Bibliothèque ancienne · Introduction critique

Interdits alimentaires relus comme figures morales

Ce chapitre de l’Épître de Barnabé développe : « Interdits alimentaires relus comme figures morales ». Barnabé développe d’abord une herméneutique de l’alliance et de l’Écriture (1–17), puis transmet une forme des Deux Voies (18–20) avant l’exhortation finale (21).

Édition évolutive publiée · source-controlled-working-edition. Cette unité est disponible dans les sept restitutions ; le texte est complet mais la validation S5 reste à accomplir.
Lecture du texte. Ouvrir cette unité dans le lecteur de la Bible Savoy → Les sept restitutions y partagent la même interface ; ce classement structurel ne préjuge pas du statut canonique.

Texte — sept restitutions

Une seule analyse du texte source gouverne les sept restitutions. La version Lecture est ouverte par défaut.

Clarté

§1 Lorsque Moïse dit : « Vous ne mangerez ni porc, ni aigle, ni rapace, ni corbeau, ni aucun poisson qui n’a pas d’écailles », Barnabé affirme qu’il faut y discerner trois enseignements spirituels.

§2 Il cite encore le Deutéronome : « Je disposerai mes prescriptions pour ce peuple. » Selon lui, l’interdit alimentaire n’est donc pas le but véritable du commandement : Moïse aurait parlé « en esprit ».

§3 Le porc devient ainsi une image morale. « Ne t’attache pas, dit-il, à des hommes semblables aux porcs » : lorsqu’ils vivent dans l’abondance, ils oublient le Seigneur ; lorsqu’ils manquent de quelque chose, ils le reconnaissent. Barnabé compare cela au porc qui, lorsqu’il mange, ne connaît pas son maître, mais crie quand il a faim puis se tait dès qu’il reçoit sa nourriture.

§4 L’aigle, le rapace, le milan et le corbeau représentent, dans son interprétation, ceux qui ne gagnent pas leur nourriture par le travail, mais s’emparent illégalement du bien d’autrui, guettant ceux qu’ils pourront dépouiller par avidité, comme les oiseaux de proie qui attendent de dévorer une chair étrangère.

§5 La murène, le poulpe et la seiche deviennent les figures d’hommes que l’auteur considère comme entièrement impies et déjà voués à la mort, parce qu’il imagine ces animaux vivant au fond de l’abîme plutôt que nageant comme les autres poissons.

§6 Le lièvre devient une mise en garde contre l’exploitation sexuelle des enfants. Barnabé fonde cette comparaison sur une croyance zoologique antique selon laquelle le lièvre acquiert chaque année un nouvel orifice corporel.

§7 Il interdit aussi la hyène comme figure de l’adultère et de la corruption sexuelle, sur la base d’une autre croyance antique selon laquelle l’animal changerait chaque année de sexe.

§8 La belette fournit une troisième image sexuelle : Barnabé évoque l’ancienne croyance selon laquelle elle concevrait par la bouche et en tire une condamnation de pratiques sexuelles qu’il juge impures.

§9 Il conclut que Moïse, en parlant des aliments, enseignait spirituellement trois catégories morales, mais que certains auraient reçu ses paroles selon le désir de la chair, comme de simples règles alimentaires.

§10 Barnabé relit alors le premier psaume avec les mêmes images : ne pas marcher avec les impies comme les poissons des profondeurs, ne pas se comporter comme le porc qui ne se souvient du Seigneur que dans le besoin, ne pas s’asseoir comme les oiseaux de proie qui guettent leur victime. Voilà, dit-il, l’enseignement complet sur les aliments.

§11 Puis il interprète positivement la permission de manger les animaux qui ont le sabot fendu et ruminent. Celui qui rumine sa nourriture représenterait celui qui connaît celui qui le nourrit, médite la parole reçue, parle des prescriptions du Seigneur et s’en réjouit. Le sabot fendu symboliserait le juste qui marche dans ce monde tout en attendant le monde saint à venir.

§12 Barnabé conclut que ses adversaires n’ont pas compris ce sens spirituel ; « nous », affirme-t-il, parlons des commandements selon l’intention du Seigneur, parce que nos oreilles et nos cœurs ont été circoncis pour les comprendre.

