Bibliothèque ancienne · Introduction critique

Salut, foi et connaissance reçue

Ce chapitre de l’Épître de Barnabé développe : « Salut, foi et connaissance reçue ». Barnabé développe d’abord une herméneutique de l’alliance et de l’Écriture (1–17), puis transmet une forme des Deux Voies (18–20) avant l’exhortation finale (21).

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Texte — sept restitutions

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Clarté

§1 Paix à vous, fils et filles, au nom du Seigneur qui nous a aimés.

§2 Les exigences de Dieu envers vous sont grandes et riches ; c’est pourquoi je me réjouis au-delà de toute mesure de votre état béni et glorieux : vous avez reçu d’une manière profonde la grâce du don spirituel.

§3 Je m’en réjouis d’autant plus pour moi-même, dans l’espérance du salut, car je vois réellement l’Esprit venant de la riche source du Seigneur répandu sur vous. Votre présence, que je désirais tant, m’a rempli d’émerveillement.

§4 J’en suis convaincu : après vous avoir beaucoup parlé, je sais que le Seigneur m’a accompagné sur le chemin de la justice. Cela me pousse à vous aimer plus que ma propre vie, car une grande foi et un grand amour demeurent en vous, fondés sur l’espérance de sa vie.

§5 Je me suis donc dit que, si je prenais soin de vous transmettre une part de ce que j’ai reçu, servir des personnes comme vous serait pour moi une récompense. Je me suis appliqué à vous envoyer ces quelques lignes afin que, avec votre foi, votre connaissance devienne elle aussi accomplie.

§6 Trois enseignements du Seigneur se tiennent ensemble : l’espérance de la vie, commencement et terme de notre foi ; la justice, commencement et terme du jugement ; et l’amour, qui se réjouit et atteste les œuvres de justice.

§7 Le Maître nous a fait connaître par les prophètes ce qui est passé et ce qui est présent ; il nous a aussi donné les prémices d’un avant-goût de ce qui vient. En voyant ces choses s’accomplir l’une après l’autre comme il l’a dit, nous devons avancer avec toujours plus de richesse et d’élévation dans sa crainte.

§8 Pour ma part, je ne parlerai pas comme un maître, mais comme l’un de vous : je vous montrerai quelques points capables de vous réjouir dans la situation présente.

Lecture

§1 Salut à vous, fils et filles, dans la paix, au nom du Seigneur qui nous a aimés.

§2 Puisque les justes exigences de Dieu à votre égard sont grandes et riches, je déborde d’une joie qui dépasse toute mesure devant vos personnes bénies et glorieuses : vous avez reçu comme une grâce profondément enracinée le don spirituel.

§3 Je m’en félicite d’autant plus, dans l’espérance d’être sauvé, car je vois véritablement l’Esprit, jailli de l’abondante source du Seigneur, répandu sur vous. Votre visage tant désiré m’a saisi d’émerveillement.

§4 Convaincu de cela, et sachant en conscience qu’après avoir beaucoup parlé parmi vous le Seigneur m’a accompagné sur la voie de la justice, je me sens absolument poussé à vous aimer plus que ma propre vie : une grande foi et un grand amour habitent en vous, dans l’espérance de sa vie.

§5 J’ai donc pensé ceci : si je prends soin de vous communiquer une part de ce que j’ai moi-même reçu, le service rendu à de tels êtres spirituels sera pour moi une récompense. Je me suis alors appliqué à vous envoyer ces quelques mots, afin qu’à votre foi s’ajoute une connaissance accomplie.

§6 Il y a donc trois enseignements du Seigneur : l’espérance de la vie, commencement et terme de notre foi ; la justice, commencement et terme du jugement ; l’amour, dans la joie et l’allégresse, témoignage rendu par les œuvres de justice.

§7 Le Maître nous a fait connaître par les prophètes les réalités passées et présentes, et il nous a donné les prémices d’une dégustation des réalités à venir. Puisque nous voyons chacune d’elles se réaliser comme il l’a annoncé, nous devons nous avancer plus richement et plus haut dans la crainte de Dieu.

§8 Quant à moi, non comme un maître mais comme l’un d’entre vous, je vous indiquerai quelques éléments dont vous pourrez vous réjouir dans le temps présent.

Proclamation

§1 Salut à vous, fils et filles ! Dans la paix, au nom du Seigneur qui nous a aimés.

§2 Grandes et riches sont pour vous les exigences de Dieu. Aussi ma joie déborde-t-elle sans mesure devant vos esprits bénis et glorieux : vous avez reçu, profondément enracinée, la grâce du don spirituel.

§3 Et je m’en réjouis davantage encore, espérant le salut : je vois sur vous l’Esprit répandu depuis la source abondante du Seigneur. Votre présence, si longtemps désirée, m’a bouleversé de joie.

