέλῃ τὸ ἔριον ἆραι τὸ κόκκινον, δεῖ αὐτὸν πολλὰ παθεῖν διὰ τὸ εἶναι φοβερὰν τὴν ἄκανθαν, καὶ θλιβέντα κυριεῦσαι αὐτοῦ. οὕτω, φησίν, οἱ θέλοντές με ἰδεῖν καὶ ἅψασθαί μου τῆς βασιλείας ὀφείλουσιν θλιβέντες καὶ παθόντες λαβεῖν με.

Notes textuelles

Place dans l’ouvrage

Dans l’architecture de l’ouvrage

Barnabé développe d’abord une herméneutique de l’alliance et de l’Écriture (1–17), puis transmet une forme des Deux Voies (18–20) avant l’exhortation finale (21).

Parcours de l’unité

Jour du jeûne, bouc émissaire et figure de JésusÉpître de Barnabé 7

Clés de lecture

Approfondir : composition, transmission et réception

Témoin de travail

méthodologique

Wikisource, traduction publique de J. B. Lightfoot ; registre local epitre-de-barnabe/source/registry.json

Lecture éditoriale. Le témoin sert à cartographier le chapitre et préparer son introduction ; la validation finale doit revenir au texte critique et aux manuscrits pertinents.

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