Lecture

§1 Barnabé prend les interdits alimentaires attribués à Moïse — porc, rapaces, corbeau, poissons sans écailles — et annonce qu’il faut y lire des enseignements moraux plutôt que de simples règles de nourriture.

§2 Pour lui, Moïse a parlé « en esprit » : le sens profond du commandement ne serait pas l’abstention alimentaire elle-même.

§3 Le porc représente alors l’homme qui oublie Dieu lorsqu’il est rassasié et ne l’appelle que dans le besoin. L’auteur s’appuie sur le comportement qu’il attribue au porc : silencieux quand il mange, criant lorsqu’il a faim.

§4 Les oiseaux de proie représentent les personnes qui refusent de gagner honnêtement leur subsistance et vivent de prédation, guettant ce qu’elles pourront prendre aux autres.

§5 Les animaux marins vivant, selon l’auteur, dans les profondeurs deviennent l’image de personnes enfermées dans l’impiété.

§6 Puis Barnabé recourt à trois croyances zoologiques antiques aujourd’hui reconnues comme fausses :

§7 il attribue au lièvre des changements anatomiques annuels, à la hyène un changement de sexe annuel et à la belette une conception par la bouche.

§8 Ces croyances servent de supports à des avertissements contre des conduites sexuelles qu’il condamne.

§9 L’auteur résume : les lois alimentaires seraient donc des paraboles morales données « en esprit », tandis que d’autres les auraient comprises littéralement comme règles de consommation.

§10 Il relit même le Psaume 1 dans cette grille : les poissons des profondeurs figurent les impies, le porc celui qui ne se souvient de Dieu que dans le besoin, les oiseaux de proie ceux qui vivent aux dépens des autres.

§11 À l’inverse, ruminer et avoir le sabot fendu deviennent des images positives. Ruminer signifie méditer sans cesse la parole de Dieu et reconnaître celui qui nourrit ; le sabot partagé représente le juste qui vit dans le monde présent tout en attendant le monde saint à venir.

§12 Barnabé conclut que sa communauté a reçu des oreilles et un cœur capables de comprendre ce sens spirituel.

Proclamation

§1 « Ne mangez ni porc, ni aigle, ni rapace, ni corbeau, ni poisson sans écailles. » Barnabé répond : cherchez plus loin que la nourriture !

§2 Moïse, dit-il, parlait en esprit.

§3 Le porc ? L’homme qui oublie Dieu quand tout va bien, puis crie vers lui quand il manque de tout.

§4 L’aigle, le milan, le corbeau ? Ceux qui ne travaillent pas, mais guettent ce qu’ils pourront arracher aux autres.

§5 Les créatures des profondeurs ? Pour Barnabé, l’image de ceux qui s’enferment dans l’impiété.

§6 Le lièvre ? Il devient avertissement contre l’exploitation des enfants — à partir d’une croyance zoologique antique.

§7 La hyène ? Image de l’adultère et de la corruption — là encore selon une croyance ancienne sur son sexe.

§8 La belette ? Une autre image sexuelle fondée sur une zoologie antique.

§9 Ainsi, dit Barnabé, Moïse ne parlait pas seulement de nourriture : il donnait des enseignements pour la conduite.

§10 Même le premier psaume devient pour lui une ménagerie morale : poissons des ténèbres, porc oublieux, oiseaux qui guettent leur proie.

§11 Et les animaux permis ? Ruminer : reprendre sans cesse la parole, la méditer, se souvenir de celui qui nourrit. Sabot fendu : marcher ici tout en attendant le monde saint.

§12 Voilà, conclut Barnabé, pourquoi il faut des oreilles et un cœur circoncis : pour entendre derrière la lettre l’enseignement qu’il attribue au Seigneur.

Déployée

§1 Barnabé relit ici l’ensemble des prescriptions alimentaires selon une herméneutique exclusivement morale et spirituelle. Les animaux interdits ne seraient pas d’abord le contenu ultime de la loi :

§2 Moïse aurait parlé « en esprit » et formulé, sous forme animale, des règles de conduite. Cette thèse appartient à l’exégèse de Barnabé ; elle ne remplace pas l’étude historique des lois alimentaires de la Torah.