§4 Je le sais maintenant : tandis que je parlais parmi vous, le Seigneur cheminait avec moi sur la voie de la justice. Et je ne puis faire autrement que vous aimer plus que ma propre vie, tant sont grandes la foi et l’amour qui demeurent en vous, dans l’espérance de sa vie.

§5 Alors j’ai voulu partager avec vous une part de ce que j’ai reçu. Servir de tels êtres spirituels est déjà ma récompense. Je vous écris donc quelques mots : que votre connaissance devienne accomplie avec votre foi.

§6 Trois enseignements du Seigneur : l’espérance de la vie — commencement et terme de la foi ; la justice — commencement et terme du jugement ; l’amour — joie, allégresse, témoignage des œuvres justes.

§7 Par les prophètes, le Maître nous a fait connaître le passé et le présent ; il nous a fait goûter les prémices de l’avenir. Et puisque nous voyons ses paroles s’accomplir, avançons plus profondément, plus haut, dans sa crainte.

§8 Je ne vous parle pas en maître, mais comme l’un de vous. Je vous montrerai seulement quelques choses : qu’elles deviennent pour vous une joie au milieu du présent.

Déployée

§1 Je vous salue, fils et filles, dans la paix et au nom du Seigneur qui nous a aimés.

§2 Les prescriptions justes de Dieu — ce qu’il demande et accorde dans la vie d’alliance — sont pour vous grandes et abondantes. C’est pourquoi je me réjouis d’une joie qui dépasse toute mesure devant la condition bénie et glorieuse qui est la vôtre : vous avez reçu la grâce du don spirituel non comme quelque chose d’extérieur, mais comme une réalité implantée en vous.

§3 Cette situation nourrit aussi ma propre espérance de salut, car je discerne réellement en vous l’Esprit répandu depuis la source riche et généreuse du Seigneur. La rencontre avec vous, que je désirais ardemment, m’a rempli d’étonnement.

§4 J’en suis convaincu et ma conscience en témoigne : après les nombreuses paroles que j’ai dites parmi vous, je sais que le Seigneur a marché avec moi sur le chemin de la justice. De là naît pour moi une contrainte intérieure : vous aimer plus que ma propre vie, parce qu’une foi et un amour considérables habitent en vous, soutenus par l’espérance de la vie qui vient de lui.

§5 J’ai donc estimé que, si je prenais soin de vous transmettre une part de ce que j’avais reçu, le fait même de servir des personnes ainsi animées par l’Esprit constituerait pour moi une récompense. Je me suis appliqué à vous communiquer ces quelques éléments afin que votre connaissance, elle aussi, parvienne à son accomplissement avec votre foi.

§6 Trois enseignements structurent donc la vie devant le Seigneur : l’espérance de la vie, qui embrasse du commencement à l’accomplissement notre foi ; la justice, qui encadre du commencement à l’accomplissement le jugement ; et l’amour, vécu dans la joie et l’allégresse, qui donne aux œuvres de justice leur témoignage concret.

§7 Le Maître nous a révélé par les prophètes les réalités passées et présentes ; quant aux réalités futures, il nous en a déjà donné les prémices, comme un premier goût. Puisque nous observons leur réalisation progressive conformément à sa parole, nous sommes appelés à avancer toujours plus pleinement et plus haut dans la crainte qui lui est due.

§8 Je ne prétends pourtant pas vous parler en maître : je suis l’un de vous. Je veux simplement mettre sous vos yeux quelques éléments grâce auxquels vous pourrez trouver de la joie dans les circonstances présentes.

Littérale

§1 Réjouissez-vous, fils et filles, au nom du Seigneur qui nous a aimés, dans la paix.

§2 Les justes prescriptions de Dieu envers vous étant grandes et riches, je me réjouis au-delà de quelque mesure et par excès au sujet de vos esprits bénis et glorieux : vous avez reçu ainsi, comme implantée, la grâce du don spirituel.

§3 C’est pourquoi je me réjouis davantage encore avec moi-même, espérant être sauvé, parce que je vois véritablement en vous l’Esprit répandu sur vous depuis la riche source du Seigneur. Ainsi m’a frappé, à votre sujet, le spectacle de vous que je désirais.

§4 Convaincu donc de cela et sachant avec moi-même que, vous ayant beaucoup parlé, je sais que le Seigneur a cheminé avec moi sur une voie de justice, je suis moi aussi entièrement contraint à ceci : vous aimer plus que mon âme, parce qu’une grande foi et un grand amour habitent en vous sur l’espérance de sa vie.