§3 Le porc devient l’image de l’ingratitude religieuse : l’auteur affirme qu’il se tait lorsqu’il est rassasié et crie quand il a faim, de même que certaines personnes oublient Dieu dans l’abondance et ne le reconnaissent que dans le manque.

§4 Les rapaces — aigle, oiseaux de proie, milan, corbeau — symbolisent la prédation sociale. Ils représentent ceux qui ne produisent pas leur subsistance « par peine et sueur », mais volent le bien d’autrui et surveillent leur prochain pour le dépouiller.

§5 Murène, poulpe et seiche sont associés aux profondeurs marines et deviennent images d’une impiété que l’auteur considère comme déjà vouée à la mort.

§6 Trois comparaisons sexuelles reposent sur des conceptions zoologiques répandues dans l’Antiquité mais scientifiquement fausses : multiplication annuelle supposée des orifices du lièvre,

§7 alternance sexuelle de la hyène, conception orale de la belette. Barnabé ne les expose pas comme observations désintéressées : chacune soutient une condamnation morale,

§8 notamment de l’exploitation sexuelle d’enfants, de l’adultère et de pratiques sexuelles jugées impures. Une édition moderne doit donc distinguer clairement l’argument antique de l’état réel des connaissances zoologiques.

§9 L’auteur résume sa méthode en affirmant que Moïse a formulé « trois enseignements » en esprit, alors que ceux qu’il critique les auraient reçus « selon le désir de la chair » comme simples prescriptions alimentaires.

§10 Il étend ensuite l’allégorie au Psaume 1 : poissons des profondeurs = impies ; porc = religieux intermittent ; oiseaux de proie = prédateurs.

§11 Les animaux autorisés reçoivent, inversement, une lecture positive. « Ruminer » devient méditer la parole, reconnaître celui qui nourrit et se réjouir en lui. Le sabot fendu signifie habiter le monde présent tout en attendant « le monde saint ».

§12 La conclusion reprend la polémique herméneutique de Barnabé : sa communauté serait capable de comprendre l’intention du Seigneur grâce à la circoncision des oreilles et du cœur. Cette auto-compréhension du groupe est traduite comme donnée du texte, non comme jugement de la Bible Savoy sur les traditions juives qui observent les lois alimentaires.

Littérale

§1 Et que Moïse ait dit : « Vous ne mangerez pas le porc, ni l’aigle, ni l’oiseau aux ailes aiguës, ni le corbeau, ni tout poisson qui n’a pas d’écaille en lui », il reçut dans l’intelligence trois enseignements.

§2 Enfin il leur dit dans le Deutéronome : « Et je disposerai envers ce peuple mes prescriptions. » Donc le fait de ne pas manger n’est pas un commandement de Dieu, mais Moïse parla en esprit.

§3 Il dit donc le porcelet en vue de ceci : « Tu ne t’attacheras pas, dit-il, à des hommes tels, qui sont semblables aux porcs » ; c’est-à-dire que lorsqu’ils vivent dans le luxe ils oublient le Seigneur, mais lorsqu’ils manquent ils reconnaissent le Seigneur, comme aussi le porc, quand il mange, ne connaît pas le maître, mais quand il a faim il crie, et ayant reçu de nouveau il se tait.

§4 « Et tu ne mangeras ni l’aigle, ni l’oiseau aux ailes aiguës, ni le milan, ni le corbeau » : « Tu ne t’attacheras pas, dit-il, ni ne deviendras semblable à de tels hommes, qui ne savent pas se procurer leur nourriture par peine et sueur, mais ravissent les choses étrangères dans leur illégalité et guettent, comme marchant dans l’intégrité, et regardent autour d’eux qui ils dépouilleront par avidité, comme aussi ces oiseaux seuls ne se procurent pas leur nourriture, mais, assis inactifs, cherchent comment dévorer des chairs étrangères, étant nuisibles par leur méchanceté. »

§5 « Et tu ne mangeras, dit-il, ni murène, ni poulpe, ni seiche » : « Tu ne deviendras pas semblable, en t’attachant à de tels hommes, qui sont jusqu’au bout impies et déjà jugés pour la mort, comme aussi ces petits poissons seuls, maudits, nagent dans l’abîme, ne nageant pas comme les autres, mais habitant dans la terre sous l’abîme. »

§6 « Mais tu ne mangeras pas non plus le lièvre. » Pourquoi ? « Tu ne deviendras pas, dit-il, corrupteur d’enfants ni semblable à ceux-là, parce que le lièvre augmente chaque année son évacuation/orifice : autant d’années il vit, autant il a de trous. »

§7 « Mais tu ne mangeras pas non plus la hyène. » « Tu ne deviendras pas, dit-il, adultère ni corrupteur, ni semblable à ceux-là. » Pourquoi ? « Parce que cet animal change de nature chaque année et devient tantôt mâle, tantôt femelle. »

§8 « Mais il a aussi justement haï la belette. » « Tu ne deviendras pas tel que ceux dont nous entendons qu’ils commettent l’illégalité par la bouche à cause de l’impureté, et tu ne t’attacheras pas aux impures qui commettent l’illégalité par la bouche. Car cet animal conçoit par la bouche. »

§9 Concernant les aliments, Moïse, ayant reçu trois enseignements, parla ainsi en esprit ; mais eux, selon le désir de la chair, les reçurent comme concernant la nourriture.

§10 David reçoit aussi la connaissance des mêmes trois enseignements et dit : « Heureux l’homme qui n’a pas marché dans le conseil des impies », comme les poissons vont dans les ténèbres vers les profondeurs ; « et ne s’est pas tenu sur la voie des pécheurs », comme ceux qui paraissent craindre le Seigneur pèchent comme le porc ; « et ne s’est pas assis sur le siège des pestes », comme les oiseaux assis pour la rapine. Vous avez pleinement aussi l’enseignement concernant la nourriture.

§11 Moïse dit encore : « Vous mangerez tout ce qui a le sabot fendu et rumine. » Que dit-il ? Que, recevant la nourriture, il connaît celui qui le nourrit et, se reposant sur lui, semble se réjouir. Il a bien parlé en regardant le commandement. Que dit-il donc ? Attachez-vous à ceux qui craignent le Seigneur, à ceux qui méditent dans leur cœur la distinction de la parole qu’ils ont reçue, à ceux qui parlent et gardent les prescriptions du Seigneur, à ceux qui savent que la méditation est œuvre de joie et qui ruminent la parole du Seigneur. Mais que signifie le sabot fendu ? Que le juste marche aussi dans ce monde et attend le monde saint. Voyez comme Moïse a bien légiféré.

§12 Mais d’où leur était-il possible de comprendre ces choses ? Nous, ayant justement compris les commandements, nous les disons comme le Seigneur l’a voulu. À cause de cela il a circoncis nos oreilles et nos cœurs afin que nous comprenions ces choses.

Philologique

§1 Barnabé regroupe des interdits alimentaires et affirme que Moïse a reçu tria dogmata en tè synesei, « trois enseignements dans l’intelligence ». Oxypteron est littéralement « à ailes aiguës », probablement catégorie de rapace dans la tradition reçue.

§2 La conclusion « ce n’est donc pas un commandement de Dieu de ne pas manger » exprime la thèse herméneutique radicale de Barnabé : Moïse aurait parlé en pneumati. Cette interprétation ne doit pas être confondue avec l’analyse historique des prescriptions de Lévitique/Deutéronome.

§3 Spatalaô signifie vivre dans le luxe / la dissipation. La comparaison avec le porc repose sur une observation populaire : rassasié il « ne connaît pas le maître », affamé il crie.

§4 Le vocabulaire décrit la prédation : harpazô, ravir ; pleonexia, avidité ; ekdyô, dépouiller. Les oiseaux sont dits arga, oisifs/inactifs, attendant de consommer des « chairs étrangères ».

§5 Smyraina, murène ; polypous, poulpe ; sèpia, seiche. Barnabé les décrit comme vivant « dans la terre sous l’abîme », zoologie imaginaire servant l’allégorie morale.

§6 Paidophthoros désigne un corrupteur d’enfants, souvent avec connotation sexuelle. L’explication sur le lièvre qui acquiert un nouvel « orifice » chaque année est une croyance zoologique antique fausse.

§7 L’affirmation que la hyène change chaque année de sexe est également fausse zoologiquement ; elle reflète des traditions antiques liées à l’apparence des organes génitaux de la hyène.