§5 Ayant donc réfléchi à cela — que, si j’ai soin de vous communiquer quelque part de ce que j’ai reçu, cela me sera en récompense pour avoir servi de tels esprits —, je me suis appliqué à vous envoyer peu à peu, afin qu’avec votre foi vous ayez aussi la connaissance parfaite.

§6 Il y a donc trois enseignements du Seigneur : espérance de vie, commencement et fin de notre foi ; justice, commencement et fin du jugement ; amour de joie et d’allégresse, témoignage des œuvres de justice.

§7 Car le Maître nous a fait connaître par les prophètes les choses passées et les présentes, et nous a donné les prémices du goût des choses à venir ; voyant chacune d’elles se réaliser comme il a parlé, nous devons apporter plus richement et plus haut à sa crainte.

§8 Mais moi, non comme maître, mais comme l’un de vous, je montrerai quelques choses par lesquelles vous vous réjouirez dans les circonstances présentes.

Philologique

§1 Salut/réjouissance (chairete), fils et filles, dans le nom du Seigneur qui nous a aimés, dans la paix.

§2 Puisque les justes prescriptions (dikaiômata) de Dieu envers vous sont grandes et riches, je me réjouis au-delà de toute mesure, avec excès, devant vos « esprits » (pneumata) bénis et glorieux : vous avez reçu la grâce du don spirituel comme une réalité implantée (emphytos) en vous.

§3 C’est pourquoi je me félicite davantage encore, espérant être sauvé, car je vois véritablement en vous l’Esprit répandu sur vous depuis la riche source du Seigneur. Ainsi m’a saisi la vue de vous, objet de mon ardent désir (epipothètè opsis).

§4 Convaincu de cela et sachant en conscience que, tandis que je vous ai beaucoup parlé, le Seigneur a cheminé avec moi (synôdeusen) sur une voie de justice, je me trouve moi aussi entièrement contraint à ceci : vous aimer plus que mon âme/vie (psychè), parce qu’une grande foi (pistis) et un grand amour (agapè) habitent en vous, sur l’espérance de sa vie.

§5 Ayant donc pensé que, si je prends soin de vous communiquer une part de ce que j’ai reçu, le service (hypèretein) rendu à de tels « esprits » me sera compté comme récompense, je me suis appliqué à vous envoyer ces quelques éléments, afin qu’avec votre foi vous possédiez aussi la connaissance (gnôsis) accomplie.

§6 Il y a donc trois enseignements/principes (dogmata) du Seigneur : l’espérance de vie, commencement et terme de notre foi ; la justice (dikaiosynè), commencement et terme du jugement ; l’amour, [dans] joie et allégresse, témoignage des œuvres de justice. La syntaxe du troisième membre est condensée et permet plusieurs articulations.

§7 Le Maître nous a fait connaître par les prophètes les réalités passées et présentes, et nous a donné les prémices (aparchai) d’un goût des réalités à venir. En voyant chacune se réaliser comme il l’a dit, nous devons « apporter/avancer » (prosagein) plus richement et plus haut dans sa crainte — construction elliptique dont l’objet implicite reste discuté.

§8 Pour ma part, non comme un maître (didaskalos), mais comme l’un de vous, je montrerai quelques éléments par lesquels vous vous réjouirez dans les circonstances présentes.

Paraphrase

§1 À vous qui êtes pour moi des fils et des filles : paix et salut au nom du Seigneur qui nous a aimés.

§2 Quand je vois tout ce que Dieu a fait grandir en vous, ma joie déborde. Le don de son Esprit n’est pas resté à la surface : sa grâce a pris racine dans votre vie.

§3 Cela nourrit même mon espérance personnelle, car votre communauté me donne à voir quelque chose de l’Esprit qui jaillit de l’abondance du Seigneur. J’avais profondément désiré vous rencontrer ; vous voir a dépassé mon attente.

§4 Pendant que je vous parlais, j’ai eu la conviction que le Seigneur marchait avec moi sur le chemin de la justice. Voilà pourquoi je me sens lié à vous d’un amour plus fort que l’attachement à ma propre vie : foi et amour habitent réellement parmi vous, portés par l’espérance de la vie que Dieu donne.

§5 Je veux donc vous transmettre une part de ce que j’ai moi-même reçu. Pouvoir servir une communauté ainsi animée est déjà une récompense. Ces quelques mots ont un but : que votre compréhension mûrisse au même rythme que votre foi.

§6 Gardez ensemble trois réalités : l’espérance qui porte la foi de son commencement à son terme ; la justice qui nous apprend à vivre sous le jugement de Dieu ; et l’amour, joyeux et concret, qui se reconnaît aux œuvres justes.

§7 Dieu nous a déjà parlé du passé et du présent par les prophètes, et il nous donne même un avant-goût de ce qui vient. Puisque nous voyons sa parole se réaliser, répondons-y par une vie de plus en plus entière devant lui.