§8 La belette « conçoit par la bouche » appartient elle aussi à la zoologie fabuleuse antique. Le passage vise des pratiques sexuelles « par la bouche » sans qu’une terminologie clinique moderne doive être projetée dans le texte.

§9 Barnabé oppose en pneumati, « en esprit », à kata epithymian tès sarkos, « selon le désir de la chair ».

§10 Le Psaume 1 est relu par association zoologique : profondeurs/impies, porc/pécheurs intermittents, oiseaux/rapine. Cette catena est une paraphrase interprétative de Barnabé, pas le texte du psaume lui-même.

§11 Marykomai, ruminer, devient métaphore de meletè, méditation. Dikhèlein, avoir le sabot fendu, signifie pour l’auteur la double orientation du juste : marche dans ce kosmos et attente du hagios aiôn.

§12 La phrase finale oppose « eux » et « nous » quant à la compréhension. Elle appartient à la polémique herméneutique de l’auteur ; Bible Savoy ne la transforme pas en hiérarchie éditoriale entre judaïsme et christianisme.

Paraphrase

§1 Barnabé refuse de lire les règles alimentaires comme un simple menu religieux. Pour lui,

§2 Moïse utilisait les animaux comme un langage symbolique destiné à former le caractère. Cette idée appartient à son herméneutique particulière.

§3 Le porc devient l’image de celui qui ne pense à Dieu que lorsqu’il a faim : dans l’abondance, il oublie ; dans le besoin, il crie.

§4 Les rapaces représentent ceux qui vivent de la faiblesse des autres, qui préfèrent prendre plutôt que travailler et surveillent leur prochain pour en tirer profit.

§5 Les créatures que l’auteur imagine enfouies dans les profondeurs marines figurent ceux qu’il considère comme enfermés dans une vie sans Dieu.

§6 Pour les avertissements sexuels, Barnabé utilise des croyances zoologiques courantes dans l’Antiquité mais fausses :

§7 lièvre aux orifices multipliés, hyène changeant de sexe,

§8 belette concevant par la bouche. Ces images nous renseignent sur son monde culturel, pas sur la biologie réelle.

§9 Son idée centrale reste la même : derrière l’aliment, il cherche un comportement.

§10 Il relit même le Psaume 1 avec ce bestiaire moral : ne sois ni le poisson des ténèbres, ni le porc qui se souvient de Dieu seulement quand il manque, ni l’oiseau qui attend une proie.

§11 Les animaux permis deviennent eux aussi des maîtres imaginaires : ruminer, c’est reprendre sans cesse la parole de Dieu pour la méditer ; le sabot fendu rappelle que le juste vit dans le présent tout en attendant le monde futur.

§12 Barnabé conclut que la compréhension véritable exige, selon lui, une transformation du cœur et de l’écoute. Une édition moderne peut décrire cette exégèse sans confondre ses allégories et ses connaissances zoologiques avec des faits scientifiques.

Texte source

§1 Ὅτι δὲ Μωϋσῆς εἶπεν· Οὐ φάγεσθε χοῖρον οὔτε ἀετὸν οὔτε ὀξύπτερον οὔτε κόρακα οὔτε πάντα ἰχθύν, ὃς οὐκ ἔχει λεπίδα ἐν ἑαυτῷ, τρία ἔλαβεν ἐν τῇ συνέσει δόγματα. §2 πέρας γέ τοι λέγει αὐτοῖς ἐν τῷ Δευτερονομίῳ· Καὶ διαθήσομαι πρὸς τὸν λαὸν τοῦτον τὰ δικαιώματά μου. ἄρα οὖν οὐκ ἔστιν ἐντολὴ θεοῦ τὸ μὴ τρώγειν, Μωϋσῆς δὲ ἐν πνεύματι ἐλάλησεν. §3 τὸ οὖν χοιρίον πρὸς τοῦτο εἶπεν· οὐ κολληθήσῃ, φησίν, ἀνθρώποις τοιούτοις, οἵτινές εἰσιν ὅμοιοι χοίρων· τουτέστιν ὅταν σπαταλῶσιν, ἐπιλανθάνονται τοῦ κυρίου, ὅταν δὲ ὑστεροῦνται, ἐπιγινώσκουσιν τὸν κύριον, ὡς καὶ ὁ χοῖρος ὅταν τρώγει τὸν κύριον οὐκ οἶδεν, ὅταν δὲ πεινᾷ κραυγάζει, καὶ λαβὼν πάλιν σιωπᾷ. §4 Οὐδὲ φάγῃ τὸν ἀετὸν οὐδὲ τὸν ὀξύπτερον οὐδὲ τὸν ἰκτῖνα οὐδὲ τὸν κόρακα· οὐ μή, φησίν, κολληθήσῃ οὐδὲ ὁμοιωθήσῃ ἀνθρώποις τοιούτοις, οἵτινες οὐκ οἴδασιν διὰ κόπου καὶ ἱδρῶτος πορίζειν ἑαυτοῖς τὴν τροφήν, ἀλλὰ ἁρπάζουσιν τὰ ἀλλότρια ἐν ἀνομίᾳ αὐτῶν καὶ ἐπιτηροῦσιν ὡς ἐν ἀκεραιοσύνῃ περιπατοῦντες καὶ περιβλέπονται, τίνα ἐκδύσωσιν διὰ τὴν πλεονεξίαν, ὡς καὶ τὰ ὄρνεα ταῦτα μόνα ἑαυτοῖς οὐ προίζει τὴν τροφήν, ἀλλὰ ἀργὰ καθήμενα ἐκζητεῖ, πῶς ἀλλοτρίας σάρκας καταφάγῃ, ὄντα λοιμὰ τῇ πονηρίᾳ αὐτῶν. §5 Καὶ οὐ φάγῃ, φησίν, σμύραιναν οὐδὲ πολύποδα οὐδὲ σηπίαν· οὐ μή, φησίν, ὁμοιωθήσῃ κολλώμενος ἀνθρώποις τοιούτοις, οἵτινες εἰς τέλος εἰσὶν ἀσεβεῖς καὶ κεκριμένοι ἤδη τῷ θανάτῳ, ὡς καὶ ταῦτα τὰ ἰχθύδια μόνα ἐπικατάρατα ἐν τῷ βυθῷ νήχεται, μὴ κολυμβῶντα ὡς τὰ λοιπά, ἀλλ’ ἐν τῇ γῇ κάτω τοῦ βυθοῦ κατοικεῖ. §6 ἀλλὰ καὶ τὸν δασύποδα οὐ φάγῃ. πρὸς τί; οὐ μὴ γένῃ, φησίν, παιδοφθόρος οὐδὲ ὁμοιωθήσῃ τοῖς τοιούτοις, ὅτι ὁ λαγωὸς κατ’ ἐνιαυτὸν πλεονεκτεῖ τὴν ἀφόδευσιν· ὅσα γὰρ ἔτη ζῇ, τοσαύτας ἔχει τρύπας. §7 ἀλλὰ οὐδὲ τὴν ὕαιναν φάγῃ· οὐ μή, φησίν, γένῃ μοιχὸς οὐδὲ φθορεὺς οὐδὲ ὁμοιωθήσῃ τοῖς τοιούτοις. πρὸς τί; ὅτι τὸ ζῷον τοῦτο παρ’ ἐνιαυτὸν ἀλλάσσει τὴν φύσιν καὶ ποτὲ μὲν ἄρρεν, ποτὲ δὲ θῆλυ γίνεται. §8 ἀλλὰ καὶ τὴν γαλῆν ἐμίσησεν καλῶς. οὐ μή, φησίν, γενηθῇς τοιοῦτος, οἵους ἀκούομεν ἀνομίαν ποιοῦντας ἐν τῷ στόματι δι’ ἀκαθαρσίαν, οὐδὲ κολληθήσῃ ταῖς ἀκαθάρτοις ταῖς τὴν ἀνομίαν ποιούσαις ἐν τῷ στόματι. τὸ γὰρ ζῷον τοῦτο τῷ στόματι κύει. §9 περὶ μὲν τῶν βρωμάτων λαβὼν Μωϋσῆς τρία δόγματα οὕτως ἐν πνεύματι ἐλάλησεν· οἱ δὲ κατ’ ἐπιθυμίαν τῆς σαρκὸς ὡς περὶ βρώσεως προσεδέξαντο. §10 λαμβάνει δὲ τῶν αὐτῶν τριῶν δογμάτων γνῶσιν Δαυείδ καὶ λέγει· Μακάριος ἀνήρ, ὃς οὐκ ἐπορεύθη ἐν βουλῇ ἀσεβῶν, καθὼς καὶ οἱ ἰχθύες πορεύονται ἐν σκότει εἰς τὰ βάθη· καὶ ἐν ὁδῷ ἁμαρτωλῶν οὐκ ἔστη, καθὼς οἱ δοκοῦντες φοβεῖσθαι τὸν κύριον ἁμαρτάνουσιν ὡς ὁ χοῖρος, καὶ ἐπὶ καθέδραν λοιμῶν οὐκ ἐκάθισεν, καθὼς τὰ πετεινὰ καθήμενα εἰς ἁρπαγήν. ἔχετε τελείως καὶ περὶ τῆς βρώσεως. §11 πάλιν λέγει Μωϋσῆς· Φάγεσθε πᾶν διχηλοῦν καὶ μαρυκώμενον. τί λέγει; ὅτι τὴν τροφὴν λαμβάνων οἶδεν τὸν τρέφοντα αὐτὸν καὶ ἐπ’ αὐτῷ ἀναπαυόμενος εὐφραίνεσθαι δοκεῖ. καλῶς εἶπεν βλέπων τὴν ἐντολήν. τί οὖν λέγει; κολλᾶσθε μετὰ τῶν φοβουμένων τὸν κύριον, μετὰ τῶν μελετώντων ὃ ἔλαβον διάσταλμα ῥήματος ἐν τῇ καρδίᾳ, μετὰ τῶν λαλούντων τὰ διδαιώματα κυρίου καὶ τηρούντων, μετὰ τῶν εἰδότων, ὅτι ἡ μελέτη ἐστὶν ἔργον εὐφροσύνης, καὶ ἀναμαρυκωμένων τὸν λόγον κυρίου. τί δὲ τὸ διχηλοῦν; ὅτι ὁ δίκαιος καὶ ἐν τούτῳ τῷ κόσμῳ περιπατεῖ καὶ τὸν ἅγιον αἰῶνα ἐκδέχεται. βλέπετε, πῶς ἐνομοθέτησεν Μωϋσῆς καλῶς. §12 ἀλλὰ πόθεν ἐκείνοις ταῦτα νοῆσαι ἢ συνιέναι; ἡμεῖς δὲ δικαίως νοήσαντες τὰς ἐντολὰς λαλοῦμεν, ὡς ἠθέλησεν ὁ κύριος. διὰ τοῦτο περιέτεμεν τὰς ἀκοὰς ἡμῶν καὶ τὰς καρδίας, ἵνα συνιῶμεν ταῦτα.