§8 Je ne me place pas au-dessus de vous comme un maître. Je suis l’un des vôtres et je veux simplement partager quelques repères capables de fortifier votre joie maintenant.

Texte source

§1 Χαίρετε, υἱοὶ καὶ θυγατέρες, ἐν ὀνόματι κυρίου τοῦ ἀγαπήσαντος ἡμᾶς, ἐν εἰρήνῃ. §2 Μεγάλων μὲν ὄντων καὶ πλουσίων τῶν τοῦ θεοῦ δικαιωμάτων εἰς ὑμᾶς, ὑπέρ τι καὶ καθ’ ὑπερβολὴν ὑπερευφραίνομαι ἐπὶ τοῖς μακαρίοις καὶ ἐνδόξοις ὑμῶν πνεύμασιν· οὕτως ἔμφυτον τῆς δωρεᾶς πνευματικῆς χάριν εἰλήφατε. §3 διὸ καὶ μᾶλλον συγχαίρω ἐμαυτῷ ἐλπίζων σωθῆναι, ὅτι ἀληθῶς βλέπω ἐν ὑμῖν ἐκκεχυμένον ἀπὸ τοῦ πλουσίου τῆς πηγῆς κυρίου πνεῦμα ἐφ’ ὑμᾶς. οὕτω με ἐξέπληξεν ἐπὶ ὑμῶν ἡ ἐμοὶ ἐπιποθήτη ὄψις ὑμῶν. §4 πεπεισμένος οὖν τοῦτο καὶ συνειδὼς ἐμαυτῷ, ὅτι ἐν ὑμῖν λαλήσας πολλὰ ἐπίσταμαι, ὅτι ἐμοὶ συνώδευσεν ἐν ὁδῷ δικαιοσύνης κύριος, καὶ πάντως ἀναγκάζομαι κἀγὼ εἰς τοῦτο, ἀγαπᾶν ὑμᾶς ὑπὲρ τὴν ψυχήν μου, ὅτι μεγάλη πίστις καὶ ἀγάπη ἐγκατοικεῖ ἐν ὑμῖν ἐπ’ ἐλπίδι ζωῆς αὐτοῦ. §5 λογισάμενος οὖν τοῦτο, ὅτι ἐὰν μελήσῃ μοι περὶ ὑμῶν τοῦ μέρος τι μεταδοῦναι ἀφ’ οὗ ἔλαβον, ὅτι ἔσται μοι τοιούτοις πνεύμασιν ὑπηρετήσαντι εἰς μισθόν, ἐσπούδασα κατὰ μικρὸν ὑμῖν πέμπειν, ἵνα μετὰ τῆς πίστεως ὑμῶν τελείαν ἔχητε τὴν γνῶσιν. §6 Τρία οὖν δόγματά ἐστιν κυρίου· ζωῆς ἐλπίς, ἀρχὴ καὶ τέλος πίστεως ἡμῶν· καὶ δικαιοσύνη, κρίσεως ἀρχὴ καὶ τέλος· ἀγάπη εὐφροσύνης καὶ ἀγαλλιάσεως ἔργων δικαιοσύνης μαρτυρία. §7 ἐγνώρισεν γὰρ ἡμῖν ὁ δεσπότης διὰ τῶν προφητῶν τὰ παρεληλυθότα καὶ τὰ ἐνεστῶτα, καὶ τῶν μελλόντων δοὺς ἀπαρχὰς ἡμῖν γεύσεως, ὧν τὰ καθ’ ἕκαστα βλέποντες ἐνεργούμενα, καθὼς ἐλάλησεν, ὀφείλομεν πλουσιώτερον καὶ ὑψηλότερον προσάγειν τῷ φόβῳ αὐτοῦ. §8 ἐγὼ δὲ οὐχ ὡς διδάσκαλος, ἀλλ’ ὡς εἷς ἐξ ὑμῶν ὑποδείξω ὀλίγα, δι’ ὧν ἐν τοῖς παροῦσιν εὐφρανθήσεσθε.

Notes textuelles

Place dans l’ouvrage

Dans l’architecture de l’ouvrage

Barnabé développe d’abord une herméneutique de l’alliance et de l’Écriture (1–17), puis transmet une forme des Deux Voies (18–20) avant l’exhortation finale (21).

Parcours de l’unité

Salut, foi et connaissance reçueÉpître de Barnabé 1

Clés de lecture

Approfondir : composition, transmission et réception

Témoin de travail

méthodologique

Wikisource, traduction publique de J. B. Lightfoot ; registre local epitre-de-barnabe/source/registry.json

Lecture éditoriale. Le témoin sert à cartographier le chapitre et préparer son introduction ; la validation finale doit revenir au texte critique et aux manuscrits pertinents.

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