Notes textuelles

Place dans l’ouvrage

Dans l’architecture de l’ouvrage

Barnabé développe d’abord une herméneutique de l’alliance et de l’Écriture (1–17), puis transmet une forme des Deux Voies (18–20) avant l’exhortation finale (21).

Parcours de l’unité

Interdits alimentaires relus comme figures moralesÉpître de Barnabé 10

Clés de lecture

Approfondir : composition, transmission et réception

Témoin de travail

méthodologique

Wikisource, traduction publique de J. B. Lightfoot ; registre local epitre-de-barnabe/source/registry.json

Lecture éditoriale. Le témoin sert à cartographier le chapitre et préparer son introduction ; la validation finale doit revenir au texte critique et aux manuscrits pertinents.

Bibliographie de travail

Passerelles

Pour situer, approfondir ou revenir au texte.

Réseau biblique

Parallèles

Outil de lecture

Dictionnaire

Exploration du corpus

Concordance

Un mot isolé est recherché comme mot entier ; plusieurs mots comme expression continue.

Sélectionnez un mot dans le texte ou saisissez un terme.

Langues sources

Lexique

Hébreu : lemmatisation et morphologie OSHB/WLC pour le corpus actuellement publié.

Depuis un verset, « Lexique du verset » affiche directement ses termes sources.

Contexte historique

Histoire & archéologie

Sélectionnez un verset pour afficher son contexte.

Bureau d’exégète

Dossier du passage